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PA M. Jules Gfeller Berne

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PA M. Jules Gfeller Berne

Les consulats suisses à 1*étranger reçoivent le journal,

Sixième année. — N0 55

Prix du numéro 10 centimes

Mercredi 6 Juillet 1892

B u r e a u x : R u e Neuve, 19

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E x p o s i t i o n d e C h i c a g o

En suite de l'arrêté des Chambres fé- dérales du 24 juin écoulé : portant que pour le cas où la participation horlogère à l'exposition de Chicago serait organisée dans des conditions satisfaisantes, le Con- seil fédéral est autorisé à délivrer au Co- mité des exposants une subvention pou- vant s'élever à 420,000 francs au maxi- mum, le principal obstacle qui s'opposait à l'inscription des intéressés au nombre des exposants paraît levé et le comité se trouve à la veille d'entrer dans une pé- riode plus active.

Jusqu'ici, le rôle du Comité a consisté à recueillir la plus grande somme possi- ble d'informations, à provoquer des adhé- sions de la part des personnes disposées à participer à l'exposition, enfin, de for- muler une demande de subvention aux Chambres fédérales. Il s'agit maintenant d'aller carrément et rapidement dans la voie de l'exécution, car le temps presse.

Tout d'abord, le nombre des exposants sur l'adhésion définitive desquels on peut absolument compter ne paraît pas suffi- sant. Il va sans dire que pour pouvoir nous présenter à Chicago dans des con- ditions qui nous assurent les plus grandes chances possibles de succès, nous devons non seulement y aller avec ce que nous produisons de plus parfait dans les diffé- rents genres de notre fabrication, mais encore avec un nombre de participants et une quantité totale de produits qui puissent donner une idée de ce qu'est notre puissance industrielle. Aux Etats- Unis, plus que partout ailleurs, il faut faire bien, mais aussi il faut faire grand.

A ce dernier point de vue, on peut regret- ter que la subvention fédérale n'ait pas atteint un chiffre plus considérable. Aussi

s'agira-t-il de ne dépenser l'argent qu'à bon escient et d'éviter toute fausse ma- nœuvre et toute fausse dépense.

L'une des premières tâches qui s'im- pose à l'attention du Comité, est de dé- signer des personnes compétentes et ab- solument indépendantes, parmi lesquelles on puisse choisir les membres du jury de sélection. La tâche de ce jury sera parti- culièrement difficile et délicate; il faudra qu'il ait l'œil juste et la main ferme.

• Viendra ensuite la désignation du ou des membres suisses du jury de l'exposi- tion. Sur ce point-là, nous manquons de renseignements positifs et nous ne savons pas encore quelle sera la place réservée à la Suisse, dans la composition du jury de l'horlogerie; il n'est cependant pas trop tôt de fixer ses choix et de s'assurer le concours éventuel de personnes bien qualifiées.

La question de l'emplacement, qui joue un rôle si important, est pressante à ré- soudre; mais ici encore nous manquons d'informations complètes et nous ne se- rons guère renseignés que dans !quelques jours, lorsque notre ministre à Washing- ton, M. de Claparède, en route pour l'Eu- rope dans ce moment, sera au milieu de nous.

Enfin, — et c'est par là que nous eus- sions dû commencer peut-être, — nous devons procéder, dans le plus bref délai, au choix du commissaire suisse. On comprend facilement que quantité de questions ne peuvent être traitées par correspondance et qu'il faut que quel- qu'un, pouvant se vouer complètement à la sauvegarde de nos droits et de nos in- térêts, parte pour Chicago sans retard.

La nomination du commissaire suisse est donc brûlante.

Comme on le voit, la tâche future du Comité des exposants est considérable;

c'est la période réellement active qui va commencer. Dans sa composition actuelle, le Comité est une trop grosse machine à mettre en mouvement; composé de per- sonnes appartenant aux diverses régions horlogères, il ne nous paraît pas être en mesure, s'il reste homogène, de donner une impulsion vigoureuse à l'exécution des besognes multiples qui lui incom- bent; aussi approuvons-nous pleinement l'idée de l'institution du Comité d'action, prévu à l'ordre du jour publié plus loin, d'une réunion du Comité des exposants convoquée à Yverdon, lel2juilleti5ourant.

Le fait qu'une subvention fédérale a été concédée au Comité des exposants, donne au Conseil fédéral le droit et le devoir de s'intéresser directement et activement à l'organisation de notre participation et de dire son mot quant au choix du commis- saire, des membres du jury de sélection et des membres suisses du jury de l'ex- position même. Il y a donc des compé- tences à établir et des responsabilités à répartir, si l'on veut marcher avec har- monie et unité dans Ia voie du succès.

Tels sont les différents points qui don- nent à la réunion de mardi prochain une importance exceptionnelle; il est donc à désirer que le Comité soit au complet.

* * *

Convocation et Ordre du jour du Comité des exposants.

Veuillez assister à la prochaine réunion du Comité, qui aura lieu mardi 12 juillet cou- rant, à midi et demie, Hôtel de Londres, à

Yverdon, et dont voici l'ordre du jour : 1° Examen des compétences attribuées au Comité des exposants, ensuite du vote d'une subvention fédérale, ainsi que des conditions à remplir par le dit Comité, découlant de

!'octroi de cette subvention.

2° Question de l'institution d'un comité restreint, dit Comité d'exécution, nommé par le département fédéral et dans lequel pren- dront place un ou plusieurs représentants du

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I

230 LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE

département et des représentants du Comité des exposants. Ce comité servira d'intermé- diaire direct entre le Comité des exposants et les autorités fédérales.

3° Désignation des délégués du Comité à une conférence, qui sera ultérieurement con- voquée et à laquelle prendront part M. le Conseiller fédéral Droz, chef du département, M. le Ministre suisse à "Washington et autres personnes que désignera le Département.

4° Présentation à faire au Département fé- déral pour la nomination du commissaire spécial, prévu dans le Message du Conseil fédéral aux Chambres.

5° Présentation à faire au Département, du juré représentant l'horlogerie suisse, dans le jury international à Chicago.

6° Discussion du règlement du jury suisse d'admission des produits exposables, à sou- mettre à l'approbation du Département. Dé- termination du nombre et des fonctions de ces jurés. Présentations à faire au Départe- ment pour leur nomination.

7° Circulaire aux exposants. — Propagande.

— Groupements cantonaux. — Divers.

Espérant que nous aurons le plaisir de vous voir àYverdon, l'ordre du jour vous indiquant bien l'importance de cette assem- blée, nous vous présentons, Monsieur, nos salutations distinguées.

Pour le Bureau du Comité : Le Secrétaire,

JAMES PERRENOUD.

pm s. — En ce qui concerne les tractanda 4, 5 et 7, présentations à faire pour : a] un commissaire ; b) un juré au jury international;

c) les membres du jury d'admission. - Veuil- lez réfléchir aux personnes sur lesquelles le choix du Comité pourrait se porter, de ma- nière à ce que dans la réunion ci-haut convo- quée, on puisse discuter les noms à présenter pour ces diverses fonctions et liquider les dits tractanda.

Assurance obligatoire

M. le conseiller national Forrer, chargé, comme on sait, par le Conseil fédéral de pré- parer les projets de loi sur l'assurance fédé- rale, avait fait, il y a quelque temps, à Hutt- wyl une conférence sur l'assurance contre les accidents. Dimanche dernier, il a parlé à Bienne de l'assurance contre la maladie.

Voici, d'après les journaux de la Suisse alle- mande, les indications qu'il a données sur la façon dont devrait être organisé ce nouveau service public.

L'assurance contre la maladie, comme celle contre les accidents, sera obligatoire pour tous les ouvriers et employés. Ce principe est précisé comme suit: devront être assurés contre la maladie, à partir de l'âge de qua- torze ans révolus, toutes les personnes des deux sexes travaillant pour le compte d'au- trui dans une entreprise de transport, dans une exploitation industrielle, commerciale ou agricole, ainsi que tous les domestiques. On évalue à 750,000 à 800,000 le nombre des personnes qui seraient ainsi soumises à l'as- surance obligatoire. On prévoit que la dis- tinction entre les personnes travaillant pour leur propre compte et pour le compte d'au- trui présentera d'assez grandes difficultés, spécialement en ce qui concerne les journa- liers et les ouvriers travaillant à domicile.

L'organisation de l'assurance contre la ma- ladie devra être décentralisée. La Suisse sera divisée en arrondissements d'assurances, pour la délimitation desquels on tiendra compte autant que possible des frontières

cantonales. La base de tout le système sera la commune. Chaque commune d'environ 1500 âmes au moins aura une caisse d'assu- rance contre la maladie ; les communes plus petites seront, autant que possible, groupées.

Toutes ces caisses communales s'adminis- treront elles-mêmes.

Les personnes qui ne sont pas soumises à l'obligation de l'assurance, peuvent y adhérer volontairement si elles sont en bonne santé et n'ont pas dépassé une certaine limite d'âge (40 à 45 ans).

Lorsqu'un assuré tombe malade, la caisse paie les frais de médecin et de pharmacien, ainsi qu'une indemnité de chômage. D'après les expériences faites en Allemagne, les frais médicaux et pharmaceutiques réprésentent plus de la moitié de la dépense totale. Il y aura lieu de se demander s'il ne conviendrait pas d'établir un tarif et de désigner des mé- decins auxquels les assurés seraient tenus de, s'adresser. L'indemnité de chômage ne doit représenter qu'une partie du salaire, proba- blement les deux tiers. Quant à la durée des prestations de la caisse, M. Forrer propose de la limiter à un an au maximum.

Les primes seraient payées partie par l'as- suré, partie par le patron, dans une propor- tion à déterminer par la loi et que M. Forrer propose de fixer à 50 °/0 pour chacun. La prime serait probablement fixée à 3 % du sa- laire, de sorte qu'un ouvrier gagnant trois francs par jour, paierait quatre centimes et demi et son patron autant. En cas de besoin, on pourrait instituer une prime supplémen- taire d'un centime, ou constituer des réser- ves, et enfin, la commune devrait suppléer à l'insuffisance des ressources.

M. Forrer calcule ainsi à 20 millions le total des dépenses annuelles de l'assurance contre la maladie. L'assurance contre les accidents coûterait, en outre, 8 à 10 millions.

Le Vaterland, quii.se déclare &ympathiqu3 au projet, fait remarquer cependant qu'il reste bien des difficultés à résoudre, et que les dépenses prévues sont bien considérables pour un service d'assurance restreint à une partie de la population.

Un fait qui nous frappe tout particulière- ment, dans le projet de M. Forrer, c'est l'obli- gation de s'assurer auprès des caisses com- munales, ce qui entraînera fatalement la disparition des sociétés libres de secours mutuels, car les ouvriers et les employés qui les composent ne peuvent payer double pri- me. On sait que l'opposition de ces sociétés, menacées dans leur existence, a été l'une des principales causes de l'échec du projet bâlois.

Une loi fédérale qui ne laisserait pas subsis- ter, à côté de la machine administrative offi- cielle, ces organismes vivants, plus utiles encore peut-être par l'influence morale qu'ils exercent et les liens de solidarité qu'ils créent entre leurs membres que par les services pé- cunières qu'ils leur rendent, risquerait fort d'être mal accueillie par une très grande partie de la population.

La pacification des rapports du capital et du travail

Conférence de M. G. de Molinari faite à Gond.

(Suite.)

Fort bien ! nous partagerons les bénéfices de l'affaire et nous tâcherons de nous enten- dre à l'amiable sur le taux de ce partage, sur ce qui devra revenir à chacun. Ce ne sera peut-être pas facile, mais en y mettant de la

bonne volonté on finira bien par s'entendre.

Seulement, il est bien clair que les onvriers et employés, mes associés, seront placés au point de vue de leur rétribution dans la si- tuation où je me trouverai moi-même, c'est- à-dire qu'ils devront attendre pour recevoir leur part que le produit soit fabriqué et réa- lisé, que le coton soit transformé en étoffe, que l'étoffe soit vendue — et vendue à prix qui couvre les frais de la fabrication, du loyer des bâtiments, de l'acquisition et de l'entretien des machines, de l'achat des ma- tières premières — avec un surplus. Si au lieu d'un surplus, il y a un déficit, une perte, nous n'aurons rien a nous partager. Avant que le produit soit réalisé, que le calicot soit vendu, il se passera trois mois, six mois, se- lon que le débouché se trouvera plus ou moins éloigné, ce ne sera peut-être qu'au bout d'un an que nous saurons au juste si nous sommes en bénéfice ou en perte. Il fau- dra donc, je vous en préviens, que vous vi- viez pendant trois mois, six mois, un an, sur vos propres ressources — et si les affaires ont mal tourné, que vous continuiez... Car on ne peut participer aux bénéfices qu'autant qu'il y a des bénéfices.

Et bien! je le demande, trouverait - on beaucoup d'employés et d'ouvriers capables de faire cette avance et de courir ces risques?

On ne trouverait certainement pas un sur cent et même sur mille. Les entreprises se- raient impossibles, si l'on ne pouvait pas re- courir à quelqu'autre arrangement ; si des hommes qui vivent pour la plupart au jour le jour, qui n'ont pas d'avances, étaient obligés d'attendre leur rétribution trois mois, six mois, sans être assurés de l'avoir. En pré- sence de cette impossibilité, que s'est-il passé? Qu'a-ton fait? On a inventé Ie salariat.

— L'entrepreneur a dit aux ouvriers : puis- que vous ne pouvez attendre que le produit soit réalisé, puisque vous ne pouvez ou ne voulez pas courir les risques de la réalisation, voici ce que nous allons faire : je vous ferai l'avance de votre part et je prendrai vos ris- ques à mon compte. Je vous paierai votre travail tous les huit jours, tous les quinze jours, tous les mois au plus tard, c'est-à-dire bien avant que le produit soit réalisé. Vous recevrez ainsi une somme fixe : vous ne par- ticiperez pas aux bénéfices, mais vous serez garantis contre les pertes.

Cette somme fixe qui n'est autre chose qu'une part avancée et assurée dans les ré- sultats de la production, c'est le salaire; et comme elle répondait beaucoup mieux que la part diflérée, éventuelle et incertaine de l'as- sociation, à la situation et aux convenances de la généralité des travailleurs, elle a été universellement préférée. Sauf de rares ex- ceptions, les travailleurs reçoivent leur rétri- bution sous forme de salaire.

J'ajoute, entre paranihèses, qu'il en est de même pour le plus grand nombre des capita- listes qui engagent leurs fonds dans les che- mins de fer, les mines, etc., sans parler des emprunts d'Etats. La plupart d'entre eux pré- fèrent participer à ces entreprises comme obligataires plutôt que comme actionnaires.

Cependant l'action donne droit à une part dans les bénéfices, et cette part peut s'élever fort haut, à 10 °/0 et parfois même jusqu'à 100 % et davantage, tandis que l'obligation ne rapporte guère que 3, 4 ou 5 °/0, et les emprunts d'Etals quelquefois moins, sans donner droit à aucune part dans les béné- fices. Mais le revenu des obligations et des titres de rentes est garanti — quoique cette garantie ne soit pas toujours certaine — ten- dis que le revenu des actions ne l'est pas.

L'action c'est la part dans les bénéfices, l'obligation c'est le salaire.

Maintenant que nous savons ce qui a donné naissance au régime du salariat —

(3)

LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE

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savoir, l'impossibilité où se trouvent les ou- vriers d'attendre les résultats de la produc- tion et d'en courir les risques, — voyons s'il est vrai que le salariat implique l'exploitation du travailleur ; si le contrat qui intervient entre l'entrepreneur et l'ouvrier est nécessai- rement un contrat léonin ; si l'entrepreneur est le maître, en vertu de la nature même de ce contrat, d'en dicter les conditions à sa guise, et de réduire l'ouvrier à se ccntenter du minimum indispensable pour le faire vivre. (A suivre.)

Fabrique d'horlogerie à Chézard A V I S

Depuis quelque temps nous recevons de Gernier et autres localités environnantds des demandes de plus en plus nombreuses d'em- plois dans la fabrique projetée à Chézard.

En réponse à ces demandes, nous ayons l'honneur de faire savoir que notre maison, ni par elle-même, ni par l'intermédiaire d'au- cun membre de notre famille, ou de qui que ce soit, n'a pris, sous quelle forme que ce soit, le plus minime intérêt dans cette affaire de Chézard, et en conséquence, ne saurait don- ner aucune réponse aux postulants de ces emplois. JAPY frères & C'10.

Monsieur F. Saguel, notaire à Cernier.

J'apprends avec grand étonnement que le bruit court en Suisse que je suis comman- ditaire de la fabrique qui se monte à Chézard- St-Martin.

Je suis dans la maison Japy frères & Clu à Beaucourt depuis 5 ans, et n'ai aucune raison de la quitter.

Je vous autorise et serais même très dési- reux que vous communiquiez cette lettre aux personnes intéressées.

Recevez, Monsieur, mes salutations sin- cères.

Signé : E. ALBARET.

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NOl)VELLBS DIVERSES P é a g e s . — Les recettes des péages pour le mois de juin ont été de fr. 2,708,030 en augmentation de fr. 250,896 sur la période correspondante de 1891. Pendant la période du 1er janvier au 30 juin 1892, les recettes ont été de fr. 16,777,807 en augmentation de fr. 2,293,110 sur la période correspondante de 1891.

U n e e x p o s i t i o n u n i v e r s e l l e e n 19OU. — Le gouvernement français a admis définitivement l'idée d'organiser une expo- sition universelle à Paris en 1900. Le minis- tre du commerce a fait part au Conseil que les études préparatoires pour l'organisation sont commencées.

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Le rédacteur responsable : Fritz HUGUENIN.

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