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Distribution angulaire de la réaction 6Li(p, a)3He de 100 à 300 keV

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00236444

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00236444

Submitted on 1 Jan 1961

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Distribution angulaire de la réaction 6Li(p, a)3He de 100 à 300 keV

N’Guyen Huu Khanh, L. Goldman, R. Bouchez

To cite this version:

N’Guyen Huu Khanh, L. Goldman, R. Bouchez. Distribution angulaire de la réaction 6Li(p, a)3He de 100 à 300 keV. J. Phys. Radium, 1961, 22 (5), pp.267-270. �10.1051/jphysrad:01961002205026700�.

�jpa-00236444�

(2)

DISTRIBUTION ANGULAIRE DE LA RÉACTION 6Li(p, a)3He DE 100 A 300 keV

Par N’GUYEN HUU KHANH, L. GOLDMAN et R. BOUCHEZ,

Laboratoire de Physique Nucléaire, Université et C. E. A., Grenoble.

Résumé.

2014

La distribution angulaire des particules 3He de la réaction 6Li(p, 03B1)3He a été mesurée à 144, 171, 215 et 247 keV, de 45° à 150° utilisant un spectromètre 03B1 à scintillation ICs et un sélec- teur 200 canaux. Les points obtenus sont représentés de 60° à 150° par I(03B8) ~ 1 + A cos 03B8, avec

A ~ 0,25, montrant une forte prédominance de l’émission des 3He vers l’avant ; en outre, il appa- raît une diminution aux plus petits angles. La théorie du noyau composé, utilisant deux niveaux (1,5 MeV, 3/2 +, ondes S) (1,85 MeV, 5/2 2014, ondes P) interprète seulement 20 % du coefficient A ;

la plus grande partie de l’interaction semble due à un processus de

«

pick-up» du groupe deuton du 6Li par le proton.

Abstract.

2014

The angular distribution of 3He-particles from the 6Li(p, 03B1)3He reaction has been measured below 300 keV. The distribution obtained I(03B8) ~ 1 + A cos 03B8 (with A ~ 0.25) beyond

60° gives preferentially an emission in the forward direction.

The compound nucleus theory with two interfering levels (3/2 + at 1.5 MeV and 5/2

2014

at

1.85 MeV) does not explain the angular distribution observed ; a direct interaction process (pick-up)

seems to take place at such a low proton energy.

L’étude de la réaction gLi(p, «)3He par Marion (1956), pour une énergie des protons de 0,6 à 2,9 MeV, a montré que si l’on pouvait décrirè la

distribution angulaire par des ondes de protons s

ou p jusqu’à environ 2,5 MeV il n’était pas possible

1

de le faire à 2,9 MeV et qu’il fallait supposer soit des ondes de momeht angulaire plus élevé soit un processus d’interaction directe. Ayant incidem-

FIG. 1.

-

La courbe continue est la courbe d’excitation

expérimentale de la réaction 6Li(p, «)$He (Marion, 1956):

Les courbes discontinues ont été obtenues à partir de la

formule de Breit et Wigner en utilisant les paramètres

du tableau I.

ment observé pour une énergie de 200 keV que les

particules 3He étaient surtout émises vers l’avant,

nous avons entrepris l’analyse détaillée de la dis-

tribution angulaire qui n’était pas connue au-

dessous de 300 keV.

Dans ce domaine d’énergie le seul niveau 3/2 + de 1 MeV (protons s) ne peut expliquer une telle distribution ; ce niveau 3/2 + n’est d’ailleurs pas sûr (Marion, 1956) la forme de la section efficace ne

s’accordant pas bien (fig. 1) avec une résonance à

un niveau. Quant au second niveau 5/2 - de 1,85 MeV (ondes P) il est fort éloigné et une inter-

férence avec le niveau 3/2 + produit un terme en

cos 0 qui ne suffit pas à interpréter la forme obser- .vée pour la distribution angulaire.

Dispositif expérimental. - Le dispositif expéri-

mental a été décrit précédemment (Bouchez, 1960, Goldman, 1960) et comprend essentiellement un

accélérateur électrostatique (300 kV, 1 mA), l’éner- gie du faisceau étant définie par la stabilité 1 %

de la génératrice haute tension SAMES.

Les cibles de Li naturel étaient obtenues par éva-

poration, et introduites dans la chambre à réaction

sous forme de LiOH.

Les particules a et 3He furent détectées à l’aide de deux spectromètres (3 % pour les oc de 8 MeV

du 7Li) à scintillation par ICs. L’un, la voie fixe

situé à 750 du faisceau de protons était utilisé

comme « moniteur » ; l’autre la voie mobile, don-

nait à la fois le spectre des particules ce et 3He et le spectre des particules oc du’Li(p, 20e). Vers l’avant

les particules a et 3He ont toujours été bien sépa- rées, mais vers l’arrière (y > 1350) les particules « (6Li) parvenaient sur le cristal ICs avec une énergie

d’environ 800 keV (E, c2e 200 keV) étaient partiel-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01961002205026700

(3)

268

lement’ cachées par les protons diffusés. Chaque

détecteur avait un angle solide D/47T N 5.10-4.

Devant les cristaux d’ICs on dispose un écran

200 vg/cm2 polystyrène recouvert de 150 vg/cm2

aluminium évaporé pour arrêter les protons diffusés.

Trois chaînes électroniques ont été réalisées d’une

part la voie fixe pour la détection des oc du 7Li utilisée comme « moniteur » de la réaction, et

d’autre part la voie mobile à angle variable était dédoublée, une première partie donnant le spectre oc

et 3He du 6Li, la seconde partie donnant le spectre a

du 7Li pour obtenir la distribution angulaire simul-

tanée de la réaction 7Li(p, 2oc) utilisée comme test.

Les spectres étaient analysés par un sélecteur 200 canaux (seuil 400 keV pour 03B1).

,

Résultat -des mesures. - On a effectué les me-

sures pour les énergies 144, 171, 215 et 247 keV, pour chaque énergie on a mesuré l’intensité relative

des particules 3He pour un angle y(L) variable

de 45° à 1500. L’énergie des particules 3He étant plus grande que celle des oc le spectre 3He est nette-

ment séparé des ce et le bruit de fond négligeable.

La hauteur des impulsions des 3He est environ

deux fois celle des oc à Ep

=

2.00 keV et cp = 135°.

La distribution angulaire des 3He est ainsi plus

aisée à obtenir, et. la précision est beaucoup plus grande que pour celle des oc, en outre on peut en

déduire la distribution des oc.

Le résultat des expériences montre la prédo-

minance vers l’avant dans l’émission des parti-

cules 3He, mais l’on constate une nette indication

d’une diminution relative aux très petits angles.

Il serait utile pour préciser de mesurer la distri- bution au-dessous de 45° (fig. 2).

Calcul de la distribution angulaire.

-

Nous

avons calculé les coefficients de la distribution

angulaire de la réaction 6Li(p, (X)3He A partir du

formalisme mathématique de Blatt et Biedenharn.

Le calcul de la distribution angulaire nécessite en général des sommations sur les nombres quantiques magnétiques et fait intervenir des séries de Clebsch- Gordon dont la détermination directe est souvent

,très pénible. Blatt et Biedenharn ont remarqué que

toutes les sommations sur les nombres quantiques magnétiques sont essentiellement géométriques et

ne dépendent pas du processus particulier de réac-

tion. En introduisant les coefficients W(ljl’j’ ; sk)

de Racah, ces auteurs montrent que toute distri- bution angulaire peut se mettre sous la forme

où À. est la longueur d’onde réduite de la voie

d’entrée, Sa et Sx les spins de la particule incidente

et du noyau’ cible, Pk (cos 0) le polynôme de

FIG. 2.

-

Distribution angulaire des particules 3He de

la réaction "Li(p,oc)9He dans le centre de masse. Les

droites en pointillées correspondent à une loi en (1 + A cos 0) en négligeant les points expérimentaux au-

dessous de 600.

Legendre d’ordre k et les coefficients Ck sont définis

par

Dans cette expression les coefficients Z(l’j’lj ; sk) ,

B

sont liés aux coefficients W de Racah par la rela- tion

Z(l’j’Lj ; sk)

(4)

,

Ces quantités purement géométriques ne dépen-

dent que des moments angulaires totaux j, des

moments orbitaux 1 et des spins s des voies. Tandis que les quantités a’l2 82 j’IRI(Xl si j’ > sont des éléments de la matrice de collision dont l’expres- sion, souvent très compliquée, dépend des condi-

tions physiques et de la nature de l’interaction.

Dans la réaction 6Li(p, OC) 3He le spin Sa du pro- ton est 1/2 et le niveau fondamental du noyau cible a pour spin 6’a: =1, le spin de la voie d’entrée

,

peut donc prendre deux valeurs S, == 1/2 ou 3/2.

Cependant, seule la valeur 3/2 _de S, intervient

dans cette réaction pour former avec les protons

s et p de moment orbital li

=

0 et 1, les

niveaux 3/2 + et 5/2 - du 7Be qui correspondent

aux niveaux miroirs de 7,7 et de 6,5 MeV du 7 Li.

Comme la « voie de sortie » est composée d’une particule oc de spin 0 et d’un noyau d’3He de

spin 1/2, le spin S2 de cette voie est 1/2 et le moment orbital l2 doit prendre les valeurs 2, 3 etc... Les

ondes d’ordre supérieur des protons incidents pénè-

trent de plus en plus difncilement dans le noyau cible pour provoquer la réaction, aussi ne consi-

dérons-nous ici que les valeurs 12

=

2 et 3.

Nous avons déterminé les valeurs des coefficients

Z(t’j’lj ; 8k) qui interviennent dans’ cette réaction à

partir des tablés de Sharp, Kennedy et Hoyles et

par un calcul direct. Compte tenu des hypothèses précédentes, l’expression de la distribution angu- , laire de cette réaction en fonction des éléments de

la matrice de collision s’écrit :

ou encore :

et

Nous avons explicité ces éléments de matrice en

utilisant la formule de Breit et Wigner :

où les quantités G(CXZ3») sont définies à partir des largeurs partielles r(,°s’) par la relation :

et les phases Ç0153 sont telles que

Gi et Les F, désignant les fonctions coulombiennes.

caractéristiques des deux niveaux de réso-

nance ont été déterminées à l’aide des courbes d’excitation expérimentales et sont réunies dans le tableau T.

.

TABLEAU 1

Notons que nous avons « déplacé » le niveau à

basse énergie pour obtenir un meilleur accord avec la courbe expérimentale.

Comparaison avec l’expérience.

-

Dans la bande d’énergie comprise entre 0,6 et 2 MeV, les courbes

de distribution angulaire déduites de nos calculs

s’accordent bien avec les courbes expérimentales et théoriques de Marion, Weber et Mozer (fig. 3, 4).

Mais pour les énergies plus faibles, nos valeurs théoriques sont nettement inférieures à celles obte-

nues par L Goldman (tableau II).

TABLEAU II

Le coefficient A étant défini par la relation :

Nous voyons que les valeurs calculées du coeffi-

cient A sont seulement d’environ 25 % des valeurs

expérimentales.

(5)

270

Fie. 3.

-

Courbes de distribution angulaire : 6Li(p, a)gHe.

L’interprétation théorique de la distribution

angulaire à l’aide de la théorie du noyau composé

avec les deux niveaux 3/2 + et 5/2 - ne peut

donc pas expliquer les résultats expérimentaux, ni

pour les très faibles énergies au-dessous de 300 keV,

ni pour les énergies au delà de 2,5 MeV (Marion, 1956). Il semble qu’un processus d’interaction di-

FIG. 4. - Courbes de distribution angulaire : sLi(p, rt)8He.

recte a eu lieu dans cette réaction même pour les faibles énergies.

De nouvelles expériences seront nécessaires pour étudier la zone d’énergie comprise entre 300 et

600 keV et il sera souhaitable qu’une étude théo- rique ’sur la base de la théorie de l’interaction directe soit entreprise pour éclaircir le problème.

Manuscrit reçu le 30 janvier 1961.

BIBLIOGRAPHIE BLATT (J. M.) et BIEDENHARN (L. C.), Rev. Mod. Physics,

1952, 24, 258.

[2] BREIT (G.), Handbuch der Physik, 1959, XLI/1.

GOLDMAN (L.), Thèse 3e cycle, Grenoble, 1960.

JOHNSON, WILLARD et BAIR, Phys. Rev., 1954, 96, 985.

MARION (J. B.), WEBER (G.) et MOZER (F, S.), Phys. Rev.,

1956, 104, 1402.

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