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Interaction directe dans la réaction Be9 (n, 2n) Be8

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HAL Id: jpa-00236257

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00236257

Submitted on 1 Jan 1960

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Interaction directe dans la réaction Be9 (n, 2n) Be8

R. Ballan, V. Gillet

To cite this version:

R. Ballan, V. Gillet. Interaction directe dans la réaction Be9 (n, 2n) Be8. J. Phys. Radium, 1960, 21

(5), pp.351-352. �10.1051/jphysrad:01960002105035100�. �jpa-00236257�

(2)

351.

INTERACTION DIRECTE DANS LA RÉACTION Be9 (n, 2n) Be8

Par R. BALIAN et V. GILLET,

Service de Physique mathématique, C. E. N., Saclay.

Résumé.

2014

On donne les résultats de l’application des méthodes de l’interaction directe au

calcul des sections efficaces pour la réaction d’éjection Be9 (n, 2n) Be8. La distribution en énergie

des neutrons sortants montre que les énergies de 0,5 et 5 MeV sont favorisées. La section efficace totale de réaction, compte tenu à basse énergie de la théorie du noyau composé, est en accord avec

les résultats expérimentaux.

Abstract.

2014

The results of the application of direct interaction methods to the calculation of the cross-section for the Be9 (n, 2n) Be8 ejection reaction are given. Energies of 0.5 and 5 MeV

for outgoing neutrons are favoured. The total reaction cross-section, together with compound

nucleus results, provide a good fit for the experimental data.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM TOME 21, MAI 1960,

Les méthodes générales de l’interaction directe ont été étendues à l’étude des réactions d’éjection,

pour lesquelles la particule incidente arrache un

nucléon au noyau, sans former d’état lié avec lui

comme dans le pick-up, et sans qu’il y ait passage par un état intermédiaire. Nous présenterons ici

les résultats de l’application de la théorie à la réac-

tion Be9 (n, 2n) Be8, du seuil à 14 MeV. Les réfé-

rences seront données dans un article détaillé, sous

presse dans Nuclear Physics.

1. Situation expérimentale et théorique.

-

La figure 1 rassemble les résultats expérimentaux sur

Fic.. 1. -Valeurs expérimentales et théoriques pour la section efficace de réaction Be9 (n, 2n) Be8. Les courbes 1, 2, 3 représentent respectivement les résultats des théo- ries du noyau composé, du break-up, de l’interaction directe par éjection ; la courbe 4 est la somme des contri- butions retardée (1) et instantanée (3).

la section efficace de réaction en fonction de l’éner-

gie du neutron incident. On connaît également une

moyenne de cette section effic’ace sur le spectre

Ra-Be : 300 ± 100 mb. Pour une énergie du neu-

tron incident donnée, on a d’autre part constaté

que certaines valeurs de l’énergie des neutrons sor-

tants étaient favorisées.

La théorie du noyau composé basée sur les

niveaux excités connus de Be9 et Bel° donne de bons résultats au voisinage immédiat du seuil (fige 1 (1)), situé à 1,66 MeV. En particulier la

section efficace croît rapidement à partir de 2,4 MeV, valeur correspondant à la formation d’un noyau composé de Bel°*, selon le schéma

Mais, après la résonance correspondante, la sec-

tion efficace calculée décroît très vite.

A plus haute énergie, pour expliquer l’existence

d’énergies favorisées pour les neutrons sortants, on

a admis la formation du noyau excité intermédiaire de Be9* par diffusion inélastique directe. Mais cette

théorie peut difficilement donner des valeurs suffi-

samment élevées pour la section efficace, car les

niveaux excités du Be9 sont trop différents de l’état fondamental.

Enfin, la théorie du break-up de M. Sachs ( fig. 1 (2)), selon laquelle il s’établirait un équi-

libre thermodynamique entre les deux neutrons et

le coeur de Be8 dans une certaine région, semble

difficile à justifier théoriquement et ne peut d’ail-

leurs donner de bons résultats lorsque l’énergie est trop élevée pour se partager.

2. La théorie de l’interaction directe par éjec-

tion.

-

Nous étudiôns le processus selon lequel le

neutron incident, soumis au potentiel moyen du noyau, éjecte le dernier nucléon de Be9 par son

interaction résiduelle V avec celui-ci. L’amplitude

de transition est proportionnelle à

La fonction d’onde (D représente le dernier nu-

cléon de l’état fondamental de Bel. En effet, la

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01960002105035100

(3)

352

structure et la très faible énergie de liaison

(1,66 MeV) du Be9 nous autorise à le représenter

comme un coeur de Be8 plus un neutron dans le potentiel moyen. Dans l’esprit du modèle des couches, nous admettons d’autre part que-la fonc-

tion d’onde du coeur est la même que celle de Bel

après éjection, de sorte que le Be8 n’intervient dans la réaction que par son potentiel moyen. La très

faible énergie de liaison entraîne que le dernier nucléon a une probabilité très faible (31 %) de se

trouver à l’intérieur du coeur, de sorte que la réac- tion fera intervenir des moments angulaires très

élevés (jusqu’à 1

T

7 à 10 MeV).

Les fonctions Wjn, Tl et T2 sont les fonctions d’onde des neutrons incident et sortant dans un

puits complexe de Saxon dont les paramètres sont adaptés pour rendre compte de la diffusion élas-

tique instantanée, due au potentiel moyen du noyau. Ces fonctions d’onde sont absorbées à l’in- térieur du noyau, elles ont donc une amplitude

faible.

Le comportement de C et des T montre que l’interaction a lieu surtout à l’extérieur du coeur de Be8. Le calcul confirme que les plus importantes

contributions à l’élément de matrice de transition

proviennent de cette région. L’emploi d’un modèle d’interaction directe pour un noyau aussi léger est

donc justifié, grâce à la faible énergie de liaison

de ce noyau.

Le fait que l’interaction a lieu surtout à l’exté- rieur justifie également l’emploi, comme potentiel

résiduel d’interaction V(/rl - r21), du pseudo-

potentiel A2 2m 4na8 ( r i

-

r2), où a est la longueur

de collision pour des nucléons libres, ou une valeur

un peu inférieure.

Les résultats du calcul, effectué sur machine électronique, sont donnés figure 1 (3), pour la sec-

tion efficace totale de réaction. Le modèle n’est évidemment pas valable à basse énergie, les

résonances sont bien séparées, et la partie retar-

dée de l’interaction doit être importante. La courbe

obtenue en ajoutant la section efficace directe

(instantanée) et la section efficace par noyau com-

posé (retardée) ( fig. 1 (4)) est en bon accord avec

l’expérience, de même que la section efficace moyenne sur le spectre Ra-Be.

On a donné (fig. 2), pour des énergies du neutron

incident données, la section efficace différentielle

ds en fonction de l’énergie E de l’un des neutrons

dE1 g

sortants. Les courbes sont symétriques, et mon-

trent que les énergies de 0,5 et 5 MeV pour les

FIG. 2.

-

Section efl’lcace différentielle d6 en fonction de

dE1

l’énergie El d’un neutron sortant, pour diverses valeurs de l’énergie E du neutron incident, dans la théorie de

l’éjection.

neutrons sortants sont favorisées. Le modèle de l’interaction directe par éjection, sans passage par

un niveau composé, suffit donc pour expliquer

l’existence de groupes d’énergie pour les neutrons sortants.

Il est cependant difficile, en l’absence de résul- tats expérimentaux précis, notamment pour la dis- tribution angulaire et les corrélations angulaires

des neutrons sortants, de discuter de l’importance

relative des divers mécanismes possibles pour la

réaction.

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