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Énoncé
Les deux parties de ce problème sont indépendantes. Dans tout le problème, on désigne parI le segment [0,1] et parE l'espace vectoriel réel C0(I,R) des applications continues deI dansR.
Préliminaire
Soita∈R, on dénit des fonctionsfa etga deRdansRpar :
∀x∈R: fa(x) = min(x, a), ga(x) = max(x, a) Montrer quefa etga sont lipschitziennes surRet préciser le rapport.
On pourra remarquer quemin(u, v) = 12(u+v− |u−v|)pour tous réelsuet v.
Partie I
Soientm0 etM0 deux éléments de[−1,+1], on pose pour toutn∈N: mn+1=1
2 Z 1
−1
min(x, Mn)dx, Mn+1=1 2
Z 1
−1
max(x, mn)dx,
(xn= 1 +mn
yn = 1−Mn
1. a. Justier l'existence des suites(mn)n∈Net (Mn)n∈N. b. Montrer quemn etMn sont dans[−1,1]pour toutn∈N.
2. a. Montrer que, pour toutn∈N, mn+1=−1
4(Mn−1)2, Mn+1 =1
4(mn+ 1)2 b. Montrer quemn+1∈[−1,0]etMn+1∈[0,1]pour toutn∈N.
3. a. Montrer que, pour toutn∈N,
yn+1−xn+1=1
4(yn−xn)(yn+xn)
b. Montrer que si(xn)n∈Net(yn)n∈Nconvergent, leurs limites sont égales à l= 2√
2−2 c. Montrer que, pour toutn∈N,
|xn+1−l| ≤ 2√ 2−1
4 |yn−l|, |yn+1−l| ≤2√ 2−1
4 |xn−l|
4. Montrer que les suites(mn)n∈Net(Mn)n∈Nconvergent et préciser leurs limites.
Partie II
Dans cette partie, g est une application dénie dans I, à valeurs dans I, continue et vériantg(0) = 0 etg(1) = 1.
1. Soitf un élément deE.
a. Justier l'existence de l'application ug(f) :
([0,1] →R a 7→R1
0 min(x, g(a))f(x)dx b. Montrer queug(f)appartient àE.
2. Dans cette question seulement,f(x) = tan2x. Calculerug(f)(a)poura∈[0,1]. 3. Soitf un élément deE.
a. Justier l'existence de l'application vg(f) :
([0,1] →R a 7→R1
0 min(a, g(x))f(x)dx b. Montrer quevg(f)appartient à E.
4. Montrer queug et vg sont des endomorphismes deE. 5. a. Montrer queug est injectif.
b. Montrer que sigest dérivable,ug n'est pas surjectif.
6. a. En considérant l'applicationg dénie par : g(x) =
(0 six∈[0,12] 2x−1 six∈[12,1]
montrer quevg n'est en général pas injectif.
b. Montrer que sigest de classeC1 et strictement croissante alorsvg est injectif.
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Corrigé Préliminaire
Utiliser la remarque proposée par l'énoncé conduit à des expressions defa(x) et fa(x) commodes pour des réels quelconquesxety :
fa(x) = min(x, a) =1
2(x+a− |x−a|) fa(y) = min(x, a) =1
2(y+a− |y−a|) fa(x)−fa(y) = 1
2(x−y− |x−a|+|y−a|)
Utilisons ensuite l'inégalité||u| − |v|| ≤ |u−v|avecu=y−aet v=x−a. Elle traduit le caractère lipschitzien de rapport 1 de la fonction valeur absolue. On en déduit :
|fa(x)−fa(y)| ≤ 1
2(|x−y|+| − |x−a|+|y−a|||)≤ 1
2(|x−y|+|x−y||)≤ |x−y|
Doncfaest lipschitzienne de rapport 1. Pourga, on peut remarquer que entre deux nombres, l'un est le plus petit et l'autre le plus grand donc la somme des deux est aussi la somme du plus petit et du plus grand
fa(x) +ga(x) =a+x On en déduit (en achevant le raisonnement comme plus haut) :
ga(x)−ga(y) =1
2(−(x−y) +|x−a| − |y−a|||)
|ga(x)−ga(y)| ≤ |x−y|
Partie 1
1. a. Les fonctions sont lipschitziennes donc continues donc intégrables. Les nombres mn+1 et Mn+1 sont bien dénis.
b. Montrons par récurrence quemn et Mn sont dans [0,1]pour tous les entiers n. C'est vrai par dénition pourmO et M0. Simn et Mn x sont dans [0,1] alors min(x, Mn)et max(x, mn)sont dans[0,1]. En intégrant les inégalités on obtient bien queMn+1 etmn+1sont dans[−1,1].
2. a. On transformemn+1 en coupant l'intégrale en deux.
mn+1= 1 2
Z 1
−1
min(x, Mn)dx
= 1 2
Z Mn
−1
min(x, Mn)dx+ Z 1
Mn
min(x, Mn)dx
!
= 1 2
Z Mn
−1
xdx+ Z 1
Mn
Mndx
!
=1 2
Mn2−1
2 + (1−Mn)Mn
=−1
4(Mn−1)2 Par un calcul analogue, on obtientMn+1=14(mn+ 1)2.
b. Évident à partir de la question précédente.
3. a. Commemn=xn−1et Mn = 1−yn, traduisons avec xn et yn les égalités de la question 2.a.
xn+1−1 =−1 4yn2 1−yn+1=1
4x2n
⇒yn+1−xn+1=1
4(yn−xn)(yn+xn)
b. Supposons que (xn)n∈N converge vers x et (yn)n∈N vers y. Avec des opérations sur les suites convergentes, on obtient
y−x= 1
4(y−x)(y+x)⇔(y−x)(4−y−x) = 0
Commexn et yn sont dans[0,1], par passage à la limite, xet y sont aussi dans [0,1]donc4−y−x6= 0doncx=y.
Notonsl cette limite commune, en remplaçant dans xn+1−1 =−1
4yn2 On obtient l2+ 4l−4 dont les racines sont−2 + 2√
2 et −2−2√
2. Comme on sait quel∈[0,1]on a forcément
l=−2 + 2√ 2
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c. Faisons le diérence des deux relations xn+1−1 =−1
4yn2 l−1 =−1
4l2
⇒xn+1−l=−1
4(yn+l)(yn−l)
⇒ |xn+1−l|=|yn+l|
4 |yn−l| ≤ 2√ 2−1
4 |yn−l|
caryn≤1. Le raisonnement est le même pouryn. 4. Notonsq= 2
√2−1
4 , en combinant les relations de la question précédentes, on obtient :
|xn+2−l|=q2|xn−l|
On en déduit, par comparaison avec des suites géométriques convergentes, la conver- gence des suites extraites d'indices pairs ou impairs versl. Ceci prouve la convergence des suites complètes versl. Des relationsxn= 1 +mn,yn = 1−Mn on déduit alors :
(mn)n∈N→l−1 (Mn)n∈N→1−l
Partie II
1. a. La fonctionuf(g)est bien dénie car la fonction à intégrerx→min(x, g(a))f(x) est continue comme produit de deux fonctions continues. (partie préliminaire) b. Pourquoi la fonctionug(f)
a→ Z 1
0
min(x, g(a))f(x)dx est-elle continue ? Deux méthodes sont possibles.
Méthode 1 : expression avec des primitives.
Introduisons
F1 : la primitive dex→xf(x)nulle en0 F : la primitive dex→xf(x)nulle en1 On peut alors alors écrire :
ug(f)(a) = Z g(a)
0
xf(x)dx+ Z 1
g(a)
g(a)f(x)dx=F1(g(a))−g(a)F(g(a)) Les fonctionsF1 etF sont dérivables, la fonctiong est continue, doncug(f) est continue.
Méthode 2 : lipschitzité
|ug(f)(a)−ug(f)(b)| ≤ Z 1
0
|min(x, g(a))−min(x, g(b))| |f(x)|dx
≤ Z 1
0
|g(a)−g(b)| |f(x)|dx≤ Z 1
0
|f(x)|dx
|g(a)−g(b)|
Ce qui prouve queug(f)est continue carg est continue.
2. Dans cette questionf(x) = tan2x. On peut calculer les fonctionsF1etF de la première méthode de la question précédente. Une primitive detan2xétanttanx−x,F s'obtient directement etF1par une intégration par parties
F1(u) =utan2u−u2
2 + ln|cosu|, F(u) = tanu−u+ 1−tan 1 On en déduit
ug(f)(a) = (tan 1−1)g(a) + ln|cos(g(a))|+g(a)2 2 3. a. La fonctionuf(g)est bien dénie car la fonction à intégrer
x→min(a, g(x))f(x)
est continue comme produit de deux fonctions continues. D'après un résultat de cours, la borne inférieure (dont la valeur en chaque point est la plus petite des valeurs) de deux fonctions continues est continue.
b. En procédant comme pour la deuxième méthode de 1.b. on obtient
|vg(f)(b)−vg(f)(a)| ≤ Z 1
0
|f(x)|dx
|a−b|
Ce qui prouve que vg(f) est continue. Elle est même lipschitzienne de rapport R1
0 |f(x)|dx.
4. La linéarité résulte de la linéarité de l'intégrale. On a déjà montré que les fonctions images étaient continues donc dansE.
5. a. Lorsquef ∈kerug, alors pour tous les a∈[0,1]: F1(g(a))−g(a)F(g(a)) = 0
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Mais commegest une application continue deI= [0,1]dansI telle queg(0) = 0 etg(1) = 1,g est surjective. On peut donc écrire
∀t∈I: F1(t)−tF(t) = 0
On peut alors dériver (on ne pouvait pas le faire avant carg n'était pas supposée dérivable). On obtient, pour tous lestdeI, d'abordF(t) = 0puisf(t) = 0. b. Comme ug(f) = F1 ◦g−gF ◦g, si g est dérivable alors ug(f) est dérivable.
Or il existe des fonctions continues qui ne sont pas dérivables doncug n'est pas surjective.
6. a. En utilisant la relation de Chasles pour préciservg(f)pour la fonctiongdonnée par l'énoncé, on obtient :
vg(f)(x) = Z 1
1 2
min(a,2x−1)f(x)dx
Donc si f est nulle sur [12,1] alors vg(f) est la fonction nulle sans que f soit forcément nulle. Elle fait ce qu'elle veut sur[0,12].
b. Sig estC1 avecg0 >0alorsg est bijective deI dansI. Introduisons la bijection réciproqueg−1.
vg(f)(a) = Z 1
0
min(a, g(x))f(x)dx
=
Z g−1(a) 0
g(x)f(x)dx+ Z
g−1(a)1af(x)dx
=H(g−1(a))−aF(g−1(a)) oùF est la primitive degf nulle en0etF la primitive def nulle en1. Commeg−1(a)décrit[0,1]eta=g(g−1(a)), on peut en déduire :
∀x∈[0,1] : H(x)−g(x)F(x) = 0
En dérivant, on obtient alorsg0(x)F(x) = 0d'oùF(x) = 0puis en dérivant encore f(x) = 0. Le noyau devg se réduit donc à la fonction nulle,vgest injective.
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