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Mines Maths 2 MP 2012 — Corrigé

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Academic year: 2021

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 1/21

Mines Maths 2 MP 2012 — Corrigé

Ce corrigé est proposé par Romain Cosset (Professeur agrégé) ; il a été relu par Jean Louet (ENS Cachan) et Laetitia Borel-Mathurin (Professeur en CPGE).

Ce problème concerne l’étude de la transformée de Fourier et de la formule som- matoire de Poisson. Il se compose de6parties dont les3dernières sont indépendantes entre elles.

Dans la première partie, on introduit et étudie la transformée de Fourier.

Cette partie comporte essentiellement des calculs.

La deuxième partie utilise les séries de Fourier pour démontrer la formule som- matoire de Poisson.

La troisième concerne la formule d’inversion de Fourier permettant de relier les valeurs des images d’une fonction et la transformée de Fourier de celle-ci.

La quatrième partie utilise les résultats des deux précédentes. On y démontre que sous certaines conditions sur la transformée de Fourier, une fonction peut être entièrement déterminée par ses valeurs en les entiers.

Le but de la cinquième partie est de fournir un contre-exemple à la formule sommatoire de Poisson lorsque les hypothèses de croissance à l’infini ne sont plus vérifiées. Dans cette partie on utilise beaucoup les théorèmes de domination.

Finalement, dans la sixième partie, on calcule une approximation numérique fine d’une série.

Cette épreuve est difficile dans la mesure où les questions calculatoires de la première partie sont ouvertes et systématiquement utilisées par la suite. Il est cepen- dant possible d’admettre les résultats des parties B et C pour traiter la fin du sujet.

Les trois dernières parties peuvent être abordées dans le désordre ; elles permettent de se familiariser avec l’utilisation de la transformée de Fourier et de la formule sommatoire de Poisson.

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 2/21

Indications

Partie A

3 Montrer queWetWsont stables par les opérationsf 7→fαetf 7→fy,v. Justifier en particulier que sif appartient àL alors il en est de même pourfαet fy,v. 4 Ne pas oublier de traiter les cas ξ= 0. Pour calculerbt(ξ), intégrer par parties.

5 Pour montrer que la fonctionx7→sin(πx)/(πx)n’est pas intégrable surR, décom- poser l’intégrale

Z N

N

sin(πx)

πx

dx en une somme d’intégrales sur des intervalles de longueur 1qu’il faut minorer par le terme général d’une série divergente.

Partie B

8 Bien prendre des lettres différentes pour l’indice n de la somme et le n-ième coefficient de Fourier.

9 Montrer que la série de terme généralfb(n)e2iπnx est normalement convergente.

Avec la question 8, exprimerfecomme la somme de sa série de Fourier et évaluer cette somme en0.

Partie C

10 La question 3 permet de justifier l’utilisation de la formule de la question 9 à la fonctionfx,ξ. De plus, elle fournit l’expression defdx,ξ.

12 Interpréter la formuler d’inversion de Fourier avec la transformée de Fourier defb. Appliquer alors la transformation de Fourier à l’égalitéfb=λf.

Partie D

13 Utiliser le résultat de la question 11 pour montrer qu’une fonction de W est uniquement déterminée par sa transformée de Fourier puis le résultat de la ques- tion 10 pour déterminer cette dernière.

14 Considérer une fonctiong deWdont la transformée de Fourier est celle donnée par l’énoncé. Utiliser pour cela le résultat de la question 11.

Partie E

15 PourxZ, montrer que f(x) = 0. Pour x /Z, se placer sur des intervalles du type

+ 1/2K;+ 11/2K

ZetKN.

16 Remarquer queuk et uk,N sont positives. Les calculs des questions 3 et 4 per- mettent de déterminer uck(0). Pour la seconde partie de la question, utiliser le résultat de la question 6.

18 Commencer par majorer sup

[n;n+1 ]

|cuk|par un terme dépendant de net k. Choisir lesNk de façon à obtenir le terme général d’une série convergente.

19 Montrer que pourξentier,u[k,Nk(ξ) =cuk(ξ). Déterminer la série de terme général ukà l’aide d’une sommation télescopique ce qui permet d’obtenir la valeur defb(ξ) à l’aide des questions 3 et 4. Pour conclure, utiliser la question 15.

Partie F

20 Utiliser la formule sommatoire de Poisson (prouvée à la question 9) avec la fonc- tionx7→g(x/100) pour accélérer la convergence de la somme. À l’aide de l’in- égalitée−αx2 6e−αx, majorer le reste de la somme obtenue. Montrer que celui-ci est inférieur à10104 dès le premier terme de la somme.

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 3/21

A. Préliminaires

1 Soitξ un nombre réel quelconque. L’application qui à un nombre réel xassocie f(x)e2iπxξ est continue par morceaux surR(carf l’est). De plus on a l’égalité

f(x)e2iπxξ=|f(x)|

Comme la fonctionf appartient àL, elle est intégrable doncf(x)e2iπxξl’est aussi.

Ceci justifie l’existence de fb(ξ) pour tout réelξ. Pour montrer que fbest continue, on commence par remarquer que

àxfixé dansR, l’applicationξ7→f(x)e2iπxξ est continue surR.

àξfixé dansR, l’applicationx7→f(x)e2iπxξest continue par morceaux surR (carf l’est).

pour tous réelsxetξ,f(x)e2iπxξ=|f(x)|, c’est-à-dire qu’on a une majora- tion de x7→f(x)e2iπxξ par une fonction intégrable surR et indépendante deξ.

D’après le théorème de continuité sous l’intégrale avec domination, on obtient que La fonctionfbest bien définie et continue surR.

2 Montrons l’inclusionL L. Soitf une fonction de L. La fonctionf étant continue, elle est en particulier continue par morceaux. Pour montrer que la fonction continuef est intégrable surRil suffit de le vérifier aux bornes. Commef appartient àL, il existe des réelsα >1etMtels que pour tout réelxon a|x|α|f(x)|6Mdonc

|f(x)|6M/|x|α pour xnon nul. Commeα >1, la fonctionx7→ |x|αest intégrable en+et en ∞. Il en est donc de même pourf. Ceci montre bien queLL.

Pour définir W, on considère la transformée de Fourier d’une fonction deL, ce qui a un sens puisqu’on vient de montrer que cet espace est inclus dansL. Soitf une fonction de W, on a f L L et fb L L. Ainsi la fonction f appartient àW et on a montré que

L’espaceW est inclus dans l’espaceW.

Montrons que la transformation de Fourier est une application linéaire sur L. Soientf etg deux fonctions deL et soitλun nombre réel. CommeL est un espace vectoriel, f +λg appartient à L donc la transformée de Fourier de f +λg existe.

Pour tout réelξon a f\+λg(ξ) =

Z +

(f(x) +λg(x)) e2iπxξdx par définition

= Z +

f(x)e2iπxξdx+λ Z +

g(x)e2iπxξdx f\+λg(ξ) =fb(ξ) +λbg(ξ)

On a donc bien vérifié que la transformation de Fourier est linéaire.

Démontrons que l’ensemble W est un espace vectoriel. Il est non vide car la fonction nulle appartient à cet ensemble. Soient maintenantf et g deux fonctions de W et soit λ un nombre réel. La fonction f +λg appartient à L et on vient de démontrer que la transformée de Fourier def+λg est égale àfb+λbg. Orfbetgb appartiennent à l’espace vectorielL donc il en est de même defbgb=f\+λg. Ainsi,

L’espaceW est un espace vectoriel.

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 4/21

Procédons de même pour W. Une nouvelle fois, la fonction nulle est un élément de W. Soient f et g deux fonctions de W et soit λun nombre réel. Comme L est un espace vectoriel, les fonctionsf+λget fb+λbg=f\+λgappartiennent aussi àL. Ainsif+λgest un élément deW. En conclusion,

L’espaceW est également un espace vectoriel.

On a utilisé sans le démontrer l’affirmation suivante de l’énoncé :

« L etL sont des espaces vectoriels. » PourL, cela provient du fait que l’ensemble des fonctions continues par morceaux et l’ensemble des fonctions intégrables sont des espaces vectoriels. Montrons maintenant queLest bien un espace vectoriel. Soientf et gdeux fonctions deL et soitλun nombre réel. L’ensemble des fonctions continues est un espace vectoriel, f +λg est continue. Commef etgappartiennent àL, il existe des constantesαf >1 et αg >1 telles que les fonctions

x7→ |x|αff(x) et x7→ |x|αgg(x)

soient bornées. Notons Mf et Mg les bornes correspondantes. La fonction x7→ |x|α(f +λg) est continue sur le compact[−1 ; 1 ]donc bornée quelque soit αréel. Prenonsα= min(αf, αg), on a pour|x|>1,

|x|α|(f +λg) (x)| =|x|αf(x) +λ|x|αg(x) 6|x|αff(x) +λ|x|αgg(x)

|x|α|(f +λg) (x)| 6Mf+λMg

Ainsi pourα= min(αf, αg)>1, la fonctionx7→ |x|α(f +λg) (x)est bornée.

On vient de vérifier queL était bien un espace vectoriel.

Une autre méthode pour montrer queWetWsont des espaces vectoriels consiste à remarquer que la transformation de FourierTFest une application linéaire et que par définition,

W=L TF1(L) W=LTF1(L)

3 Soientf L et α >0, la fonctionfαappartient àL. Calculons sa transformée de Fourier. Par définition, pour toutξréel,

cfα(ξ) = Z +

fα(x)e2iπxξdx= Z +

f(αx)e2iπxξdx

Effectuons le changement de variable u = αx (l’application x 7→ αx étant C1 et bijective deRdansR) :

cfα(ξ) = Z +

f(u)e2iπuξα du α = 1

αfb ξ

α

En résumé, ξR fcα(ξ) = 1 αfb

ξ α

De même, la fonctionfy,v appartient àL et fdy,v(ξ) =

Z +

fy,v(x)e2iπxξdx= Z +

f(x+y)e2iπvxe2iπxξdx

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