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Théorème de Müntz

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Théorème de Müntz

On désigne parC([0,1]) l’espace vectoriel des fonctions réelles continues sur [0,1]. Pour tout 0, on note¡l’élément deC([0,1]) défini par¡(x)=x. Par convention on a posé 00=1 de sorte que¡0est la fonction constante 1.

Soit (∏k)k2Nune suite de réels 0 deux à deux distincts. On noteW le sous- espace vectoriel deC([0,1]) engendré la famille (¡k)k2N. Le but du problème est d’établir des critères de densité de l’espaceW dansC([0,1]) pour l’une ou l’autre des deux normes classiquesN1ouN2définies par :

N1(f)= sup

x2[0,1]|f(x)| et N2(f)= µZ1

0 |f(x)|2d x

12 . La question préliminaire et les parties A, B, C et D

sont indépendantes les unes des autres.

Question préliminaire

1) Montrer que (¡) 0est une famille libre deC([0,1]).

A. Déterminants de Cauchy

On considère un entiern>0 et deux suites finies (ak)1kn et (bk)1knde réels telles queak+bk6=0 pour toutk2{1,2,...,n}. Pour tout entiermtel que 0<mn, ledéterminant de Cauchyd’ordremest défini par :

Dm= ØØ ØØ ØØ ØØ ØØ ØØ

a1+1b1 1

a1+b2 ··· a1+1bm

a2+1b1 1

a2+b2 ··· a2+1bm

... ... ...

am1+b1 1

am+b2 ··· am+1bm ØØ ØØ ØØ ØØ ØØ ØØ .

On définit la fraction rationnelle :

R(X)=

n°1Y

k=1

(X °ak) Yn

k=1

(X+bk)

·

2

Pour le lundi 25 novembre 2019

(2)

2) Montrer que siR(X) est de la formeR(X)= Xn k=1

Ak

X+bk, alors AnDn=R(an)Dn°1.

On pourra pour cela considérer le déterminant obtenu à partir deDnen remplaçant la dernière colonne par

0 BB B@

R(a1) R(a2)

...

R(an) 1 CC CA.

3) En déduire que

Dn= Y

1i<jn

(aj°ai)(bj°bi) Y

1in 1jn

(ai+bj) ·

B. Distance d’un point à une partie dans un espace normé

SoitE un espace vectoriel normé par une normek·k. On rappelle que la distance d’un élémentx2Eà une partie non videAdeEest le réel notéd(x,A) défini par :

d(x,A)=inf

y2Akx°yk.

4) Montrer qued(x,A)=0 si et seulement sixest adhérent àA.

5) Montrer que si (An)n 0 est une suite croissante de parties de E et si A=S

n 0Analorsd(x,A)=limnd(x,An).

On considère un sous-espace vectorielV dedimension finie deE, et on note B={y;ky°xk … kxk}.

6) Montrer queB\V est compacte et que d(x,V)=d(x,B\V) pour tout x2E.

7) En déduire que pour tout x 2 E, il existe un élément y 2 V tel que d(x,V)=kx°yk.

C. Distance d’un point à un sous-espace de dimension finie dans un espace euclidien

Dans cette partie, on suppose que la norme sur l’espace vectorielE est dé- finie à partir d’un produit scalaire (·|·) surE :kxk=p(x|x).

3

(3)

8) Montrer que siV est un sous-espace vectoriel de dimension finie deE, alors pour tout x2E, la projection orthogonale dexsurV est l’unique élémenty2V vérifiantd(x,V)=kx°yk.

Pour tout suite finie (x1,x2,...,xn)2Enon désigne parG(x1,x2,...,xn) le déter- minant de lamatrice de Gramd’ordrendéfinie par :

M(x1,x2,...,xn)= 0 BB B@

(x1|x1) (x1|x2) ··· (x1|xn) (x2|x1) (x2|x2) ··· (x2|xn)

... ... ...

(xn|x1) (xn|x2) ··· (xn|xn) 1 CC CA.

9) Montrer queG(x1,x2,...,xn)=0 si et seulement si la famille (x1,x2,...,xn) est liée.

10) On suppose que la famille (x1,x2,...,xn) est libre et l’on désigne parV l’espace vectoriel qu’elle engendre. Montrer que, pour toutx2E,

d(x,V)2=G(x1,x2,...,xn,x) G(x1,x2,...,xn) ·

D. Comparaison des normes N

1

et N

2

Pour toute partieA deC([0,1]) on note A1etA2les adhérences deApour les normesN1etN2, respectivement. Pour f 2C([0,1]) la notationd(f,A) dé- signe toujours la distance de f àA relativement à la norme N2(on ne considé- rera jamais, dans l’énoncé, la distance d’un élément à une partie relativement à la normeN1).

11) Montrer que pour tout f 2C([0,1]),N2(f)…N1(f). En déduire que pour toute partieAdeC([0,1]) on aA1ΩA2.

On considère l’ensemble V0

f 2C([0,1]) ;f(0)=0™

, et on rappelle que¡0 désigne la fonction constante 1.

12) Montrer que¡02V02

.

13) En déduire queV0est dense dansC([0,1]) pour la norme N2, mais n’est pasdense pour la normeN1.

14) Montrer que siV est un sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel normé, alors son adhérenceV est également un espace vectoriel.

15) Montrer qu’un sous-espace vectorielVdeC([0,1]) est dense pour la norme N1si et seulement si pour tout entierm 0,¡m2V1.

16) En déduire qu’un sous-espace vectorielV deC([0,1]) est dense pour la normeN2si et seulement si pour tout entierm 0,¡m2V2.

4

(4)

E. Un critère de densité de W pour la norme N

2

Pour toutn2N, on noteWnl’espace vectoriel engendré par la famille finie (¡k)0kn.

17) Montrer que l’espaceW est dense dansC([0,1]) pour la norme N2si et seulement si limndµ,Wn)=0 pour tout entierµ 0.

18) Montrer que pour toutµ 0,

dµ,Wn)= 1 p2µ+1

Yn k=0

|k°µ|

k+µ+1. 19) Montrer que pour tout µ  0, la suite ≥ |k°µ|

k+µ+1

¥

k2N tend vers 1 si et seulement si la suite (∏k)k2Ntend vers+1.

(On pourra pour cela étudier les variations de la fonction x2[0,µ]7! µ°x

x+µ+1·)

20) En déduire que l’espaceW est dense dansC([0,1]) pour la normeN2si et seulement si la sérieX

k

1

k est divergente.

F. Un critère de densité de W pour la norme N

1

21) Montrer que siW est dense dansC([0,1]) pour la normeN1, alors la série X

k

1

k est divergente.

22) Soit=Pn

k=0ak¡k un élément quelconque deWn. Montrer que sik 1 pour toutk2{0,1,...,n}, alors pour toutµ 1, on a :

N1µ°√)N2°

µ¡µ°1° Xn k=0

akk¡k°1¢ .

23) On suppose que la suite (∏k)k2Nvérifie les deux conditions suivantes : ((i) : 0=0

(ii) : k 1 pour toutk 1.

Montrer que sous ces conditions, si la sérieX

k

1

k est divergente, alorsW est dense dansC([0,1]) pour la normeN1.

24) Montrer que la conclusion précédente est encore valable si on remplace la condition (ii) par la condition plus faible :

(ii0) : inf

k 1k>0.

F

IN DU PROBLÈME 5

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