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V Sommes amalgam´ ees et carr´ es W -cocart´ esiens dans Cat
1 G´ en´ eralit´ es sur U
¤£-iX
¾j ¡¢T , et les sommes amalgam´ ees.
1.1 Donn´ees de recollement entre un ouvert et un ferm´e.
Soit X dans Cat, U un ouvert dans X, T le compl´ementaire ferm´e. (NB Les ouverts correspondent bien aux ouverts de ObX, topologis´e par sa relation de pr´eordre naturelle x ≤ y ⇐⇒ HomX(x, y) 6= ∅, de mˆeme pour les ferm´es. Les topologies associ´ees aux relations de pr´eordre sont celles o`u toute intersection d’ouverts est encore ouverte, i.e.
toute r´eunion de ferm´es est encore ferm´ee. Donc les ouverts d’une telle topologie sont les ferm´es d’une topologie duale, correspondant `a la relation de pr´eordre oppos´ee. La relation de pr´eordre associ´ee `a la topologie est
x≤y ⇐⇒ x∈ {y},
la topologie associ´ee au pr´eordre surI est celle pour laquelle les ouverts sont les r´eunions d’ensembles de la forme I/x(lesquels forment une base d’ouverts), ou encore les ‘cribles’
(x∈ U, y ≤x =⇒ y ∈ U), les ferm´es sont les r´eunions d’ensembles x\I, c’est-`a-dire les cocribles. Pour toute partie A deI, il y a un plus petit ouvert contenantA, qui est aussi son plus petit voisinage, c’est la r´eunion desI/xpourx∈A. Et dualement il y a un plus grand ferm´e contenu dans A, dont le compl´ementaire est le plus petit ouvert contenant B = I\A, donc Sx∈BI/x. L’adh´erence de A est la r´eunion des adh´erences x\I de ses points.)
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La situation (X, U, T) se reconstitue, `a isomorphisme unique pr`es, par la connaissance de 1◦) Les deux cat´egories U, T.
2◦) Le bifoncteur
H :U◦×T -Ens H(u, t) = HomX(u, t).
De plus, ces donn´ees 1◦) 2◦) en sont soumises `a aucune restriction. On a, plus exactement Proposition 1. Un isomorphisme [plut^ot une ´equivalence de cat´egories] entre la cat´egorie T dont les objets sont les triples (X, U, T), avec X ∈ Ob Cat, U ∈Ouv(X), T ∈ Ferm(X), U et T compl´ementaires l’un de l’autre, les morphismes de (X, U, T) dans (X0, U0, T0) ´etant les foncteurs f :X -X0 qui induisent U -U0, T -T0 (d’o`u
U =f−1(U0), T =f−1(T0)), avec la cat´egorie T0 des triples (U, T, H), de deux cat´egories U, T et d’un bifoncteur
H :U◦×T -Ens
(ou encore un pr´efaiscau U◦ -T∨ sur U, donc un objet de Hom(U◦, T∨)), un morphisme de (U, T, H) dans (U0, T0, H0)´etant un triple
(fU, fT, u)
fU : U - U0 fT : T - T0
des foncteurs u:H -H0◦(fU◦ ×fT),
i.e. H(u, t) -H0(fU(u), fT(t)) un homomorphisme fonctoriel
(fl`eche dans (U ×T◦)∧ 'Hom(U◦, T∨)), composition des fl`eches ´evidente.
SiU ¤£- X ¾ ¡¢T est un triple, et
fU0 :U0 -U, fT0 :T0 -T
des fl`eches dans Cat, il y a une fa¸con privil´egi´ee de ‘recoller’ U0 et T0, de fa¸con `a ce que l’objet (X0, U0, T0) s’envoie dans (X, U, T) en induisant
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fU0, fT0:
U0 ¤£ i0 - X0¾ j0 ¡¢T0
?
fU0
?
f
?
fT0
U ¤£ i - X ¾ j ¡¢T, elle s’obtient `a l’aide des bifoncteurs
H0(u0, t0)d´ef= H(fU0(u0), fT0(t0)) i.e. H0 =H◦(fU◦0 ×fT0).
Ce triple, i.e. cet objet deT, repr´esente le foncteur suivant sur T : (X00, U00, T00) -HomCat(U00, U)×HomCat(T00, T),
i.e. on a pour tout objet (X00, U00, T00) de T une bijection canonique, fonctorielle en cet objet
(∗) HomT((X00, U00, T00),(X0, U0, T0))'HomCat(U00, U)×HomCat(T00, T).
Nul doute qu’on a mˆeme
(∗∗) HomT((X00, U00, T00),(X0, U0, T0))'HomCat(U00, U)×HomCat(T00, T),
tout aussi fonctoriel, dont (∗) se d´eduit en passant aux ensembles d’objets. On dit que le triple (X0, U0, T0) est le triple induitpar le triple (X, U, T), via les foncteurs fU0, fT0. NB Si fU0, fT0 sont pleinement fid`eles, alors il en est de mˆeme de f : X0 -X. Nous utiliserons cette op´eration de recollement privil´egi´e surtout quand U0 =U,fU0 = idU, ou inversementT0 =T,fT0 = idT.
1.2 Relation avec le recollement des topos.
La situation d’un triple
(X,U,T) d’un toposX, d’un ouvert U deX, et d’un [page 62]
sous-topos ferm´e compl´ementaire, est toute similaire (NB Si X = Top(X), avec X dans Cat, alors Ouv(X) ' Ouv(X), puisque les ouverts correspondent aux sous-faisceaux du faisceau final surX, i.e. du pr´efaisceau final surX. Cette bijection est compatible avec le passage aux compl´ementaires.) La th´eorie des topos dit que les couples (X,U,T)[plut^ot triples]se reconstituent, `a ´equivalence d´efinie `a isomorphisme unique pr`es, `a l’aide d’un
triple
U, T deux topos
ϕ: Fais (U) -T un foncteur exact `a gauche (‘accessible’), ce foncteur ϕ´etant obtenu, quand on part de
U -i X ¾j T, comme
ϕ=j∗i∗.
De plus, le triple (U,T, ϕ) peut ˆetre choisi arbitrairement, avec la seule restriction (pra- tiquement anodine, car toujours satisfaite pour tous les foncteurs naturels qu’on rencontre) queϕ soit (en plus d’ˆetre exact `a gauche) ‘accessible’.
Dans le cas actuel X = Top(X), U = Top(U),T = Top(T), le foncteur ϕ=j∗i∗ est non seulement exact `a gauche, mais mˆeme il commute aux lim¾ quelconques, puisqu’il en est ainsi (toujours) de i∗, et aussi (parce que le j topossique est induit par le j : T -X cat´egorique) dej∗. En fait, on
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trouve ceci :
Proposition 2 : Consid´erons une situation de recollement de deux topos U, T par ϕ: FaisU -FaisT, foncteur exact `a gauche. Supposons queU = Top(U), T = Top(T), avec U et T dans Cat. Pour que le topos recoll´e X soit ´equivalent `a un topos Top(X), avec X dans Cat, il faut et il suffit que le foncteur de recollement ϕ commute aux ¾lim quelconques, ou ce qui revient au mˆeme, qu’il ait un adjoint `a gauche :
ψ : Fais| {z }T
=T∧
- Fais| {z }U
=U∧
.
On s’attend d`es lors que la donn´ee de recollementϕ, ou ce qui revient au mˆeme le foncteur ψ ayant un adjoint `a droite, i.e. commutant aux lim- quelconques, revient `a celle d’une donn´ee de recollement H
H :U◦×T -Ens
pourU et T. Mais on sait bien que les foncteurs ψ :T∧ -C dans une cat´egorie C avec lim- quelconques, qui commutent auxdites lim-, forment une cat´egorie ´equivalente (par le foncteur ψ -ψ|T(⊆T∧)) `a celle des foncteurs
ψ0 :T -C (= |{z}U∧
Hom(U◦,Ens)
en l’occurrence),
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et la donn´ee d’un tel foncteurψ0 revient bien `a celle d’un H. Donc
Corollaire. La cat´egorie des donn´ees de recollement topossique ϕ : U∧ -T∧ entre Top(U), Top(T), telles que le topos recoll´e soit un ‘topos paradisiaque’, i.e. ´equivalent
`a un topos de la forme X∧ (avec X dans Cat), est ´equivalente `a celle des donn´ees de recollementH :U◦×T -Ens entre U et T. La donn´ee topossiqueϕ associ´ee `aH est le foncteur adjoint `a droite de T∧ -U∧ d´eduit de T H-U∧ par prolongement commutant aux lim-, ou encore elle est donn´ee par
ϕ(|{z}F
∈U∧
)(t)'HomU∧(H(t), F),
o`u dans le second membre H est interpr´et´e comme un foncteur T -U∧. Le topos rec- oll´e par ϕ est canoniquement ´equivalent `a Top(X), o`u X est l’objet de Cat obtenu par recollement `a l’aide de H.
Du point de vue de la th´eorie des faisceaux, cela donne l’interpr´etation de H, comme exprimant le foncteur
ϕ=j∗i∗ :U∧ -T∧ par la formule pr´ec´edente.
[page 65]
1.3 Fl`eches dans Cat, de source ou but un objet recoll´e (X, U, T).
Quand (X, U, T) est donn´e par une donn´ee de recollement U, T, H :U◦×T -Ens, les fl`eches
f :X0 -X
dans Cat se d´ecrivent imm´ediatement ainsi : la donn´ee de f d´efinit d’abord U0 =f−1(U), T0 =f−1(T),
couple d’un ouvert deX0 et du ferm´e compl´ementaire, de sorte que cette donn´ee ´equivaut
`a celle de
1◦) un couple (U0, T0) dans X0
2◦) un morphisme (dans T) de (X0, U0, T0) dans (X, U, T), ce qui ´equivaut par 1.1 `a un
triple
fU0 : U0 - U fT0 : T0 - T
u: HU0,T0 - H◦(fU◦0 ×fT0),
o`u on a pos´e
HU0,T0 :U0◦×T0 -Ens HU0,T0(u0, t0) = HomX0(u0, t0),
i.e. HU0,T0 est la donn´ee de recollement qui conrrespond au triple (X0, U0, T0) dans T.
[page 66]
Nous serons plus int´eress´es par la situation inverse, i.e. par la question de d´eterminer les foncteurs
|{z}X
=XU,T,H
-X0
deX, obtenu par (U, T, H), dans un objet quelconque de Cat. On trouve tautologiquement Proposition 3. HomCat(X, X0) est en correspondance bijective canonique, fonctorielle en X0 dans Cat, avec l’ensemble des triples
[(∗)]
fU : U - X0 fT : T - X0
fl`eches dans Cat
u:H -HX0(fU◦ ×fT), fl`eche dans Hom(U◦×T,Ens), o`u pour tout X0 dans Cat, on a pos´e
HX0 = ((x, y) -HomX0(x, y)) :X0◦×X0 -Ens.
Sˆurement on aura mˆeme un isomorphisme de cat´egories
Hom(X, X0)'cat´egorie des triples (fU, fT, u) comme dans (∗).
1.4 Construction de sommes amalgam´ees `a partir d’une immersion ouverte o`u ferm´ee.
Pour une construction d’une sorte de somme amalgam´ee, en termes d’un triple (X, U, T) + . . . ,
[page 67]
qui soit sym´etrique en U, T, j’ai envie de regarder d’abord la situation ‘mixte’, d’un diagramme en traits pleins
U ¤£ i - X ¾ j ¡¢T
?
fU
?
f
?
fT
U0 ¤£ i0 - X0¾ j0 ¡¢T0, (∗)
qu’on aimerait compl´eter ‘canoniquement’, si faire se peut, en un morphisme de triples (i.e. en une fl`eche dans T). L’id´ee naturelle, c’est que le X0 qui s’y ins`ere serait la limite inductive, dans Cat, du diagramme initial. SiT0 =T,fT = idT, cela signifie donc queX0 s’identifie `a la somme amalgam´ee X UU0, et inversement si U0 =U, fU = idU.
D´esignons parX0 la somme amalgam´ee[plut^ot la limite inductive], et explicitons, pour X00 quelconque dans Cat, l’ensemble des fl`eches g de X0 dans X00, comme foncteur enX00. C’est l’ensemble des triples
(∗) (gX, gU0, gT0)
gX : X - X00 gU0 : U0 - X00 gT0 : T0 - X00
avec gX ◦i = gU0fU
gX ◦j = gT0fT.
U ¤£ i - X ¾ j ¡¢T
?
fU
?
gX ?
fT
U0 T0
@@
@@R
gU0
¡¡
¡¡ ª
gT0
X00
Notons que pour un tel triple, gX est partiellement connu d´ej`a en termes de gU0, gT0, par ses restrictionsgX ◦iet gX ◦j `aU etT respectivement, par les formules
gU =gU0fU, gT =gT0fT. [page 68]
Donc la donn´ee d’un triple (∗) ´equivaut `a celle d’un triple (gU0, gT0, gX)
(gX une fl`eche X -X00 correspondant `a
gU =gU0◦fU et gT =gT0 ◦fT d´ej`a donn´es (viagU0, gT0), donc en vertu de 1.3. cela correspond `a
(∗) (gU0, gT0, u)
gU0 : U0 - X00 gT0 : T0 - X00
u: H - HX00((gU0◦fU)◦×(gT0 ◦fT))
| {z }
(u,t) -Hom
X00(gU0fU(u),gT0fT(t))
.
On va interpr´eter la donn´ee de u, en termes d’un foncteur
(∗∗) F∗ = (H0 -H0◦F) : Hom(U0◦×T0,Ens) -Hom(U◦ ×T,Ens) o`u
F :U◦×T -U0◦×T0 est donn´e par F =fU◦ ×fT.
On a un objetH00 =Hg00U0,gT0 de la cat´egorie source de (∗∗) d´etermin´e en termes du couple (gU0, gT0), par
H00(u0, t0) = HomX00(gU0(u0), gT0(t0)), et le bifoncteur but de la fl`eche udans (∗) s’interpr`ete comme
F∗(H00) =H00◦F : (u, t) - H00(fU(u), fT(t))
| {z }
= Hom(gU0fU(u),gT0fT(t))
.
Ainsi, u s’interpr`ete comme une fl`eche
u:H -F∗(H00).
Or le foncteurF∗ a un adjoint `a gauche F!, i.e. on a
(∗∗∗) Hom(H, F∗(H00))'Hom(F!(H), H00).
[page 69]
avec
F!: Hom(U◦×T,Ens) -Hom(U0◦×T0,Ens).
Posons
H0 =F!(H) :U0◦×T0 -Ens,
c’est un bifoncteur bien d´etermin´ee par la seule donn´ee du diagramme initial (∗) p. 67, ou ce qui revient au mˆeme, en termes de
(U, T, H, fU :U -U0, fT :T -T0).
Et on voit que la donn´ee d’une fl`eche X0 -X00, X00 objet variable de Cat, ´equivaut `a celle de
gU0 :U0 -X00, gT0 :T0 -X00, u:H0 -H00 =HX00(g◦U0×gT0), c’est `a dire, en vertu de 1.3., `a celle d’une fl`eche
X00 -X00,
o`u X00 d´esigne l’objet de Cat d´eduit de U0, T0 par recollement au moyen de H0. Cela montre donc que la limite inductive cherch´ee n’est autre que X00. On a ainsi trouv´e le Th´eor`eme 1. La limite inductive X0 dans Cat du diagramme (∗) page 67, d´efini en termes d’un triple (X, U, T) dans T et de fl`eches fU : U -U0, fT : T -T0 dans Cat, existe (sans m´erite)
[page 70]
et les fl`eches canoniques
U0 ¤£-i0 X0 ¾j0 ¡¢T0
sont des immersions ouvertes et ferm´ees compl´ementaires l’une de l’autre. La donn´ee de recollement qui d´efinit X0 via U0, T0 est donn´ee par
H0 = (fU◦ ×fT
| {z }
F
)!(H) :U0◦×T0 -Ens,
o`u H est la donn´ee de recollement qui d´efinitX, i.e. H :U◦×T -Ensest le bifoncteur (u, t) -HomX(u, t).
Ainsi on a, pour u0 dans U0 et t0 dans T0
HomX0(u0, t0) =F!(H)(u0, t0),
et il reste `a expliciter F!(H). Ici F = fU◦ ×fT est un foncteur covariant sur U◦ ×T, on peut l’interpr´eter comme un pr´efaisceau sur U ×T◦, et ´ecrire d`es lors
(∗) F!(H)(u0, t0)
| {z }
HomX0(u0,t0)
= lim-
(u0,t0)\U×T◦
HomX(u, t)
| {z }
H(u,t)
.
La cat´egorie (u0, t0)\U×T◦ sur laquelle on prend la lim- s’explicite comme un produit (u0, t0)\U ×T◦ '(u0\U)×(T /t0)◦.
Les applications
HomX(u, t) -HomX0(u0, t0) (= F!(H)(u0, t0)) [page 71]
d´eduites de cette formule ne sont autres que les suivantes : u, t sont donn´ees comme objets deu0\U, T /t0, i.e. avec des fl`eches
u0 α-fU(u), fT(t) β-t0, d’o`u
HomX(u, t) viaf=fX:X -X0 -HomX0(f(u)
| {z }
fU(u)
, f(t)
| {z }
fT(t)
) viaα,β-HomX0(u0, t0).
Notons pour m´emoire que pour tout objet Z de Cat, et tout pr´efaisceau GsurZ, on a la formule
lim-
Z
G'π0(Z/G),
o`u Z/G s’interpr`ete en termes de l’immersion canonique Z -Z∧ (G ∈ ObZ∧). C’est donc une cat´egorie fibr´ee sur Z `a fibres discr`etes, et on a en fait un isomorphisme entre la sous-cat´egorie pleine de Cat/Z form´ee de telles cat´egories fibr´ees `a fibres discr`etes, avecZ∧. Dans ce dictionnaire parfait entre pr´efaisceaux d’ensembles et cat´egories fibr´ees
`a fibres discr`etes, le foncteur lim- sur Z∧ correspond simplement au foncteur π0 sur la cat´egorie des objets au dessus deZ dans Cat, lui-mˆeme induit par le foncteur (ind´ependant deZ)
Cat π-0 Ens.
[page 72]
On peut donc r´e´ecrire la formule fondamentale (∗) p. 70, en termes du foncteurH d´efinis- sant le recollement X deU et de T, par
(∗) HomX0(u0, t0)
| {z }
H0(u0,t0)
'π0((u0, t0)\U ×T◦/H
| {z }
((u0\U)×(T /t0)◦)/H
).
Par la suite, nous n’aurons sans doute qu’`a utiliser le cas o`u on a soit T0 =T, fT = idT, soit l’inverse. Nous travaillerons surtout dans le premier cas, en d´eduisant ce dont nous aurons besoin pour le cas dual, par principe de dualit´e (automorphisme X -X◦ de la
cat´egorie Cat). Dans ce cas, dans la formule fondamentale (∗) l’´el´ement t0 de T0 s’´ecrit comme un ´el´ementt deT, et la formule se retranscrit comme
(∗∗) HomX0(u0, t)'π0(u0\U/t
| {z }
cat´egorie des triples (u, α, β0),
u∈ObU α:u -t
β0:u0 -fU(u)
).
C’est la formule que j’avais trouv´ee directement dans ce cas, sans me soucier encore de faire varierT en mˆeme temps que U. Je voudrais faire le lien entre les deux formules (∗) et (∗∗), par voie topologique, donc ´etablir une bijection canonique, fonctorielle etc.
π0(u0\U/t) ∼-π0(((u0\U)×(T /t)◦)/H).
[page 73]
On a sˆurement un foncteur
u0\U/t -((u0\U)×(T /t)◦)/H qui associe `a un triple
(u, α, β0) :u∈ObU, α:u -t, β0 :u0 -fU(u)
le triple (¯u,¯t, ξ) (ξ ∈H(¯u,t)) dans le second membre, avec ¯¯ udansu0\U, ¯t dansT /t, d´efini ainsi :
¯
u= (u, β0), ¯t= (t,idt), ξ
|{z}
=α
∈H(¯u,¯t) = Hom(u, t).
En somme
u0\U/t= fibre de ((u0\U)×(T /t)◦)/H en l’objet initial ¯t de (T /t)◦ par la projection naturelle, fl`eche compos´ee
((u0\U)×(T /t)◦)/H
?
(u0\U)×(T /t)◦
?
π
(T /t)◦.
Il faut voir que l’inclusion de la fibre donne une bijection sur lesπ0, ou ce qui revient au mˆeme, que l’inclusion de la fibre u0\U de π en l’objet initial (t,idt) de (T /t)◦ donne une bijection sur les lim- du foncteurH. Donc l’inclusion a int´erˆet `a ˆetre asph´erique, ou du moins co-cofinalle.
[page 74]
Mais l’inclusion d’un objet initial est toujours asph´erique, et le reste par produit avec un objet quelconque (i.e.u0\U) de Cat (et mˆeme par tout changement de base lisse . . . ), d’o`u la conclusion.
Dans la suite, nous nous int´eressons surtout `a la situation de sommes amalgam´ees (o`u on change de notation un peu, `a pr´esent)
U ¤£ i - X ¾ j ¡¢T
?
p
?
q
?
U0 ¤£ i0 - X0¾ ¡¢T0 'T. (∗)
Le ferm´eT0 compl´ementaire de U0 dans X0 est alors canoniquement isomorphe au ferm´e T compl´ementaire de U dans X, l’isomorphisme ´etant induit par q. Souvent nous iden- tifieronsT0 et T, ce qui est licite en regardant X0 comme d´eduit du recollement de U0 et det [plut^ot T], par le bifoncteurU0◦×T -Ens explicit´e dans la formule (∗∗) p. 72.
Nous nous int´eressons surtout `a d´egager des conditions qui assurent les deux implications suivantes
a) i∈W =⇒ i0 ∈W (et mˆeme ⇐⇒).
b) p∈W =⇒ q∈W (et mˆeme ⇐⇒).
[page 75]
Proposition 4. Soit t ∈ObT. Pour que t ∈ Ob ¯U, il faut et il suffit que q(t) ∈ObU0. En d’autres termes, le ‘bord’ T˙ = T ∩U¯ de T dans X est ‘le mˆeme’ que son bord dans X0.
D´emonstration. Dire quet ∈Ob ¯U signifie aussi U/t6=∅
et implique, par continuit´e, queq(t)∈q(U)⊆U0. Inversement, siq(t)∈U0, i.e. s’il existe u0 ∈U0 tel que
Hom(u0, q(t))(=π0(u0\U/t))6=∅,
il en r´esulte que u0\U/t6=∅, a fortioriU/t (qui re¸coit u0\U/t) 6=∅, q.e.d.
Proposition 5. Soit
Y i - X
?
p
?
q
Y0 i0 - X0
un carr´e cocart´esien dans Cat. Si i est une immersion ouverte (resp. ferm´ee), alors i0 aussi, et le carr´e est aussi cart´esien. Idem pour p et q. Si i et p sont des immersions ouvertes (63) (resp. . . . ), alors la situation est isomorphe `a celle d’un objet X0 de Cat, de deux ouverts (resp. ferm´es) X, Y0 de X ayant pour r´eunion X0, pour intersection Y. Inversement, dans une telle situationm le carr´e correspondant est cocart´esien, i.e. X [plut^ot X0] s’identifie `a la somme amalgam´ee
X0 'X YY0.
Donc aussi on a la proposition 15, page 158, et ses corollaires.
63NBNous utilisons‘immersion ouverte’, ‘immersion ferm´ee’ausens strict: c’est unmonomorphisme pleinement fid`ele dont l’image est une sous-cat´egoriepleine,soit ouverte, soit ferm´ee.
2 Sommes amalgam´ ees et W -´ equivalences.
2.1 Axiome du carr´e cocart´esien et axiome du cube (ou ‘Lemme des cinq’).
Nous supposons `a pr´esent donn´e un localiseur fondamental W ⊆Fl(Cat),
doncW satisfait `a W(1, 2 bis, 3). Nous ne supposons pas pour le moment pour les autres axiomes standard W(4) (axiome de fibration), W(5) (axiome de connexit´e), W(6) (axiome des limites inductives). Mais nous allons introduire `a pr´esent deux axiomes de stabilit´e suppl´ementaire, de nature diff´erente, concernant les sommes amalgam´ees.
W(7 bis) (Axiome du carr´e cocart´esien.) SoientX un objet de Cat,U,U0 deux ouverts de X tels queU∪U0 =X, consid´erons le diagramme cocart´esien correspondant (cf. prop.
5 en marge de la page[ci-dessus]) : [page 76]
U ∩U0
¡¡ ª
i00 ¡ @@R
¤ i0
U U0
¡¡ ª
¡
i0
@@R
¤
i X
(∗)
Alors
i0 ∈W ⇐⇒ i∈W (et sym´etriquement
i00 ∈W ⇐⇒ i0 ∈W).
NB Par dualit´e, cet axiome est ´equivalent `a l’axiome similaire, avec des ferm´es T, T0 de X de r´eunionX.
Corollaire. SupposonsW(7 bis). Consid´erons les conditions suivantes sur le carr´e pr´ec´e- dent.
a) U∩U0 W-asph´erique.
b) U, U0 W-asph´eriques.
c) X W-asph´erique.
Alors (a et b) implique c, et (b et c) implique a.
NB Moralement, il faudrait aussi que (c et a) implique b, i.e. si U ∩U0 et X sont W- asph´eriques, il en est de mˆeme deU et deU0. Mais il ne semble pas que l’axiome du carr´e cocart´esien permette de le prouver. Par contre, l’axiome qui suit impliquera le corollaire pr´ec´edent sous sa forme compl`ete.
W(7) (‘Axiome du cube’, ou ‘Lemme des cinq’.) Soit un diagramme commutatif cubique U1∩U10 - U1
@@R @@R
U10 - X1
?
fU1∩U0 1
?
fU1
?
fU0 1
?
U2∩U20 - U2 f
@@R @@R
U20 - X2 repr´esentant un morphisme (fl`eches verticales) d’un [page 77]
carr´e cocart´esien
U1∩U10 - U1
? ?
U10 - X1
du type envisag´e dans W(7 bis) (X1 r´eunion
de deux ouverts U1, U10) dans un autre (`a indices 2). Consid´erons les conditions suivantes.
a) fU1∩U10 ∈W.
b) fU1 et fU10 sont [dans] W. c) f ∈W.
Alors deux parmi ces conditions impliquent la troisi`eme. En d’autres termes, quand l’une de ces conditions est satisfaite, les deux autres sont ´equivalentes entre elles.
NB Cet axiome est ´equivalent `a l’axiome dual, en termes d’objets X1, X2 repr´esent´es chacun comme r´eunion de deux ferm´es.
Corollaire. Supposons W(7) satisfait. Alors le corollaire `a W(7 bis) (axiome qu’on n’a pas `a utiliser ici), sous sa forme compl´et´ee (cf. le NB qui le suit) est valable : deux parmi les conditions a), b), c) impliquent la troisi`eme.
Il suffit de regarder l’unique morphisme du diagramme (∗), p. 76, dans le diagramme
trivial
e
¡¡ ª @@R
e e,
@@R ¡ª¡
e
correspondant au cas o`u X est la cat´egorie finalee, etU, U0 ´egaux
`aX. Alors le corollaire n’est autre que W(7) appliqu´e `a ce cas particulier.
Cet argument fait sentir que W(7) est sans doute plus fort que W(7 bis). Incit´e par ce sentiment, je m’aper¸cois avec plaisir qu’il est fond´e :
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Proposition 6. L’axiome W(7) (lemme des cinq) implique W(7 bis) (axiome du carr´e cocart´esien).
On regarde le diagramme cubique suivant U ∩U0 i0- U0
@@Ri
00 @@Ri
0
U i - X
?
fU∩U0=i0
?
fU0= id
?
fU=i
?
f=idX
U0 id - U0
@@Ri0 @@Ri
0
X id - X,
du carr´e cocart´esien donn´e dans le carr´e cocart´esien d´eduit de X et de ses deux ouverts X, U0, d’intersection U0. Ici les deux fl`eches verticales f et fU0 sont des isomorphismes, donc [dans] W. Avec les notations de W(7), on a donc c) (f ∈W), donc a) et b) sont
´equivalentes, i.e. i0 ∈W eti∈W sont ´equivalentes.
q.e.d.
Th´eor`eme 2. Le localiseur fondamental W∞ satisfait `a l’axiome W(7).
C’est sˆurement une cons´equence du crit`ere cohomologique d’Artin-Mazur,compte tenu de la suite exacte de Mayer-Vietoris pour l’un et l’autre des deux carr´es cocart´esiens, et les variantes non commutatives de Mayer-Vietoris. Je n’ai pas ´ecrit la v´erification en forme, et devrais sans doute r´eparer cette omission.
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Remarque. La version duale (au sens de Quillen) de l’axiome W(7 bis) du carr´e cocart´esien, i.e. l’axiome correspondant pour les carr´es cart´esiens, n’est pas valable pour W∞. L’´enonc´e pertinent serait le suivant : soit
X ¾ q X0
?
f
?
f0
S ¾ p S0
un carr´e cart´esien, avec f une W-fibration. Alors f ∈ W ⇐⇒ f0 ∈ W. Si W satisfait
`a W(4c) (ce qui est le cas pour W∞), alors f ∈ W implique bien que ses fibres sont W-asph´eriques, donc que c’est une W-´equivalence universelle, i.e. f0 ∈W ∀ p:S0 -S.
Mais pour l’implication inversef0 ∈W =⇒f ∈W, il faut supposer visiblement que π0(p) :π0(S0) -π0(S)
estsurjectif. (P. ex. si S0 =∅, on a X0 =∅, donc f0 ∈W, sans que ¸ca implique f ∈W!) Le fait que dans le cas cocart´esien de W(7 bis), i0 ∈ W =⇒ i ∈ W doit ˆetre consid´er´e comme ‘allant de soi’ - autrement le carr´e ne m´erite pas, du point de vueW-homotopique, le nom de ‘cocart´esien’. Par contre, l’implication inverse i ∈W =⇒ i0 ∈ W m’apparaˆıt comme un trait tr`es particulier du d´erivatuer HOTW (quand il le poss`ede), et notamment de HOT = HOTW∞. Le d´ebut
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de la remarque signifie simplement que le d´erivateur dual HOT◦ ne poss`ede pas cette mˆeme propri´et´e. Je dois renvoyer `a ce sujet aux deux axiomes pour les d´erivateurs cor- respondants `a W(7 bis), W(7), ce que je ferai sans doute sous peu, de fa¸con `a donner un sens plus pr´ecis aux pr´esents commentaires.
2.2 Application aux carr´es cocart´esiens d´eduits d’une immersion ouverte ou ferm´ee.
Les axiomes W(7), W(7 bis) (du cube, et du carr´e cocart´esien) concernent des carr´es cocart´esiens de nature tr`es particuli`ere. Nous allons voir `a pr´esent comment en d´eduire des ´enonc´es du mˆeme type pour des carr´es cocart´esiens beaucoup plus g´en´eraux, y com- pris pour des carr´es qui n’ont rien de cocart´esien (dans Cat) - et que nous appelerons
‘homotopiquement cocart´esiens’ (relativement `a W), ou simplement W-cocart´esiens. (Il y aura ´egalement des carr´es W-cart´esiens un jour . . . ) Dans le cas o`u W = W∞, je les appelerai aussi Hot-cocart´esiens.
Je commencerai par le cas particulier d’un carr´e cocart´esien associ´e `a une immersion ouverte (diagramme (∗), p. 74) :
U ¤£ i - X ¾ j ¡¢T
?
p
?
q
?
U0 ¤£ i0 - X0¾ j0 ¡¢T0 'T. (∗)
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Le grand traquenard ici qu’il faut arriver `a exorciser, c’est qu’il peut arriver que i ∈W, sans qu’on ait i0 ∈ W, et aussi p ∈ W sans qu’on ait q ∈ W. Je m’en ´etais convaincu en 1983 en ´ecrivant Pursuing Stacks (durant les semaines de ‘scratchwork’), et n’ai pas envie de rechercher un contre-exemple ici, s’il ne se pr´esente de lui-mˆeme (ce qu’il fera sans doute).
Je vais donner un cas important o`u ces ennuis disparaissent :
Proposition 6 : Consid´erons les adh´erences U¯ et U0 de U et U0 dans X, X0 respective- ment, et supposons que les inclusions
U i-0 U,¯ U0 i-00 U0
soient dans W (64). Alors
ami∈W ⇐⇒ i0 ∈W si on a W(7 bis) bmp∈W ⇐⇒ q ∈W si on a W(7).
D´emonstration. Consid´erons d’abord le cas amdei, i0. Soit k : ¯U ¤£- X
l’inclusion. Le triangle U i0- U¯ k -: X
i
, o`u i0 ∈W, montre que i∈W ⇐⇒ k ∈W.
D’autre part, X est la r´eunion des ferm´es ¯U, T, donc on a un carr´e cocart´esien dans Cat U¯ ∩T = ˙T k0- T
?
j0
?
j
U¯ k - X.
(∗)
L’axiome W(7 bis) (sous sa forme duale (i.e. appliqu´e au carr´e form´e par les cat´egories oppos´ees . . . )) implique
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que
k∈W ⇐⇒ k0 ∈W, d’o`u
i∈W ⇐⇒ (k0 : ˙T -T)∈W.
De mˆeme on trouve, en appliqunt ceci `a (X0, U0) au lieu de (X, U) i0 ∈W ⇐⇒ (k00 : ˙T0 -T0)∈W.
Or on a T ∼-T0 (isomorphisme), et par la proposition 4 cet isomorphisme transforme ˙T en ˙T0. Donc
k0 ∈W ⇐⇒ k00 ∈W (trivialement), d’o`u a).
Prouvons b). Le carr´e commutatif induit par (∗), p. 80,
64cf. th. 3 p. 107 pour des conditions g´en´erales assurant que cette hypoth`ese est satisfaite.