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E3A Maths B MP 2007 — Corrigé
Ce corrigé est proposé par Chloé Mullaert (ENS Cachan) ; il a été relu par Sophie Rainero (Professeur en CPGE) et Walter Appel (Professeur en CPGE).
Le sujet comporte trois exercices indépendants.
• Le premier exercice porte sur la résolution d’équations différentielles. On étudie un cas classique
x y′(x) +α y(x) = F(x)
où l’on doit se placer sur un intervalle ne contenant pas zéro pour espérer être dans les conditions du théorème de Cauchy-Lipschitz. Lorsque le second membre est développable en série entière, on s’intéresse en particulier aux solu- tions de même type et à leurs propriétés (rayon de convergence, limite en zéro).
Les raisonnements de cet exercice sont classiques et il offre donc un bon moyen de se les approprier.
• Le deuxième exercice traite de la recherche d’extrema locaux d’une fonction régulière. Seules les conditions d’ordre 1 sont étudiées ; l’exercice n’aborde pas les questions de conditions suffisantes et nécessaires d’ordre 2 pour être un extremum local. Il exige peu de connaissances, mais il nécessite d’avoir assimilé les arguments classiques et de maîtriser le calcul de dérivées partielles.
• Le dernier exercice est plus difficile. Après avoir étudié la matrice
Jn=
1
n · · · 1 .. n
. ... 1
n · · · 1 n
on étudie les solutions d’une équation par deux méthodes. Dans la première, une étude de cas soigneuse permet de conclure ; dans la seconde, un calcul astucieux de déterminant conduit aux mêmes résultats.
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Indications
Exercice 1 1 La dérivée det7→ |t|α estt7→t|t|α−2.
2.a La fonctiony est solution de l’équation homogène surIsi et seulement si ses restrictions àR∗+etR∗
− sont solutions de l’équation homogène respectivement surR∗+ etR∗
−.
3 Sur les intervallesR∗+ et R∗
−, xne s’annule pas donc on divise parx pour se ramener dans les conditions du théorème de Cauchy-Lipschitz.
4 Montrer que si deux solutions conviennent alors elles sont égales.
5.a Comparer les coefficientsai aux coefficientsβi. 6.b La fonctionx7→
Z x 0
tα−1etdtest une primitive de t7→tα−1et.
6.c Faire une intégration par parties et utiliser le fait que la fonctiont7→tαetest croissante surR+.
6.d Utiliser les conclusions des questions 4 et 5.
Exercice 2 2.a Utiliser la compacité de D.
2.c Faire une étude de fonction.
Exercice 3 2 Utiliser le théorème du rang.
5.a Utiliser le fait quedet (xJn) =xndet (Jn) = 0et la question 2.
5.b Se ramener au spectre de Jn.
5.c.ii Distinguer deux cas suivant queσest nul ou non.
5.d.i Montrer que zéro appartient àSE.
5.d.iii Séparer les cas suivant qu’il existe ou pas un réel b tel que M +bJn soit inversible et utiliser les conclusions de la question 5.c.ii.
6.a Introduire C = 1 n
n
P
i=1
Ei où (E1, . . . ,En) est la base canonique de Mn,1(R) de sorte que toutes les colonnes deJn soient égales àCpuis utiliser la multi- linéarité et l’antisymétrie du déterminant. Enfin, vérifier que si on note les colonnes deMpar(M1, . . . ,Mn), alors
det(M1, . . . ,Mi−1,Ek,Mi+1, . . . ,Mn) = (ComM)i,k
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Exercice 1
1 Si on suit l’indication en définissantzparz(x) =|x|αy(x)pour toutx∈J, ce qui est possible carαest strictement positif, alorsz est dérivable surRsi et seulement siyl’est et, dans ce cas, pour tout réelx
z′(x) =αx|x|α−2y(x) +|x|αy′(x) =x|x|α−2 αy(x) +xy′(x)
D’après le rapport du jury, la dérivation de la valeur absolue a posé problème à de nombreux candidats. Rappelons que la dérivée de t 7→ |t|α, sur tout intervalle deRne contenant pas zéro, est
t7→α t|t|α−2. En effet, sur R∗
−, |t|α = (−1)αtα donc la dérivée de t 7→ |t|α sur R∗
− vaut t7→(−1)αα tα−1. SurR∗+,|t|α=tαdonc la dérivée de t7→ |t|α surR∗+ vaut t7→α tα−1. Ainsi, la dérivée de t7→ |t|αest égale à
t7→
( α tα−1 sit >0 (−1)αα tα−1 sit <0
c’est-à-dire à t7→
|t|
t α
α tα−1
on retrouve le résultat en utilisant l’égalitét2=|t|2qui implique, pour toutt non nul,t−1=t|t|−2.
Ainsi, pour toutx6= 0, on a l’équivalence
α y(x) +x y′(x) = 0 ⇐⇒ z′(x) = 0
Par conséquent,yest solution de l’équation homogène surJsi et seulement siz′= 0 sur J c’est-à-dire si et seulement si z est constante surJ (car J est un intervalle).
Finalement, les solutions de l’équation homogène sont les fonctions x7→C|x|−α avec C∈R
D’après le rapport du jury, « certains candidats semblent avoir été déroutés par l’indication ». Il précise que cette indication n’est en rien obligatoire, on peut arriver au résultat sans celle-ci. Comme0∈/ J, on a l’équivalence
α y(x) +x y′(x) = 0 ⇐⇒ y′(x) =−α xy(x)
La fonction x 7→ α/x est continue sur J et admet pour primitive sur cet intervalle la fonction A:x 7→ αln(|x|). D’après le cours, les solutions de l’équation homogène sont donc les fonctionsx7→C exp −A(x)
avecC∈R. Par conséquent, on retrouve le résultat sans passer par l’intermédiaire dez.
2.a Par définition,yest solution de l’équation homogène surI =R∗ si et seulement si ses restrictions à R∗+ et R∗
− sont solutions de l’équation homogène. Ainsi, y est solution surI si et seulement s’il existe deux constantesC1 et C2 telles que
y(x) =
( C1|x|−α six >0 C2|x|−α six <0
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2.b Comme α > 0, lim
x→0|x|−α = +∞. Par conséquent, la fonction x 7→ C|x|−α admet une limite finie en zéro si et seulement siC = 0. On en déduit que
La seule solution qui admette une limite finie en zéro est la solution nulle.
3 PosonsJ =R∗+. Pour toutx∈J, on a l’équivalence α y(x) +x y′(x) = F (x) ⇐⇒ αy(x)
x +y′(x) =F (x) x
La fonction(x, y)7→F (x)/x−α y/xétant de classeC1surJ×R, on peut appliquer le théorème de Cauchy-Lipschitz. En particulier, il existe une unique solution f+ surJ =R∗+ telle quef(1) =a. Par un raisonnement analogue, il existe une unique solutionf− sur J = R∗
− telle que f(−1) =b. Ainsi, f est une solution de E sur I telle quef(1) =a et f(−1) =b si et seulement si sa restriction àR∗+ estf+ et sa restriction àR∗
−est f−. En particulier,
L’équation différentielleE admet une unique solutionf définie sur Itelle quef(1) =aet f(−1) =b.
Elle est donnée par f(x) =
( f+(x) six >0 f−(x) six <0
4 Soient f1 et f2 deux solutions de E sur I admettant des limites finies en zéro, alors leur différencef1−f2 est solution de l’équation homogène sur Iet admet une limite finie en zéro. D’après 2.b,f1−f2est identiquement nulle doncf1=f2. Ainsi,
Il existe au plus une solution deE surIqui admette une limite finie en zéro.
5.a Soit f:x 7→
∞
P
i=0
aixi une fonction développable en série entière de rayon de convergenceR. D’après le cours, on peut dériver terme à terme sur ]−R ; R [:
∀x∈]−R ; R [ f′(x) =
∞
P
i=1
i aixi−1
donc ∀x∈]−R ; R [ x f′(x) =
∞
P
i=0
i aixi
d’où ∀x∈]−R ; R [ x f′(x) +α f(x) =
∞
P
i=0
(i+α)aixi
Dès lors, sif est solution deE, alors par unicité du développement en série entière,
∀i∈N (i+α)ai=βi
Or, pour touti∈N,i+α>α >0, donci+αest non nul. Ainsi,
∀i∈N ai= βi
i+α
Dans le rapport du jury, il est conseillé aux candidats de « s’interroger lorsque l’on divise par un paramètre » afin de ne pas diviser par zéro. On ne saurait trop insister sur ce point !
En particulier, ∀i∈N |ai|=
βi
i+α
6|βi| α
ainsi le rayon de convergence def est au moins aussi grand que celui deFc’est-à-dire R =∞
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