PA M. Jules Gfellër Berne
Les consulats suisses à l'étranger reçoivent le journal.
Sixième année. — N0 54
Prix du numéro 10 centimes
Samedi 2 Juiillet 1892
B u r e a u x : R u e Neuve, 19
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Suisse . . . 6 fr. 3 fr.
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» de l'étranger. . 25 i> f Minimum d'une annonce 50 centimes P a r a i s s a n t Ie m e r c r e d i e t l e s a m e d i , à B i e n n e Les annonces se paient d'avance
Organe, de IR Société i n t e r c a n t o n a l e des i n d u s t r i e s d u j u r a , des C h a m b r e s de c o m m e r c e , des B u r e a u x de contrôle et des Syndicats i n d u s t r i e l s .
A B O N N E M E N T S
Nous prions nos abonnés de la Suisse de bien vouloir r é s e r v e r bon accueil au remboursement que nous allons p r e n d r e , p a r la poste, de leur abonnement à la FÉDÉRATION HORLO GÈRE pour le 2me semestre de l'année courante.
L'ADMINISTRATION.
Syndicat des fabricants d'horlogerie des cantons de Berne et de Soleure
Société intercantonale des industries du Jura
OL' : i . f t ·
Le bureau de la Chambre syndicale rap- pelle à MM. les. membres du syndicat la circulaire qui leur a été adressée en date du 8 juin écoulé et le formulaire d'adhésion à une prise d'actions éventuelle à une C a i s s e d e p r ê t s s u r m a r c h a n d i s e s .
Les souscriptions parvenues jusqu'à ce jour, sont la preuve de l'importance que l'on attache à une telle institution, mais le capital éventuellemeat souscrit ne se- rait pas suffisant pour la bonne mise en marche de l'entreprise. Les fabricants d'horlogerie membres du syndicat, qui n'ont pas encore pris de décision sur cette importante question, sont instamment priés d'en faire incessamment un examen attentif, dont le résultat sera, nons n'en doutons pas, de les engager à joindre leurs souscriptions à celles déjà recueil- lies.
Le délai primitif pour la fermeture de la souscription avait été fixé au 25 juin, le bureau soussigné le prolonge au 10 juillet courant, dans l'espoir d'aboutir à un r é - sultat plus satisfaisant.
Bienne, le 1er juillet 1892.
Pour le bureau de la Chambre syndicale : Le Secrétaire, Le Président, F. HUGDENIN. H. THALMANN.
Du rapport général de Ia. Société pour l'année 1891, nous extrayons le rapport spécial sur la situation de l'industrie hor- logère :
L'année 1891 a malheureusement réalisé les fâcheux pronostics de* notre précédent rapport. Nous signalions alors les débuts d'une crise, qui paraît devoir arriver à son apogée pendant l'année 1892 et a lourdement pesé sur les affaires d'horlogerie de l'exercise auquel appartient le présent examen de si- tuation.
Nous ressentons, dans toute leur intensité brutale, les effets de la surproduction de notre fabrication pendant les années 1889 et 1890, non seulement au point de vue. des stocks non écoulés, mais aussi et surtout parce que, dans ces années prospères, tous nos industriels se sont outillés et organisés en vue de cette production; exagérée, aujour- d'hui tombée en dessous de la moyenne.
Nos affaires ont, diminué dans tous les pays. Dans quelques-uns, cette diminution peut être .attribuée aux crises financières qui les ont frappés. Pour d'autres, les relève- ments des tarifs douaniers que rencontrent nos produits horlogers, ont contribué dans une certaine rne'sure, a restreindre notre ex- portation Ce dernier cas affecte surtout notre exportation pour la France, pays avec lequel nous n'avons encore pu trouver un modus vivendi commercial satisfaisant, de- puis l'échéance de notre dernier traité de commerce. , \
Aux Etats-Unis d'Amérique, une baisse subite de 2 5 % sur les mouvements cou- rants produits par les fabriques américaines, a été la cause d'une diminution sensible de notre exportation pour ce pays, en ce qui concerne les genres similaires à ceux que fabriquent, sous la protection de droits de douane fort élevés, nos concurrents d'outre- mer. — Par contre, la demande de l'horlo- gerie soignée s'est bien maintenue et paraît devoir se maintenir aussi en 1892.
Les affaires dans l'Amérique du Sud ont été fort mauvaises durant toute l'année 1891, en raison des conditions économiques spé-
ciales de ces pays et, si une perspective lé- gère d'amélioration relative peut être main- tenant entrevue, nous n'en restons et reste- rons pas moins en 1892, sur un terrain expectant et à des prévisions d'affaires très calmes, .; f;'V· b
Au Mexique, malgré la concurrence des Américains, nos affaires se maintiennent, mais c'est un marché très disputé par ceux- ci. Il en est de même au Canada.
D'une manière générale, l'industrie horlo- gère suisse maintient une incontestable su- prématie sur tous.les marchés d'exportation, mais ce n'est qu'au prix des efforts déjà réa- lisés et à la condition expresse de ne rien négliger pous entrer de plus en plus dans la voie de la [fabrication mécanique et profiter des derniers perfectionnements de l'outillage.
Si nous enregistrons avec satisfaction le fait, reconnu par chacun, que partout où nos af- faires ont été moins actives, la cause en réside dans les circonstances économiques particulières à ces^ marchés et non dans l'ac- tion de nos concurrents étrangers, il n'en résulte pas moins une obligation constante d'améliorer encore et toujours nos procédés de fabrication, de les maintenir à la hauteur de toute concurrence étrangère quelconqne, de la devancer si possible.
Lés rapports qui nous parviennent de Ge- nève, traitant du commerce de détail, c'est- à-dire plus spécialement de la vente d'horlo- gerie aux étrangers qui visitent la Suisse ou y séjournent, s'expriment assez favorable- ment quant à cette branche de notre activité industrielle. ' '..' '
Comme les années précédentes, dit un de ces rapports, le courant de nos visiteurs étrangers n'a pas faibli, bien au contraire, il semble prendre chaque année une extension plus forte, surtout parmi nos visiteurs amé- ricains, mais bien que le nombre des visi- teurs soit supérieur, nous estimons que le chiffre des affaires qui se sont traitées, est plutôt inférieur à celui des années précé- dentes.
Nous pouvons néanmoins, à ce point de vue spécial des ventes aux étrangers, classer l'année 1891 dans celles d'une moyenne hon- nête d'affaires horlogères et en bijouterie sur la place de Genève.
De divers côtés et à réitérées fois, nous avons entendu exprimer le vœu de'voir les formalités douanières suisses simplifiées, en
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226 LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE
ce qui concerne la r e n t r é e en franchise des montres de fabrication indigène, envoyées à choix à l'étranger ou retournées au fabricant pour une cause ou pour l'autre, par son com- mettant.
De plus, de nombreuses plaintes, nous pa- raissant absolument justifiées, se font enten- dre de la part des maisons suisses qui expor- tent en m ê m e temps que leurs m o n t r e s , les articles de bijouterie, orfèvrerie et articles divers fabriqués surtout à Paris et à Pforz- heim. Par suite de l'augmentation considé- rable des droits suisses sur ces articles, qui ne sont pas destinés à la consommation suisse, mais à la réexportation outre-mer, ces maisons ne peuvent plus, comme du passé, joindre ces articles à leurs envois d'horlogerie, car Ie bénéfice qu'elles peuvent réaliser sur ces affaires de commission ne supporte pas l'acquit des droits suisses.
Il nous paraît urgent de remédier aux deux inconvénients signalés, dont le second a u n e gravité toute particulière, sur laquelle nous insisterons encore tout à l'heure. Le r e m è d e pratique nous paraît consister dans l'établissement d'un bureau de douane à la Chaux-de-Fonds, centre principal des affaires de commission dont nous parlons et qui se traitent surtout à destination de l'Amérique du Sud, de l'Amérique centrale et de l'Ex- trême-Orient. Ce bureau de douane servirait non seulement à l'entrepôt des marchandises qui ne font que transiter en Suisse et se ré- expédient avec les articles de fabrication in- digène, mais aussi à faciliter la rentrée en franchise des produits suisses retournés à nos fabricants. — Une m e s u r e de ce genre
— qui intéresse non seulement la commission en bijouterie, mais aussi une branche très importante de notre industrie, celle de l'ex- portation en gros des outils et fournitures d'horlogerie, qui joint aux produits de l'in- dustrie suisse, des produits ne se fabriquant pas dans notre pays et qu'elle importe pour immédiatement réexporter, — s'impose ab- solument, sous peine de voir ces affaires de commission passer peu à peu dans les mains de maisons françaises et allemandes. Cette déchéance impliquera des conséquences d ' a u t a n t p l u s graves pour l'industrie suisse, que les commerçants étrangers qui nous au- ront dépossédés de cette exportation, favori- seront de toutes leurs forces l'industrie de leur propre pays et q u ' u n e diminution dans h production des articles principaux suisses, m o n t r e s , bijoux, outils et fournitures, s'en suivra par la force m ê m e des choses. — Une a u t r e éventualité, toute aussi fâcheuse, serait de voir quelques exportateurs suisses, ensuite de ces inconvénients, aller se fixer soit en Exauce, «oit en Allemagne. Cette éventualité n ' a i j e n d'impossible, puisqu'aujourd'hui déjà, certains négociants suisses sont obligés de se r e n d r e à Paris ou à Pforzheim, pour soigner-xle là leurs expéditions de bijouterie à destination des paye ci-avant mentionnés.
Au m o m e n t où ces lignes sont écrites, l'in- dustrie horlogère, de même que les indus- tries similaires de nos régions, se p r é p a r e n t à une vigoureuse participation à l'exposition universelle de 1893, à Chicago. — Il s'agit d'affirmer une fois de plus leur puissance in- dustrielle et leur supériorité de production
et de maintenir envers et contre tous nos concurrents les situations acquises.
L'effort nécessaire sera fait, quelles q u e soient les circonstances défavorables résul- tant de la période de crise que nous traver- sons, et nous croyons, sans présomption comme aussi sans fausse modestie, pouvoir dire que cet effort collectif obtiendra les succès qu'il mérite.
Ce rapport de situation a été adopté par le comité central, dans sa séance du 9 juin 1892.
La Chaux-de-Fonds, le 15 juin 1892.
Secrétariat de la Société intercantonale des industries du Jura:
JAMES P E R R E N O U D .
La pacification des rapports du capital et du travail
L'un des économistes les plus distin- gués de notre époque, M. G. de Molinari, a récemment donné à Gand, à la Société libérale pour l'étude des sciences et des œuvres sociales, une conférence qui a eu un grand retentissement, sur La pacifi- cation des rapports du capital et au tra- vail.
Nous pensons intéresser nos lecteurs en la meltant sous leurs yeux, leur don- nant ainsi l'occasion de faire connaissance avec les idées de l'éminent économiste sur un sujet d'une actualité brûlante.
Depuis un siècle, il s'est opéré dans l'in- dustrie une révolution plus profonde et plus féconde en conséquences qu'aucune révolu- tion politique. Grâce aux progrès de tous genres qui ont transformé le matériel et les méthodes de la production, la puissance pro- ductive de l'homme s'est prodigieusement accrue, en dépensant la même somme d'ef- forts, de travail, ïjhomme a pu obtenir une quantité croissante de produits, c'est-à-dire de matériaux de l'existence. La population s'est augmentée sous l'influence de ce pro- grès et la richesse^ s'est multipliée plus rapi- dement encore que la population. C'est ainsi qu'en France, J.-6. Say évaluait la richesse publique à 120 milliards seulement — éva- luation que M. de Foville trouve exagérée—
et qu'aujourd'hui on ne l'estime pas à moins de 200 à 220 milliards. Elle a doublé ou à peu près, tandis que la population ne s'est aug- mentée que d'un cinquième, tout au plus. On peut signaler un progrès analogue dans la plupart des autres pays civilisés. En Belgi- que, la richesse publique est évaluée à 30 milliards — elle ne s'élevait certainement pas à la moitié de ce chiffre, en 1830. Bref, les progrès extraordinaires que l'industrie hu- maine a réalisés depuis un siècle ont déter- miné un accroissement énorme de la richesse,
— cela n'est contesté par personne.
Mais ce que l'on conteste, c'est que cette augmentation de richesse, cette plus-value de l'industrie humaine ait été équitablement répartie. Les socialistes de toutes les écoles, et en particulier de l'école (de Marx et de Las- salle prétendent qu'elle est allée tout entière à la classe des capitalistes et des entrepre- neurs d'industrie, tandis que les ouvriers ont été réduits à se contenter d'un minimum de subsistances; — que Pétat-major, les géné- raux et surtout les fournisseurs de la grande armée industrielle se sont enrichis tandis que les soldats n'ont pas toujours un sou de poche, et ils attribuent cette inégalité de la distribu- tion de la richesse au régime du salariat. Les socialistes ont certainement exagéré ; il n'est pas vrai que la plus-vulue du progrès ait été entièrement accaparée par la classe des capi- talistes et des entrepreneurs d'industrie ; la classe ouvrière en a eu sa part, mais, — et sur ce point je suis d'accord avec les socia- listes, — je crois que sa condition ne s'est
pas améliorée autant que celle des classes supérieures. L'augmentation de la richesse et du bien-être a été plus grande dans les ré- gions supérieures de la société que dans les régions inférieures.
A quoi cela tient-il? D'où cela provient-il?
Cela peut provenir de trois causes : 1° De ce que la classe ouvrière n'aurait pas reçu sa juste part dans les résultats de la production,
c'est-à-dire d'un vice de la répartition de la richesse; 2° de ce qu'elle aurait plus mal em- ployé son revenu que les classes capitalistes n'employaient le leur, de ce qu'elles l'au- raient gaspillé en dépenses nuisibles, tandis que les classes supérieures se montraient plus prévoyantes et plus économes ; enfin 3° de ce que les charges publiques, les im- pôts, auraient pesé sur la classe ouvrière dans une proportion plus forte que sur les classes capitalistes.
Voilà les trois causes qui peuvent avoir empêché la condition de la classe ouvrière de s'améliorer dans la même progression que celle des classes capitalistes. De ces trois causes je n'examinerai aujourd'hui que la première, c'est-à-dire le vice de la réparti- tion.
Est-il vrai que les ouvriers ne reçoivent pas la juste part qui leur revient dans les produits de leur travail; qu'ils doivent se contenter d'un minimum de subsistances ; qu'ils soient, pour me servir d'un terme usité, exploités par l'entrepreneur capita- liste, et que cette exploitation soit causée par le régime du salariat?
Sur ce point encore, tous les socialistes sont d'accord. Tous sont d'avis que les tra- vailleurs sont exploités par leurs patrons, et qu'ils le seront nécessairement, inévitable- ment, aussi longtemps que subsistera le ré- gime du salariat. C'est le salariat qui est la cause dd l'exploitation. C'est le salariat qu'il faut supprimer, et, en attendant que cette suppression soit possible, qu'il faut régle- menter, en invitant l'Etat à établir un maxi- mum de durée de travail et un minimum de salaire.
Ainsi donc le salariat est le grand coupa- ble. Il faut le supprimer et le remplacer.
Comment? Ah ! Ici raccord cesse.
Les plus modérés se contentent de deman- der la participation aux bénéfices, mais ceux- ci sont à peine des socialistes et presque des économistes. Les autres, les communistes et les anarchistes sont plus exigeants; les uns veulent que toutes les indestries soient re- prises par le gouvernement qui les exploitera, comme il exploite en France le monopole des tabacs, dans ce système tous les ouvriers deviendraient des fonctionnaires publics ; d'autres veulent que l'Etat, sans s'être em- paré de tous les établissements industriels et de toutes les exploitations agricoles, les re- mette, à des associations ouvrières qui en partageront les produits entre leurs membres, soit d'une manière égalitaire, soit en propor- tion de leur travail ou de leurs besoins. Je ne veux pas discuter ces systèmes en détail.
Une conférence, dix conférences ne suffi- raient pas. Je préfère m'en tenir à l'organi- sation existante de l'industrie et essayer de justifier le régime du salariat des reproches que lui adressent les socialistes ; de montrer d'abord que ce régime est le mieux appro- prié aux convenances des ouvriers aussi bien que des industriels ; ensuite, en quoi ce ré- gi.ne est imparfait et comment il peut être amélioré.
Commençons par analyser le salariat.
Voyons pourquoi l'ouvrier reçoit générale- ment sa rétribution sous la forme d'un sa- laire, c'est-à-dire d'une somme fixe, plutôt que sous toute autre forme? Cela] tient aux conditions naturelles de la production. Pre- nons pour exemple une industrie quelconque
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LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE 227
— la fabrication des étoffes de coton. En quoi consiste-t-elle ? A transformer le coton brut en fils puis en tissus qui sont les matériaux du vêtement. Pour opérer cette transforma- tion, il faut construire une fabrique, la garnir de machines, acheter du charbon pour ali- menter le générateur, du coton, de la graisse et d'autres matières premières, enfin réunir le personnel d'employés et d'ouvriers néces- saire pour mettre en oeuvre toute cette ma- chinerie. Eh bien ! qu'est-ce qui détermine l'entrepreneur individuel ou collectif à em- ployer le capital dont il dispose, à fonder une manufacture de coton? C'est la perspective d'un profit. Il fait le calcul de ce que lui coû- tera la fabrication des cotonnades, et du prix auquel il pourra les vendre, et si le résultat lui paraît avantageux, s'il juge que ses frais pourront être couverts et lui laisser un béné- fice suffisant, il se mettra à fabriquer des étoffes de coton.
Mais il ne peut pas les fabriquer à lui seul.
Il a. besoin d'un personnel d'employés et d'ouvriers. Ce personnel est plus ou moins nombreux. Il peut se composer de quefques dizaines, de quelques centaines ou même de milliers d'individus. Je suppose que l'entre- preneur, au moment de commencer ses opé- rations, réunisse ce personnel d'employés et d'ouvriers et qu'il leur expose son affaire ; qu'il leur dise : je viens de monter une fabri- que, j'ai fait mes calculs et, selon toute? mes prévisions, je réaliserai de beaux bénéfices ; voulez-vous être mes associés1 Les ouvriers répondront certainement d'abord tout d'une voix : oui> oui, nous ne demandons pas mieux.
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Zurich 1883 Cbaux-de-Fonds 1881
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Médaille de l'Exposition Universelle, à Paris 1889. 1742
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