• Aucun résultat trouvé

cours 9, le lundi 21 f´evrier 2011

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "cours 9, le lundi 21 f´evrier 2011"

Copied!
10
0
0

Texte intégral

(1)

cours 9, le lundi 21 f´evrier 2011

Fonction mesurable ou int´egrable d´efinie presque partout On suppose donn´e un espace mesur´e (E,F, µ).

D´efinition. On dit que Y ⊂ E est µ-n´egligeable s’il existe un ensemble N ∈ F tel que Y ⊂ N et µ(N) = 0 : un ensemble n´egligeable est plus petit qu’un ensemble de la tribu qui est de mesure nulle.

On dit qu’une propri´et´e attach´ee aux points de E est vraie µ-presque partout si l’ensemble des points x ∈ E o`u elle n’est pas vraie est µ-n´egligeable. Par exemple, une fonction f sur E est finieµ-presque partout si l’ensemble des points x o`u f(x) est infini est µ-n´egligeable.

Si on a une famille d´enombrable (Yi)i∈I de sous-ensembles µ-n´egligeables de E, chacun peut ˆetre plac´e dans un ensemble Ni ∈ F de mesure nulle, donc N = S

i∈INi ∈ F est de mesure nulle et contient Y = S

i∈IYi : une r´eunion d´enombrable de n´egligeables est n´egligeable.

On pourra gagner un peu de temps en introduisant la terminologie suivante (¸ca sera entre nous, ¸ca n’est pas une terminologie classique universellement reconnue) : un ensemble P ∈ F est de pleine mesure pour µ, ou bien simplement µ-plein, si son compl´ementaire N = E\P est de mesure nulle pour µ. Une intersection d´enombrable d’ensembles µ-pleins (Pn) est encore un ensemble µ-plein : en effet, c’est un ensemble de la tribu F, et son compl´ementaire est r´eunion d´enombrable d’ensembles de mesure nulle, donc il est de mesure nulle.

D´efinition.On dit quef est une fonction F-mesurable d´efinieµ-presque partout sur E sif, `a valeurs dans R, est d´efinie sur un sous-ensemble E0 ⊂E qui contient un ensemble µ-plein P∈ F tel que la restriction de f `a P soit F-mesurable, c’est-`a-dire que

{x ∈P :f(x)> c} ∈ F pour tout c r´eel, et

P ⊂E0 ⊂E, µ(E\P) = 0.

Sif est `a valeurs complexes, on dira quef est unefonction complexeF-mesurable d´efinie µ-presque partout sur E si les deux fonctions r´eelles Ref et Imf v´erifient la d´efinition pr´ec´edente.

La restriction `a P de la fonction f est une vraie fonction F-mesurable d´efinie sur P ; on dira `a l’occasion que f est bien d´efinie en dehors de N = E \P. On remarque que si f est `a valeurs dans [0,+∞], l’int´egrale de f ne d´epend pas de l’ensemble µ-plein particulier qui v´erifie les propri´et´es pr´ec´edentes : si P1 et P2 sont deux tels ensembles, alors P1∩P2 est µ-plein, donc P1\P2 est de mesure nulle et

Z

P1

fdµ= Z

P1∩P2

fdµ+ Z

P1\P2

fdµ= Z

P1∩P2

fdµ puisque l’int´egrale sur P1\P2 est nulle, et de mˆeme

Z

P2

fdµ= Z

P1∩P2

fdµ= Z

P1

fdµ.

(2)

Il en r´esulte que pour une fonction r´eelle ou complexe mesurable d´efinie presque partout, le fait qu’elle soitµ-int´egrable est bien d´efini, puisque l’int´egrale de la fonction positive|f| ne d´epend pas de l’ensemble µ-plein choisi. On voit de plus, en passant `a f+ et f puis

`

a Ref et Imf dans le cas complexe, que l’int´egrale est bien d´efinie. On d´ecidera de l’appeler l’int´egrale de la fonctionf d´efinie µ-presque partout.

D´efinition.Soitg une fonction F-mesurable d´efinie µ-presque partout sur E, `a valeurs dans [0,+∞] ou bien µ-int´egrable `a valeurs r´eelles ou complexes ; on pose

Z

E

gdµ= Z

P

gdµ,

o`u P∈ F est un ensembleµ-plein tel quegsoit d´efinie sur P et queg|PsoitF-mesurable.

Si f1 et f2 sont deux fonctions F-mesurables d´efinies µ-presque partout, on peut trouver un mˆeme ensemble µ-plein P ∈ F sur lequel elles sont toutes les deux bien d´efinies, et on peut donc consid´erer f1 +f2 comme une fonction F-mesurable d´efinie presque partout. Sif1, f2 sont positives, ou bien µ-int´egrables, l’int´egrale def1+f2 est la somme des int´egrales : si P est un ensemble µ-plein sur lequel les deux fonctions sont d´efinies, l’int´egrale de la fonction f1+f2 d´efinie presque partout est, par d´efinition,

Z

P

(f1+f2) dµ= Z

P

f1dµ+ Z

P

f2dµ qui est la somme des int´egrales de f1 et de f2.

On conviendra d´esormais que l’expressionhhfonctionµ-int´egrable sur Eii, sans autre pr´ecision, dans le contexte d’un espace mesur´e (E,F, µ), fait r´ef´erence `a une fonction F-mesurable d´efinie µ-presque partout sur E, `a valeurs dans R, ou `a valeurs dans C, et int´egrable par rapport `aµ.

Fonctions Riemann-int´egrables

Les fonctions Riemann-int´egrables sur un intervalle compact [a, b] vont nous fournir un exemple de fonctions λ-int´egrables qui ne sont pas n´ecessairement bor´eliennes.

Proposition. Si f est une fonction r´eelle Riemann-int´egrable sur l’intervalle compact [a, b], alors f est une fonction λ-int´egrable.

La nuance, c’est que f n’est pas n´ecessairement bor´elienne, mais elle est presque partout ´egale `a une fonction bor´elienne.

Preuve. —On donne une fonctionf r´eelle, Riemann-int´egrable sur [a, b], donc born´ee par un certain nombre r´eel M. Par d´efinition de l’int´egrale de Riemann de f, il existe deux suites de fonctions en escalierϕn ≤f ≤ψn qui encadrentf, et dont les int´egrales tendent vers celle de f. On peut affiner l’encadrement en prenant les fonctions en escalier gn, hn

d´efinies par

gn = max

k6n

ϕk, hn = min

k6n

ψk. Alors ϕn≤gn ≤f ≤hn≤ψn et

Z b a

(hn(t)−gn(t))dt≤ Z b

a

n(t)−ϕn(t))dt→0.

(3)

Les suites (gn) et (hn) sont monotones et born´ees. On peut introduire deux fonctions bor´eliennesg, h en posant

g = lim

n gn ≤f ≤h= lim

n hn.

Les suites (gn) et (hn) tendent simplement respectivement vers g et h, en ´etant domin´ees par la fonction constante G(t) = M, qui est λ-int´egrable sur [a, b]. Par le th´eor`eme de convergence domin´ee,

Z b a

g(t) dt= Z

[a,b]

gdλ= lim

n

Z b a

gn(t) dt= Z b

a

f(t) dt

et de mˆemeRb

a h(t) dt=Rb

a f(t) dt. On voit ainsi que Z

[a,b]

(h−g) dλ= 0,

et commeh−g ≥0, il en r´esulte que

λ({h−g 6= 0})= 0, c’est-`a-dire que g=hsur un ensemble λ-plein P,

P ={x∈[a, b] : (h−g)(x) = 0} ∈ B[a,b].

Sur cet ensemble P, on auraf =g=h, par cons´equent la restriction def `a P est bor´elienne.

Ainsi, toute fonction Riemann-int´egrable sur un segment estλ-int´egrable au sens qui a ´et´e introduit dans cette section.

Enonc´´ e modifi´e du th´eor`eme de Lebesgue

Th´eor`eme de convergence domin´eede Lebesgue, version d´efinitive.On suppose que la suite (fn) de fonctions µ-int´egrables sur E, `a valeurs r´eelles ou complexes, v´erifie :

— il existe une fonction µ-int´egrable g, telle que pour tout n, on ait µ-presque partout la majoration |fn| ≤g,

— la suite (fn) tend vers f µ-presque partout.

Alors la limite f est µ-int´egrable et Z

E

fndµ→ Z

E

fdµ.

Preuve. — On a plein d’ensembles µ-n´egligeables : les ensembles de non-d´efinition des fn, la non-d´efinition ou non-finitude de g, les non-majorations de |fn| par g, la non-convergence de la suite (fn) vers f. Comme il s’agit d’une famille d´enombrable d’ensembles n´egligeables, on peut les r´eunir en un seul gros n´egligeable Y ⊂ N ∈ F, et former dans le compl´ementaire un ensemble plein P = E\N sur lequel tout est bien : en restriction `a l’ensemble P∈ F, les fonctions (fn) sont F-mesurables r´eelles ou complexes d´efinies sur P, convergent simplement vers f en tout point de P, et sont major´ees par g finie et int´egrable. Comme toutes les int´egrales qui nous int´eressent peuvent ˆetre d´efinies par l’int´egrale sur P, cette deuxi`eme forme du th´eor`eme de Lebesgue se ram`ene `a la

premi`ere, Z

E

fndµ= Z

P

fndµ→ Z

P

fdµ= Z

E

fdµ.

(4)

Version s´eries de fonctions

Commen¸cons par une remarque ; si on a une suite (vk) de fonctions positives d´efinies presque partout, il existe pour chaque k un ensemble de mesure nulle Nk ∈ F tel que vk soit hhbien d´efinieii en dehors de Nk; en posant N = S

kNk ∈ F, on a un ensemble de mesure nulle en dehors duquel toutes les fonctions de la suite sont bien d´efinies. On peut donc en conclure que la fonction P+∞

k=0vk est une fonction presque partout d´efinie

`

a valeurs dans [0,+∞]. Sur l’ensemble plein P = E\N, on peut appliquer la version s´eries du TCM,

Z

E

X+∞

k=0

vk dµ=

Z

P

+∞X

k=0

vk dµ=

+∞X

k=0

Z

P

vkdµ=

+∞X

k=0

Z

E

vkdµ.

Corollaire : version s´eries du th´eor`eme de Lebesgue. Si une s´erie P

un de fonctions µ-int´egrables r´eelles ou complexes d´efinies sur E v´erifie

Z

E

+∞X

n=0

|un|

dµ <+∞, ou bien, ce qui est ´equivalent par la version s´erie du TCM,

+∞X

n=0

Z

E|un|dµ <+∞, alors la s´erie num´erique P

un(x)converge pour µ-presque toutx, la fonction somme de la s´erie est F-mesurable et µ-int´egrable d´efinieµ-presque partout, et on peut intervertir s´erie et int´egrale

Z

E

+∞X

n=0

un dµ=

+∞X

n=0

Z

E

undµ .

Preuve. — Posons

g(x) =

+∞X

k=0

|uk(x)| ∈[0,+∞] ;

puisque l’int´egrale de cette fonction est finie d’apr`es l’hypoth`ese, on sait que l’ensemble N ={g= +∞} est µ-n´egligeable. Cela veut dire que la s´erie

X

k

|uk(x)|

converge pour toutx /∈N, c’est-`a-direµ-presque partout, donc la s´erieP

uk(x) converge tout court presque partout, et la somme de cette s´erie fournit une fonction f limite, d´efinie presque partout par

f(x) =

+∞X

k=0

uk(x).

Presque partout, les sommes partielles fn(x) =

Xn

k=0

uk(x)

(5)

tendent simplement vers f(x) et les (fn) sont born´ees par g(x), qui est int´egrable,

|fn(x)|=

Xn

k=0

uk(x) ≤

Xn

k=0

|uk(x)| ≤g(x).

Le r´esultat d´ecoule alors de l’additivit´e de l’int´egrale et du th´eor`eme de convergence domin´ee de Lebesgue :

Z

E

+∞X

n=0

un dµ=

Z

E

fdµ= lim

n

Z

E

fndµ= lim

n

Xn

k=0

Z

E

ukdµ= X+∞

k=0

Z

E

ukdµ.

Exercice trait´e. Consid´erons la densit´e de la loi gaussienne

∀x∈R, γ(x) = e−x2/2

√2π .

Par application de la version s´erie du TCD, on va montrer que la transform´ee de Fourier- Laplace de la loi gaussienne, d´efinie par

∀z ∈C, F(z) = Z

R

γ(x) exz dλ(x) = Z

R

e−x2/2

√2π exz dλ(x), admet un d´eveloppement en s´erie enti`ere de rayon de convergence infini.

Solution. — On fixe z ∈C, quelconque, et on ´ecrit exz =

+∞X

n=0

xnzn n! , de sorte que

F(z) = Z

R

+∞X

n=0

e−x2/2 xnzn n!

dx

√2π, int´egrale d’une s´erie de fonctions complexesun d´efinies surR par

un(x) = e−x2/2 xnzn n! .

Pour pouvoir intervertir l’int´egrale et la s´erie, il suffit, d’apr`es la version s´eries du th´eor`eme de convergence domin´ee, de v´erifier que la fonction P

|un(x)| est int´egrable.

Or

g(x) :=

+∞X

n=0

|un(x)|= e−x2/2 X+∞

n=0

|x|n|z|n

n! = e−x2/2e|x| |z|

est d’int´egrale finie : en effet, la fonction pr´ec´edente est paire, donc Z

R

g(x) dx= 2 Z +∞

0

e−x2/2+x|z| dx

√2π

(6)

= 2 e|z|2/2 Z +∞

0

e−(x−|z|)2/2 dx

√2π = 2 e|z|2/2 Z +∞

−|z|

e−t2/2 dt

√2π ≤2 e|z|2/2 <+∞. La condition du th´eor`eme ´etant v´erifi´ee, on peut intervertir et trouver

∀z ∈C, F(z) =

+∞X

n=0

Z

R

e−x2/2 xnzn n!

√dx 2π =

+∞X

n=0

1 n!

Z

R

e−x2/2xn dx

√2π zn,

d´eveloppement en s´erie enti`ere de rayon infini,

F(z) = X+∞

n=0

anzn, avec an= 1 n!

Z

R

e−x2/2xn dx

√2π

pour toutn≥0. On pourrait calculer les coefficientsanpar r´ecurrence, mais une m´ethode plus rapide consiste `a remarquer qu’on peut calculer F(y) pour tout y r´eel ; en effet,

F(y) = Z +∞

−∞

e−x2/2+xy dx

√2π = ey2/2 Z +∞

−∞

e−(x−y)2/2 dx

√2π

= ey2/2 Z +∞

−∞

e−t2/2 dt

√2π = ey2/2. On a donc pour tout y r´eel

F(y) =

+∞X

n=0

anyn = ey2/2,

ce qui permet d’identifier les coefficients an, d’apr`es l’unicit´e des coefficients des sommes de s´eries enti`eres de rayon de convergence >0 ; on obtient ainsi pour tout entier n≥0

a2n = 1

2nn!, a2n+1 = 0.

On en d´eduit que

∀z ∈C, F(z) =

+∞X

n=0

1

2nn!z2n = ez2/2.

En appliquant `az =−iy on obtient la transform´ee de Fourier de la densit´e gaussienne, bγ(y) =

Z

R

γ(x) eixy dλ(x) = Z

R

e−x2/2−ixy dx

√2π = e−y2/2, un r´esultat important qu’on reverra de plusieurs fa¸cons.

(7)

II.2.5. Int´egrales d´ependant d’un param`etre

On donne un espace mesur´e (E,F, µ), un espace m´etrique (Y, d) et une fonction r´eelle ou complexe f sur E×Y. On suppose au minimum que

1. – pour tout y ∈Y, la fonction x→f(x, y) estµ-int´egrable.

Cela permet de d´efinir pour tout y ∈Y F(y) =

Z

E

f(x, y) dµ(x), une hhint´egrale d´ependant du param`etreyii.

Th´eor`eme 0 : continuit´e en un point. On suppose que f(x, y) est une fonction r´eelle ou complexe, d´efinie sur E×Y, o`u (E,F, µ) est un espace mesur´e et (Y, d) un espace m´etrique. On fixe un point y de Y, et on suppose que

1m – pour tout y ∈ Y, la fonction x → f(x, y) est F-mesurable d´efinie µ-presque partout ;

2 – pour µ-presque tout x∈E, la fonction y →f(x, y) est continue au point y; 3 – il existe une fonction µ-int´egrable g :x ∈ E → g(x) telle que pour tout y ∈ Y, on ait µ-presque partout la majoration |f(x, y)| ≤g(x).

Alors, la fonctionF d´efinie sur Y par F(y) =

Z

E

f(x, y) dµ(x)

est continue au point y.

On note que l’hypoth`ese de mesurabilit´e 1m permet de calculer pour tout y ∈ Y

l’int´egrale Z

E|f(x, y)|dµ(x)∈[0,+∞],

et la majoration3 entraˆıne l’hypoth`ese minimale1 d’int´egrabilit´e de x→ f(x, y), pour

tout y∈Y, Z

E|f(x, y)|dµ(x)≤ Z

E

g(x) dµ(x)<+∞, ce qui permet de d´efinir F(y) pour tout y∈Y.

Preuve. — Pour montrer la continuit´e de F au point y de l’espace m´etrique Y, il suffit de montrer que pour toute suite (yn) tendant vers y, on a F(yn) →F(y) : c’est exactement ce que dit le th´eor`eme de convergence domin´ee, si on pose

hn(x) =f(x, yn), h(x) =f(x, y).

L’hypoth`ese 3donne la majoration de |hn|par une fonction int´egrable fixeg, et2donne la convergence simple µ-presque partout de hn(x) vers h(x). On d´eduit par Lebesgue domin´e que

F(yn) = Z

E

hn(x) dµ(x)→ Z

E

h(x) dµ(x) = F(y), ce qu’il fallait d´emontrer.

(8)

Ce premier r´esultat de continuit´e n’est pas celui qu’on utilise le plus souvent. Le th´eor`eme de continuit´e vraiment hhpratiqueii est celui qui viendra juste apr`es. Cepen- dant, dans certains cas particuliers, on peut avoir besoin de ce premier hhth´eor`eme 0ii, comme dans l’exemple qui suit.

Exemple 1. On suppose donn´ee une fonction r´eelle ou complexe h d´efinie et Lebesgue- int´egrable sur [0,+∞[. On pose, pour tout y ≥0,

F(y) = Z y

0

h(x) dx.

Dans le cas o`u h est continue, on a vu dans les rappels sur l’int´egrale de Riemann que F est d´erivable (de d´eriv´eeh), donc F est continue. Quand hest seulement suppos´ee int´egrable, il n’y a aucune chance que F soit partout d´erivable, mais on va montrer que F est continue sur [0,+∞[, en utilisant le th´eor`eme de continuit´e pr´ec´edent.

On peut r´ecrire F sous la forme

∀y ∈Y, F(y) = Z

[0,+∞[

1[0,y](x)h(x) dλ(x) = Z

E

f(x, y) dλ(x),

o`u E = Y = [0,+∞[ et o`u la fonction f utilis´ee est f(x, y) = 1[0,y](x)h(x).

On fixe y ≥0, par ailleurs quelconque. Si x ≥0 est donn´e, la fonction fx :y ∈Y →f(x, y) =1x≤yh(x)

est nulle quand y ∈ [0, x[, puis constante ´egale `a h(x) quand y ≥ x : elle a au plus un point de discontinuit´e, le point y0 = x; la fonction fx est donc continue au point y

quand x 6= y; comme le singleton {y} est de mesure de Lebesgue nulle, on voit que l’hypoth`ese 2 est satisfaite ; de plus, la majoration 3 est facile `a obtenir,

|f(x, y)|=|1[0,y](x)h(x)| ≤ |h(x)|=:g(x),

majorant int´egrable ind´ependant du param`etre y, donc F est continue au point y, et ceci pour tout y ∈Y.

On notera que l’hypoth`ese hhglobaleii 2g de continuit´e du th´eor`eme qui suit n’est pas satisfaite dans le pr´esent exemple : au contraire, pour tout x∈ E tel que h(x)6= 0, la fonction y→f(x, y) est discontinue sur Y !

Th´eor`eme de continuit´e des int´egrales `a param`etre. On suppose que f(x, y) est une fonction r´eelle ou complexe, d´efinie sur le produit E ×Y, o`u (E,F, µ) est un espace mesur´e et (Y, d)un espace m´etrique. On suppose de plus que

1m – pour tout y ∈ Y, la fonction x → f(x, y) est F-mesurable d´efinie µ-presque partout ;

2g – pour presque tout x∈E, la fonction y→f(x, y)est continue sur Y;

3` – pour tout y ∈ Y, il existe un voisinage V de y dans Y et une fonction µ- int´egrable g : x ∈ E → g(x) tels que pour tout y ∈ V, on ait µ-presque partout la majoration |f(x, y)| ≤g(x).

(9)

Alors, la fonctionF d´efinie sur Y par F(y) =

Z

E

f(x, y) dµ(x) est continue sur Y.

L’indicegdans2g est pour global : on a globalis´e l’hypoth`ese de continuit´e ; l’indice` dans3` est pour local : on a localis´e la majoration au voisinage de chaque pointy de Y.

Preuve. —Soity dans Y, quelconque ; d’apr`es3`, il existe un voisinage Vdey et une fonctiong int´egrable attach´ee `a ce voisinage tels que|f(x, y)| ≤ g(x) pour touty∈V; on va montrer `a nouveau que F(yn) converge vers F(y), pour toute suite (yn) ⊂Y qui converge versy : pourn≥n0 assez grand, le point yn entre dans le voisinage V dey, donc pour tout n≥n0 on a la majoration

∀x∈E, |hn(x)|=|f(x, yn)| ≤g(x) ;

par l’hypoth`ese de continuit´e 2g, on sait que hn(x) = f(x, yn) converge simplement vers h(x) = f(x, y). D’apr`es le th´eor`eme de convergence domin´ee appliqu´e `a la suite (hn)n>n0, on d´eduit que F(yn)→F(y), ce qu’il fallait d´emontrer.

Exemple trait´e.La fonction Γ est d´efinie pour tout nombre complexestel que Res >0 par

Γ(s) = Z +∞

0

e−xxs−1dx.

On va montrer que Γ est continue sur le demi-plan ouvert U form´e des complexes s tels que Res > 0,

U ={s∈C: Res > 0}.

Preuve. — Ici E = ]0,+∞[, Y = U, la mesure est la mesure de Lebesgue λ et Γ(s) =

Z

E

f(x, s) dλ(x), f(x, s) = e−xxs−1.

La fonction s→f(x, s) est continue sur U pour tout x, nous devons nous occuper de la majoration. On remarque que si s=σ+ iτ, avec σ et τ r´eels, on a

|xs|=|eslnx|=|e(σ+iτ) lnx|= eσlnx =xRes.

Il n’est pas possible de trouver pour |f(x, s)| un majorant g(x) int´egrable valable pour tout s tel que Res > 0 ; en effet, si on avait |f(x, s)| ≤ g(x) pour tout s ∈]0,1] par exemple, on d´eduirait en passant `a la limite quand s →0 que

0< x≤1 ⇒ e−1x−1 ≤e−xx−1 ≤g(x), et comme

e−1 Z 1

0

dx

x = +∞,

(10)

la fonctiongne pourrait pas ˆetre int´egrable. Mais sis est fix´e dans U, on peut consid´erer σ = Res >0 et le voisinage de s d´efini par

V ={s ∈C:σ/2<Res <2σ}

(par exemple) et trouver un majorant int´egrable g(x) de |f(x, s)| valable pour tout s∈V. En effet, t ∈R→xt−1 est d´ecroissante quand 0< x≤1, donc on a

(0< x ≤1, s∈V) ⇒ 0≤ |f(x, s)|= e−x|xs−1| ≤e−xxσ/2−1 et t→xt−1 est croissante quand x≥1, donc

(x≥1, s ∈V) ⇒ 0≤ |f(x, s)|= e−x|xs−1| ≤e−xx−1. On obtient un majorant int´egrable g, valable dans V, en posant

g(x) =1]0,1](x) e−xxσ/2−1+1]1,+∞[(x) e−xx−1. On v´erifie l’int´egrabilit´e de g,

Z 1 0

e−xxσ/2−1dx≤ Z 1

0

xσ/2−1dx= 1 σ/2

et pour la deuxi`eme int´egrale, on note que pour tous x, α > 0 on a, par changements successifs,

x≤ex, x/α≤ex/α, xα ≤ααex, xα ≤2αααex/2 donc

Z +∞

1

e−xx−1dx≤ Z +∞

1

e−xxdx≤2(2σ) Z +∞

1

e−xex/2dx

<2(2σ) Z +∞

0

e−x/2dx= 2.2(2σ) <+∞.

Références

Documents relatifs

La proposition 2.9 du poly de pr´ e-rentr´ ee calcul garantit que cette fonction est d´ erivable sur R

3.3 Transformation de l’´ ecriture : d´ ecomposition en fraction rationnelle 3.4 Changement

Le conducteur d’un train roulant ` a une vitesse de 90 km/h freine.. Un d´ emographe estime que la popula- tion P de cette ville augmentera proportionnellement ` a la population

On v´ erifiera que cette fonction poss` ede bien les propri´ et´ es requises pour pouvoir appliquer la question pr´ ec´ edente... Effectuer le changement de variable t = exp (−u)

[r]

[r]

[r]

[r]