Correction de la rédaction du Brevet Blanc n°2
Sujet d’imagination : Le narrateur choisit d’écrire une lettre à sa famille pour raconter précisément l’un des moments évoqués (une relève, une corvée, un repas, une nuit de répit…). Donnez à ce récit la tonalité plutôt gaie utilisée par le narrateur.
Le 17 octobre 1916 Verdun Mes chers parents,
Comme je suis heureux de pouvoir à nouveau vous écrire ! Il me tarde de recevoir de vos nouvelles et celles du patelin.
La semaine dernière, nous avons eu le droit à une nuit de répit. Vous l’écrire me fait comprendre que ce moment était réel : c’était un moment de calme et de joie au milieu de toutes ces atrocités.
Comme je vous le disais, la semaine précédente, le mercredi, nous revenions d’une dure journée, encore une fois ponctuée de cadavres et de combats. Cependant, le soir, vers dix-huit heures je dirais, le capitaine nous a réunis au garde-à-vous. Après quelques minutes de discours qui n’intéressaient personne, il nous a finalement souhaité une bonne nuit en annonçant que nous étions libres de faire ce que l’on voulait, qu’il n’y aurait pas de combats !
Après cela, les cris de joie ont fusé de toute part : chacun allait, proposant des activités pour s’amuser, rire et oublier le temps d’une nuit les horreurs que nous vivons encore aujourd’hui.
Dès que j’ai pu, j’ai rejoint des camarades de régiment. Nous avons commencé par nous trouver un lieu tranquille sans trop d’humidité. Allumer un feu était impossible, même dans cette nuit de répit.
Nous ne voulions pas nous faire tuer par un de ces Boches toujours prêts à semer la mort qui devait rôder en attendant une fenêtre de tir.
Nous nous sommes donc enroulés dans des couvertures et avions pour seule lumière une petite lampe à huile. Nous avons continué en sortant une bouteille que nous avions gardée pour une occasion à venir. Nous avons trinqué à cette nuit, la première depuis des semaines avant de commencer les parties de cartes. Nous avons tout essayé : belotte, bataille, poker…
Tout le monde riait et s’amusait. Nous avons mangé le singe qui, quelques heures auparavant, nous répugnait. Eh bien, cette fois-ci, nous l’avons mangé avec envie et allégresse.
Ce soir-là, j’ai hésité à vous écrire. J’ai cependant décidé de le faire plus tard, me disant que je pourrais vous raconter cette nuit-là en utilisant plus de papier !
Plus tard, nous nous sommes raconté des histoires, que nous avions vécues ou non. Personne ne savait vraiment ce qu’il racontait, profitant du moment sans s’occuper du lendemain, qui était pourtant de plus en plus proche. Au final, nous avons terminé la soirée sous le ciel étoilé, les gradés nous ayant réprimandés pour le bruit que nous faisions.
Sous les étoiles, j’ai de nouveau pensé à vous, à la maison où nous les voyons si bien. C’est avec un mélange de bonheur et de tristesse que je me suis demandé si vous l’observiez vous aussi, ce ciel.
J’ai fini par m’endormir ici, au milieu de la chaleur réconfortante de mes camarades.
Et aujourd’hui, je reprends la plume pour vous raconter cette nuit sûrement banale à vos yeux mais presque onirique pour les nôtres.
J’espère recevoir très vite de vos nouvelles, en souhaitant qu’elles soient bonnes.
Votre fils qui vous aime.
Correction de la rédaction du Brevet Blanc n°2
Jacques