L3 Int´egration
Feuille d’exercices n
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Exercice 1. Le but de l’exercice est de montrer que R n’est pas d´enombrable, de trois fa¸cons diff´erentes.
(1) 1`ere m´ethode : segments emboit´es.
(a) Soit (xn)n∈N une suite de nombres r´eels. Montrer qu’on peut construire par r´ecurrence une suite d´ecroissante (In)n∈Nd’intervalles compacts non- triviaux telle que ∀n ∈N : xn6∈In.
(b) En d´eduire le r´esultat.
(2) 2`e m´ethode : d´eveloppement d´ecimal. On rappelle que tout nombre r´eel x∈ [0,1[ admet un unique d´eveloppement d´ecimal “propre”, autrement dit, xpeut s’´ecrire de mani`ere unique sous la forme
x=
∞
X
k=1
ak(x) 10−k,
o`u les ak(x) sont des entiers compris entre 0 et 9 et ne sont pas tous ´egaux `a 9 `a partir d’un certain rang. Utiliser ce fait pour montrer que si (xn) est une suite d’´el´ements de [0,1[ alors on peut construire un r´eel x ∈ [0,1[ diff´erent de tous les xn, et conclure.
(3) 3`e m´ethode : utilisation de{0,1}N. Soit J :{0,1}N →Rl’application d´efinie comme suit : si ε= (εi)i≥0 ∈ {0,1}N, alors
J(ε) =
∞
X
i=0
εi 3i · Montrer que J est injective, et conclure.
Exercice 2. (nombres transcendants)
Un nombre r´eel x est dit alg´ebrique s’il est racine d’une ´equation de la forme P(x) = 0, o`u P est un polynˆome non nul `a coefficients rationnels. Un nombre transcendant est un nombre qui n’est pas alg´ebrique. Le but de l’exercice est de montrer qu’il existe des nombres transcendants.
(1) Montrer que l’ensemble des polynˆomes `a coefficients rationnels est d´enombrable.
(2) En d´eduire que l’ensemble des nombres alg´ebriques est d´enombrable, et con- clure.
Exercice 3. En utilisant la densit´e deQdansR, montrer que toute famille d’ouverts deR deux `a deux disjoints est d´enombrable.
1
2
Exercice 4. Montrer que tout ouvert de R est r´eunion d´enombrable d’intervalles ouverts deux `a deux disjoints.
Exercice 5. Soit f :R→R une fonction croissante.
(1) Soit ε > 0. On pose Dε = {x∈ R; f(x+)−f(x−) ≥ ε}, o`u f(x−) et f(x+) sont les limites `a gauche et `a droite def au point x.
(a) Montrer que si x1, . . . , xN sont des points de Dε avec x1 < · · · < xN, alors
N ≤ 1 ε
N
X
i=1
(f(x+i )−f(x−i ))≤ 1
ε(f(x+N)−f(x−1)). (b) Montrer que pour n∈N, l’ensemble Dε∩[−n, n] est fini.
(c) Conclure que Dε est d´enombrable.
(2) Montrer que l’ensemble des points de discontinuit´e de f est d´enombrable.
Exercice 6. Soit D ⊂ R un ensemble d´enombrable. On ´ecrit D ={an; n ∈ N} et on d´efinit f :R→R par
f(x) =
∞
X
n=0
2−n1[an,∞[(x).
Montrer que la fonction f est croissante, et que l’ensemble de ses points de disconti- nuit´e est exactement ´egal `aD.
Exercice 7. Soit (X, d) un espace m´etrique. Montrer que tout ouvert de X est r´eunion d´enombrable de ferm´es.
Exercice 8. Soient (un) et (vn) deux suites de nombres positifs. ´Etablir les in´egalit´es suivantes :
limun+ limvn ≤lim (un+vn)≤limun+ limvn≤lim (un+vn)≤limun+ limvn.
Exercice 9. Soit (xn) une suite de nombres positifs. On suppose quexn+12x2n tend vers 1 quand n→ ∞.
(1) On pose L = limxn et l = limxn. En utilisant l’exercice 8, montrer qu’on a 1≤l+12L et 1 ≥L+ 12l.
(2) Montrer que la suite (xn) converge et trouver sa limite.
Exercice 10. Soit Λ un ensemble, et soit (Λk)k∈K une partition de Λ. Montrer que si (aλ)λ∈Λ est une famille de nombres positifs, alors
X
λ∈Λ
aλ = X
k∈K
X
λ∈Λk
aλ.
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Exercice 11. Soit (aij)(i,j)∈I×J une famille de nombres positifs index´ee par un en- semble produit I×J. Montrer `a l’aide de l’exercice 10 qu’on a
X
i∈I
X
j∈J
aij = X
(i,j)∈I×J
aij =X
j∈J
X
i∈I
aij.
Exercice 12. (s´erie produit)
Soient (uk)k∈N et (vl)l∈N deux suites de nombres positifs de sommes
U =
∞
X
k=0
uk et V =
∞
X
l=0
vl.
Soit (wn) la suite d´efinie par
wn=
n
X
k=0
ukvn−k.
Enfin, soit Λ ={(k, n)∈N×N; k ≤n}. Montrer `a l’aide de l’exercice 10 qu’on a
∞
X
n=0
wn = X
(k,n)∈Λ
ukvn−k=U V.
Exercice 13. (th´eor`eme de convergence domin´ee pour les s´eries)
Soit (fn) une suite de fonctions `a valeurs complexes d´efinies surN, et soitf :N→C. On fait les hypoth`eses suivantes :
(a) fn(i)→f(i) pour tout i∈Nquand n → ∞;
(b) Il existe une fonction g : I → R+ telle que P
i∈Ng(i) < ∞ et |fn(i)| ≤ g(i) pour tout n et pour tout i∈N.
(1) Montrer que la s´erie P
f(i) est absolument convergente.
(2) Montrer que pour toutN ∈N, on a
∀n≥0 :
∞
X
i=0
fn(i)−
∞
X
i=0
f(i)
≤
N
X
i=0
|fn(i)−f(i)|+ 2X
i>N
g(i).
(3) Montrer que
∞
X
i=0
f(i) = lim
n→∞
∞
X
i=0
fn(i).
Exercice 14. En utilisant la formule du binˆome et l’exercice 13, montrer que
∀z ∈C : ez = lim
n→∞
1 + z
n n
.
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Exercice 15. Le but de l’exercice est de montrer que {0,1}N n’est pas d´enombrable par une m´ethode “diff´erente” de celle vue en cours.
(1) Soit I un ensemble quelconque, et soit Φ : I → P(I) une application de I dans P(I). On pose E = {i ∈ I; i 6∈ Φ(i)}. On suppose qu’il existe i0 ∈ I tel que E = Φ(i0). Le point i0 appartient-il `aE, ou bien `aI\E?
(2) Montrer qu’il ne peut jamais exister de surjection d’un ensembleI surP(I), et en d´eduire le r´esultat souhait´e.
(3) Cette d´emonstration est-elle r´eellement diff´erente de celle vue en cours?
Exercice 16. Soit I un ensemble. Montrer que pour tous A, B ⊂I, on a 1A∩B =1A1B et 1A∪B =1A+1B−1A1B.
Exercice 17. Soit Ω un ensemble. Si A et B sont des parties de Ω, on d´efinit leur diff´erence sym´etrique A∆B par A∆B = (A∪B)\(A∩B).
(1) Montrer que pour tousA, B ∈ P(Ω), on a
1A∆B =|1A−1B|=1A+1B (mod 2).
(2) Montrer que (P(Ω),∆) est un groupe commutatif. Pr´eciser l’´el´ement neutre, et le sym´etrique d’un ´el´ement A∈ P(Ω).
(3) Montrer que (P(Ω),∆,∩) est un anneau commutatif. Pr´eciser l’´el´ement unit´e.
Exercice 18. Soit Ω un ensemble, et soit (An) une suite de parties de Ω. On note limAn l’ensemble des x ∈Ω qui appartiennent `a une infinit´e de An, et limAn l’ensemble des x ∈ Ω qui appartiennent `a tous les An `a partir d’un certain rang.
V´erifier qu’on a
limAn= \
N∈N
[
n≥N
An et limAn= [
N∈N
\
n≥N
An.
Exercice 19. Soit Ω un ensemble, et soit (An) une suite de parties de Ω. Montrer qu’on a
1limA
n = lim1An et 1limAn = lim1An.
Exercice 20. Soit Ω un ensemble. On dit qu’une suite (An) de parties de Ω est convergente si on a limnAn= limnAn, et on note alors limnAn cet ensemble.
(1) Comment se traduit la convergence d’une suite d’ensembles en termes de fonctions indicatrices?
(2) Dans chacun des cas suivants, d´eterminer si la suite (An) est convergente; et si c’est le cas, trouver sa limite.
(a) La suite (An) est croissante.
(b) La suite (An) est d´ecroissante.
(c) Les ensembles An sont deux `a deux disjoints.