BIOFUTUR 254 • AVRIL 2005 11
É D I T O R I A L
De la rivière à la paillasse ou à l’assiette, ou en couverture de Biofutur, la vie d’un poisson peut être pleine d’imprévus. Ce mois-ci, notre dossier illustre de quelle manière cet animal est devenu un outil de recherche de premier choix au laboratoire. Pour le public bien sûr, le poisson a d’abord un intérêt alimentaire : manger du poisson, c’est bon pour la santé. Les poissons gras sont particulièrement recommandés, en tant que principal fournisseur animal de l’acide alpha-linoléique, acide gras essentiel de la famille des omega-3. On reconnaissait déjà à ces célèbres molécules un effet bénéfique dans la prévention des maladies cardio- vasculaires. On leur attribue depuis un an un nouveau rôle bienfaisant, celui d’anti- dépresseur « naturel » : hypothèse confortée récemment par les travaux d’une équipe américaine (1)ayant soumis des rats à un régime « spécial ». Chez ces animaux, un mélange d’omega-3 et d’uridine (composant des acides nucléiques) préviendrait le développement de symptômes dépressifs avec la même efficacité qu’un traitement anti- dépresseur classique. L’effet direct d’une augmentation de la consommation de poisson gras sur notre état d’esprit reste encore à démontrer. Mais l’on peut raisonnablement admettre qu’en avril, le poisson, c’est bon pour le moral... surtout quand il est en chocolat.
Julie Wierzbicki
(1)W.A. Carlezon et al.(2005) Biol Psychiatry57 (4), 343-50
C’est bon pour le moral
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