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X Maths 1 MP 2007 — Corrigé

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

c Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 1/15

X Maths 1 MP 2007 — Corrigé

Ce corrigé est proposé par Philippe Bouafia (ENS Ulm) ; il a été relu par Juliette Leloup (ENS Ulm) et Sophie Rainero (Professeur en CPGE).

L’épreuve porte sur l’approximation de fonctions par des fonctions plus régulières.

Elle se décompose en trois parties.

• Dans la première partie, on examine les propriétés des fonctionsPtdéfinies par Pt(x) = P

n∈Z

e−|n|teinx

qui sont reliées au noyau de Poisson. On montre en particulier que Pt(x) = 1−e−2t

1−2e−tcosx+ e−2t

et on étudie la convergence des fonctions Pt lorsquet tend vers 0 par valeurs supérieures.

• Dans la deuxième partie, on se donne une applicationf continue par morceaux 2π-périodique. À partir des applicationsPt, on définit des applications appelées Φf ouΦf,t par

Φf(x) = Φf(t, x) = 1 2π

Z π

−π

Pt(x−y)f(y) dy

On montre que ces fonctions sont indéfiniment dérivables, alors que f n’est que continue par morceaux. De plus, les fonctionsΦf,t convergent simplement versf lorsquettend vers0et sif est de classeCk, alors pour toutp∈[[ 0 ; k]]

les fonctionsΦ(p)f,t convergent uniformément versf(p).

• La dernière partie étudie plus en détail le mode de convergence deΦf,t versf pour une certaine catégorie de fonctions. On introduit l’espace Eα des fonc- tionsf continues par morceaux2π-périodiques pour lesquelles la série suivante converge :

P

n∈Z

(1 +n2)α|fb(n)|2

et on considère les applications f ∈ Eα où α ∈ ] 1/2 ; 1 ]. Les fonctions qui appartiennent à Eα sont alors intuitivement « plus lisses » que les fonctions qui sont seulement continues, et « moins lisses » que les fonctions de classeC1. On contrôle la convergence uniforme desΦf,t versf par la formule

f,t−fk=O(tα−1/2)

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(2)

c Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 2/15

Indications

Première partie

2 CalculerP(t, x).

5 Remarquer que1−2e−tcosx+ e−2t=|1−e−teix|2. 6 Simplifier le produit 1−2e−tcosx+ e−2tP(t, x).

Deuxième partie

8 Montrer que la suite(fb(n))est bornée.

11 Montrer queΦf,t(x) = 1 2π

Z π

−π

Pt(y)f(x−y)dypuis utiliser l’uniforme continuité def et le résultat de la question 7.

Troisième partie

13 Attention, il y a une erreur d’énoncé dans les trois sous-questions de la ques- tion 13. Il faut remplacerCk

perpar l’ensemble des fonctionsf ∈Cpm

per telles qu’il existe une fonctiong2π-périodique de classeCk coïncidant avecf sur[−π;π] sauf sur un nombre fini de points.

13.a Remarquer quefd(k)(n) = (in)kfb(n)et que la série P

n∈Z

|fd(k)(n)|2est convergente.

13.b Montrer que pour toutk∈N,Ek6=Ck

per. Pour cela, construire par récurrence une suite de fonctions(fk)telle quefk ∈Ek pour toutket fk6∈Ck

per. 13.c Étudier la somme de la série de Fourier P

n∈Z

fb(n)einx. 16 Calculer les variations de la fonctionϕt.

17.a Utiliser la question 9 pour avoir une expression de ∂

∂tΦf(t, x) comme somme, puis penser à utiliser l’inégalité de Cauchy-Schwarz.

17.b Il y a de nouveau une erreur d’énoncé. Il faut supposer de plus quefest continue, puisque la proposition f ∈ Eα (pour α > 1/2) n’implique plus forcément la continuité def.

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(3)

c Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 3/15

Première partie

1 On se donne un couple (t, x)∈R2.

• Si t > 0, la série P

e−nteinx converge absolument car la série des modules Pe−nt est une série géométrique de raison e−t ∈ ] 0 ; 1 [. De même, la série Pe−nte−inx converge absolument. On en déduit que les séries P

e−nteinx et Pe−nte−inx convergent. Ceci montre que la série P

n∈Z

e−|n|teinx converge.

• Si t 6 0, le module de e−nteinx est égal à e−nt et ne tend pas vers 0 quand ntend vers l’infini, donc la sérieP

e−nteinx diverge grossièrement. Par suite, la série P

n∈Z

e−nteinx ne converge pas.

Les deux points précédents montrent que La série P

n∈Z

e−|n|teinx converge si, et seulement si, t >0.

Il est important de remarquer que l’on manipule les séries indexées parZde la même manière que l’on manipule les séries traditionnelles indexées parN. Par exemple, on dira qu’une série P

n∈Z

αnest absolument convergente si la série P

n∈Z

n|est convergente ; et une série absolument convergente est convergente.

Pour des raisons d’élégance, de clarté de la rédaction, il est préférable de ne pas se ramener systématiquement lors de l’étude d’une série indexée parZ au cas de deux séries indexées parN. C’est ce que l’on fait dans la suite.

2 Soientt >0 etx∈R. Pour montrer queP(t, x)est réel, il faut prouver qu’il est égal à son conjugué.

P(t, x) = P

n>0

e−nte−inx+ P

n>1

e−nteinx

= P

n>1

e−nte−inx+ 1 + P

n>1

e−nteinx

= P

n>1

e−nte−inx+ P

n>0

e−nteinx

P(t, x) = P

n∈Z

e−|n|te−inx= P(t, x) donc P(t, x)est réel pour tout(t, x)∈R

+×R. Fixonst >0. Pour calculer l’intégrale

Z π

−π

Pt(x)dx, il faut intervertir les symboles somme et intégrable, ce qui doit se justifier proprement.

Considérons les fonctions(gn)n∈Zdéfinies pour toutn∈Zpar gn:

(R−→C

x 7−→e−|n|teinx

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(4)

c Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 4/15 de sorte quePt= P

n∈Z

gn. La norme infinie degn surReste−|n|t, et par suite la série P

n∈Z

e−|n|test convergente. La convergence de la série de fonctions P

n∈Z

gn est normale donc uniforme sur le segment [−π;π] et on peut intervertir les signes somme et intégrale. Alors,

Z π

−π

Pt(x) dx=X

n∈Z

e−|n|t Z π

−π

einxdx= P

n∈Z

e−|n|t2πδn0

ce qui donne donc

Z π

−π

Pt(x) dx= 2π

3.a On considère pour toutn∈Zla fonction hn:

(R+×R−→C

(t, x) 7−→e−|n|teinx Les fonctionshn sont indéfiniment dérivables surR+×Ret pour tout (p, q)∈N2

∀(t, x)∈R

+×R ∂p+q

∂tp∂xqhn(t, x) = (−1)piq|n|pnqe−|n|teinx Attention, la série de fonctions P

n∈Z

p+q

∂tp∂xqhn ne converge pas normalement surR+×Rcar la norme infinie de ∂p+q

∂tp∂xqhnest|n|p+q, et la série P

n∈Z

|n|p+q diverge grossièrement. Il va falloir se placer sur des ouverts plus petits que R

+×R.

Prenonsa >0. La fonctionhn est bornée sur]a;+∞[×R.

Si ϕ: E→C est une fonction définie sur un ensemble quelconque etF est un sous-ensemble deE, on notekϕk∞,F= Sup

x∈F

|ϕ(x)|. On peut même calculer la norme infinie dehn sur cet ouvert

khnk∞,]a;+[×R=|n|p+qe−|n|a En outre, la série P

n∈Z

p+q

∂tp∂xqhn converge normalement sur]a;+∞[×Rcar P

n∈Z

|n|p+qe−|n|a<+

Ceci étant valable pour tout(p, q)∈N2, on a donc montré queP est de classeC sur]a;+∞[×R par le théorème de dérivation sous le signeP. Comme la réunion des ouverts]a;+∞[×Rlorsquea parcourtR

+ est R

+×R, f est de classeC sur son domaine de définition et

∀(t, x)∈R

+×R ∂p+q

∂tp∂xqP(t, x) = P

n∈Z

(−1)piq|n|pnqe−|n|teinx

Toutes les hypothèses du théorème de dérivation d’une limite de fonctions doivent être vérifiées et mises en valeur dans la copie rendue, les correcteurs étant très exigeants sur l’utilisation correcte et rigoureuse de ce théorème.

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