HAL Id: jpa-00207029
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Submitted on 1 Jan 1971
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Émission β - de 220Fr
J.P. Briand, P. Chevallier, A. Touati
To cite this version:
J.P. Briand, P. Chevallier, A. Touati. Émission β- de 220Fr. Journal de Physique, 1971, 32 (2-3),
pp.101-105. �10.1051/jphys:01971003202-3010100�. �jpa-00207029�
ÉMISSION 03B2- DE 220Fr
par J. P.
BRIAND,
P. CHEVALLIER et A. TOUATI Institut dePhysique Nucléaire,
LaboratoireCurie,
Paris(Reçu
le 24juin 1970,
révisé le 12 octobre1970)
Résumé. 2014 Un très faible embranchement
03B2-(3,5 10-3)
est observé dans ladésintégration
de220Fr
(T½
= 25s),
en utilisant destechniques particulières
de collection des atomes de recul 03B1d’ordres variés. Ce résultat fixe le
spin
et laparité (J
=1parité positive)
du niveau fondamental de 220Fr. L’observation dans le spectre 03B1 de 224Ac enéquilibre
avec sesdescendants,
d’une raieà 7,960 MeV, peut être
expliquée
parl’hypothèse
de l’existence d’un niveauisomérique
dans216At ou 212Bi.
Abstract. 2014 Very weak
(3.
5 x10-3)03B2-
branch in thedisintegration
of 220Fr(T½
= 25s)
isobserved
using special
technics of collection of 03B1 recoil atoms of various order. This resultimplies
J = 1 + for the fundamental level of 220Fr. The observation in 03B1 spectra of 224Ac
samples
ofan 03B1 ray at 7.960 MeV, is
explained by
thehypothesis
of an isomeric state either in216At,
eitherin 212Bi.
Classification
Physics
Abstracts12.10 - 12.20
1. Introduction. - Lors de l’étude du
spectre
a des éléments de la série radioactive a de224 Ac (Fig. 1
et2)
deux raies a à
8,040
et7,960 MeV,
d’intensité relative3,5
x10-3
et2,8
x10-4
parrapport
à la raie aade 216At,
avaient été observées mais n’avaient pu êtreinterprétées [1].
Nous en avonsrepris l’étude,
à l’aideFIG. 1. - Série radioactive de 224Ac.
FIG. 2. - Spectre a de la série radioactive de 224Ac.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01971003202-3010100
102
due
techniques
liées au recul des noyaux émetteurs a, et identifié ces raies.Nous discuterons successivement les méthodes uti- lisées pour identifier ces
raies, puis l’interprétation
desrésultats ainsi obtenus.
Les sources de
224Ac
sont obtenues par collection des atomes de recul émis dans ladésintégration
ade
228Pa,
lui-même formé dans la réaction nucléaire232Th(p,
5n)228Pa
etséparé
suivant une méthodedécrite par ailleurs
[2].
’
2. Identification de la raie or de
8,040
MeV. - Le seul noyau émetteur a connu,correspondant
à cetteénergie (8,040 MeV)
est216Rn [3].
Laprésence
de cetisotope
dans nos sources nepeut s’interpréter qu’en supposant
l’existence de transitionsB-
des éléments de la sériede 224Ac
vers ceux de la série de224 Th (Fig. 3).
Les raies a
caractéristiques
de224 Th
et220Ra
ne(T
=1,2 us)
avec la raie a de8,785
MeV caractéris-tique
de212Po (T
=0,3 gs),
descendant de216Rn.
Lespectre
a observé estprésenté
dans lafigure
4. La raie ade
8,040
MeV y estobservée,
celle de7,960
MeV pas.Les raies a
de 216 At, 212pO et 211po (impureté)
corres-pondent
aux coïncidences fortuites. L’étude del’espa-
cement dans le
temps
de cescoïncidences,
réalisée enconversion
temps-amplitude, permet
de retrouver lapériode
de0,3
usde 212pO.
La raie a de8,040
MeV estdonc bien
caractéristique de 216Rn (T
= 45us).
3. Le
22oFr
est émetteur0-.
- Pour déterminer la transitionB- qui
conduit à216Rn
directement ou parfiliation,
nous devonspréparer
des sourcesspécifiques
de
220Pr
et216At, exemptes
de leursparents.
Lapériode
très courte de ces éléments et la très faibleintensité de la raie
étudiée,
interdisent touteséparation chimique.
FIG. 3. - Séries radioactives des 224Th et 224Ac.
peuvent
être identifiées avec certitude dans lespectre
a de224Ac
enéquilibre
avec sesdescendants,
lesénergies
des
particules
a émises par ces éléments étanttrop
voisines de celles des raies de structure fine a de220Fr
et
216At. L’hypothèse
d’une contamination de nos sources par des éléments de cettesérie,
formés directe- ment dans la réaction nucléaire nepeut
être retenue euégard
aux très faiblespériodes
des éléments considérés.- Pour identifier la raie de
8,040 MeV,
nous avons étudié lespectre
a obtenu en coïncidences lentesFIG. 4. - Spectre a en coïncidence avec la raie caractéristique
de 212po,
Pour étudier le
spectre
a de220Pr
et de ses descen-dants,
nous avons mis aupoint
undispositif
de collec-tion
rapide
des atomes de recul schématisé dans lafigure
5. Une source de224Ac
estplacée
sousvide,
faceFIG. 5. - Appareil de collection des ions de recul d’ordre 1.
à un
cylindre
mobile suivant son axe. Les noyaux derecul de
22oFr
émis dans ladésintégration
a de224 Ac
viennent se
déposer
sur une fraction de la surface ducylindre. Après
une rotation de 1800 ducylindre,
lasource de
220Fr
vient seplacer
face à un détecteur a(jonction
au silicium à barrière desurface).
Ledispo-
sitif
peut
fonctionner d’une manière discontinue oucontinue suivant les cas, la
période
du mouvement ou lavitesse de rotation du moteur étant
réglée
en fonctiondes
périodes
desisotopes
étudiés. Lespectre
a de2zoFr
et de ses
descendants,
observé avec cedispositif,
estprésenté
dans lafigure
6. La raie de8,040
MeV(216Rn)
apparaît
avec l’intensité relative attendue.FIG. 6. - Spectre a observé avec l’appareil de recul d’ordre 1.
Cette
expérience permet
d’éliminerl’hypothèse
d’unetransition
du 224Ac vers 224Th.
La durée de rotation ducylindre,
entre deux poses, était d’uneseconde,
et dansces conditions l’intensité relative de la raie de
8,040
MeV devrait êtreplus
faible que dans lespectre
obtenu àpartir
d’une source de224 Ac.
Lapériode
dedécroissance de la raie de
8,040
MeV mesurée avecl’appareil
de collection du recul d’ordre 1 estégale
à 25 secondes
(période
du220Pr).
On est alors amené à faire les deux
hypothèses
sui-vantes :
Or,
on observe dans cespectre
une raie à7,492
MeVprécédemment
attribuée à latransition 216 At --> 212 Bi [4].
A uneénergie
très voisine(7,46 MeV) pourrait
setrouver
également
la raiecaractéristique
de la tran-sition fondamentale vers
22’Ra -+ 216Rn.
L’attribution de cette raie à
216 At
avait été néan- moins établie par desexpériences
de coïncidences y - a(Fig. 7) (cette
raie excite un niveau à 325 keVdans 212Bi).
Le rendement en coïncidence de cette raie est anormalement faible devant l’intensité observée dans nosexpériences
enspectrographie
directe(Fig. 6).
La
présence
de220Ra
nepeut
donc être affirmée aveccertitude,
cequi empêche
de trancher entre leshypo-
thèses 1 et II.
Pour obtenir des sources de
216At (r ¥2
= 300ps)
exemptes
de leursparents 224Ac
et220Pr,
nous avonsFIG. 7. - Schéma de désintégration de 216At -> 21281 (4).
réalisé le
dispositif
schématisé dans lafigure
8. Unesource de
224 Ac déposée
sur un carrémétallique
de3 mm de côté est
placée
sous vide face à undisque
biseauté
qui
collecte les ions de recul de22oFr.
Cedisque
tourne discontinûment ou continûment.Après
rotation de 180° la
partie
active se trouve face à un blocmétallique
creusé suivant la forme d’une calottesphé- rique.
Les ions de reculde 216At
sedéposent
sur cettesurface et
s’y désintègrent.
Un détecteur adisposé
FIG. 8. - Appareil de collection des ions de recul d’ordre 2.
FIG. 9. - Spectre a observé avec l’appareil de recul d’ordre 2.
104
comme il est
indiqué
dans le schémaanalyse
lespectre
a émis. Lespectre
ainsi obtenu estprésenté
dans lafigure
9. La raie acaractéristique de 216Rn
est évidem-ment observée. Les très faibles taux de
comptages
obtenus nepermettent
pas d’observer la raie de7,960
MeV. La réémission d’ionsd 2 "At
par ledisque
biseauté est
faible,
la collection des ionsdu 22oFr ayant
eu lieu sous vide
(enfoncement
de ces ions dans lesupport).
La raie a de
7,492
MeV est observée et son intensité relative est inférieure ouégale
à1 %o,
c’est-à-dire 5 foisplus
faible que dansl’expérience précédente,
alors que celle de216Rn
esttoujours
de3,5 0/00.
Ils’agit
doncdans ce cas de la contribution de a32s
de 216At.
Cette diminution d’intensité confirme sansambiguïté,
laprésence
de220Ra
dans les sourcesprécédentes
etpermet
d’écarterl’hypothèse
II.C’est donc
22oFr qui
est émetteur3-.
4.
Interprétation
de la raie a de7,960
MeV. - L’ensemble des résultatsexpérimentaux
concernant la raie a de7,960
MeVpeut
être ainsi résumé :- Cette raie
apparaît
dans lesspectres
de recul.
FIG. 10. - Spectre a observé avec l’appareil de recul d’ordre 1
, (haute statistique).
d’ordre
1,
obtenus avec ledispositif présenté
dans lafigure 5,
enutilisant,
au détriment de larésolution,
dessources de
224Ac beaucoup plus
intenses que dans le casdes
expériences
décrites dans lesparagraphes précé-
dents. On
présente figure
10 deuxspectres
ainsiobtenus,
illustrant la décroissance de cette raie. On trouve T = 25 s. Cette raiecorrespond
donc à l’un des élé-ments à vie courte de la série radioactive de
220Pr.
- Elle n’est pas émise par
220Rn (cette
raiedispa-
raît en coïncidence a - a avec
212pO).
Deux
hypothèses
sont alorspossibles qui
sontschématisées dans la
figure
11.FIG. 11. - Hypothèses relatives à la raie a de 7,960 MeV.
L’hypothèse (A) indique
l’existence d’un niveauisomérique
dans212B1.
Cette situation seraitanalogue
à celle de
210Bi
où un niveauisomérique
depériode
T = 45 s a été observé
[9].
L’existence de deux niveauxcorrespondant
à une différence despin
élevé estprévue
par la théorie. Ces noyaux
impairs-impairs
corres-pondent
en effet aucouplage
des états individuelsh 2 et g 2
du modèle en couche pour lesprotons
etneutrons célibataires. Les deux termes extrêmes du
couplage
lesplus probables
doivent être alors obser- vés.L’hypothèse (B) indique
l’existence d’un niveauisomérique de 216At
à environ 150 keV. Trois niveaux sont effectivement observés dans ce domained’énergie
mais aucune indication n’autorise actuellement de conclure. D’autres
expériences permettront peut-être
dans l’avenir de trancher entre ces deux éventualités.
5.
Spin
etparité
de220Fr. -
Ladésintégration
du22oFr
conduitprincipalement
au niveau fondamental du220Ra ;
s’il n’en était pas ainsi les raies y caracté-ristiques
du220Ra,
notamment celle de 177 keV(désexcitation
dupremier
niveau 2+)
devraient êtreobservées dans le
spectre
y direct de224Ac
enéquilibre
avec ses descendants. Ce
spectre
a été étudié dans untravail antérieur et aucune raie y
caractéristique
du220Ra n’y
estobservée,
avec une intensitésupérieure
à 5 x
10-4 [5], [6].
Le bilanénergétique QB
de la désin-tégration peut
alors être calculé par la’méthode descycles.
Lerapport
d’embranchement étant maintenantconnu
(3,5
x10-3)
on trouve une valeur dulog ft
égale
à 6.Il
s’agit
d’unetransition {3-
dutype
favorisée : AJ = 0 ou 1 sanschangement
deparité.
Le niveaufondamental de
22oRa
étant 0 + lespin
du niveaufondamental de
220Fr
est doncégal
à 0 ou 1 et saparité
estpositive.
Cette incertitude
peut
être levée. En effet220Fr
est formé dans ladésintégration
a de224 Ac
dont lespin
est
0, 1
ou 2 et laparité négative [7].
- Si le
spin
du niveau fondamental del’224Ac
était0 -,
celui du220Fr
nepourrait prendre
que la valeur 1 +.- S’il est
égal
à 1 - lespin
du220Fr peut
être 0ou 1
parité
+.- S’il est
égal
à 2 - lespin
de220Fr
nepeut
êtreque 1 +.
L’hypothèse
0 +peut
être exclue. En effet de nom-breux niveaux de
220Fr
ne sont paspeuplés
directe-ment dans la
désintégration
a de224 Ac [6] [8]
et sedésintègrent
vers le niveau fondamental. Or seuls les niveaux 0 - nepeuvent
êtreatteints,
pardésintégration
a à
partir
d’un niveau 1 -. Les transitions 0 - - 0 +de ces niveaux vers le fondamental étant interdites
l’hypothèse
J = 0 pour le niveau fondamental de220Pr
doit être écartée. Le niveau fondamental de220Pr
a donc unspin égal
à 1 et saparité
estpositive.
Le
22oFr
est un noyauimpair
enproton
et en neu-tron ;
la valeur duspin
de son niveau fondamental(ou plutôt
celle du nombrequantique principal
K dans lecas où les bandes de rotation
présentent
des inver-sions) résulte,
suivant larègle
decouplage
deGallagher- Moskowski,
de lacomposition
desspins intrinsèques
observés dans les noyaux
impairs
voisins219Fr
et219Rn.
Seul lespin
du niveau fondamentaldu 219Rn
est connu
(J -5f)
et cetterègle
nepeut
être vérifiée.La valeur J =
2
pourle 219Rn indique cependant qu’il s’agirait
d’uncouplage
« a minima » dutype
K-.Bibliographie [1]
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Paris.[2]
BRIAND(J. P.),
et CHEVALLIER(P.), colloque
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BRIAND(J. P.),
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ASARO(F.),
GHIORSO(A.),
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MARTINER