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Texte intégral

(1)

M1 MEEF 2nd degr´ e, CAPES de Math´ ematiques Pr´ eparation ` a l’´ ecrit S1 (UE MAT1261M)

Ecrit blanc du 30 novembre 2017 ´ Correction

Exercice 1.

Partie I : un cas particulier

On suppose dans cette partie que b = 3 et r = 2.

1. Le premier tirage.

(a) On est dans le cadre d’un sch´ema de Bernoulli : on r´ep`ete 400 fois de fa¸con ind´e- pendante la mˆeme exp´erience al´eatoire n’ayant que deux issues possibles (le succ`es correspondant `a « la boule tir´ee est rouge »). Le nombre N de boules obtenues suit dont une loi binomiale de param`etres (400, 2/5).

On utilise le th´eor`eme de Moivre-Laplace pour approcher cette loi binomiale par une loi normale : si les (Xi) sont des variables al´eatoires ind´ependantes et de loi de Bernoulli de param`etre p ∈]0, 1[, alors, pour tous r´eels a < b, on a

P

r n

p(1 − p)

 X1+ . . . + Xn

n − p



∈ [a, b]



n→∞−→

Z b a

e−t2/2 dt

√2π

Autrement dit, √20

6/25 N

40025 suit asymptotique la loi normale centr´ee r´eduite. En utilisant les propri´et´es de la loi normale, on en d´eduit que N suit a peu prˆet la loi normale d’esp´erance 160 et d’´ecart-type 4.√

6.

On utilise le th´eor`eme de Moivre-Laplace (sachant que l’on a bien n ≥ 30, np ≥ 5 et n(1 − p) ≥ 5). On sait que si Z suit une loi normale centr´ee r´eduite, on a P(Z ∈ [−1.96, 1.96]) = 0.95. L’intervalle de fluctuation asymptotique de la proportion de niveau 0.95 est donc l’intervalle

"

2

5− 1.96

r 6

25 × 400,2

5 + 1.96

r 6

25 × 400

#

= [0.352; 0.448]

(b) En python :

p=2./5 # 2/5 donne le quotient de la division euclidienne.

# 2./5 effectue la division sur des floats n=400 # taille de l’´echantillon

N=0 # On initialise `a 0 le nombre de boules rouges tir´ees for i in range(n): # r´ep´eter n fois

N+=(rnd.rand()<p) # Ajoute 1 `a la variable N si un

#nombre al´eatoire entre 0 et 1 est inf´erieur `a p

print(N/float(n)) # affiche le r´esultat de la division (entre floats) (c) Les 40 ´echantillons g´en´er´es par les ´el`eves correspondent `a une r´ep´etition (40 fois)

d’une exp´erience al´eatoire, de fa¸con ind´ependante. L’intervalle de fluctuation cr´e´e `a la question 1 est de niveau 0.95 : cela signifie que, pour 5% des ´echantillons (les moins

« typiques »), la fr´equence observ´ee de boules rouges sera en dehors de cet intervalle.

Avec 40 ´el`eves, il y en aura donc environ 2 en dehors de cet intervalle.

(2)

2. Exp´erience al´eatoire A. Dans cette question, on proc`ede `a des tirages al´eatoires suivant le mod`ele d´ecrit en introduction jusqu’`a tirer une premi`ere boule blanche (avec donc la composition de l’urne qui varie). On note X la variable al´eatoire ´egale au nombre de tirages r´ealis´es pour l’obtention de la premi`ere boule blanche.

(a)

(b) Comme il y a trois boules blanches au d´epart, on tirera la premi`ere boule rouge au plus tard au quatri`eme tirage : X(Ω) = {1, 2, 3, 4}.

(c) Pour d´eterminer la loi de X, il faut calculer P(X = k) pour tout k ∈ {1, . . . , 4}.

On utilise pour cela l’arbre pond´er´e de la question 2.a) et la formule des probabilit´es compos´ees : le poids de chacune des arˆetes est la probabilit´e de l’´ev´enement consid´er´e sachant tous les ´ev´enements r´ealis´es depuis la racine de l’arbre.

On a donc P(X = 1) = 2/5, puis

P(X = 2) = PBlanc au 1er tirage(Rouge au 2`eme tirage)P(Blanc au 1er tirage) = 3 5 3 5 = 9

25 On a de mˆeme

P(X = 3) = 3 5

2 5 4 5 = 24

125 P(X = 4) = 3

5 2 5 1

5.1 = 6 125

(d) X est une variable al´eatoire `a valeurs dans {1, . . . , 4}. On a donc

E(X) =

4

X

k=1

kP(X = k) = 2 5+ 2 9

25+ 3 24

125 + 4 6

125 = 236

125 ' 1.89 (e) On calcule d’abord E(X2) :

E(X2) =

4

X

k=1

k2P(X = k) = 2 5+ 4 9

25+ 9 24

125 + 16 6

125 = 542

125 = 4.34 On en d´eduit que var (X) = E(X2) − (E(X))2 = 0.77

3. Exp´erience al´eatoire B. On proc`ede `a trois tirages successifs dans l’urne, suivant le mod`ele d´ecrit en introduction et on note Y le nombre de boules rouges obtenues.

(a) On obtient l’arbre suivant.

(3)

(b) D’apr`es l’arbre ci-dessus, Y `a valeurs dans {0, 1, 2}.

(c) On a P(Y = 0) = 6/125, P(Y = 1) = 75/125 = 3/5 et P(Y = 2) = 44/125.

(d) E(Y ) = 163/125 ' 1.30

(e) Si on r´ep`ete un grand nombre de fois les trois tirages en comptant le nombre de boules rouges obtenues, on observera que, en moyenne, on a 1.30 boule rouge par tirage.

(f) r=2 b=3 Y=0

for i in range(3):

if rnd.rand()<r/5: #si on obtient une boule rouge Y+=1 # on incr´emente Y

r-=1 # on enl`eve une boule rouge b+=1 # on ajoute une boule blanche else: # sinon

r+=1 # on ajoute une boule rouge b-=1 # on enl`eve une boule blanche print(Y)

Partie II : G´en´eralisation

Dans cette partie, l’urne contient au d´epart b boules blanches et r boules rouges, et on proc`ede `a des tirages suivant le mod`ele d´ecrit en introduction. Pour tout entier naturel k ≥ 1, on note Ak l’´ev´enement « la boule obtenue au k-i`eme tirage est rouge ».

1. Si r = 0 ou b = 0, l’´ev´enement A1 est de probabilit´e 0 ou 1, il est donc ind´ependant de tout ´ev´enement, et en particulier de A2.

Si r et b sont non nuls, on a P(A1) = r/(r + b) ∈]0, 1[ et on calcule PA1(A2) et PA1(A2) : les ´ev´enements A1 et A2 seront ind´ependants si et seulement si ce deux probabilit´es conditionnelles sont ´egales (et alors leur valeur commune est P(A2).

On a PA1(A2) = r−1r+b, et PA1(A2) = r+1r+b Donc A1 et A2 ne sont pas ind´ependants.

2. Soit k ≥ 1. L’´ev´enement A1 ∩ . . . ∩ Ak peut se traduire par « Obtenir une boule rouge au cours de chacun des k premiers tirages ». Si k > r, sa probabilit´e est donc nulle.

Si on se place dans le cas o`u k ≤ r, on utilise la formule des probabilit´es compos´ees : P(A1 ∩ . . . ∩ Ak−1) > 0 donc

P(A1∩ . . . ∩ Ak) = P(A1)P(A2|A1) . . . P(Ak|A1∩ . . . ∩ Ak−1)

= r

r + b r − 1

r + b · · ·r − k + 1

r + b = r!

(r − k)!(r + b)k

(4)

3. On reprend l’exp´erience al´eatoire A d´ecrite dans la partie I : on proc`ede `a des tirages r´ep´et´es jusqu’`a obtenir une boule blanche. On note X le nombre de tirages effectu´es.

(a) Dans le pire des cas, on tire toutes les boules rouges avant de tirer la premi`ere boule rouge. On a donc F = {1, . . . , r + 1}

(b) Soit j ∈ F . Si j = 1, on a {X = 1} = A1. Si j ≥ 2, on a {X = j} = A1∩ · · · ∩ Aj−1∩ Aj. (c) On a en particulier

P(X = r+1) = P(A1∩· · ·∩Ar∩Ar+1) = P(A1∩· · ·∩Ar)P(Ar+1|A1∩· · ·∩Ar) = r!

(r + b)r×1 (o`u on utilise la question 2 pour calculer P(Ar), et o`u on remarque que, si on a tirer les r boules rouges au cours de r premiers tirages, l’urne est compos´ee de r + b boules blanches au moment de r´ealiser le r + 1-`eme tirage).

Si j = 1, on a P(X = 1) = r+bb = r!(r+b)r! 0(r−1)!(r+b)r! 1, donc la formule propos´ee est vraie.

Soit j un entier entre 2 et r. On a

P(X = j) = P(A1∩ · · · ∩ Aj−1)P(Aj|A1∩ · · · ∩ Aj−1)

Si au cours de j − 1 premiers tirages, on n’ a obtenu que des boules rouges, la composition de l’urne avant le j-i`eme tirage est de r − (j − 1) boules rouges et b + (j − 1) boules blanches. La probabilit´e de tirer une boule blanche au j-i`eme tirage sachant que l’on a tir´e des boules rouges au cours de chacun des tirages pr´ec´edents est donc ´egale `a (b + j − 1)/(r + b). On en d´eduit

P(X = j) = r!

(r − j + 1)!(r + b)j−1

b + j − 1 r + b

= r!(b + j − 1) (r − j + 1)!(r + b)j

= r!((r + b) − (r − j + 1)) (r − j + 1)!(r + b)j

= r!

(r − j + 1)!(r + b)j−1 − r!

(r − j)!(r + b)j (d) Soit n ∈ N et (α0, . . . , αn) ∈ Rn+1. On a :

n

X

j=1

j(αj−1− αj) =

n

X

j=1

j−1

n

X

j=1

j

=

n−1

X

k=0

(k + 1)αk

n

X

j=1

j

= α0+X

j=0

n − 1(j + 1 − j)αj− nαn

=

n−1

X

j=0

αj− nαn

(e) On d´efinit une famille de r´eels (αi)0≤i≤r+1 : αr+1 = 0 et, pour tout k ∈ {0, . . . , r}, αj = r!/((r − j)!(r + b)j). On a ainsi, pour tout j ∈ F , P(X = j) = αj−1− αj.

(5)

On en d´eduit :

E(X) =

r+1

X

j=1

jP(X = j)

=

r+1

X

j=1

j(αj−1− αj)

=

r

X

j=0

αj− (r + 1)αr+1

=

r

X

j=0

r j

 j!

(r + b)j

4. Exp´erience B. On revient `a l’exp´erience B : on tire successivement n boules dans l’urne suivant le protocole d´ecrit, et on note Yn le nombre de boules rouges obtenues lors de ces n tirages.

(a) Soit (Ak)1≤k≤n une famille d’´ev´enements formant un syst`eme complet, c’est-`a-dire que les (Ak) sont deux `a deux disjoints (ou incompatibles) et leur r´eunion est ´egale

`

a l’univers Ω.

Soit B un ´ev´enement. La formule des probabilit´es totales affirme que P(B) = P(B ∩ A1) + · · · + P(B ∩ An)

De plus, si, pour tout k, P (Ak) > 0, alors, on a

P(B) = PA1(B)P(A1) + · · · + PAn(B)P(An) D´emontrons ce r´esultat :

Comme la r´eunion des (Ak)k≤n est ´egale `a Ω, on a B = B ∩ (Sn

k=1Ak) = (B ∩ A1) ∪

· · · ∪ (B ∩ An) Or les ´ev´enements (B ∩ Ak)k≤n sont deux `a deux incompatibles car les

´

ev´enements (Ak) sont deux `a deux incompatibles : si k et ` sont deux indices, k 6= l, on a

(B ∩ Ak) ∩ (B ∩ A`) = B ∩ Ak∩ A` ⊂ Ak∩ A` = ∅

L’´ev´enement B s’´ecrit comme la r´eunion de n ´ev´enements 2 `a 2 incompatibles, donc sa probabilit´e est ´egale `a la somme des probabilit´es de ces ´ev´enements :

P(B) = P(B ∩ A1) + · · · + P(B ∩ An)

La deuxi`eme expression s’obtient `a partir de la premi`ere en utilisant la d´efinition de la probabilit´e conditionnelle : pour tout k ≤ n, PAk(B) = P(B ∩ Ak)/P(Ak).

(b) Y1 repr´esente le nombre de boules rouges tir´ees lors du premier tirage. On a donc P(Y1 = 1)r/(r + b) et P(Y1 = 0) = b/(r + b).

(c) Soit n ≥ 2 un entier. Si on a obtenu i boules rouges au cours des n − 1 premiers tirages, on a ´egalement obtenue (n − i) boules rouges au cours de ces mˆemes tirages : le nombre de boules rouges est donc r − i + (n − i) = r + n − 2i et le nombre de boules blanches est ´egal `a b + i − (n − i) = b + 2i − n. Pour que cela ait un sens, il faut que 0 ≤ i ≤ n et r + n − 2i ≥ 0 et b + 2i − n ≥ 0.

(d) Soit n ≥ 2. On a Yn− Yn−1∈ {0, 1} donc P(Yn= k|Yn−1 = i) = 0 si k − i 6∈ {0, 1}.

Soit donc i un entier (tel que Yn−1 = i) > 0. On a, en se basant sur la composition de l’une donn´ee dans la question pr´ec´edente :

P(Yn = i + 1|Yn−1 = i) = r + n − 2i

r + b et P(Yn= i|Yn−1 = i) = b − n + 2i r + b

(6)

(e) Expliciter la loi de Yn en fonction de celle de Yn−1. Soit k un entier. On a

P(Yn= k) = P(Yn= k|Yn−1 = k − 1)P(Yn−1 = k − 1) + P(Yn = k|Yn−1 = k)P(Yn−1= k)

= r + n − 2(k − 1)

r + b P(Yn−1= k − 1) + b − n + 2k

r + b P(Yn−1 = k)

(f) On suppose dans cette question que n ≤ min(r, b). D´eduire de la question pr´ec´edente une expression de E(Yn) faisant intervenir E(Yn−1).

(7)

Exercice 2.

On consid`ere une fonction f d´efinie et d´erivable sur R+∗ telle que,

(∗) Pour tous r´eels strictement positifs a et b, on a : f (ab) = f (a) + f (b).

On suppose pour le moment qu’une telle fonction existe.

1. Soit g une fonction d´efinie sur I et d´erivable en x0 ∈ I Pour tout x ∈ I, x 6= x0, on a g(x) − g(x0) = g(x) − g(x0)

x − x0 (x − x0)

Lorsque x tend vers x0 (avec x 6= x0), la fraction du membre de droite tend vers g0(x0), qui est un r´eel, et x − x0 tend vers 0, donc g(x) − g(x0) tend vers 0, ce qui signifie que g est continue en x0.

2. Si f est solution de (∗), on a f (1) = f (12) = f (1) + f (1), donc f (1) = 0.

3. Soit x > 0. Avec la relation (∗), on a f (1) = f (x1x)) = f (x) + f (1/x). On en d´eduit f (x) + f (1/x) = 0.

4. On montre par r´ecurrence sur n que, pour tout x > 0, f (xn) = nf (x).

La relation est vraie pour n = 0 puisque, pour tout x > 0, x0 = 1 et f (1) = 0.

Soit n ≥ 0 tel que, pour tout x > 0, on a f (xn) = nf (x).

Soit x > 0. On a : f (xn+1) = f (x xn) = f (x) + f (xn) = (n + 1)f (x).

La propri´et´e est donc vraie au rang n + 1.

Par principe de r´ecurrence, elle est vraie pour tout n ∈ N.

Soit maintenant un entier n < 0 et x > 0 un r´eel. On a f (xn) = −f (x−n)) − (−n)f (x) = nf (x)

On peut donc conclure que, pour tout n ∈ Z et tout x > 0, on a f (xn) = nf (x).

5. Soit x ∈ R+∗ et r ∈ Q. Il existe deux entiers p et q tels que r = p/q. Notons y = x1/q. On a, par la question pr´ec´edente, f (yq) = qf (y) donc f (x1/q) = 1qf (x).

Puis f (xp/q) = f ((x1/q)p) = pf (x1/q) = pqf (x) = rf (x).

6. Soit a > 0. Pour tout r´eel x > 0, on a f (ax) = f (a) + f (x). D´erivons cette relation (par rapport `a x) : pour tout x > 0, on a af0(ax) = f0(x).

On a donc en particulier : af0(a) = f0(1).

En notant λ = f0(1), on a, pour tout a > 0, f0(a) = λ/a

7. La d´eriv´ee de f sur R+∗ est donc du signe de λ = f0(1) : si f0(1) > 0, f est strictement croissante sur R+∗, et si f0(1) < 0, elle est strictement d´ecroissante. Et si f0(1) = 0, la fonction f est constante.

On remarque ´egalement que, pour tout a > 0, f00(a) = −λ/a2. La fonction f est donc strictement concave si f0(1) > 0 et strictement convexe si f0(1) < 0.

8. D’apr`es les question pr´ec´edentes, si f et ˜f v´erifient (∗), il existe deux r´eels λ et ˜λ tels que, pour tout a > 0, f0(a) = λa et ˜f0(a) = ˜λa.

Or λ et ˜λ sont non nuls car f et ˜f ne sont pas constantes. En notant µ = λ/˜λ, on obtient f0 = µ ˜f0.

Comme f (1) = ˜f (1) = 0, on a bien f = µ ˜f .

9. La fonction x 7→ 1/x est continue sur R+∗ : par le th´eor`eme fondamental de l’analyse, elle admet une unique primitive valant une valeur choisie en un point de son intervalle de d´efinition. La fonction h existe donc et est unique.

(8)

Soit a > 0. Notons h2 : x 7→ h(ax) − h(x). Cette fonction est d´efinie et d´erivable sur R+∗

et, pour tout x > 0, on a h02(x) = ah0(ax) − h0(x) = axa1x = 0.

La fonction h2 est donc constante. Or h2(1) = h(a) − h(1) = h(a).

On a donc, pour tout a > 0 et tout x > 0, h(ax) = h(a) + h(x), c’est-`a-dire que h v´erifie (∗).

10. Soit f une fonction v´erifiant (∗). On vient de montrer que h v´erifie ´egalement (∗).

Si f est constante, on a f = 0 = 0h. Si f n’est pas constante, la question 6 implique l’existence d’une constante µ telle que, pour tout x > 0, on a f (x) = µh(x).

11. Propri´et´es de la fonction h.

(a) Soit x0 > 1 un r´eel. La fonction h est strictement croissante (car sa d´eriv´ee est strictement positive), donc h(x0) > h(1) = 0.

On sait que h v´erifie (∗) donc, d’apr`es la question 4), pour tout entier n on a : h(xn0) = nh(x0). On en d´eduit que (h(xn0))n diverge vers +∞.

On montre l’in´egalit´e de Bernoulli : pour tout n ≥ 0 et tout α ≥ 0, (1 + α)n≥ 1 + nα.

Soit α ≥ 0 et n ∈ N. On utilise la formule du binˆome de Newton : (1 + α)n = 1 +n

1

 α +

n

X

k=2

n k



αk ≥ 1 + nα

NB : ce r´esultat est vrai pour tout n ∈ N et tout α > −1, et la d´emonstration se fait par r´ecurrence.

Avec α = x0− 1, on montre par comparaison de limite que limnxn0 = +∞.

On a donc montr´e que, si x0 est un r´eel strictement sup´erieur `a 1, on a d’une part lim xn0 = +∞ et d’autre part que lim h(xn0) = +∞.

La fonction h ´etant croissante, cela implique que limx→+∞h(x) = +∞. En effet, soit A un r´eel. Il existe un N tel que h(xN0 ) > A. Notons B = xN0 .

Par croissance de h, on a alors, pour tout x > B, h(x) > h(B) ≥ A.

On a donc montr´e, pour tout r´eel A, l’existence d’un r´eel B tel que, pour tout x ≥ B, on a h(x) ≥ A : ceci caract´erise le fait que h diverge vers +∞ en +∞.

(b) On a montr´e que, pour tout x > 0, h(1/x) = −h(x).

On a donc

x→0+lim h(x) = lim

y→+∞h(1/y) = − lim

y→+∞h(y) = −∞.

(c) La fonction h est continue et strictement croissante, avec lim0+h = −∞ et lim+∞h = +∞ donc, par le th´eor`eme des valeurs interm´ediaires, pour tout λ ∈ R, il existe un unique cλ ∈ R+∗ tel que h(cλ) = λ.

La fonction h est donc bijective de R+∗ dans R.

(d) La fonction h ´etant concave, sa courbe repr´esentative est « en dessous » de ses tangentes, et en particulier de sa tangente en 1 : on a donc pour tout x > 0, h(x) ≤ h(1) + h0(1)(x − 1) = x − 1 ≤ x. . En divisant par x (qui est positif), il vient : pour tout x > 0, h(x)

x ≤ 1 (e) Soit t > 0. On a

h(t)

t = h(√ t2)

√t2

= 2

√t h(√

√t) t Or h(

t)

t est major´ee par 1. On a donc : h(t)

t ≤ 2

√t

(9)

h ´etant croissante, on a pour tout t > 1, h(t) > h(1) = 0, on en d´eduit que limt→+∞h(t)/t = 0.

(f) Soit α > 0. On utilise un raisonnement similaire : h(x)

xα = 1 α

h (xα) xα D’o`u limx→+∞ h(x)xα = 0.

Partie B

La fonction h introduite dans la partie A est bien entendu la fonction ln, et on a montr´e que cette fonction est bijective, donc elle admet une fonction r´eciproque, que l’on notera ψ.

1. Les courbes repr´esentatives de h et ψ sont sym´etriques par rapport `a la droite ∆ d’´equa- tion y = x.

Commen¸cons par d´eterminer les coordonn´ees du sym´etrique d’un point M (x, y) par rapport `a la droite ∆ : Notons M0(x0, y0) le sym´etrique orthogonal de M (x, y) par rapport

`

a ∆ et I le milieu de [M M0]. Par d´efinition, le point I appartient `a ∆ et le vecteur

−−−→M M0 est orthogonal au vecteur −→u = 11 qui est un vecteur directeur de ∆. On a donc

y+y0

2 = x+x2 0 et (x0− x) + (y0− y) = 0, ie

 y + y0 = x + x0

y0− y = −x0+ x ⇐⇒  2y0 = 2x 2x0 = 2y

o`u le deuxi`eme syst`eme d’´equations s’obtient en faisant la somme et la diff´erence des deux ´equations du premier syst`eme.

Les coordonn´ees du sym´etrique orthogonal de M (x, y) par rapport `a la droite ∆ sont donc (y, x).

Consid´erons maintenant un point M (x, y) appartenant `a la courbe repr´esentative de h : on a donc y = h(x). Notons M0(x0, y0) le sym´etrique de M par rapport `a Delta. On vient de voir que x0 = y = h(x) et y0 = x. V´erifions que ce point appartient `a la courbe repr´esentative de ψ : pour cela, il faut montrer que y0 = ψ(x0). Or ψ(x0) = φ(h(x)) = x par d´efinition de ψ.

On a ainsi montr´e que l’image par la sym´etrie orthogonale d’axe ∆ de la courbe repr´e- sentative de h est incluse dans la courbe repr´esentative de ψ.

Consid´erons maintenant un point N0(x0, y0) de la courbe repr´esentative de ψ, et montrons que l’image (directe ou r´eciproque, peu importe) de ce point par la sym´etrie orthogonale d’axe ∆ appartient `a la courbe repr´esentative de ∆ : l’image (r´eciproque) de N0 par la sym´etrie orthogonale d’axe ∆ est le point N de coordonn´ees (y0, x0). Comme h(y0) = h(ψ(x0)) = x0, on constate que N appartient `a la courbe repr´esentative de h.

On peut alors conclure que les deux courbes sont sym´etriques l’une de l’autre par rapport

`

a la droite ∆.

2. La fonction h ´etant strictement croissante, ψ l’est ´egalement (´ecrire proprement une preuve de ce r´esultat ne faisant pas intervenir la d´eriv´ee !)

De plus, on a lim−∞ψ = 0 et lim+∞ψ = +∞ car lim0h = −∞ et lim+∞h = +∞.

3. On sait que h est d´erivable et sa d´eriv´ee est strictement positive, donc sa fonction r´eciproque ψ est d´erivable : en effet, soit x0 ∈ R. Consid´erons un r´eel x ∈ R, et notons y = ψ(x) et y0 = ψ(x0). On a ´egalement x = h(y) et x0 = h(y0). On calcule le taux d’accroissement de ψ en x0 :

ψ(x) − ψ(x0)

x − x0 = y − y0 h(y) − h(y0)

(10)

Lorsque x tend vers x0, y = ψ(x) tend vers y0, donc h(y)−h(yy−y 0)

0 tend vers la d´eriv´ee de h en y0, donc vers h0(y0) = 1/y0. Or y0 = ψ(x0), donc le taux d’accroissement de ψ en x0 tend vers ψ(x0). On a ainsi montr´e que ψ est d´erivable en x0, de d´eriv´ee ψ(x0).

4. Soient a et b deux r´eels. On utilise la relation (∗) en ψ(a) et ψ(b) : On a

a + b = h(ψ(a + b)) et a + b = h(ψ(a)) + h(ψ(b)) = h(ψ(a)ψ(b)).

On obtient ainsi : h(ψ(a + b)) = h(ψ(a)ψ(b)).

La fonction h ´etant bijective (injective suffit), on en d´eduit que ψ(a + b)) = ψ(a)ψ(b).

Partie C

On consid`ere ici la fonction ϕ d´efinie par :

ϕ(z) =

+∞

X

n=0

zn

On notera Φ la primitive nulle en 0 de ϕ, et i un nombre complexe tel que i2 = −1.

1. On reconnaˆıt la somme de termes cons´ecutifs d’une suite g´eom´etrique. On a donc PK

n=01n = K + 1 et, z ∈ C\{1},

K

X

n=0

zn= 1 − zK+1 1 − z

Pour z = 1, la s´erie de terme g´en´eral (zn) est trivialement divergente.

On connaˆıt le comportement asymptotique de la suite (zK+1)K : elle est convergente si et seulement si |z| < 1, et dans ce cas, sa limite est nulle. On en d´eduit que la s´erie de terme g´en´eral (zn)n est convergente si et seulement si |z| < 1, et que, dans ce cas, la somme de cette s´erie est ´egale `a

+∞

X

n=0

zn= 1 1 − z

2. ϕ est une s´erie enti`ere de rayon de convergence ´egal `a 1 : on peut donc int´egrer terme `a terme et en d´eduire que, pour tout x ∈] − 1, 1[, on a

− ln(1 − t) + ln(1) = Z x

0

ϕ(t) dt = Φ(x) =

+∞

X

n=0

xn+1 n + 1 =

+∞

X

k=1

xn n On a donc, pour tout x ∈] − 1, 1[, Φ(x) = − ln(1 − x).

3. La fonction z 7→P+∞

n=1 zn

n est une s´erie enti`ere. Son rayon de convergence est ´egal `a 1 (par exemple car on sait par la question C1 que sa s´erie d´eriv´ee est de rayon de convergence 1).

(11)

4. Soit x ∈] − 1, 1[. On a

Φ(ix) + Φ(−ix) =X

n≥1

(ix)n

n +X

n≥1

(−ix)n n

=X

n≥1

(1 + (−1)n)(ix)n

n car les 2 s´eries convergent

= X

n≥1,n pair

2(ix)n n

=X

k≥1

2i2kx2k 2k

=X

k≥1

(−1)kx2k k On a donc , pour tout x ∈] − 1, 1[,

Φ(ix) + Φ(−ix)

2 = 1

2 X

k≥1

(−1)kx2k k

En d´erivant terme `a terme la s´erie (toujours car on a une s´erie enti`ere et que l’on se place `a l’int´erieur de son disque de convergence), il vient

d dx

 Φ(ix) + Φ(−ix) 2



=X

k≥1

(−1)kx2k−1

=X

`≥0

(−1)`+1x2`+1

= −xX

`≥0

(−x2)` = −x 1 + x2 On en d´eduit

 Φ(ix) + Φ(−ix) 2



= −1

2ln(1 + x2) = − ln√ 1 + x2 5. Soit x ∈] − 1, 1[. On a

Φ(ix) − Φ(−ix) =X

n≥1

(ix)n

n −X

n≥1

(−ix)n n

=X

n≥1

(1 − (−1)n)(ix)n

n car les 2 s´eries convergent

= X

n≥1,n impair

2(ix)n n

=X

k≥0

2i2k+1x2k+1 2k + 1

= 2iX

k≥1

(−1)kx2k+1 2k + 1

(12)

On a donc, pour tout x ∈] − 1, 1[,

Φ(ix) − Φ(−ix)

2i =X

k≥0

(−1)k 2k + 1x2k+1 En d´erivant, on obtient :

d dx

 Φ(ix) − Φ(−ix) 2i



=X

k≥0

(−1)kx2k

= 1

1 + x2 On a donc

Φ(ix) − Φ(−ix)

2i = arctan x 6. On a, pour tout x ∈] − 1, 1[, Φ(ix) + Φ(−ix) = −2 ln√

1 + x2 et Φ(ix) − Φ(−ix) = 2i arctan x.

On en d´eduit que Φ(ix) = − ln√

1 + x2+ i arctan x 7. Soit x un r´eel. Le module de 1+ix est ´egal `a√

1 + x2 et son argument θ v´erifie tan θ = x, avec θ ∈] − π, π[, donc θ = arctan x.

On a donc 1 + ix =√

1 + x2ei arctan x et 1 − ix =√

1 + x2e−i arctan x :

Φ(ix) = −(ln |1 − ix| + iArg(1 − ix)), ou encore 1 + ix = exp Φ(ix)

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