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X Maths B MP 2012 — Corrigé
Ce corrigé est proposé par Jules Svartz (ENS Cachan) ; il a été relu par Yvon Vignaud (Professeur en CPGE) et Céline Chevalier (Enseignant-chercheur à l’uni- versité).
Toute série entière converge absolument à l’intérieur de son disque ouvert de convergence. Sur le bord peut apparaître chacune des situations de convergence ab- solue, de convergence simple ou de divergence. Le problème porte essentiellement sur des outils pour étudier la divergence de séries entières en des points de ce bord.
• La première partie introduit la convergence au sens de Césaro, appelée C- convergence, d’une suite ou d’une série, qui est plus générale que la convergence usuelle. Une série entière P
cnzn est C-convergente en z0 et de C-limite ℓ si la suite des moyennes desnpremières sommes partielles enz0converge versℓ.
Le sujet pose des questions classiques sur les suites et les séries entières. La der- nière question demande une certaine technicité calculatoire pour déterminer le domaine deC-convergence sur trois exemples.
• La seconde partie, indépendante de la première, propose d’établir le théorème de Kronecker qui généralise àncomplexes le résultat classique suivant : siz∈C est de module 1 sans être une racine de l’unité, alors l’ensemble{zk|k∈N}est dense dans U={z∈C| |z|= 1}. On y trouve de nombreuses manipulations de sommes et d’exponentielles complexes. C’est la partie la plus longue et la plus technique du problème alors qu’elle porte essentiellement sur les suites numériques.
• La troisième partie reprend les trois exemples de la première partie. À l’aide du théorème de Kronecker, on détermine l’ensemble des valeurs d’adhérence des sommes partielles d’une série entière en un point deC-convergence se trouvant sur le bord du disque de convergence. Cette partie demande une grande part d’autonomie pour répondre aux questions.
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Indications
Partie I
1 La suite(mn)n∈Na en fait la même limite que(an)n∈N. Choisirε >0et couper la sommemn en deux parties.
2 Exprimeran en fonction de mn et demn−1. 3 L’expression Pn
k=0
ak est une somme alternée dans le sens où les termes sont alternativement positifs et négatifs. Utiliser en outre la croissance de(|ak|)k∈N
pour majorer
Pn k=0
ak
.
4 Appliquer deux fois le résultat de la question 2. Que peut-on dire des rayons de convergence des sériesPcn
nzn etP cnzn? Partie II
6.a Pour toute fonction f dansE, introduire la fonctionx7→ 1 2x
Z x
−x
f(t) dt, et se ramener par combinaisons linéaires au cas des fonctionsx7→eiλx.
6.b Pour montrer que les coefficients d’une combinaison linéaire S = P
aλeλ sup- posée nulle sont nuls, on pourra utiliser astucieusement la forme linéaire M, en remarquant que multiplier S par une fonction eλ0 permet de translater les indices, puisqueeλeλ0 =eλ+λ0.
7.b Partir de PN
k=0
ei(N2−k)tet remarquer que1−e−ia=e−ia2(eia2 −e−ia2).
7.c Utiliser la question précédente en partant du terme de droite.
8.a Développer le produit !
8.b Dans le produit f gN, on ne s’intéresse en fait qu’aux produits de termes coli- néaires àe0.
9 Appliquer l’identité du parallélogramme àuk etuj. 10.a Utiliser le résultat de la question 8.c.
10.b Exploiter la question 9.
10.c Montrer tout d’abord quesin(πym)−−−−→
m→∞ 0 et utiliser ensuite la concavité de la fonctionsinsur[ 0 ;π/2 ]pour conclure.
11.b L’égalité lim
m→+∞N′m=+−∞est à comprendre comme
m→lim+∞N′m=+∞ ou lim
m→+∞N′m=−∞.
On pourra d’abord montrer que la suite(xm)m∈Nn’est pas bornée, et procéder à une extraction.
12 Utiliser les deux suites construites dans les questions 10.c et 11.b. On pourra encore une fois procéder à une extraction, et s’assurer que la suite (Nm)m∈N ainsi construite est strictement croissante, ce qui est utile dans la partie III.
Partie III
13.a Appliquer le théorème de Kronecker à la famille{x, π}.
13.b Appliquer le théorème de Kronecker à la famille{x, λ, π}.
13.c Appliquer le théorème de Kronecker à la famille{x, λ+x, π}.
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I. Convergence au sens de Césaro
Dans tout le corrigé, on désigne par U l’ensemble {z ∈ C | |z| = 1} des complexes de module 1.
1 Supposons(an)n∈Nconvergente de limiteℓ∈C. Montrons que(mn)n∈Nconverge elle aussi versℓ. Soientn∈Net ε >0. L’inégalité triangulaire donne
|mn−ℓ|6 1 n+ 1
Pn j=0
|aj−ℓ|
Puisque(an)n∈Nconverge versℓ,
∃n1∈N ∀n>n1 |an−ℓ|6 ε 2 Par conséquent, pour toutn>n1
|mn−ℓ|6 1 n+ 1
n1−1
P
j=0
|aj−ℓ|+ 1 n+ 1
Pn j=n1
|aj−ℓ|
6 1
n+ 1
n1−1
P
j=0
|aj−ℓ|+ 1 n+ 1
(n−n1+ 1)ε 2
|mn−ℓ|6 1 n+ 1
n1−1
P
j=0
|aj−ℓ|+ε 2 De plus, lorsque n tend vers +∞, la quantité 1
n+ 1
n1−1
P
j=0
|aj−ℓ| décroît vers 0 puisque la somme est constante par rapport à n et que 1/(n+ 1) tend vers 0 en décroissant. Par suite,
∃n2∈N ∀n>n2 1 n+ 1
n1−1
P
j=0
|aj−ℓ|6 ε 2 Prenonsn0= Max (n1, n2), on a donc montré
∃n0∈N ∀n>n0 |mn−ℓ|6ε Autrement dit, La suite(mn)n∈Nconverge versℓ.
Cette démonstration est un classique à maîtriser.
Considérons maintenant la suite (an)n∈N telle que an = (−1)n pour tout n.
Cette suite n’est pas convergente, mais (n+ 1)mn=a0+· · ·+an =
( 1 sinest pair 0 sinest impair Ainsi,mn−−−−→
n→∞ 0.
La suite((−1)n)n∈Nest C-convergente mais n’est pas convergente.
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2 Remarquons que pour toutnsupérieur ou égal à 1, an
n+ 1 =mn− n
n+ 1mn−1
et donc an
n =n+ 1 n
mn− n n+ 1mn−1
Si(an)n∈Nest C-convergente versℓ, les deux suites(mn)n∈Net(mn−1)n∈N∗ont même limiteℓ. De plus, n
n+ 1 −−−−→
n→∞ 1 et n+ 1 n −−−−→
n→∞ 1donc
n→lim+∞
an
n = 0
3 Remarquons que la suite(an)n∈Nproposée a ses termes alternativement positifs et négatifs. De plus, pour toutα >0, la fonctionf:
(R+−→R+
x 7−→xα est strictement croissante. Soitn∈N.
• Sin= 2pest pair, on a, d’une part, P2p
k=0
ak=
p−1P
k=0
(a2k+a2k+1) +an=
p−1P
k=0
(f(2k)−f(2k+ 1))
| {z }
60car fcroissante
+an
donc P2p
k=0
ak 6an. D’autre part, P2p
k=0
ak=a0+
p−1P
k=0
(a2k+1+a2k+2) =
p−1P
k=0
(−f(2k+ 1) +f(2k+ 2))
| {z }
>0carf croissante
>0
Par conséquent, sinest pair, 06 Pn k=0
ak 6nα
• Sin= 2p+ 1 est impair, écrivons2p+1P
k=0
ak= P2p k=0
ak+a2p+1. D’après le cas pair,
06 P2p k=0
ak 6(n−1)α
donc −nα= 0 +a2p+16
2p+1P
k=0
ak 6(n−1)α−nα60
Ainsi, sinest impair, −nα6 Pn k=0
ak60
Par suite, pour toutes les valeurs den, paires ou impaires,
|mn|6 nα
n+ 1 6 1
n1−α −−−−→
n→∞ 0 carα∈] 0 ; 1 [ La suite de terme généralan= (−1)nnαest C-convergente de C-limite 0.
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