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X Maths B MP 2012 — Corrigé

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 1/17

X Maths B MP 2012 — Corrigé

Ce corrigé est proposé par Jules Svartz (ENS Cachan) ; il a été relu par Yvon Vignaud (Professeur en CPGE) et Céline Chevalier (Enseignant-chercheur à l’uni- versité).

Toute série entière converge absolument à l’intérieur de son disque ouvert de convergence. Sur le bord peut apparaître chacune des situations de convergence ab- solue, de convergence simple ou de divergence. Le problème porte essentiellement sur des outils pour étudier la divergence de séries entières en des points de ce bord.

La première partie introduit la convergence au sens de Césaro, appelée C- convergence, d’une suite ou d’une série, qui est plus générale que la convergence usuelle. Une série entière P

cnzn est C-convergente en z0 et de C-limite si la suite des moyennes desnpremières sommes partielles enz0converge versℓ.

Le sujet pose des questions classiques sur les suites et les séries entières. La der- nière question demande une certaine technicité calculatoire pour déterminer le domaine deC-convergence sur trois exemples.

La seconde partie, indépendante de la première, propose d’établir le théorème de Kronecker qui généralise àncomplexes le résultat classique suivant : sizC est de module 1 sans être une racine de l’unité, alors l’ensemble{zk|kN}est dense dans U={zC| |z|= 1}. On y trouve de nombreuses manipulations de sommes et d’exponentielles complexes. C’est la partie la plus longue et la plus technique du problème alors qu’elle porte essentiellement sur les suites numériques.

La troisième partie reprend les trois exemples de la première partie. À l’aide du théorème de Kronecker, on détermine l’ensemble des valeurs d’adhérence des sommes partielles d’une série entière en un point deC-convergence se trouvant sur le bord du disque de convergence. Cette partie demande une grande part d’autonomie pour répondre aux questions.

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(2)

© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 2/17

Indications

Partie I

1 La suite(mn)n∈Na en fait la même limite que(an)n∈N. Choisirε >0et couper la sommemn en deux parties.

2 Exprimeran en fonction de mn et demn−1. 3 L’expression Pn

k=0

ak est une somme alternée dans le sens où les termes sont alternativement positifs et négatifs. Utiliser en outre la croissance de(|ak|)k∈N

pour majorer

Pn k=0

ak

.

4 Appliquer deux fois le résultat de la question 2. Que peut-on dire des rayons de convergence des sériesPcn

nzn etP cnzn? Partie II

6.a Pour toute fonction f dansE, introduire la fonctionx7→ 1 2x

Z x

−x

f(t) dt, et se ramener par combinaisons linéaires au cas des fonctionsx7→eiλx.

6.b Pour montrer que les coefficients d’une combinaison linéaire S = P

aλeλ sup- posée nulle sont nuls, on pourra utiliser astucieusement la forme linéaire M, en remarquant que multiplier S par une fonction eλ0 permet de translater les indices, puisqueeλeλ0 =eλ+λ0.

7.b Partir de PN

k=0

ei(N2−k)tet remarquer que1e−ia=eia2(eia2 eia2).

7.c Utiliser la question précédente en partant du terme de droite.

8.a Développer le produit !

8.b Dans le produit f gN, on ne s’intéresse en fait qu’aux produits de termes coli- néaires àe0.

9 Appliquer l’identité du parallélogramme àuk etuj. 10.a Utiliser le résultat de la question 8.c.

10.b Exploiter la question 9.

10.c Montrer tout d’abord quesin(πym)−−−−→

m→∞ 0 et utiliser ensuite la concavité de la fonctionsinsur[ 0 ;π/2 ]pour conclure.

11.b L’égalité lim

m→+Nm=+est à comprendre comme

m→lim+Nm=+ ou lim

m→+Nm=∞.

On pourra d’abord montrer que la suite(xm)m∈Nn’est pas bornée, et procéder à une extraction.

12 Utiliser les deux suites construites dans les questions 10.c et 11.b. On pourra encore une fois procéder à une extraction, et s’assurer que la suite (Nm)m∈N ainsi construite est strictement croissante, ce qui est utile dans la partie III.

Partie III

13.a Appliquer le théorème de Kronecker à la famille{x, π}.

13.b Appliquer le théorème de Kronecker à la famille{x, λ, π}.

13.c Appliquer le théorème de Kronecker à la famille{x, λ+x, π}.

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(3)

© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 3/17

I. Convergence au sens de Césaro

Dans tout le corrigé, on désigne par U l’ensemble {z C | |z| = 1} des complexes de module 1.

1 Supposons(an)n∈Nconvergente de limiteC. Montrons que(mn)n∈Nconverge elle aussi versℓ. SoientnNet ε >0. L’inégalité triangulaire donne

|mnℓ|6 1 n+ 1

Pn j=0

|ajℓ|

Puisque(an)n∈Nconverge versℓ,

∃n1N ∀n>n1 |anℓ|6 ε 2 Par conséquent, pour toutn>n1

|mnℓ|6 1 n+ 1

n1−1

P

j=0

|ajℓ|+ 1 n+ 1

Pn j=n1

|ajℓ|

6 1

n+ 1

n1−1

P

j=0

|ajℓ|+ 1 n+ 1

(nn1+ 1)ε 2

|mnℓ|6 1 n+ 1

n1−1

P

j=0

|ajℓ|+ε 2 De plus, lorsque n tend vers +∞, la quantité 1

n+ 1

n1−1

P

j=0

|ajℓ| décroît vers 0 puisque la somme est constante par rapport à n et que 1/(n+ 1) tend vers 0 en décroissant. Par suite,

∃n2N ∀n>n2 1 n+ 1

n1−1

P

j=0

|ajℓ|6 ε 2 Prenonsn0= Max (n1, n2), on a donc montré

∃n0N ∀n>n0 |mnℓ|6ε Autrement dit, La suite(mn)n∈Nconverge versℓ.

Cette démonstration est un classique à maîtriser.

Considérons maintenant la suite (an)n∈N telle que an = (−1)n pour tout n.

Cette suite n’est pas convergente, mais (n+ 1)mn=a0+· · ·+an =

( 1 sinest pair 0 sinest impair Ainsi,mn−−−−→

n→∞ 0.

La suite((−1)n)n∈Nest C-convergente mais n’est pas convergente.

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(4)

© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 4/17

2 Remarquons que pour toutnsupérieur ou égal à 1, an

n+ 1 =mn n

n+ 1mn−1

et donc an

n =n+ 1 n

mn n n+ 1mn−1

Si(an)n∈Nest C-convergente versℓ, les deux suites(mn)n∈Net(mn−1)n∈Nont même limiteℓ. De plus, n

n+ 1 −−−−→

n→∞ 1 et n+ 1 n −−−−→

n→∞ 1donc

n→lim+

an

n = 0

3 Remarquons que la suite(an)n∈Nproposée a ses termes alternativement positifs et négatifs. De plus, pour toutα >0, la fonctionf:

(R+−→R+

x 7−→xα est strictement croissante. SoitnN.

Sin= 2pest pair, on a, d’une part, P2p

k=0

ak=

p−1P

k=0

(a2k+a2k+1) +an=

p−1P

k=0

(f(2k)f(2k+ 1))

| {z }

60car fcroissante

+an

donc P2p

k=0

ak 6an. D’autre part, P2p

k=0

ak=a0+

p−1P

k=0

(a2k+1+a2k+2) =

p−1P

k=0

(−f(2k+ 1) +f(2k+ 2))

| {z }

>0carf croissante

>0

Par conséquent, sinest pair, 06 Pn k=0

ak 6nα

Sin= 2p+ 1 est impair, écrivons2p+1P

k=0

ak= P2p k=0

ak+a2p+1. D’après le cas pair,

06 P2p k=0

ak 6(n1)α

donc −nα= 0 +a2p+16

2p+1P

k=0

ak 6(n1)αnα60

Ainsi, sinest impair, −nα6 Pn k=0

ak60

Par suite, pour toutes les valeurs den, paires ou impaires,

|mn|6 nα

n+ 1 6 1

n1−α −−−−→

n→∞ 0 carα] 0 ; 1 [ La suite de terme généralan= (−1)nnαest C-convergente de C-limite 0.

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