1478
Revue Médicale Suisse–
www.revmed.ch–
13 juillet 2011actualité, info
Antoine Blondin et les alcools, vingt ans plus tard
revue de presse
Suicide assisté : le Conseil fédéral choisit le statu quo
Le Conseil fédéral était très attendu, mercredi, sur une question qui oc
cupe les autorités, les praticiens et les éthiciens depuis bientôt vingt ans.
Finalement, le gouvernement renon
ce à édicter une norme pénale spé
cifique sur l’assistance organisée au suicide. Cette décision n’a pas été prise à la légère, a insisté la con
seillère fédérale Simonetta Somma
ruga. La thématique, touchant à la vie et à la mort, a suscité de nombreu
ses discussions au sein du collège, et une majorité de cantons, partis ou organisations consultés ont souhaité l’encadrer du point de vue légal. Le parlement luimême, en outre, avait chargé le Conseil fédéral, en 2004, de soumettre des propositions en vue d’une réglementation législative de l’aide au suicide, complétée par des mesures pour promouvoir la méde
cine palliative. Toutefois, aucun con
sensus ne s’est dégagé.
«Beaucoup de gens ne le savent pas», a souligné Simonetta Sommaruga,
mais la législation actuelle suffit pour combattre les abus éventuels. «Le droit pénal, mais aussi la loi sur les produits thérapeutiques, la loi sur les stupéfiants et les règles déontologi
ques, permettent d’infliger des sanc
tions efficaces», écrit le Département fédéral de justice et police (DFJP).
(…)
En 2006 et en 2007, sous l’impul
sion de l’UDC Christoph Blocher et du libéralradical Pascal Couchepin, le Conseil fédéral s’était déjà pro
noncé en faveur du statu quo. Avant de charger en 2008 le DFJP, alors en mains d’Eveline WidmerSchlumpf, de réexaminer la question. Deux va
riantes ont ensuite été envoyées en consultation. La première – abandon
née bien vite – demandait une inter
diction pure et simple de l’aide au suicide. La deuxième le respect, par les organisations d’aide au suicide, d’un certain nombre de conditions strictes.
Mais là encore, a souligné Simonetta Sommaruga, aucune proposition n’a recueilli de majorité. Fautil solliciter l’avis de trois médecins indépendants ? Cela a été perçu par les participants à la procédure de consultation com
me très pesant et difficile pour les personnes concernées. Fautil res
treindre l’activité des organisations
38_39.indd 1 11.07.11 11:59
Revue Médicale Suisse
–
www.revmed.ch–
13 juillet 20111479
d’aide au suicide aux personnes at
teintes d’une maladie incurable avec issue fatale imminente ? Des partici
pants ont dénoncé une condition discriminatoire et contraire au droit à l’autodétermination. Quant à une éven
tuelle interdiction de percevoir une rémunération, plusieurs parties ont estimé que cela serait «susceptible de nuire à la qualité et au profession
nalisme des accompagnants au sui
cide».
Pour Simonetta Sommaruga, une mo
dification du code pénal pourrait aussi amener des désavantages, comme la légitimation officielle des organisa
tions d’assistance au suicide, ce qui pourrait avoir un effet incitatif. Les milieux médicaux se sont par ailleurs élevés contre l’idée que l’assistance au suicide devienne une activité mé
dicale. (…)
Valentine Zubler Le Temps du 30 juin 2011
Un pas vers le diagnostic préimplantatoire
La règle constitutionnelle limitant le nombre d’embryons pouvant être développés in vitro doit être assou
1
38_39.indd 2 11.07.11 11:59