A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION B
D IDIER P IAU
Martingales browniennes et conjecture de Sakai
Annales de l’I. H. P., section B, tome 31, n
o3 (1995), p. 429-452
<http://www.numdam.org/item?id=AIHPB_1995__31_3_429_0>
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429
Martingales browniennes et conjecture de Sakai
Didier PIAU
Unité de Mathématiques Pures et Appliquées E.N.S.-Lyon, 46, allée d’Italie, 69364 Lyon Cedex 07,
et Laboratoire de Probabilités,
Université Claude Bernard, Lyon-1, 43, boulevard du 1 novembre 1918, 69622 Villeurbanne Cedex, France.
[email protected]
1.frVol. 31, n° 3, 1995, p. -452. Probabilités et Statistiques
RÉSUMÉ. - Pour tout réel
p >
0 tel que lafonction x ~ ~x~p
estsous-harmonique
surRd,
M. Sakai a introduit en 1988 la constanteCd(p) optimale
dans une certaineinégalité isopérimétrique : cd(p)
contrôle lavaleur à
l’origine
duplus petit majorant harmonique
sur tousles domaines de
Rdde
volume donné. Nous étudions ceproblème
par des méthodesprobabilistes.
Nous retrouvons laplupart
des résultats de M. Sakai d’unefaçon plus simple
etplus
éclairante. Nous obtenonségalement
desestimations
explicites
decd (p)
dans les cas laissés ouverts par M. Sakai.Enfin,
nous étudions en détail le cas d =2,
p = 4 et nous montrons queC2(4) 1, 80.
ABSTRACT. - For any real
p >
0 such that the is subharmonic inRd,
M. Sakai introduced in 1988 the constantcd (p) optimal
in a
given
isovolumetricinequality: cd(p)
tells howlarge
the value at theorigin
of the least harmoniemajorant
can be on a demain ofRd
ofgiven
volume. We useprobabilistic
tools tostudy
this constant. Werecover most of M. Sakai’s
results, proving
them often in asimpler
andmore
enlightening
way. We obtain new estimates ofCd(P)
in the casesM. Sakai left open. We
thoroughly study
the case d =2,
p = 4 and weprove that
C2(4)
1.80.Annales de l’Institut Henri Poincaré - Probabilités et Statistiques - 0246-0203 31 /95/03/$ 4.00/@ Gauthier-Villars
0. INTRODUCTION
Le but de cet article est d’étudier par des méthodes
probabilistes
uneconjecture
due à M. Sakai[ 14] :
onpeut
associer à tout domaine D deRd,
0 E
D,
leplus petit majorant harmonique hp
de la restriction de la fonctionau domaine D. Si
r(D) désigne
le rayon d’une boule(euclidienne)
de même volume que
D,
M. Sakai notecd (p)
laplus petite
constante cvérifiant
l’inégalité
pour tous les domaines D de
Rd
contenantl’origine
et ilconjecture
que pour toutd >
1 on acd ( d
+2)
= 1.Il est facile
d’exprimer
la fonctionhp
comme le moment d’ordre p de lanorme ~WT~
où W est un mouvement brownien deRd
et T est lepremier
instant de sortie de W hors du domaine D. Un
problème probabiliste
strictement
équivalent
consiste donc àmajorer
les momentsde IIWTII
enfonction du volume du domaine.
Le
plan
de l’article est le suivant. Dans leparagraphe 1,
nous exposons à titre de motivation une nouvelle démonstrationprobabiliste
d’uneinégalité remarquable d’analyse complexe
découverte par H.Alexander,
B. A.Taylor
et J. L. Ullman
[2]
et relative à la normeH2
d’une fonctionholomorphe
sur le
disque
unité duplan.
Nous reprenons lagénéralisation
de cetteinégalité
due à M. Sakai et nous donnons sa traduction brownienne.L’intérêt
principal
de laproposition
2 est d’affirmer que l’onpeut
se limiter à des domaines bornés pour définircd (p) ;
cette remarque nouspermet
par la suite de nemanipuler
que desmartingales
uniformémentintégrables
et enparticulier d’appliquer
des théorèmes d’arrêt. Dans leparagraphe 2,
nousrappelons quelques
faits connus concernant le mouvement brownien et nous démontrons un résultat desymétrisation
brownienne que nous utilisons aussitôt pour établir
l’égalité cd(2)
=1,
satisfaite en toute dimension d > 1. Nous montrons
cependant
que lestechniques
desymétrisation
ne sont pas réellement nécessaires si l’on veutseulement prouver que
cd(2)
= 1 : onpeut
parexemple
faireappel
àun théorème de monotonie dû à M.-Th. Kohler-Jobin
[2] qui
repose en dernier ressort sur unesimple inégalité
de convexité. Nous démontronségalement
dans ceparagraphe
uneinégalité isopérimétrique plus générale qui porte
sur certaines fonctionnelles nonpolynômiales
du mouvementbrownien et nous retrouvons directement
l’inégalité
de Faber-Krahn. Leparagraphe
3 décrit lespropriétés
élémentaires des fonctionscd(.)
et endonne des preuves browniennes. Nous montrons de
façon particulièrement
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Probabilités
simple,
en utilisant de nouveau le résultat desymétrisation
du mouvementbrownien,
que la constante de Sakai est finie en toute dimension et pour toutexposant.
Leparagraphe
4 traite du cas p d et leparagraphe
5donne des estimations de
cd (4)
par destechniques
demartingales :
nousenvisageons
notamment deux nouvellesapproches,
une méthode faisant intervenir la résolutionprobabiliste
d’unproblème biharmonique
et unetechnique
de double frontière.Après
avoirrédigé
cetravail,
nous avonsappris
que le théorème 6 de notre article avaitdéjà
été obtenu par M. Aizenman et B. Simon etindépendamment
par C. Bandle : dans[1],
M. Aizenman et B. Simon ledémontrent par une méthode
identique
à la nôtre(voir
le théorèmeA.3.1 ) ;
dans
[3],
C. Bandle démontre(voir
le théorème6)
un résultat àpartir duquel
onpeut
retrouver le théorème 2.1 assez facilement(voir
la remarquequi
suit notre corollaire7).
Nous tenons à remercier J. Brossard pour nous avoircommuniqué
ces deux références et A. Goldman pour son aide durant lapréparation
de cet article.1. LA
CONJECTURE
DE SAKAICe
paragraphe reprend
les idées de[14]
mais lesparties browniennes,
c’est-à-dire la preuve del’inégalité d’Alexander, Taylor
et Ullman aumoyen du théorème d’arrêt et la
proposition
2qui
traduit laconjecture
deSakai en termes de mouvement
brownien,
sont nouvelles.Rappelons
tout d’abord l’énoncé del’inégalité d’Alexander, Taylor
etUllman. On se donne un nombre
positif
p et une fonctionholomorphe f
sur le
disque
unité U duplan complexe.
La norme HP def
est notéeet elle est définie par
La classe de
Hardy d’exposant p est l’espace
HP des fonctionsholomorphes f
sur U telles que est finie. H.Alexander,
B. A.Taylor
et J. L. Ullman[2]
ont montré dans le cas p = 2 que toute fonctionf appartenant
àH2
et telle que
f(O)
= 0 vérifiel’inégalité
Ceci améliore la
majoration
parl’intégrale
de Dirichlet def qui
est
beaucoup plus
facile à obtenir.L’intégrale
de Dirichletreprésente
l’aireVol. 31,n° 3-1995.
de
f (U)
encomptant
lamultiplicité
def
enchaque point
def (U)
alorsque dans
(1),
on necompte
pas lamultiplicité
def.
Onpeut
sereporter
au livre de P. Duren[6]
pour lespropriétés classiques
des espaces deHardy.
S.
Kobayashi [7]
a donné une preuveoriginale
de(1)
en la reliant auplus petit majorant harmonique de Iz12.
Voici l’idée de sa preuve. Notons D =f (U)
et soit h laplus petite
fonctionsur-harmonique
définie sur Dtelle que
h(z) >
pour tout z E D. La fonction z -~z~2
est sous-harmonique
donc il est facile de voir que h est en faitharmonique.
Lafonction h est donc le
plus petit majorant harmonique
de z -~z~2
sur D.La fonction h o
f
estharmonique
sur U(car
h estharmonique
etf
estholomorphe)
et ellemajore
doncOr,
on saitd’après [10]
et[11] ]
quel’inégalité
est satisfaite pour tout domaine
D,
donc(1)
suit.On voit
qu’une
fonctionf
deH2
vérifiel’inégalité (1)
dès que le domaine D =f ( U )
vérifie lapropriété (2).
Cette remarque de S.
Kobayashi suggère
une démonstrationsimple
del’inégalité d’Alexander, Taylor
et Ullman au moyen du célèbre théorème d’arrêt de Doob. Nous exposons àprésent
cette preuve inéditequi
motivenotre traduction
probabiliste
duproblème
de M. Sakai.Démonstration. - Soit T le
premier
instant de sortie de U du mouvement browniencomplexe (Wt)tO
issu del’origine
et D =f ( U ) l’image
de U.On sait
depuis
PaulLévy
que(f(Wt))OtT
est unemartingale
browniennecontinue et
qu’il
existe un mouvement browniencomplexe
et unchangement
detemps T(t)
tels que =f(Wt)
pour tout 0 t T.Comment utiliser ce fait ? Fixons un réel r
1 ;
le domainef (rU)
estborné
[si f (U)
est lui-mêmeborné,
onpeut simplement
fixer r = 1 et lasuite du raisonnement
fonctionne].
Introduisons les instants aléatoiresAlors R est un
temps
d’arrêt pour la filtration naturelle de W et on aT-(~) ~
S par construction. Uneapplication simple
de la formule d’Itô àla
fonction
donneLe membre de droite vaut
2EoT(R)
doncla dernière
égalité provenant
du théorème d’arrêtappliqué
à lamartingale
1~12 -
2t entre les instants 0 etS,
cequi
ne pose pas deproblème
d’uniforme
intégrabilité
car le domainef (rU)
est borné.Il reste à évaluer la loi
de
On remarque que la fonctionx -
1
>s)
esttoujours
inférieure à1, qu’elle.
estharmonique
sur D
~ Bs
etqu’elle
tend vers 0quand x
tend vers unpoint régulier quelconque
de8[ f(rU)]
nBS ;
cetteportion
du bord def (rU)
coïncideavec le
complémentaire
def ( r U )
nBs
dans le bord8[ f(rU)]
doncEn
intégrant
cetteinégalité,
il vientce
qui
termine notre démonstration..Anticipons
un peu sur la suite. Le processus(~~ 2014
est unemartingale
et, si Sdésigne
àprésent
lepremier
instant de sortie du mouvementbrownien ~
hors deD,
on a montré que S est presque sûrement fini et quec’est-à-dire que pour les domaines du
plan qui
sont desimages
de Upar des
applications holomorphes,
parexemple
les domainessimplement
connexes, le
temps
de sortie moyen estmaximal,
pour une airedonnée,
pour un
disque.
On va retrouver ce résultatisopérimétrique
par la suite mais affranchi deshypothèses
sur le domaine.Nous décrivons maintenant la
généralisation
de(2)
due à M. Sakai. L’idéeest de considérer des domaines
plutôt
que des fonctionsholomorphes.
Aprésent,
D est un domaine(=
un ouvertconnexe)
de1,
de volume fini. Soitr(D)
le rayonéquivalent
de D c’est-à-dire le rayon d’une boule de même volume que D.Supposons
quel’origine
0appartient
à D et soitp >
0 tel est une fonctionsous-harmonique.
Notons alorshp
leplus petit majorant harmonique
de x -IlxllP
sur D. Nous voulonsdéterminer la meilleure constante c telle que tout domaine D vérifie
Vol. 3-1995.
DEFINITION 1
(Sakai). -
La constante de Sakai cd(p)
estdéfinie
parNotons que
Cd(P)
est définiequand
estsous-harmonique,
cequi
est le cas pourp >
1 si d = 1 etpour P
0 si d > 2. La constante de Sakai est bien leplus petit
réel c vérifiant(3)
car les deux membres de(3)
sont
multipliés
par apquand
onremplace
D par le domainehomothétique
aD. De
plus, quand
D est une bouleBr
centrée enl’origine, hp
estconstante et est
égale
à rP doncCd (p)
1.Nous allons étudier les
questions
suivantes.Quand Cd(p)
est-elle finie ?Appelons
extrêmal un domaine tel que réalise la bornesupérieure
de la définition. La boule est extrêmale si
cd (p)
= 1. Pourquelles
valeursde d et p cette situation se
produit-elle,
et dans ce cas,quels
sont lesautres domaines extrêmaux ?
Enfin, peut-on
évaluerCd(p)
dans les cas oùCd (p)
> 1 ?Dressons la liste des résultats et
conjectures
de M. Sakai. En dimension d =1,
onpeut
calculer cdexplicitement :
on obtientcd (p)
= 1 pour p 3 etcd(p)
> 1 pour p > 3. En toutedimension,
il est facile de montrer que la fonction cd est croissante. M. Sakai démontre quecd (p)
est finie en toutedimension d et pour tout
exposant
p et il donne des estimations decd (p) quand
p tend vers l’infini. Il prouve quecd (p)
= 1 pourp
d et quecd (p)
> 1 pour p > d + 2. Il réussitégalement
à montrer, par une preuve ardue etingénieuse,
quecd(p)
= 1 pourp
d +21-d
et il détermine lesdomaines extrêmaux
quand cd (p)
= 1.Enfin,
M. Sakai énonce la CONJECTURE(Sakai). -
En toute dimension d >1, cd(d
+2)
= 1.Revenons en dimension d = 2 et traduisons les résultats de M. Sakai
en termes de fonctions
holomorphes.
Leprocédé
utilisé par S.Kobayashi
pour établir
(1) permet
de voir que toute fonctionholomorphe f
sur Uvérifie
l’inégalité
Réciproquement,
S.Kobayashi [8]
a calculé directement la normed’une fonction
analytique injective f
sur ledisque
unité U et il a montréque
D’après
le théorème de l’invariance conforme deRiemann,
tout domaineplan simplement
connexe D est conformémentéquivalent
audisque
unitéc’est-à-dire
qu’il
existe uneapplication holomorphe injective f qui
envoieU sur D. Il est assez facile de montrer que
h4 (0)
coïncide alorsc’est-à-dire que la constante c = 1 vérifie
l’inégalité (3)
pourn’importe quel
domainesimplement
connexe. Nous dirons que la constante de Sakai restreinte aux domainessimplement
connexes duplan
vautc2 (4)
= 1.Jusqu’ici,
le cas des domaines duplan qui
ne sont passimplement
connexesreste ouvert.
Il nous reste pour terminer ce
paragraphe
à formuler leproblème
deM. Sakai en utilisant la distribution du lieu de sortie du domaine D par un mouvement brownien. Cette nouvelle
description
fournit un cadre naturel à ceproblème
et ellesuggère
des extensions. Onpeut
trouver les résultats« browniens »
classiques
que nous utilisons ici dans le livre de S. Port et C. Stone[12]. Commençons
parpréciser quelques
notations.Notations. - Soit
(Wt)tO
un mouvement brownien standard dansRd.
Lamesure de
probabilité Px
est la mesure de Wienerpartant
d’unpoint x
deRd
donné. SoitT (A)
lepremier
instant d’atteinte de A par le mouvement brownien c’est-à-direavec la convention habituelle inf0 = +00. Nous noterons par
lA
ou par 1(A)
suivant les cas la fonction indicatrice de A et par A~ =RdBA
lecomplémentaire
de A.Ainsi, T(AC)
est lepremier
instant de sortie de A par le mouvement brownien. T est une abréviation pourT(D~) qui
est lepremier
instant de sortie de D par le mouvement brownien.Enfin, Br
ouB(r)
suivant les cas est la boule de rayon r centrée enl’origine
etTr
ouT(r)
suivant les casdésigne T (B~ ) .
Il est bien connu que letemps
d’arrêtTr
est presque sûrement fini et admet des moments de tous ordres pourtout r >
0,
voir[12].
Unpoint
x du bord aD est ditrégulier
si T est nulpresque sûrement sous
Px
c’est-à-dire si le mouvement brownienpartant
de x sort instantanément de D.La constante de Sakai
cd(p)
est caractérisée par l’énoncé suivant.PROPOSITION 2. -
cd (p)
= D cRd,
0 ED,
Dborné,
r(D)
=1}.
Démonstration. - Notre démonstration utilise
l’expression probabiliste
dela solution d’un
problème
de Dirichletclassique (première étape).
Lapartie
intéressante du
résultat,
que nous utiliserons constamment par lasuite,
estd’affirmer que l’on
peut
se restreindre à des domaines bornésréguliers (deuxième étape).
Nous notonsf (x) _ ~
la fonctionf
est continueet
sous-harmonique
surRd
tout entier.Vol. 3-1995.
Première
étape. -
Soit D un domaine borné etrégulier.
La solution duproblème
de Dirichletest
uf(x)
=Ex f(WT ),
voir[12].
La fonction( f -u f)
estsous-harmonique
sur D et nulle sur ôD donc
~~ > f
sur D et U f est bien leplus petit majorant harmonique
def
sur D.Deuxième
étape. -
Soitk(p)
la bornesupérieure
deEo f (WT)
surl’ensemble des domaines bornés
réguliers.
Sik(p)
estinfinie,
iln’y
arien à montrer.
Supposons
quek(p)
est finie. On doit montrer quek(p) majore
aussiEo f (WT) quand
D est un domaine non borné. Soit D undomaine tel que
r(D)
= 1. Il existe une suite croissante d’ouvertsréguliers
bornés
Dn
dont la réunion est D tout entier. Le rayonéquivalent
dechaque Dn
est inférieur à 1donc,
en notantSn
letemps
de sortie deDn,
on obtientLe
temps
de sortie T est la limite croissante desSn,
cette limite est finiepresque sûrement donc le lemme de Fatou assure que l’on a
c’est-à-dire que
k(p)
convient bien pour les domaines non bornés.Montrons à
présent
que la fonctionu (x )
=Ex f ( WT )
est bien leplus petit majorant harmonique
def
mêmequand
D n’est pas borné. Toutd’abord, u
est évidemmentharmonique
caru(0)
est fini et u vérifie lapropriété
de la moyenne donc u est finiepartout. Ensuite, u majore f
surD tout entier. En
effet,
si l’on définit une fonction un sur D enposant
un ( x )
= surDn
etun(x)
= 0ailleurs,
on obtient une suiteun croissante et
chaque
unmajore f
surDn.
Il nous suffit de vérifierque le processus
( f
est uniformémentintégrable
pour toutpoint
de
départ
du mouvement brownien pour déduire de cequi précède
que un converge en croissant vers u sur D tout entier et donc que umajore
bien
f
sur D.Il suffit par
exemple
de vérifier que estintégrable
pour un q > p.
Ramenons-nous
au cas d’un mouvement brownienpartant
del’origine :
si le mouvement brownienpart
de x, son lieu de sortieWT
suit la loi de x +WT,
pour un mouvement brownienpartant
de
l’origine
et pourT’ désignant
letemps
de sortie de ce mouvementbrownien hors du domaine
D’
= D - x. Deplus, Ilx
+ est inférieur à29 et le rayon
équivalent
de D’ estégal
à celui de D doncune nouvelle
application
du lemme de Fatou montre que l’on atoujours
Finalement,
le(ii)
de notreproposition
11 montre(en
nemanipulant
que des domainesbornés)
quek ( q)
estfini,
on a donc terminé.,
Comparons
enfin u à unmajorant harmonique v quelconque
def
sur D.Si x est un
point
deD,
alors x est unpoint
deDn
pour un certain n et on adonc
v(x) >
limun(x) = u(x)
cequi
montre que u est leplus petit
majorant harmonique
cherché..Remarque. -
Soit D un domaine ne contenant pas forcémentl’origine
etsoit x un
point
de D. Alors le domaineD2014~={~/2014~;~/eD}
contientl’origine
etr ( D - x )
=r ( D ) .
La constante de Sakai vérifie donc2. LES OUTILS BROWNIENS
Si
(Wt)t>o
est un mouvement browniend-dimensionnel,
le processusd ~ t
est unemartingale
bien connue. Onpeut généraliser
cerésultat
en construisant pour tout entier n unemartingale
réellequi
estun
polynôme
en t ethomogène
dedegré
n. Il suffit pour cela d’étendre la constructionclassique
de la dimension 1qui
est basée sur lespolynômes
de Hermite etqui
estexposée
parexemple
auchapitre
IV.3 dulivre de"Revuz et Yor
[ 13 ]~. ~
~ - ~ T - ~ , - -PROPOSITION
3. -
Pour 0p
n desentiers,
posons’
et
Vol. 31, n° 3-1995.
Alors
Mn
est unemartingale
et on a la relationNous omettons la preuve
qui
est uneconséquence
facile de la formule d’Itô. On trouve parexemple
et
Nous allons utiliser de
façon
crucialel’inégalité
deréarrangement
deH.
Brascamp,
E. Lieb et J.Luttinger [5].
Nousrappelons
sans preuvece résultat
important puis
nousl’appliquons
au calcul de la constante de SakaiCd(p) quand
p = 2.DÉFINITION 4. - Soit
f
unefonction
mesurablepositive
etintégrable
surRd.
Onappelle réarrangement
def
toutefonction f*
mesurabledéfinie
surRd vérifiant
les deuxpropriétés
suivantes :- Pour tout t >
0,
lesensembles ~ f > t~ et ~ f * > t~
ont la mêmemesure de
Lebesgue.
Remarque. - Rappelons
quef
estintégrable
etpositive.
Alors leréarrangement f *
existe et est essentiellementunique.
Le deuxièmepoint
de la définition de
f *
estéquivalent
au fait que, pour toute fonction g mesurable etpositive
telle que g of
estintégrable,
la fonction g of *
estr r
également intégrable
avecNotations. -
Quand
D est un borélien de volumefini,
leréarrangement
de sa fonction indicatrice
1D
est la fonction indicatrice1B
de la boule Bcentrée en
l’origine
et de même volume. On note D* cette boule et T* letemps
de sortie du mouvement brownien hors de D*.L’inégalité
deréarrangement
que nous utilisons est donnée par le THÉORÈME 5(Brascamp, Lieb, Luttinger). -
Fixons des entiers d >1,
~ ~
1 etn >
1. Pourchaque
1 ik,
onfixe
un vecteur ai deRn,
unefonction li définie
sur à valeurs dansRd
et donnée par~(~i, ’ ’ ’ )
=~
aipxp etenfin
unefonction
mesurablefi positive
surp
Annales de l’Institut Henri Poincaré -
Rd.
On a alorsUne
conséquence
directe est leTHÉORÈME 6. - Soit D un domaine de volume
fini.
Pour toutpoint
x deD,
T sousPx
eststochastiquement
dominé par T* sousPo :
Démonstration. - L’événement
{T
>t} == ~‘ds t, Ws
ED}
est inclusdans l’événement
{Vp
n, ED ~
pour tout entier n > 1.Évaluons
la mesure de cette version discrétisée de
{T
>t~.
Le noyau de transition du mouvement brownienpendant
untemps s
admet comme densité de xi àx~ la fonction
x2)
où ps est radialementsymétrique
et décroissante(la
fonction ps estsimplement
la cloche de Gauss centréehabituelle).
Enposant
xo = x, on obtientLa fin de la preuve est directe et consiste
simplement
à utiliser le résultat de H.Brascamp et
al. pour des fonctions/~
iand li
convenables.Pour
f
=1 (D)
et1(xi , ... , xn)
= xp, leréarrangement
estf *
=1 (D* ).
Pour
f
=pt/n
et1(xi , ... , xn )
= avecp > 2,
leréarrangement
est
f *
=pt/n.
Pour
f(y)
=Pt/n(Y - x)
et1(xi , ... , xn )
= xi, leréarrangement
estf * (~J)
_Pt/n(Y).
En .notant maintenant. xo =
0,
on a montré ’On termine en
prenant
la limite inférieure du membre de droite évaluésur les indices n
puissances
croissantes de 2 parexemple.
Lestrajectoires
Vol. 31, n° 3-1995.
du processus sont continues donc la limite décroissante de l’événement de droite est contenue dans
(Vs t, r}
où rdésigne
le rayon
équivalent
deD,
et laprobabilité
de cet événement vaut exactementOn en déduit par
intégration
en t et par invariance d’échelle du mouvement brownien leCOROLLAIRE 7. - Pour tout domaine D de volume
fini,
toutpoint
xde D et toute
fonction f
mesurablepositive
et croissante surR+,
on a :Ex f (T ) Eo f (T * ) .
On obtient enparticulier
unemajoration
des momentsde T :
r(D)2n EoTi .
On
peut
calculer par récurrence les momentsEo Tl
enappliquant
lethéorème d’arrêt de Doob aux
martingales Mn
considérées entre les instants 0 etTl.
Nous utiliserons les moments suivants :Remarque
8. - Comme nous l’avons annoncé dansl’introduction,
le théorème 2.1 de[3 ] permet
de retrouver le théorème 6. C. Bandle démontre que siu(x, t) désigne
la solution dusystème
pour des fonctions
f
et h assezrégulières
et pourf
s’annulant au bord aD deD,
et si v est solution du mêmesystème
oùD*, f *
et h*remplacent D, f
eth,
alors on apour
tout t >
0. Ce résultatpour h
= 0 etf =
1 estéquivalent
authéorème 6. L’idée consiste évidemment à
appliquer
le résultat de C. Bandleaux fonctions en
plateau
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Probabilités
avec a > 0 et à h =
0,
cequi
fournit une solutionUa
u. Deplus, f a 1 D
doncf â 1(D*)
etVa
v. On obtient ainsiua (x, t) v(O, t)
pour tous x E
D, t >
0 et a > 0. Il reste à remarquer quef a
estsupérieure
à
1(D")
où Da est l’ouvertpour démontrer l’encadrement
Si
T(D) > t,
on sait queWs
E D pourtout s
t. Lestrajectoires
dumouvement brownien sont continues donc les
ensembles {Ws ;
0 st}
sont fermés et il existe un a > 0 tel que
Ws
E Da pour tout s t c’est-à- dire que l’on a en faitT( Da)
> t. On a montré queUa (x, t) convergeait simplement
versu(x, t) quand
a tend vers l’infini et le théorème 6 s’endéduit..
Le théorème 6 donne immédiatement la valeur de la constante de Sakai pour p = 2 comme suit :
appliquons
le théorème d’arrêt deDpob
à lamartingale Mi
entre les instants 0 etT ;
il vientet on en déduit
Remarque
9. - Enfait,
il n’est pas nécessaire de faireappel
àl’inégalité
de
réarrangement
dans toute sagénéralité
pour montrer le seul résultat utilisé dans la preuve decd(2)
= 1 c’est-à-direEoT*.
Unthéorème de M.-Th. Kohler-Jobin
[9]
fournit une autre démonstration.Nous
rappelons
maintenant sans démonstration ce résultat et nous montrons commentl’appliquer.
Soit
uf
la solution duproblème
de DirichletAu +
au + 1 = 0 sur Det u = 0 sur 9D. Notons
Le rayon
a-équivalent R(a)
est le rayon d’une boule B telle queQ(D, a)
=Q(B, a).
Cette notion de rayona-équivalent
est l’outilprincipal
de M.-Th. Kohler-Jobin
qui
utilise le faitremarquable
suivant : la fonctionVol. 31, n° 3-1995.
est une fonction décroissante sur son domaine de définition. Par
ailleurs,
R ( a )
tend versr(D) quand
a tend vers -00. Pour a =0,
=E~T/2.
Enfin,
l’examen de la preuve de M.-Th. Kohler-Jobin montre que la fonctionuD
esttoujours majorée
par le maximum de la fonctionut correspondant
à la boule B =
B(R(a)).
Il reste à tout remettre dans le bon ordre. Si B est la boule de rayonR( 0)
centrée enl’origine,
on aDans cette preuve, le seul résultat auxiliaire utilisé est le suivant : soit u
positive
sur D et nulle sur soit D* la boule de même volume que D et u* leréarrangement
de u. Notons ~7u legradient
de u et celui deu* . Alors la transformation de
réarrangement u -
u* diminue legradient
au sens où l’on a
toujours
_A
présent,
cette dernièreinégalité isopérimétrique
estbeaucoup plus simple.
On la démontre pour
n’importe quelle
fonctionpositive
croissante et convexe en lieu etplace
de t 1---7t2
par unesimple application
del’inégalité
de Jensen comme dans
[4].
Par contre,l’inégalité
deréarrangement
semblenécessaire pour obtenir la
comparaison
des lois de T et de T* ..Nous donnons à
présent
deux extensions directes de cequi précède.
- On
peut reprendre
leprincipe
de la démonstration du théorème 6 pourmontrer le
THÉORÈME 10. - Soit
f
unefonction sous-harmonique
et nulle àl’origine.
Supposons
que lelaplacien 0 f
def
estintégrable
et soit g unefonction
nulle à
l’origine
telle queOg
=(0 f )*.
Alors tout domaine D de volumefini vérifie
En
particulier,
sif
est unefonction sous-harmonique
dont lelaplacien 0 f
est unefonction radiale,
décroissante etintégrable,
tout domaine D devolume
fini vérifie
On
peut
enparticulier imposer
que g soit radiale. On doit alorssimplement
résoudre
l’équation
différentiellepour
(A/)*(~)
et poserg(x)
=- On
peut
déduirerapidement
du corollaire 7l’ inégalité isopérimétrique
de Faber-Krahn. Cette
inégalité
bien connuestipule
que lapremière
valeurpropre 03BB1(D)
duLaplacien
sur un domaine D avec condition de Dirichletau bord doit vérifier
La formulation en
langage
courant de cetteinégalité
est que les tambours circulaires sont, pour une airedonnée,
ceuxqui
ont le son leplus
grave. Il suffit pour la démontrer d’utiliser la caractérisationprobabiliste
(où
lepoint
x de D estarbitraire)
et de remarquer que t 1---7 est croissantepour ~ >
0.3. LES
PROPRIÉTÉS ÉLÉMENTAIRES
DE caNous donnons la preuve
probabiliste
dequelques propriétés
de cd .Remarquons
enparticulier
lasimplicité
du raisonnementqui
assure queCd (p)
esttoujours
finie.PROPOSITION 11
(Sakai). -
En toute dimensiond,
lespropriétés
suivantessont
vérifiées.
(i)
Lafonction
p Hlog cd ( 1 ~p)
est convexe et décroissante. Donc cd est croissante.(ii)
Pour tout p, la constanteCd (p)
estfinie.
Démonstration. -
(i)
Pour tout domaine borné D contenantl’origine,
posons .
La mesure de
probabilité
mimage
dePo
parl’application IIWTII
est unemesure sur
R+
etc(D , . )
est sa fonction des moments c’est-à-dire que l’on aComme toute fonction des moments,
c(D, .)
estcroissante ;
enpassant
au supremum sur tous les domaines D de rayonéquivalent 1,
on voit que cd est croissante. Demême, d’après
unepropriété générale
des fonctions demoments, p -
log c(D,1 /p)
est convexe donc p -log
cd( 1/p)
aussi.(ii)
Nous montrons quecd(2p)
est finie dès quep >
1 est entier. Soit Dun domaine borné de rayon
équivalent égal
à 1 tel que 1.Introduisons la
martingale Mp
et utilisonsl’inégalité
de Hôlder pour lesexposants q/p
et 1 -q/p
avec 1G q
p. Il vientOr,
1 et tout moment de T est borné par le moment du même ordre deTi
doncLe membre de droite est une constante et
l’inégalité
est valable enparticulier
pour la boule
Bi
donc le membre de droite estplus grand
que 1. On voitqu’on
a construit de cettefaçon
unemajoration
de valable pour tout domaine D tel quer(D)
= 1 et donc du même coup unemajoration
decd
(2p) 2. Enfin,
si p n’est pas un entierpair,
cd(p)
est finie car la fonctioncd est croissante..
Remarque. -
Onpeut majorer cd (p) plus
directement en utilisant lesinégalités
deBurkholder-Davis-Gundy.
Cette méthode nous a étéindiquée par R.
Durrett. Eneffet,
est contrôlé par unmultiple
deEoTP/2 indépendant
du domained’après Burkholder-Davis-Gundy, EoTP/2
est
toujours
inférieur auproduit r(D)P
et ceci fournit bien unemajoration
de4. LE CAS
p ~
dOn montre que
cd (p)
= 1 pourp
d et on trouve tous les domainesextrêmaux dans ce cas. La formulation brownienne
simplifie grandement
la preuve de M. Sakai du fait que 1. La preuve du fait que les domaines extrêmaux sont essentiellement des boules est nouvelle.
THÉORÈME 12
(Sakai). -
Soitp
d. Tout domaine D deRd
contenantl’origine vérifie
Rappelons
queBr désigne
la boule de rayon r centrée enl’origine.
Lesfonctions ur, wr et Vr sont définies sur D n
Br
parLe théorème repose sur le lemme trivial suivant.
LEMME 13. - Les
fonctions
ur, v~. et wr sontharmoniques
sur D nBr.
De
plus,
urwr ~
vr.Démonstration du lemme. - Chacune des trois fonctions considérées est de la forme
pour certains ensembles A et C
appropriés,
elle est doncharmonique
sur l’intérieur de A.
Chaque
ensemble A contient D nBr
donc les trois fonctions sontharmoniques
sur cet ouvert. Lestrajectoires
du mouvementbrownien sont presque sûrement continues. Une
figure permet
donc de se convaincre facilement desimplications
suivantes :Finalement, 1 - vr
1 -Wr
1 - ur.Démonstration du théorème. - Montrons que u~.
(resp. vr) correspond
aumembre de
gauche (resp.
au membre dedroite)
del’inégalité
du théorème.Supposons
que D est borné. La fonction r - est la fonction derépartition
doncCalculons
l’intégrale analogue
au membre de droite en yremplaçant
par
t~(0).
Lestrajectoires
du mouvement brownien sontisotropes
doncW(Tr )
est uniformément distribuée sur8Br quand
le mouvement brownienpart
du centre de la boule. Parconséquent, vr (0)
est la mesure relative dela
portion
de située dans D. Notonsdar
la mesure uniforme suraBr
et a la masse totale de la
sphère
unité9Bi.
La masse totale deaBr
estalors
ard-l.
On en déduitVol. 31, n° 3-1995.