D´eveloppements limit´es 1
Arthur LANNUZEL
le 4 Janvier 2009
D´ eveloppements limit´ es
1 D´ efinitions et propri´ et´ es.
Soient f : D ⊂R−→ R, x0 ∈R. On suppose que f v´erifie (Hx0) (voir chapitre sur les limites de fonctions).
D´efinition 1.1 On dit que f admet en x0 un d´eveloppement limit´e `a l’ordre n ∈ N, s’il existe un polynˆome Pn de degr´e n, α > 0 et une fonction :]x0−α, x0 +α[−→R convergeant vers 0 en x0 tels que
∀x∈]x0−α, x0+α[∩D, f(x) =Pn(x−x0) + (x−x0)n.(x).
Pn s’appelle la partie r´eguli`ere du d´eveloppement limit´e.
Si Pn6= 0, son monˆome de plus bas degr´e est appel´e partie principale.
Exemples 1.2 ex, sin, cos.
Remarque 1.3 i) (x−x0)n.(x) est aussi not´e o((x−x0)n).
ii) Grˆace `a un changement de variable, on peut se ramener au cas x0 = 0.
Propri´et´es 1.3.1 i) Le d´eveloppement limit´e en x0, s’il existe, est unique.
ii) Si f admet un d´eveloppement limit´e `a l’ordre n en x0 alors, pour tout p < n, f admet un d´eveloppement limit´e `a l’ordre p en x0.
iii) Si f admet un d´eveloppement limit´e en x0, alors f est continue ou prolongeable par conti- nuit´e en x0.
iv) Si f admet un d´eveloppement de Taylor `a l’ordre n en x0 alors f admet un d´eveloppement limit´e `a l’ordre n en x0.
D´eveloppements limit´es 2
Preuve.
i) Prenons x0 = 0.
Supposons
f(x) = a0+a1.x+...+an.xn+xn.1(x) sur ]−α, α[ avec 1(x) convergeant vers 0 en 0 et f(x) = b0+b1.x+...+bn.xn+xn.2(x) sur ]−β, β[ avec 2(x) convergeant vers 0 en 0.
Alorsa0+a1.x+...+an.xn+xn.1(x) =b0+b1.x+...+bn.xn+xn.2(x) sur ]−α, α[∩]−β, β[.
En faisant tendre x vers 0, on a alorsa0 =b0.
On divise ensuite parx et on fait de nouveau tendre x vers 0 alors a1 =b1. Et ainsi de suite.
ii) ´evident
iii) En effet, f(x) =Pn(x−x0) + (x−x0)n.(x) admet une limite en x0. iv) clair.
CQFD
2 Op´ erations.
Soient f, g :D ⊂R−→Radmettant des d´eveloppements limit´es en 0 `a l’ordre n tels que : f(x) = a0+a1.x+...+an.xn+xn.1(x) sur ]−α, α[∩D avec 1(x) convergeant vers 0 en 0 et g(x) =b0+b1.x+...+bn.xn+xn.2(x) sur ]−β, β[∩D avec2(x) convergeant vers 0 en 0.
Alors
1)f+g admet un d´eveloppement limit´e en 0 `a l’ordre n de partie r´eguli`ere la somme de celles def et de g.
2)f×g admet un d´eveloppement limit´e en 0 `a l’ordren de partie r´eguli`ere les termes de degr´e inf´erieur ou ´egal `a n du produit de celles de f et de g.
Exemples 2.1 Trouver le d´eveloppement en 0 `a l’ordre 5 de f(x) = (cos(x)−1).ex.
3) Supposonsg(0) 6= 0 (i.e. b0 6= 0), alors fg admet un d´eveloppement limit´e `a l’ordren en 0 de partie r´eguli`ere ´egale au quotient suivant les puissances croissantes `a l’ordre n de P par Q o`u P etQ sont les parties r´eguli`ere respectives de f et g.
Exemples 2.2 Trouver le d´eveloppement en 0 `a l’ordre 5 de f(x) = tan(x).
4) Supposonsf(0) = 0 (i.e. a0 = 0), alorsg◦f admet un d´eveloppement limit´e `a l’ordre nen 0 de partie r´eguli`ere les termes de degr´e inf´erieur ou ´egal `an deQ◦P o`uP etQ sont les parties r´eguli`ere respectives de f etg.
Exemples 2.3 Trouver le d´eveloppement en 0 `a l’ordre 3 de f(x) = 1−sin(x)1 .
D´eveloppements limit´es 3
5) Supposons f continue sur ]−α, α[ alors F(x) =R
f(t)dt admet un d´eveloppement limit´e `a l’ordre n+ 1 et F(x) = R
P(x)dx+xn+13(x) +K avec K =F(0).
Exemples 2.4 Trouver le d´eveloppement en 0 `a l’ordre 6 de f(x) = ln(1 +x).
Remarque 2.5 ATTENTION !
Si f admet un d´eveloppement limit´e `a l’ordre n et est d´erivable, on n’a pas obligatoirement un d´eveloppement limit´e `a l’ordre n−1 de f0.
Exemple : f(x) =x2.sin(1x) en 0 admet un d´eveloppement limit´e et f0(x) = 2xsin(1x)−cos(1x) n’admet pas de limite en 0 (donc pas de d´eveloppement limit´e).
Par contre si f admet un d´eveloppement limit´e d’ordre n >0 en 0 et si on sait que f0 admet un d´eveloppement limit´e `a l’ordre n−1 en 0 alors la partie r´eguli`ere du d´eveloppement limit´e de f0 s’obtient en d´erivant celle du d´eveloppement limit´e de f.
Exercice 2.6 1) D´eveloppement limit´e en 0 de 1+sin(x)cos(x) `a l’or.
2) Prolonger par continuit´e en 0 la fonction d´efinie sur ]−π,0[∪]0, π[ par f(x) = (sin(x)x )x32.
3 D´ eveloppement limit´ e ` a l’infini.
D´efinition 3.1 1) On dit quex7→f(x) admet un d´eveloppement limit´e en +∞`a l’ordre n ssi x 7→ f(1x) admet un d´eveloppement limit´e en 0+. Dans ce cas, si localement (sur ]0, α[) f(x1) = Pn(x) +xn.(x) avec lim0+(x) = 0 alors f(x) = Pn(x1) + x1n(1x) sur un intervalle du type ]A,+∞[ (et lim+∞(x1) = 0).
2) On dit que x7→f(x) admet un d´eveloppement limit´e en −∞ `a l’ordre n ssi x7→f(1x) admet un d´eveloppement limit´e en0−. Dans ce cas, si localement (sur ]−α,0[) f(1x) =Pn(x) + xn.(x) avec lim0−(x) = 0 alors f(x) =Pn(1x) + x1n(1x) sur un intervalle du type]− ∞, A[ (et lim−∞(x1) = 0).
Exemples 3.2 Trouver la limite lorsque x tend vers +∞ de e1x −cos(x1)
1−q 1− x12
.