L e s C o n s u l a t s s u i s s e s à l ' é t r a n g e r r e ç o i v e n t l e j o u r n a l . pa
Huitième Année. — N
047.
P r i x du n u m é r o 10 c e n t i m e s
Dimanche 10 Juin 1894.
B u r e a u x : R u e de la S e r r e , 27.
ABONNEMENTS
Un an: Six mois:Suisse . . . . Fr. 6»— Fr. :)»—
Union postale » 12»— » 6»—
On s'abonne a tous les bureaux dp poste
Paraissait le Jeudi et le Dimanche à la Ctax-de-FoMs.
ANNON©ES
I rovenant de la Suisse 20 et. Ia ligne
» de l'étranger 23 » » Minimum d'une annonce 50 cent.
Les annonces se paient d'avance.
Oi-s'iinc «1«" I » S o c i é t é i n t c r c a n t o n a l c «lew IIKIUHI r i e «lu J u r a , «les C l i n m b r e e «le c o m m e r c e , «le» B u r e a u x «le c o n t r ô l e e t «IeM S y n d i c a t * * profeHHionuelw.
La future société socialiste Le Congrès régional du parti ouvrier (groupe allemaliiste) vient d'étudier l'or- ganisai ion sociale nouvelle qui devra èlre établie, au lendemain de la grande révolution. Les orateurs, qui ont pris la parole sur ce sujet complexe ne nous ont guère apporté d'indications précises touchant le paradis terrestre vers lequel ils prétendent nous conduire. Il est assez difficile de débrouiller un système à travers les contradictions qui s'entassent dans ces exposés peu étudiés, et qui contiennent plus de mots que d'idées.
Ainsi, le syndicat et le commerce se- ront les deux colonnes de la Société future, au dire de beaucoup de délégués.
Néanmoins, on n'aperçoit pas bien, après leurs vagues explications, ce qui différenciera la commune du syndicat.
Devant la difficulté de répartir le travail el la richesse ou les produits, les socia- listes prennent la tangente, négligent les supériorités physiques et intellectuelles et aboutissent, logiquement, à une sorte de communisme égàlitaire. C'est là une vieille, très vieille solution, el point n'était besoin de tant parler du socia- lisme scientifique et d'idées nouvelles el d'évolution, pour en arriver à prendre, comme formule pratique, l'organisation de la caserne ou du couvent. Car, quoi qu'ils tassent, les faiseurs de sociétés socialistes ne pourront, sous peine de dissolution immédiate de leur organisa- lion, supprimer la direction, le contrôle, la surveillance, toutes situations prépon- dérantes et qui deviendraient, bientôt, oppressives.
Deux points ont attiré leur attention : les relations avec les autres pays — qui pourraient ne pas être organisés «socia- lement — et la nécessité de régler la production et la consommation. Il ne faut pas oublier que, dans la société
socialiste, la monnaie, ce vil métal, sera supprimée. Or, pour faire du commerce avec les peuples qui auront conservé cet «agent de corruption» il sera néces- saire que l'Etat socialiste ait ses reser- ves de numéraire ou de lingots en caisse.
Les délégués ont reconnu l'utilité de cette réserve. C'est là, en somme, de l'opportunisme pur, car un état socia- liste qui se respecte np devrait pas trai- ter avec des pays capitalistes. Nous esti- mons même que le"voïsinage des pays capitalistes serait nuisible à l'organisa- tion socialiste, comme le voisinage de la civilisation est nuisible aux races infé- rieures. Logiquement, l'Etat socialiste devra être un Etal qui poursuivra la conquête des pays où- régnera encore l'infâme capital.
Pour ce qui est de la réglementation de la production el de la consommation, le problème ne laisse pas d'être fort in- téressant. Les socialistes le résolvent, au pied levé, en metlant, en avant, la statistique. La statistique n'a, réellement, pas de chance, et on lui donne, là, une besogne assez dure et assez dangereuse.
Les syndicats, les communes auront, probablement, leurs commissions de statistiques reliées ensemble. On se ligure, aisément, la complication inex- tricable de tous ces tableaux de chiffres, d'appréciations, se fondant, s'anniliilant dans une confusion impossible à décrire!
Puis, tous les citoyens voudront entrer, dans ces commissions, afin de ne pas s'oublier dans la répartition. Tout le monde voudra être fourrier ou économe, car il est certain que l'on doit avoir quelqu'inquiétude lorsqu'on sait qu'une personne étrangère doit décider de vos besoins réels et de la façon dont ils se- ront satisfaits. A cela, les inventeurs de sociétés perfectionnées répondront que l'Etal lixera des moyens et distribuera la même ration à tous les heureux
membres de la nouvelle société. Ce sys- tème aura l'avantage de simplifier la comptabilité générale : une organisation spéciale dont n'ont point encore parlé les socialistes.
Les théoriciens du parti socialiste, ceux, surtout, qui se réclament de Karl Marx, ne se livrent pas à ces recherches imprudentes sur la société future, ils se contentent de critiquer ferme la société actuelle, et de garder, précieusement, le secret de leur organisation. Certains, même, ne prennent pas la peine de ca- cher qu'ils n'ont rien de bien précis comme société, à mettre à la place de celles qu'ils attaquent si violemment. Ils assurent, d'ailleurs, qu'ils ne se serviront pas des matériaux de démolitions pro- venant de la vieille organisation parce qu'ils ne travaillent que dans le neuf.
Ils rougiraient d'être de simples répara- teurs de sociétés. A les entendre, la société s'aménagera, toute seule, sous le souille bienfaisant de l'esprit socialiste.
Il y aura adaptation adéquate. Les be- soins uniront par s'égaliser, la popula- tion se maintiendra dans des limites convenables pour ne pas troubler l'har- monie nouvelle.
C'est tout ce que nous savons sur l'éden que nous préparent les socialistes des différentes écoles. Ces aperçus ne sont pas assurément faits pour exciter l'enthousiasme. Et la foi, hélas ! ne trans- porte plus de montagnes — même par- lementaires.
A . VlLXAY.
Les syndicats ouvriers en France
Le mouvement syndical ouvrier est intéres- sant à suivre, en ce moment. C'est une ques- tion d'actualité, sur laquelle, les récentes discussions à la Chambre et la chute elle- même du cabinet Casimir-Périer ont attiré l'attention.
Voici le mouvement syndical (d'après les
200
;LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE
renseignements généraux fournis par l'office du travail) pendant le mois de mai 1894.
Nous avons groupé les syndicats en plusieurs catégories : syndicats ouvriers (industrie et métiers) ; syndicats agricoles : syndicats pa- tronaux ; syndicats de médecins.
Le nombre des syndicats et d'unions de syndicats créé est, au total, de 67, dont 55 pour les départements, et 12 pour P a r i s . Celui des syndicats dissous, pendant ce mois, s'élè- ve à 17, dont 10 pour les déparlements, et 1 pour le département de la Seine.
Dans les syndicats créés, on compte : 3(>
nouveaux syndicats ouvriers : 20 syndicats agricoles e t ? syndicats patronaux ; syndicats de médecins, 4.
Les syndicats dissous se présentent dans la proportion s u i v a n t e : syndicats ouvriers 10 ; syndicats patronaux, 4 ; syndicats agricoles, 3.
Comme toujours, au début, les adhérents de ces syndicats ne sont pas très nombreux.
L'association qui compte le plus de membres est, l'Alliance médicale de France (119 membres) dont le siège est Paris. Le syndicat des vieux fers et métaux, formé, aussi lui, à Paris, a 84 membres. A Rouen, le syndicat des officiers mécaniciens navigateurs de com- merce compte 150 membres.
Les syndicats agricoles sont généralement
— dans les départements à population moy- enne — des syndicats de canton : dans les départements très peuplés, on rencontre des syndicats qui ne comprennent qu'une com- m u n e . On sait quel a été, dans l'organisation protectionniste, le rôle important de ces syn- dicats agricoles. En réalité ces groupements ont offert des avantages à leurs membres surtout en ce qui regarde l'achat des engrais et des machines agricoles. Ge sont des asso- ciations où entrent les gros, les moyens, et les petits agriculteurs ; peu sont des syndicats d'ouvriers agricoles. Et cela se conçoit assez facilement, car les coalitions, grèves, etc., sont fort difficiles en l'état actuel de l'agricul- ture. P e plus beaucoup d'ouvriers agricoles sont employés à l'année, nourris et logés, etc.
P a r m i les syndicats agricoles que nous avons signalés comme ayant été crées en mai, beau- coup sont des groupements opérés auprès des grandes villes : les autres sont des syndicats vhicoles.
Les syndicats ouvriers se fondent surtout dans les grandes villes: cependant, il ,est à remarquer que le mouvement s'étend aujour- d'hui a u x villes de troisième ordre et a u x chefs-lieu d'arrondissement. Mais le mouve- ment est surtout très rapide à Paris. Les fon- dateurs sont peu nombreux, connue dans le syndicat des ouvriers tailleurs qui ne compte que 15 membres, chiffre, minuscule en regard du grand nombre des ouvriers de ce métier à Paris. Les boutonniers sont au nombre de 100. Il est probable que les professions comp- tant peu d'ouvriers arrivent à se syndiquer plus étroitement que celles ou ils sont très nombreux. De plus, les professions ou il ex- iste plusieurs catégories d'ouvriers, comme les tailleurs, par exemple, ont plus d'intérêt a se grouper par catégories. Souvent même, dans ces métiers, les intérêts des différentes catégories sont opposés.
Ces réflexions, qui nous sonl suggérées par les renseignements statistiques que nous pu- blions, ne changent pas les idées que nous avons précédemment exprimées sur la genèse des syndicats professionnels.
Ce mouvement n'est pas suivi, dans chaque profession, par la masse des ouvriers, et l'on n'a guère lieu de s'en étonner lorsque l'on voit quel usage font certains syndicats, du droit que leur a conféré la loi de 1884. Il se- rait fort à désirer que ces associations ou du moins celles qui ne participent pas an mouve- ment révolutionnaire, fussent sagement diri- gées en vue des intérêts professionnels. En Angleterre les Trades-Union ont débuté, dans
la vie publique, par les grèves et Ia lutte au couteau. Depuis, elles se sont assagies et ont compris quelle force elles pouvaient tirer d'une conduite snge et d'une altitude modérée.
Assurément les T r a d e s - U n i o n , même les vieilles — qui ont acquis de l'expérience — ont encore, chez elles, le levain socialiste, néanmoins le temps, et l'usage de la liberté d'association, finiront par les convaincre du danger de l'intervention de l'Etal.
Nous n'en sommes pas encore IA en F r a n c e . Nous avons à faire des écoles. Puissent-elles ne pas être trop cruelles et devenir réellement profitables !
Institutions pour le bien-être des ouvriers
Reproduit de l'intéressant rapport de M.
Campiche, inspecteur fédéral des fabriques du I P arrondissement.
Sauf quelques rares exceptions, je ne re- viendrai pas sur les établissements dont les institutions pour le bien-être des ouvriers ont été signalées dans de précédents rapports : je m'attacherai le plus possible à faire connaître quelques établissements dont il n'a pas encore été fait mention et qui méritent d'être connus.
Sociétés de consommation. — Dans bien des localités du IIe arrondissement, les ouvri- ers ont constitué des sociétés de consomma- tion avec ou sans le concours des patrons.
Les résultats de ces coopérations sont réjouis- sants. Ces sociétés, dont le nombre, augmente constamment, marchent généralement très bien et distribuent à leurs membres, chaque semestre ou chaque -année, un bénéfice du 3 nu 10% sur les achats. Ce résultai deviendra plus brillant encore, si on arrive à créer une union suisse des sociétés de consommation.
Avec des achats en commun, les sociétés pe- tites ou grandes, jouisseuttles mêmes faveurs, des mêmes avantages accordés par les fabri- cants et les négociants en gros a u x comman- des importantes : de plus, ils réduisent consi- dérablement une foule de frais et même les annulent. Enfin, il y a une autre, considéra- t i o n : une fois l'union suisse des sociétés de consommation bien établie, pourquoi ne de- viendrait-elle pas une société coopérative dé production '.
Quelques sociétés de consommation de mon arrondissement sont dans une situation finan- cière prospère. La fabrique d'horlogerie de Fontainemelon, par exemple, possède un ca- pital de 20,000 francs et un fonds de réserve de 50,000 francs : les actionnaires touchent un intérêt fixe de 4 % l'an, quel que soit le bénéfice. Ce dernier est réparti en totalité a u x consommateurs, qui tait touché en 1802 le 10% de leurs achats, et en 1893 le 1 1 % . La société fait annuellement pour 280.000 francs d'affaires.
Pendant les deux dernières années, la so- ciété de consommation de la fabrique de MM.
C. HaIm & Cie., au Landeron, a réparti ses bénéfices : 8 % aux consommateurs et 14%
aux actionnaires, qui sont les ouvriers, les patrons el la caisse de secours en cas de ma- ladie.
En 1878, la fabrique Russ-Suehnrd & Cie..
à Serriéres, encouragea, par l'avance des premiers fonds, la création d'une société de consommation des ouvriers chocolatiers.
Cette société a été dés l'origine très prospère;
elle a dés' longtemps remboursé les avances qui lui ont été faites; ses bénéfices sont ré- partis en totalité entre les sociétaires. Le taux de répartition sur les achats de chaque socié- taire a été, pour l'année 1892, de 1 6 % . Ln so- ciété est dirigée par les ouvriers, mais la comptabilité est tenue par les employés de la maison. Les bénéfices réalisés depuis la fon-
dation de la société jusqu'au 31 décembre 1892 sont de fr. 34,850.
Pensions alimentaires. — Elles ne sont pas nombreuses dans mon arrondissement. C'est surtout pour les ouvriers étrangers et ceux qui sont sans famille, que cette institution a la plus grande utilité : il serait à désirer que maints fabricants étudiassent de près la créa- lion de pensions alimentaires. C'est à la fon- derie de Clioindez et a u x ateliers de répara- tions du chemin de fer du Gothard, à Bellin- zona, que j'ai trouvé ces pensions le mieux tenues et offrant le plus d'avantages aux ou- vriers. Les dits ateliers servent à leur per- sonnel le dîner pour le prix modique de 45 centimes : en voici le menu : 1 litre de soupe:
200 g r a m m e s de viande ; 500 grammes de pain et 2 décilitres de vin.
Cuisines populaires. — Celte institution tend à prendre un grand développement dans tous les centres industriels et supplée en quelque sorte aux pensions alimentaires. Les mets que fournissent les cuisines populaires sont bons et vendus à des prix excessivement réduits. Les clients peuvent emporter leurs repas ou les consommer dans des locaux fort bien aménagés et très propres. Ces cuisines, fondées par des sociétés, réalisent de beaux bénéfices. C'est qu'en effel elles répondent à un besoin et que par la somme minime des actions émises, elles ont pu intéresser une quantité considérable de travailleurs. Le succès de ces récentes créations utilitaires assure l'entrée définitive dans une voie écono- mique trop longtemps délaissée.
Caisses de secours en cas de maladie. — Mon intention était d'établir une statistique complète de la situation financière des nom- breuses caisses de secours qui ont· été fondées dans le H'' arrondissement. Quelques rensei- gnements importants ne m'ayant pas été fournis, je me vois dans l'obligation d'ajour- ner ce travail.
Les diverses caisses de secours assurent ,i leurs membres, outre les soins médicaux et pharmaceutiques gratuits, une indemnité va- riant de 40 à 8 0 % de leurs salaires, durant une période de 3 à 9 mois.
Les caisses sonl généralement alimentées:
1" par une finance d'entrée de 1 à 3 fr. : 2" par les contributions mensuelles des ouvriers'de 75 cent, à 1 fr. 2 0 :
3" par les subventions annuelles des pa- trons ;
4" par le produit des amendes et 5" par des legs el dons volontaires.
La situation de quelques caisses de secours en cas de maladie est loin d'être brillante, par suite du grand nombre des malades de l'inlluenza pendant ces trois dernières a n n é e s .
Diverses fabriques qui n'ont pas de caisses de secours, accordent néanmoins des secours à leurs ouvriers malades. Ainsi, MM. Leuha frères, fabricants de ciment, à Noirnigue, paient à leurs ouvriers le salaire an plein, lorsqu'ils ne font pas partie d'une société de secours mutuels et la moitié du salaire dans le cas contraire. Ils dépensent annuellement de ce fait de 2300 à 2500 francs.
La fabrique d'horlogerie de Montilier pos- sède une caisse de secours en cas d'indigence, de. chômage, et en faveur des femmes en couches. Cette caisse a été fondée et dotée par la fabrique et créé exclusivement au profit des ouvriers : sa fortune ascende à fin décem- bre 1893 à frs. 19,000.
Pensions de retraite pour la vieillesse. — Quelquefois les caisses en faveur des malades servent en même temps de caisses de secours pour les vieillards. L expérience prouve tous les jours davantage que cette combinaison peut menacer à un liant degré l'existence des caisses de s e c o u r s : la tendance d'aban- donner ce système s'accentue toujours plus.
La compagnie des mines el salines de Bex
LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE 201
met en réserve, chaque année, une somme qu'elle prélève sur ses bénéfices et au moyen de laquelle elle sert des pensions viagères a u x ouvriers vieux et incapables de travail. Au 31 décembre 1893, cette réserve était de 21,000 francs. Huit ouvriers reçoivent chacun 100 francs par an et un ancien contre-maitre est doté d'une pension viagère annuelle de 500 francs.
La fabrique Buëche et Boillat à Reconvil- lier assure une pension viagère annuelle de 400 francs a u x ouvriers âgés de 00 a n s , après 20 a n s de travail clans leur établissement.
Assurance sur la vie. — Dans quelques rares fabriques, les patrons assurent leurs ou- vriers sur la vie.
La fabrique de farine lactée H. Nestlé as- sure à charpie ouvrier ayant travaillé 10 ans consécutifs dans uiie de ses fabriques une somme égale au 10°/» clés salaires qu'il a perçus pendant cette période. Le montant de la police porte intérêt, à 5 % l'an, que l'ouvri- er peut toucher chaque année en espèces. La somme assurée n'est payable qu'à la mort de l'ouvrier, a ses héritiers. Au 31 décembre 1803, il y avait 97 polices délivrées pour un capital de fr. 120,450.
Lc 31 décembre 1891, la maison Russ-Su- chard & Cie, à Serrières, annonça à ses ou- vriers qu'à partir de ce jour, tous ceux qui avaient 15 ans de service recevraient une as- surance de fr. 1000, payable, à leur décès, à leurs veuves ou à leurs enfants m i n e u r s : eux- mêmes ne recevraient que l'intérêt annuel de 50 francs. J u s q u ' à fin décembre 1893, deux IaIHiIl(1S ont reçu chacune mille francs, et 44 ouvriers et ouvrières ont touché la rente de 50 francs.
(A suivre.)
Nouvelles diverses
L ' é m i g r a t i o n a u x E t a t s - U n i s a, comme on pouvait s'y attendre, diminué beaucoup avec la crise américaine.
Les émigrants, par les deux grandes lignes allemandes, celles de H a m b o u r g et de Hrème, avait augmenté après la crise de Baring, en Europe ; ils ont naturellement diminué et leur nombre est tombé au quart de ce qu'il était en 1890.
P o u r les 4 premiers mois de l'année, on compte :
De H a m b o u r g . à Brème 1890 . . . ."2(5,700 38,400 1891 . . 33.200 ,400 1892 . . . . 42,100 50,000 1893 . . . . 21,300 28,900 1894 . . . . 10,500 14,900 Il n'est guère probable que les nouvelles entraves législatives apportées, en Amérique, à l'émigration, aient exercé une grande influ- ence. Les empêchements résultant du choléra de H a m b o u r g , au contraire, ont agi fortement.
Mais il est probable que la cause principale a été la situation économique. Il en est tou- jours ainsi dans l'histoire de l'émigration.
Les hommes vont là où ils se trouvent le mieux.
L e s g r è v e s a u x E t a t s - U n i s onl forte- ment contribué à ralentir l'essor de l'industrie.
Les propriétaires des mines ont en vain offert aux mineurs, en Pcnsylvanie, 05 cents, et dans l'Ohio, 50 cents par tonne. Dans les houillères de Pittsburgh l'augmentation offer- te fui de 13 cents, inférieure, d'ailleurs, de 14 cents à ce que réclamaient les ouvriers. Un nombre considérable d'usines et ces fabriques
furent contraintes de suspendre leur fonc- tionnement, faute de houille. Une grande quantité de houille fut expédiée de l'autre côté des g r a n d s lacs, oit on l'emmagasina, pour les besoins de la navigation. Quelques chemins do fer s'emparèrent, pour leur propre consommation, des charbons expédiés. Les droits de douane qui empêchent l'importation pèsent, en pareille occurrence, sur l'industrie.
On a pourtant importé des cargaisons de Car- diff dans le pays de Galle et de la Nouvelle p]cosse.
Une grève dos tisserands en soie dans le New-Jersey, grève actuellement terminée, a coûté a u x ouvriers 7 millions V2 de francs.
On calcule que plus de 250.000 ouvriers se trouvent encore engagés dans diverses grèves.
Au d i x i è m e c o n g r è s a n n u e l d e s c h e f s d e s b u r e a u x d e Ta s t a t i s t i q u e d u t r a - v a i l , à W a s h i n g t o n , 32 états ont été repré- sentés. On publiera des rapports sur les habitations ouvrières en Amérique et à l'étran- ger. Un rapport sur les quartiers pauvres de New-York, de Philadelphie, do Baltimore et de Chicago sera probablement présenté au Congrès. Lc bureau de M. Cai'oll W r i g h t , à Washington prépare aussi un rapport sur l'analyse chimique de l'air dans ces quartiers de New-York et de Philadelphie pendant les chaleurs de l'été et les froids de l'hiver. Lo Congrès a refusé de discuter la question de l'impôt unique de M. H e n r y George.
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c o n c e r n a n t l ' h o r l o g e r i e
p a r A l b e r t C h o p a r d , c o m p t a b l e à B i e n n e .
Extrait des Volumes des Marques de fabrique
p u b l i é s p a r l e B u r e a u f é d é r a l .
P r i x p o u r l a S u i s s e 2 f r a n c s , le p o r t e n s u s ; p o u r l ' é t r a n g e r , p a y a b l e
d ' a v a n c e , 3 f r a n c s , r e n d u f r a n c o . 2310 S ' a d r e s s e r a u B u r e a u C e n t r a l d e p u b l i c a t i o n s h o r l o g è r e s , 25a Le'opold
Robert, à l a C h a m b r e d u c o m m e r c e , r u e d e l a S e r r e , 27, à l a P a p e t e r i e A . - E . M a t t h e y , r u e L é o p o l d R o b e r t , 2 3 , à l ' i m p r i m e r i e R . l h e f e l i & Ci c, r u e L é o p o l d R o b e r t , 10, Chaux-de-Fonds, e t chez l ' A u t e u r .
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M é d a i l l e , P a r i e 1 8 8 9 . — HOItW C O N C O U R S , C h i c a g o 1 8 9 3 . P o d o m è t r e s p e r f e c t i o n n é s I b ' l i g . , et 1 3 l i g . , b r e v e t é s e t d é p o s é s . S p é c i a l i t é d e m i s e à O a u t o m a t i q u e . — C u r v i m è t r e s . — C o m p t e u r s
O u v r a g e s o i g n é et g a r a n t i . 2527
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