L.E.G.T.A. Le Chesnoy TB2−2011-2012
D. Blotti`ere Math´ematiques
Correction du devoir surveill´ e n˚3
Exercice d’alg` ebre
SoitAla matrice d´efinie par :
A=
4 −2 −2
3 0 −3
1 −2 1
.
1. Calcul des puissances de A
1.1. D´eterminer l’ensembleSp(A) desλ∈R, tel que le syst`eme lin´eaire :
(Sλ) : (A−λI3)
x1
x2
x3
=
0 0 0
d’inconnue
x1
x2
x3
∈R3 ne soit pas de Cramer.
1.2. Soientα, β, γles ´el´ements deSp(A) rang´es dans l’ordre croissant. On a doncα < β < γ.
1.2.1. R´esoudre le syst`eme lin´eaire (Sα) et d´eterminer l’unique solution de (Sα) dont la troisi`eme com- posante vaut 1, i.e. l’unique solution de (Sα) de la forme
x1
x2
1
, avecx1, x2∈R.
1.2.2. R´esoudre le syst`eme lin´eaire (Sβ) et d´eterminer l’unique solution de (Sβ) dont la troisi`eme com- posante vaut 1.
1.2.3. R´esoudre le syst`eme lin´eaire (Sγ) et d´eterminer l’unique solution de (Sγ) dont la troisi`eme com- posante vaut 1.
1.3. SoitP la matrice d´efinie par :
P =
1 1 0
1 0 −1
1 1 1
. Montrer queP est inversible et calculerP−1.
1.4. On poseD=P−1AP.
1.4.1. Calculer les coefficients de la matriceD, puis ceux des matricesDn pour toutn∈N∗. 1.4.2. Montrer queA=P DP−1.
1.4.3. D´emontrer par r´ecurrence que pour toutn∈N: An=P DnP−1. 1.4.4. En d´eduire les coefficients deAn pour toutn∈N∗.
2. ´Etude de trois suites li´ees par des relations de r´ecurrence lin´eaires d’ordre 1 Soient (un)n∈N, (vn)n∈N et (wn)n∈Nles trois suites d´efinies par :
u0= 1 v0= 2 w0=−1 et les relations de r´ecurrence :
un+1= 4un−2vn−2wn
vn+1= 3un−3wn
wn+1=un−2vn+wn
valables pour toutn∈N. On poseXn =
un
vn
wn
pour toutn∈N. 2.1. Que vaut le vecteurX0?
2.2. Soitn∈N. Reconnaˆıtre le produitAXn.
2.3. D´emontrer par r´ecurrence que pour toutn∈N:Xn=AnX0.
2.4. En d´eduire une expression deun,vn etwn en fonction denpour toutn∈N∗. Correction
1.1. Soitλ∈R. Comme (Sλ) est un syst`eme lin´eaire `a trois ´equations et trois inconnues, il est de Cramer si et seulement s’il est de rang 3. Pour d´eterminer le rang du syst`eme (Sλ), on l’´echelonne.
CommeA−λI3=
4−λ −2 −2
3 −λ −3
1 −2 1−λ
, (Sλ) s’´ecrit :
(4−λ)x1 − 2x2 − 2x3 = 0
3x1 − λx2 − 3x3 = 0
x1 − 2x2 + (1−λ)x3 = 0 .
(Sλ) ⇐⇒
x1 − 2x2 + (1−λ)x3 = 0 (L1↔L3)
3x1 − λx2 − 3x3 = 0
(4−λ)x1 − 2x2 − 2x3 = 0
⇐⇒
x1 − 2x2 + (1−λ)x3 = 0
(6−λ)x2 + (3λ−6)x3 = 0 (L2←L2−3L1) (6−2λ)x2 + (−λ2+ 5λ−6)x3 = 0 (L3←L3−(4−λ)L1)
On a donc, pour toutλ∈R:
(Sλ) ⇐⇒
x1 − 2x2 + (1−λ)x3 = 0 (6−λ)x2 + (3λ−6)x3 = 0
(6−2λ)x2 + (−λ2+ 5λ−6)x3 = 0 (1)
A la page suivante, on trouvera deux solutions diff´erentes pour r´epondre `` a la question pos´ee, une fois le r´esultat (1)´etabli. Il me semble important de bien ´etudier les deux m´ethodes propos´ees et de r´efl´echir ensuite `a leurs diff´erences (avantages, inconv´enients, difficult´es techniques, . . . ).
Premi`ere solution : scinder l’´etude en deux parties et effectuer des calculs alg´ebriques≪assez longs≫
Apr`es avoir ´elimin´e l’inconnuex1des deux premi`eres lignes, on souhaite
´eliminer l’inconnuex2 de la troisi`eme ligne, en utilisant la deuxi`eme ligne. On peut penser `a la transformation :
L3← (6−λ) L3−(6−2λ)L2 (2) pour ce faire. Il nous faut alors exclure la valeurλ= 6 de notre ´etude pour assurer que la transformation (2) soit une op´eration ´el´ementaire (et donc qu’elle ne modifie pas l’ensemble solution). Le casλ= 6 sera trait´e plus tard, s´epar´ement.
•Cas o`uλ6= 6
Dans ce cas,L3←(6−λ)L3−(6−2λ)L2est une op´eration ´el´ementaire.
En l’effectuant, on obtient :
(Sλ) ⇐⇒
x1 − 2x2 + (1−λ)x3 = 0
(6−λ)
| {z }
6=0
x2 + (3λ−6)x3 = 0
(λ3−5λ2+ 6λ) x3 = 0
. (3)
Ici, le calcul du coefficientλ3−5λ2+ 6λdex3dans la troisi`eme ligne peut pr´esenter quelques difficult´es d’ordre technique.
On est conduit `a s’int´eresser aux racines du polynˆome de degr´e 3 :P= λ3−5λ2+ 6λ.Grˆace `a la factorisation :
P=λ(λ2−5λ+ 6)
on voit que les racines dePsont 0 et les racines du trinˆome du second degr´e λ2−5λ+ 6. On d´etermine ces derni`eres (en remarquant que 2 et 3 sont racines≪´evidentes≫ ou au pire `a l’aide du discriminant de λ2−5λ+ 6...) ; celles-ci sont 2 et 3. L’ensemble des racines dePest donc {0,2,3}.
On en d´eduit que : le syst`eme (Sλ)
est de Cramer siλ∈R\ {6,0,2,3}
n’est pas de Cramer (car de rang 2) siλ∈ {0,2,3} . (4)
•Cas o`uλ= 6
On rappelle (cf. (1)) que pourλquelconque dansR, le syst`eme (Sλ) est
´equivalent `a :
x1 − 2x2 + (1−λ)x3 = 0
(6−λ)x2 + (3λ−6)x3 = 0 (6−2λ)x2 + (−λ2+ 5λ−6)x3 = 0
.
En particulier pourλ= 6, on a :
(S6) ⇐⇒
x1 − 2x2 − 5x3 = 0 12x3 = 0
−6x2 − 12x3 = 0 .
En ´echangeant la place des inconnuesx2 etx3, on obtient un syst`eme
´echelonn´e, dont les coefficients diagonaux sont tous non nuls. Le rang de (S6) est donc 3. On en d´eduit que :
le syst`eme (S6) est de Cramer. (5)
•Conclusion
On rassemble les r´esultats (4) et (5) pour obtenir que :
le syst`eme (Sλ)
est de Cramer siλ∈R\ {0,2,3}
n’est pas de Cramer (car de rang 2) siλ∈ {0,2,3} .
En d’autres termes, on a :Sp(A) ={0,2,3}.
Deuxi`eme solution : commencer par factoriser un trinˆome du second degr´e pour all´eger les calculs
Pour cette deuxi`eme solution, on part du r´esultat (1) :
(Sλ) ⇐⇒
x1 − 2x2 + (1−λ)x3 = 0
(6−λ)x2 + (3λ−6)x3 = 0 (6−2λ)x2 + (−λ2+ 5λ−6)x3 = 0
.
On observe que le coefficient (3λ−6) dex3dans la deuxi`eme ligne s’´ecrit aussi :
3(λ−2). (6)
On regarde alors si 2 est racine du polynˆome−λ2+ 5λ−6. C’est le cas.
D’apr`es le cours sur la somme et le produit des racines d’un trinˆome du second degr´e, l’autre racine de−λ2+ 5λ−6 est 3 (ce que l’on v´erifie). On en d´eduit la factorisation :
−λ2+ 5λ−6 =−(λ−2)(λ−3). (7) Grˆace `a (6) et (7), on voit que l’op´eration ´el´ementaire :
L3← 3 L3+ (λ−3)L2
permet de chasser la variablex3de la troisi`eme ligne. On l’effectue et l’on obtient :
(Sλ) ⇐⇒
x1 − 2x2 + (1−λ)x3 = 0 (6−λ)x2 + (3λ−6)x3 = 0
(3λ−λ2)x2 = 0
⇐⇒
x1 + (1−λ)x3 − 2x2 = 0
(3λ−6) x3 + (6−λ)x2 = 0 (3λ−λ2) x2 = 0
.
Le dernier syst`eme a ´et´e obtenu `a partir du pr´ec´edent, en ´echangeant la place des inconnuesx2etx3.
On d´etermine `a pr´esent les valeurs deλqui annulent un coefficient diago- nal. L’unique solution de :
3λ−6 = 0 estλ= 2. Les solutions de l’´equation :
3λ−λ2= 0
qui est ´equivalente `aλ(3−λ) = 0 sontλ= 0 etλ= 3.
De cette ´etude, on d´eduit que :
le syst`eme (Sλ) est de Cramer si seulement siλ∈R\ {0,2,3}.
et donc que :
le syst`eme (Sλ) n’est pas de Cramer si seulement siλ∈ {0,2,3}.
On a donc :Sp(A) ={0,2,3}.
Une comparaison des deux solutions expos´ees `a la page pr´ec´edente
Seuls des polynˆomes de degr´es inf´erieurs ou ´egaux `a 2 apparaissent comme coefficients du syst`eme dans la deuxi`eme m´ethode. C’est ≪rassurant≫, car on sait qu’ensuite il faut discuter de la nullit´e ´eventuelle des coefficients diagonaux (du dernier syst`eme obtenu) et la recherche de racines de polynˆomes de degr´es inf´erieurs ou ´egaux `a 2 est ais´ee.
Dans la premi`ere m´ethode, on a vu apparaˆıtre un polynˆome de degr´e 3 (λ3−5λ2 + 6λ) dont on a dˆu d´eterminer les racines. Ici, on peut remarquer au moins une racine ≪´evidente≫ (la racine 0), mais ce peut ˆetre, en g´en´eral, un probl`eme ´epineux (mais soluble) que de d´eterminer les racines d’un polynˆome de degr´e 3.
On rappelle que si l’on doit d´eterminer les racines d’un polynˆomeQ de degr´e 3, on peut commencer par chercher des racines ≪´evidentes≫. Si on en trouve une, disonsa, alors on factorise le polynˆomeQ par (X−a), i.e. on cherche a0, a1, a2∈Rtels que :
Q= (X−a)(a2X2+a1X+a0).
Pour cela, on calcule les coefficients du polynˆome (X−a)(a2X2+a1X +a0) et on utilise l’unicit´e des coefficients d’un polynˆome pour obtenir un syst`eme lin´eaire `a 4 ´equations et `a 3 inconnues (a0, a1, a2). On le r´esout. Une fois a0, a1, a2 d´etermin´es, on calcule les racines ´eventuelles du polynˆomea2X2+a1X+a0. On obtient toutes les racines de P en rassemblantaet les racines ´eventuelles dea2X2+a1X+a0. 1.2. Si α, β, γ d´esignent les ´el´ements de Sp(A) rang´es dans l’ordre croissant, alors on aα = 0, β = 2 et
γ= 3 (d’apr`es la question 1.1.).
En 1.2.1. (resp. 1.2.2., 1.2.3.), on r´esout donc le syst`eme(S0)(resp.(S2),(S3)). Les syst`emes(S0),(S2), (S3) sont des syst`emes lin´eaires 3×3 qui sont homog`enes mais pas de Cramer (cf. question 1.1.). Par cons´equent, ils admettent tous trois une infinit´e de solutions.
Pour r´esoudre ces trois syst`emes, on va r´eutiliser le r´esultat (3) obtenu `a la question 1.1.. Celui-ci nous dit que pour toutλ∈R\ {6} :
(Sλ) ⇐⇒
x1 − 2x2 + (1−λ)x3 = 0 (6−λ)x2 + (3λ−6)x3 = 0 (λ3−5λ2+ 6λ)x3 = 0
.
Ici, on a cit´e un r´esultat apparu dans la premi`ere solution donn´ee `a la question 1.1.. On aurait tout aussi pu utiliser le r´esultat suivant : Pour toutλ∈R:
(Sλ) ⇐⇒
x1 + (1−λ)x3 − 2x2 = 0 (3λ−6)x3 + (6−λ)x2 = 0 (3λ−λ2)x2 = 0
obtenu au cours de la deuxi`eme solution donn´ee `a la question 1.1. pour d´ebuter les r´esolutions des syst`emes (S0),(S2),(S3).
1.2.1. On suppose ici queλ=α= 0. Comme 06= 6, on peut appliquer le r´esultat (3) :
(S0) ⇐⇒
x1 − 2x2 + (1−0)x3 = 0
(6−0)x2 + (3×0−6)x3 = 0 (03−5×02+ 6×0)x3 = 0
.
On a donc :
(S0) ⇐⇒
x1 − 2x2 + x3 = 0 6x2 − 6x3 = 0
0 = 0
.
Le syst`eme (S0) est homog`eme, `a 3 inconnues et de rang 2 (d’apr`es ce qui pr´ec`ede). Il admet donc une infinit´e de solutions param´etris´ees par 3-2=1 param`etre. Ici on choisit x3. De (L2), on d´eduit que :
x2=x3. De cette identit´e et de (L1), on d´eduit :
x1−2x3+x3= 0 soit :
x1=x3. L’ensemble solution de (S0) est donc :
x3
x3
x3
: x3∈R
.
On en d´eduit que l’unique solution de (S0) dont la troisi`eme composante vaut 1 est
1 1 1
. 1.2.2. On suppose ici queλ=β = 2. Comme 26= 6, on peut appliquer le r´esultat (3) :
(S2) ⇐⇒
x1 − 2x2 + (1−2)x3 = 0
(6−2)x2 + (3×2−6)x3 = 0 (23−5×22+ 6×2)x3 = 0
.
On a donc :
(S2) ⇐⇒
x1 − 2x2 − x3 = 0
4x2 = 0
0 = 0
.
Le syst`eme (S2) est homog`eme, `a 3 inconnues et de rang 2 (d’apr`es ce qui pr´ec`ede). Il admet donc une infinit´e de solutions param´etris´ees par 3-2=1 param`etre. Ici on choisit x3. De (L2), on d´eduit que :
x2= 0.
De cette identit´e et de (L1), on d´eduit :
x1−x3= 0 soit :
x1=x3. L’ensemble solution de (S2) est donc :
x3
0 x3
: x3∈R
.
On en d´eduit que l’unique solution de (S2) dont la troisi`eme composante vaut 1 est
1 0 1
. 1.2.3. On suppose ici queλ=γ= 3. Comme 36= 6, on peut appliquer le r´esultat (3) :
(S3) ⇐⇒
x1 − 2x2 + (1−3)x3 = 0
(6−3)x2 + (3×3−6)x3 = 0 (33−5×32+ 6×3)x3 = 0
.
On a donc :
(S3) ⇐⇒
x1 − 2x2 − 2x3 = 0 3x2 + 3x3 = 0
0 = 0
.
Le syst`eme (S3) est homog`eme, `a 3 inconnues et de rang 2 (d’apr`es ce qui pr´ec`ede). Il admet donc une infinit´e de solutions param´etris´ees par 3-2=1 param`etre. Ici on choisit x3. De (L2), on d´eduit que :
x2=−x3. De cette identit´e et de (L1), on d´eduit :
x1−2(−x3)−2x3= 0 soit :
x1= 0.
L’ensemble solution de (S3) est donc :
0
−x3
x3
: x3∈R
.
On en d´eduit que l’unique solution de (S3) dont la troisi`eme composante vaut 1 est
0
−1 1
. 1.3. SoitP la matrice d´efinie par :
P=
1 1 0
1 0 −1
1 1 1
. Remarque
• La premi`ere colonne deP est l’unique solution de(S0)dont la troisi`eme composante vaut 1.
• La deuxi`eme colonne deP est l’unique solution de(S2) dont la troisi`eme composante vaut 1.
• La troisi`eme colonne deP est l’unique solution de(S3)dont la troisi`eme composante vaut 1.
Ceci joue un rˆole important dans la suite du probl`eme. Nous donnerons prochainement une explication conceptuelle de ce fait (cf. th´eor`eme de changement de base pour les matrices d’applications lin´eaires).
Pour ´etudier l’inversibilit´e de la matriceP et calculer son inverse, on introduit le syst`eme
(S) : P
x1
x2
x3
=
y1
y2
y3
d’inconnue
x1
x2
x3
∈R3 et de param`etre
y1
y2
y3
∈R3.
(S) ⇐⇒
x1 + x2 = y1
x1 − x3 = y2
x1 + x2 + x3 = y3
⇐⇒
x1 + x2 = y1
− x2 − x3 = y2−y1 (L2←L2−L1) x3 = y3−y1 (L3←L3−L1)
On voit alors que le syst`eme (S) est de rang 3, donc de Cramer. On en d´eduit que la matrice P est inversible. Pour d´eterminer l’inverse de la matriceP, achevons la r´esolution du syst`eme (S).
D’apr`es (L3), on a :
x3=y3−y1. (8)
De (11) et de (L2), on d´eduit :
−x2−(y3−y1) =y2−y1
soit
x2= 2y1−y2−y3. (9)
De (12) et de (L1), on d´eduit :
x1+ (2y1−y2−y3) =y1
soit
x1=−y1+y2+y3. (10)
On rassemble les r´esultats (11), (12) et (13) pour obtenir :
x1 = −y1 + y2 + y3
x2 = 2y1 − y2 − y3
x3 = −y1 + y3
soit
x1
x2
x3
=
−1 1 1
2 −1 −1
−1 0 1
y1
y2
y3
. On a donc :
P−1=
−1 1 1
2 −1 −1
−1 0 1
. (11)
On verifie que l’on a bienP P−1=I3. 1.4. SoitD=P−1AP.
1.4.1. On calcule le produit matriciel : P−1AP =
−1 1 1
2 −1 −1
−1 0 1
4 −2 −2
3 0 −3
1 −2 1
1 1 0
1 0 −1
1 1 1
et on trouve
0 0 0
0 2 0
0 0 3
.On en d´eduit que :
D=
0 0 0
0 2 0
0 0 3
.
Soit n un entier naturel non nul. Pour ´elever une matrice diagonale `a la puissance n, il suffit d’´elever chacun des coefficients diagonaux `a la puissancen. On a donc :
Dn =
0n 0 0
0 2n 0
0 0 3n
=
0 0 0
0 2n 0 0 0 3n
. (12)
1.4.2. D’apr`es la d´efinition deD, on a D=P−1AP.
D=P−1AP =⇒ P D=P P−1
| {z }
I3
AP (multiplication parP par la gauche de chacun des membres)
=⇒ P D=AP (I3AP =AP)
=⇒ P DP−1=AP P−1
| {z }
I3
(multiplication parP−1 par la droite de chacun des membres)
=⇒ P DP−1=A (AI3=A)
On a donc
A=P DP−1. (13)
1.4.3. Pour toutn∈N∗, on pose :
Pn : An=P DnP−1.
• Initialisation
La propri´et´e P1 s’´ecrit : A1 = P D1P−1. Comme A1 = A et D1 = D, la propri´et´e P1 se r´e´ecrit A=P DP−1. Elle est vraie d’apr`es (15).
• H´er´edit´e
Supposons la propri´et´ePn vraie pour un entiern∈N∗ fix´e, i.e. :
An=P DnP−1. (14)
Montrons que la propri´et´ePn+1 est vraie, i.e. que :
An+1=P Dn+1P−1. An+1 = AnA
= P DnP−1
| {z }
An
P DP−1
| {z }
A
(cf. (16) et (17))
= P DnP−1P
| {z }
I3
DP−1
= P DnD
| {z }
Dn+1
P−1
= P Dn+1P−1
• Conclusion
De l’initialisation au rangn= 1, de l’h´er´edit´e et de l’axiome de r´ecurrence on d´eduit que la propri´et´e Pn est vraie pour toutn∈N∗, i.e. que :
∀n∈N∗ An =P DnP−1. (15) 1.4.4. Soitn∈N∗. De (14), (15) et (18) on d´eduit que :
An=
1 1 0
1 0 −1
1 1 1
| {z }
P
0 0 0
0 2n 0 0 0 3n
| {z }
Dn
−1 1 1
2 −1 −1
−1 0 1
| {z }
P−1
=
2n+1 −2n −2n
3n 0 −3n
2n+1−3n −2n 3n−2n
(16)
On v´erifie que pourn= 1 la matrice donn´ee par la formule pr´ec´edente co¨ıncide avec la matriceA.
2.1. Par d´efinition, on a :
X0=
u0
v0
w0
=
1 2
−1
. (17)
2.2. Soitn∈N. AXn=
4 −2 −2
3 0 −3
1 −2 1
un
vn
wn
=
4un−2vn−2wn
3un−3wn
un−2vn+wn
=
un+1
vn+1
wn+1
=Xn+1. On a donc :
AXn=Xn+1. (18)
2.3. Pour toutn∈N, on d´efinit la propri´et´ePn par :
Pn : Xn=AnX0.
• Initialisation `an= 0 La propri´et´eP0s’´ecrit :
X0= A0
|{z}
I3
X0. La propri´et´eP0est vraie.
• H´er´edit´e
Supposons la propri´et´ePn vraie pour un entiern∈Nfix´e, i.e. :
Xn=AnX0. (19)
Montrons alors la propri´et´ePn+1, i.e. :
Xn+1=An+1X0. Xn+1 = AXn (cf. (21))
= AAnX0 (cf. (22))
= An+1X0.
• Conclusion
De l’initialisation `an= 0, de l’h´er´edit´e et de l’axiome de r´ecurrence, on d´eduit que :
∀n∈N Xn=AnX0. (20) 2.4. Soitn∈N∗. De (19),(20) et (23), on d´eduit :
un
vn
wn
| {z }
Xn
=
2n+1 −2n −2n
3n 0 −3n
2n+1−3n −2n 3n−2n
| {z }
An
1 2
−1
| {z }
X0
=
2n 2×3n 2n−2×3n
d’o`u :
un= 2n ; vn= 2×3n ; wn= 2n−2×3n.
Exercice d’analyse
1. La s´erie harmonique
Pour toutn∈N∗, on pose :Hn = Xn k=1
1 k.
1.1. Montrer que la suite (Hn)n∈N∗ est strictement croissante.
1.2. Enoncer le th´eor`eme des accroissements finis.´ 1.3. D´emontrer que pour toutk∈N∗ :
1
k+ 1 <ln(k+ 1)− ln(k)< 1 k. 1.4. En d´eduire que pour toutn∈N∗ : ln(n+ 1)< Hn.
1.5. Conclure quant au comportement asymptotique de la suite (Hn)n∈N∗. Traduire le r´esultat obtenu dans le langage des s´eries.
1.6. Pour toutn∈N≥2, on pose :
un=Hn−ln(n) et vn=Hn−1−ln(n).
1.6.1. D´emontrer que les suites (un)n∈N≥2 et (vn)n∈N≥2 sont adjacentes. Leur limite commune est nomm´ee constante d’Euler et est not´eeγ.
1.6.2. En d´eduire que :Hn ∼
n→+∞ln(n).
2. La s´erie harmonique altern´ee Pour toutn∈N∗, on pose :An=
Xn k=1
(−1)k−1 k .
2.1. Montrer que les suites (A2n)n∈N∗ et (A2n+1)n∈N∗ sont adjacentes.
2.2. En d´eduire que la suite (An)n∈Nconverge. On notel sa limite.
2.3. Soitn∈N∗ et soitf:R+ →R; x7→ln(1 +x)− X2n k=1
(−1)k−1xk
k .
2.3.1. D´emontrer que pour toutx∈R+ : X2n k=1
(−x)k−1= 1−(−x)2n 1 +x .
2.3.2. Justifier quef est d´erivable surR+ et calculerf′. Pr´eciser le signe def′ surR+. 2.3.3. Dresser le tableau de variations def surR+ et calculerf(0).
2.3.4. En d´eduire que pour toutx∈R+ : X2n k=1
(−1)k−1xk
k ≤ln(1 +x).
2.4. Soitn∈N∗. D´emontrer par une m´ethode analogue `a celle expos´ee en 2.3. pour tout x∈R+ : ln(1 +x)≤
2n+1X
k=1
(−1)k−1xk
k .
2.5. D´eduire de 2.3. et 2.4. que pour toutn∈N∗ :A2n ≤ln(2) ≤A2n+1, puis quel= ln(2).
2.6. Traduire les r´esultats obtenus en 2.2. et en 2.5. dans le langage des s´eries.
Correction
1.1. La suite (Hn)n∈N∗ est strictement croissante si et seulement si :
∀n∈N∗ Hn+1−Hn >0.
Soitn∈N∗.
Hn+1−Hn=
n+1X
k=1
1 k −
Xn k=1
1 k
! .
Comme
n+1X
k=1
1 k =
Xn k=1
1 k
!
+ 1
n+ 1
| {z }
k=n+1
, on a :
Hn+1−Hn = 1 n+ 1 >0.
La suite (Hn)n∈N∗ est donc strictement croissante.
1.2. Le th´eor`eme des accroissements finis s’´enonce comme suit.
Soient a, b∈ R tels que a < b. Soit f: [a, b] →R une fonction continue sur [a, b] et d´erivable sur ]a, b[.
Alors il existec∈]a, b[ tel que :
f(b)−f(a)
b−a =f′(c).
1.3. Soitk∈N∗. La fonction ln est d´efinie sur ]0,+∞[ et d´erivable (donc continue) sur ]0,+∞[. La fonction f: [k, k+ 1]→R; x7→ln(x)
est donc continue sur [k, k+ 1] et d´erivable sur ]k, k+ 1[. On peut donc lui appliquer le th´eor`eme des accroissements finis : il existe c∈]k, k+ 1[ tel que :
f(k+ 1)−f(k)
k+ 1−k =f′(c).
Commef(k+ 1) = ln(k+ 1),f(k) = ln(k),k+ 1−k= 1 etf′(c) =1
c, on a donc : ln(k+ 1)− ln(k) =1
c. (21)
Commec∈]k, k+ 1[, on ak < c < k+ 1. De cette in´egalit´e et de la d´ecroissance de la fonction inverse sur ]0,+∞[, on d´eduit :
1 k+ 1 <1
c < 1
k. (22)
De (24) et (25), on d´eduit que : 1
k+ 1 <ln(k+ 1)− ln(k)< 1
k. (23)
1.4. Soitn∈N∗. En sommant membre `a membre lesnin´egalit´es : 1
2 < ln(2)− ln(1) < 1
1 (cf. (26) aveck= 1) 1
3 < ln(3)− ln(2) < 1
2 (cf. (26) aveck= 2) 1
4 < ln(4)− ln(3) < 1
3 (cf. (26) aveck= 3) ...
1
n < ln(n)− ln(n−1) < 1
n−1 (cf. (26) aveck=n−1) 1
n+ 1 < ln(n+ 1)− ln(n) < 1
n (cf. (26) aveck=n) et en remarquant que des termes se t´elescopent dans la partie centrale, on obtient :
1 2 +1
3 +1
4+. . .+1 n+ 1
n+ 1 <ln(n+ 1)−ln(1)
| {z }
0
< 1
|{z}1
1
+1 2 +1
3+. . .+ 1 n−1 +1
n
soit :
n+1X
k=2
1
k <ln(n+ 1)<
Xn k=1
1 k
| {z }
Hn
d’o`u :
ln(n+ 1)< Hn. (24)
1.5. De l’in´egalit´e (27) valable pour toutn∈N∗, de ln(n+1) →
n→+∞+∞et du th´eor`eme≪des gendarmes≫, on d´eduit que :
Hn →
n→+∞+∞.
La suite (Hn)n∈N∗ est la suite des sommes partielles de la s´erie associ´ee `a la suite 1
n
n∈N∗
. Comme la suite (Hn)n∈N∗ diverge vers +∞, la s´erie de terme g´en´eral 1
n est divergente.
1.6.1. Par d´efinition, deux suites sont adjacentes si l’une est croissante, l’autre est d´ecroissante et si leur diff´erence tend vers 0 quandntend vers +∞. Pour montrer que les suites (un)n∈N≥2 et (vn)n∈N≥2 d´efinies par :
un=Hn−ln(n) et vn =Hn−1−ln(n)
pour toutn∈N≥2 sont adjacentes, on ´etudie d’abord le sens de variation de chacune.
• Etude du sens de variation de la suite (u´ n)n∈N≥2
Soitn∈N≥2. On cherche `a d´eterminer le signe de un+1−un.
un+1−un =Hn+1−ln(n+ 1)−(Hn−ln(n)) =Hn+1−Hn−ln(n+ 1) + ln(n).
CommeHn+1−Hn = 1
n+ 1 (cf. calcul effectu´e `a la question 1.1), on a : un+1−un= 1
n+ 1−ln(n+ 1) + ln(n).
Or l’in´egalit´e (26) appliqu´ee aveck=nnous livre : 1
n+ 1 <ln(n+ 1)−ln(n) soit :
1
n+ 1−ln(n+ 1) + ln(n)<0.
On a donc :
un+1−un<0.
La suite (un)n∈N≥2 est donc strictement d´ecroissante.
• Etude du sens de variation de la suite (v´ n)n∈N≥2
Soitn∈N≥2. On cherche `a d´eterminer le signe de vn+1−vn.
vn+1−vn=Hn−ln(n+ 1)−(Hn−1−ln(n)) =Hn−Hn−1−ln(n+ 1) + ln(n).
On montre queHn−Hn−1= 1
n, comme on a montr´e en 1.1. queHn+1−Hn= 1
n+ 1. On a donc : vn+1−vn= 1
n−ln(n+ 1) + ln(n).
Or l’in´egalit´e (26) appliqu´ee aveck=nnous livre :
ln(n+ 1)−ln(n)< 1 n soit :
0< 1
n−ln(n+ 1) + ln(n).
On a donc :
vn+1−vn>0.
La suite (vn)n∈N≥2 est donc strictement croissante.
• Etude du comportement asymptotique de la suite (u´ n)n∈N≥2−(vn)n∈N≥2= (un−vn)n∈N≥2
un−vn =Hn−ln(n)−(Hn−1−ln(n)) =Hn−Hn−1= 1
n →
n→+∞0.
Des trois points pr´ec´edents, on d´eduit que les suites (un)n∈N≥2 et (vn)n∈N≥2 sont adjacentes. D’apr`es le th´eor`eme des suites adjacentes, elles sont donc toutes deux convergentes et elles ont une limite identique.
Cette limite est nomm´ee constante d’Euler et est not´eeγ.
1.6.2. Par d´efinitionHn ∼
n→+∞ln(n) si Hn
ln(n) →
n→+∞1.Soitn∈N≥2. On remarque que : Hn=Hn−ln(n) + ln(n)
et donc :
Hn
ln(n)= Hn−ln(n) + ln(n)
ln(n) = Hn−ln(n)
ln(n) +ln(n) ln(n)=
un
z }| { Hn−ln(n)
ln(n) + 1.
De cette ´egalit´e, deun →
n→+∞γ∈R(cf. question 1.6.1) et de ln(n) →
n→+∞+∞, on d´eduit que : Hn
ln(n) →
n→+∞1.
2.1. • Etude du sens de variation de la suite (A´ 2n)n∈N≥2
Soitn∈N≥2. On cherche `a d´eterminer le signe de A2(n+1)−A2n=A2n+2−A2n. A2n+2−A2n=
2n+2X
k=1
(−1)k−1
k −
X2n k=1
(−1)k−1 k
! .
Comme
2n+2X
k=1
(−1)k−1
k =
X2n k=1
(−1)k−1 k
!
+(−1)2n+1−1 2n+ 1
| {z }
k=2n+1
+(−1)2n+2−1 2n+ 2
| {z }
k=2n+2
on a :
A2n+2−A2n = X2n k=1
(−1)k−1 k
!
+(−1)2n+1−1
2n+ 1 +(−1)2n+2−1 2n+ 2 −
X2n k=1
(−1)k−1 k
!
= (−1)2n
2n+ 1 +(−1)2n+1 2n+ 2
Comme 2nest pair et 2n+ 1 est impair, on a (−1)2n= 1 et (−1)2n+1=−1, d’o`u : A2n+2−A2n = 1
2n+ 1− 1
2n+ 2 = 2n+ 2−(2n+ 1)
(2n+ 1)(2n+ 2) = 1
(2n+ 1)(2n+ 2) >0.
La suite (A2n)n∈N≥2 est donc strictement croissante.
• Etude du sens de variation de la suite (A´ 2n+1)n∈N≥2
Soitn∈N≥2. On cherche `a d´eterminer le signe de A2(n+1)+1−A2n+1=A2n+3−A2n+1. A2n+3−A2n+1=
2n+3X
k=1
(−1)k−1
k −
2n+1X
k=1
(−1)k−1 k
! .
Comme
2n+3X
k=1
(−1)k−1
k =
2n+1X
k=1
(−1)k−1 k
!
+(−1)2n+2−1 2n+ 2
| {z }
k=2n+2
+(−1)2n+3−1 2n+ 3
| {z }
k=2n+3
on a :
A2n+3−A2n+1 =
2n+1X
k=1
(−1)k−1 k
!
+(−1)2n+2−1
2n+ 2 +(−1)2n+3−1 2n+ 3 −
2n+1X
k=1
(−1)k−1 k
!
= (−1)2n+1
2n+ 2 +(−1)2(n+1) 2n+ 3
Comme 2n+ 1 est impair et 2(n+ 1) est pair, on a (−1)2n+1=−1 et (−1)2(n+1)= 1, d’o`u : A2n+2−A2n=− 1
2n+ 2 + 1
2n+ 3 =−(2n+ 3) + (2n+ 2)
(2n+ 2)(2n+ 3) =− 1
(2n+ 2)(2n+ 3) <0.
La suite (A2n+1)n∈N≥2 est donc strictement d´ecroissante.
• Etude du comportement asymptotique de la suite (A´ 2n)n∈N≥2−(A2n+1)n∈N≥2
Soitn∈N≥2. On a :
A2n−A2n+1= X2n k=1
(−1)k−1
k −
2n+1X
k=1
(−1)k−1 k
! . Comme
2n+1X
k=1
(−1)k−1
k =
X2n k=1
(−1)k−1 k
!
+(−1)2n+1−1 2n+ 1
| {z }
k=2n+1
on a :
A2n−A2n+1= X2n k=1
(−1)k−1
k −
2n X
k=1
(−1)k−1 k
!
+(−1)2n+1−1 2n+ 1
!
=−(−1)2n 2n+ 1. Comme 2nest pair, on a :
A2n−A2n+1=− 1 2n+ 1 d’o`u :
A2n−A2n+1 →
n→+∞0.
Des trois points pr´ec´edents, on d´eduit que les les suites (A2n)n∈N≥2 et (A2n+1)n∈N≥2 sont adjacentes.
2.2. De 2.1. et du th´eor`eme des suites adjacentes, on d´eduit que les deux suites (A2n)n∈N≥2 et (A2n+1)n∈N≥2
sont toutes deux convergentes et qu’elles ont mˆeme limite.
Comme la suite (A2n)n∈N≥2 (sous-suite des termes d’indices pairs de la suite (An)n∈N≥2) et la suite (A2n+1)n∈N≥2 (sous-suite des termes d’indices impairs de la suite (An)n∈N≥2) convergent et ont mˆeme limite, on d´eduit du cours sur les suites que la suite (An)n∈N≥2 est convergente (et a mˆeme limite que les suites (A2n)n∈N≥2 et (A2n+1)n∈N≥2). On notel la limite de (An)n∈N≥2.
2.3.1. On rappelle que siq∈R\ {1}, siN∈N: XN k=0
qk= 1−qN+1
1−q . (25)
Soit x∈R+. En faisant le changement d’indicek′ =k−1 (qui se note aussik=k′+ 1) dans la somme X2n
k=1
(−x)k−1, on obtient :
X2n k=1
(−x)k−1=
2n−1X
k′=0
(−x)k′. On a donc :
X2n k=1
(−x)k−1 =
2n−1X
k=0
(−x)k. (26)
Notons que comme x∈R+, on a−x≤0 et donc −x6= 1. En appliquant le r´esultat (28) avecq=−xet N = 2n−1, on obtient :
2n−1X
k=0
(−x)k =1−(−x)2n−1+1
1−(−x) = 1−(−x)2n
1 +x . (27)
De (29) et (30), on d´eduit que :
X2n k=1
(−x)k−1=1−(−x)2n
1 +x . (28)
2.3.2. La fonctionf1:R+→[1,+∞[ ; x7→1 +xest d´erivable surR+ (fonction affine).
La fonctionf2: [1,+∞[→R; x7→ln(x) est d´erivable sur [1,+∞[ (la fonction ln est d´erivable surR+∗).
La compos´ee de deux fonctions d´erivables ´etant d´erivable, on en d´eduit que la fonction : f2◦f1: R+→R; x7→ln(1 +x)
est d´erivable surR+.
La fonction f3:R+ →R; x7→
X2n k=1
(−1)k−1xk
k est d´erivable sur R+ (polynˆome). La diff´erence de deux fonctions d´erivables ´etant d´erivable, on en d´eduit que la fonction
f =f2◦f1−f3
est d´erivable surR+. Soitx∈R+.
f′(x) = (f2◦f1)′(x)−f3′(x) (lin´earit´e de la d´eriv´ee)
= f1′(x)×f2′(f1(x))−f3′(x) (d´eriv´ee d’une compos´ee)
= 1× 1
x+ 1 − X2n k=1
(−1)k−1
k ×k×xk−1 (lin´earit´e de la d´eriv´ee)
= 1
x+ 1 − X2n k=1
(−1)k−1xk−1
| {z }
(−x)k−1
= 1
x+ 1 −1−(−x)2n
1 +x (cf. (31))
= (−x)2n x+ 1
= x2n
x+ 1 ((−x)2n= (−1)2n×x2n=x2n car 2nest pair) On en d´eduit que pour toutx∈R+,f′(x)≥0.
2.3.3. La fonction f est d´erivable sur R+ et a une d´eriv´ee positive ou nulle sur R+. On en d´eduit que la fonctionf est croissante surR+.
D’autre part, on calcule :
f(0) = ln(1 + 0)− X2n k=1
(−1)k−10k k
= ln(1)− X2n k=1
(−1)k−10k
k (car 0k= 0 sik∈N∗)
= 0
x 0 +∞
Variations def
ր
0
2.3.4. Du tableau de variations pr´ec´edent, on d´eduit que pour toutx∈R+ : f(x) = ln(1 +x)−
X2n k=1
(−1)k−1xk
k ≥0
soit :
X2n k=1
(−1)k−1xk
k ≤ln(1 +x). (29)
2.4. Soitn∈N∗. On introduit la fonction
g:R+→R : ln(1 +x)−
2n+1X
k=1
(−1)k−1xk
k .
Comme en 2.3.2., on montre que cette fonctiong est d´erivable surR+. Soitx∈R+. Toujours comme en 2.3.2., on montre que :
g′(x) = 1 1 +x−
2n+1X
k=1
(−1)k−1
k ×k×xk−1
= 1
1 +x−
2n+1X
k=1
(−x)k−1. Comme en 2.3.1., on prouve que :
2n+1X
k=1
(−x)k−1= X2n k=0
(−x)k =1−(−x)2n+1
1−(−x) = 1−(−x)2n+1 1 +x . On a donc :
g′(x) = 1
1 +x−1−(−x)2n+1 1 +x
= (−x)2n+1 1 +x
= −x2n+1
x+ 1 ((−x)2n+1= (−1)2n+1×x2n+1=−x2n+1 car 2n+ 1 est impair)
On en d´eduit que pour toutx∈R+,g′(x)≤0. La fonctiongest d´erivable surR+et a une d´eriv´ee n´egative ou nulle surR+. On en d´eduit que la fonctiong est d´ecroissante surR+.
D’autre part, on calcule comme en 2.3.3. que g(0) = 0.
x 0 +∞
0 Variations de g
ց
Du tableau de variations pr´ec´edent, on d´eduit que pour toutx∈R+ : g(x) = ln(1 +x)−
2n+1X
k=1
(−1)k−1xk
k ≤0
soit :
ln(1 +x)≤
2n+1X
k=1
(−1)k−1xk
k . (30)
2.5. Soitn∈N∗.En rassemblant les r´esultats (32) et (33), on obtient que pour tout x∈R+ : X2n
k=1
(−1)k−1xk
k ≤ln(1 +x)≤
2n+1X
k=1
(−1)k−1xk
k .
En particulier pourx= 1, on a :
X2n k=1
(−1)k−1
1
z}|{
1k k
| {z }
A2n
≤ln(2)≤
2n+1X
k=1
(−1)k−1
1
z}|{
1k k
| {z }
A2n+1
.
En passant `a la limite dans cette in´egalit´e, il vient : l≤ln(2)≤l soit
ln(2)≤l≤ln(2).
On a doncl= ln(2).
2.6. La suite (An)n∈N∗ est la suite des sommes partielles de la s´erie de terme g´en´eral (−1)n−1
n . D’apr`es 2.2. et 2.5 la suite (An)n∈N∗ converge vers ln(2). On en d´eduit que la s´erie de de terme g´en´eral (−1)n−1 converge et que sa somme est : n
X+∞
n=1
(−1)n−1
n = ln(2).
Probl` eme de probabilit´ es
On d´esigne par nun entier naturel non nul et dans les parties 2 et 3 de ce probl`eme, on consid`ere une urne contenant une boule blanche etn−1 boules noires.
Laurent et Marc tirent `a tour de rˆole une boule de cette urne dans l’ordre suivant. Laurent joue le premier, Marc joue apr`es Laurent, Laurent joue apr`es Marc, Marc joue apr`es Laurent etc.
Le gagnant est celui qui extrait la boule blanche. Le jeu s’arrˆete d`es que l’un des deux joueurs a gagn´e.
Pour toutk∈N∗, on note :
Bk : ≪la boule blanche est tir´ee auk-i`eme tirage≫; Lk : ≪Laurent gagne auk-i`eme tirage≫;
Mk : ≪Marc gagne auk-i`eme tirage≫. On note ´egalement :
L : ≪Laurent gagne la partie≫; M : ≪Marc gagne la partie≫.
L’objectif de ce probl`eme est de comparer les probabilit´esP(L) et P(M) selon le mode de tirage, et dans la partie 4, avec une urne remplie al´eatoirement.
Partie 1 : D´ecomposition d’´ev´enements
1. Que dire des ´ev´enementsL2k pourk∈N∗et M2k+1 pourk∈N?
2. Soit k ∈ N. Exprimer l’´ev´enement L2k+1 `a l’aide des ´ev´enements B1, B2, . . . , B2k, B2k+1 ou de leurs compl´ementaires.
3. Soitk∈N∗. Exprimer l’´ev´enementM2k`a l’aide des ´ev´enementsB1, B2, . . . , B2kou de leurs compl´ementaires.
4. Exprimer l’´ev´enementL`a l’aide de certains ´ev´enementsLk, o`uk∈N∗. 5. Exprimer l’´ev´enementM `a l’aide de certains ´ev´enementsMk, o`uk∈N∗. Partie 2 : Les tirages se font avec remise de la boule tir´ee
On suppose dans cette partie que les tirages se font avec remise de la boule tir´ee. On pose, pour cette partie seulement,p= 1
n etq= 1−p= n−1 n .
1. CalculerP(L2k+1) pour tout k∈N. En d´eduire queP(L) = 1 1 +q. 2. CalculerP(M2k) pour toutk∈N∗. En d´eduire queP(M) = q
1 +q. 3. V´erifier que P(L)> P(M). Ce r´esultat ´etait-il pr´evisible ?
4. Quelle est la probabilit´e que le jeu dure ind´efiniment ? Partie 3 : Les tirages se font sans remise de la boule tir´ee
On suppose dans cette partie que les tirages se font sans remise de la boule tir´ee.
1. Montrer que pour toutk∈Ntel que 2k+ 1≤non a :P(L2k+1) = 1 n. 2. Montrer que pour toutk∈N∗ tel que 2k≤non a : P(M2k) = 1
n.
3. Dans cette question, on suppose quenest pair. Il existe doncm∈N∗ tel quen= 2m.
3.1. Que dire des ´ev´enementsL2k+1 pour k∈Ntel quek≥metM2k pourk∈N∗ tel que k≥m+ 1 ? 3.2. Montrer que :P(L) =1
2 et P(M) = 1 2.
3.3. Quelle est la probabilit´e que le jeu dure ind´efiniment ?
4. Dans cette question, on suppose quenest impair. Il existe doncm∈Ntel que n= 2m+ 1.
4.1. Que dire des ´ev´enementsL2k+1pourk∈Ntel quek≥m+ 1 etM2k pourk∈N∗tel quek≥m+ 1 ? 4.2. Montrer que :P(L) = m+ 1
2m+ 1 etP(M) = m 2m+ 1. 4.3. V´erifier queP(L)> P(M). Ce r´esultat ´etait-il pr´evisible ? 4.4. Quelle est la probabilit´e que le jeu dure ind´efiniment ?
Partie 4 : Les tirages se font sans remise dans une urne remplie al´eatoirement
L’urne est maintenant remplie de la fa¸con suivante : on lance une pi`ece qui donne PILE avec probabilit´e p (0< p <1) et FACE avec probabilit´eq= 1−p.
On jette la pi`ece jusqu’`a obtenir un premier PILE. On note N le nombre (al´eatoire) de lancers effectu´es1. On place alors dans l’urne une boule blanche etN−1 boules noires.
1. On dit aussi queN est la variable al´eatoire ´egale au rang du premier PILE obtenu.