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La théorie du deuton et les forces d'échange de forme exponentielle

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(1)

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La théorie du deuton et les forces d’échange de forme

exponentielle

Theodore Kahan

To cite this version:

(2)

LA

THÉORIE

DU DEUTON ET LES FORCES

D’ÉCHANGE

DE FORME EXPONENTIELLE

(1)

Par THEODORE KAHAN.

(Institut Henri-Poincaré, Paris.)

Sommaire. - On établit l’équation d’ondes relative à la théorie du deuton (proton + neutron), dans

le cas d’une interaction d’échange entre le proton et le neutron. On montre ensuite, après la discussion de

cette équation, comment la connaissance des énergies des états simple et triple du deuton permet d’établir que l’interaction du type Majorana est environ trois fois plus intense que l’interaction d’échange du type Heisenberg.

On

peut

envisager

l’interaction

neutron-proton

soit

comme une force ordinaire comme le fait

Wigner

soit,

comme le font

Heisenberg

et

Majorana,

comme une force

d’échange

telle que celle

qui

est

responsable

de la liaison

homéopolaire.

Les forces ordinaires ne

présentent

pas de caractères de

saturation,

tandis que les forces

d’échange,

comme l’a montré la théorie de la molécule de

l’hydrogène

élaborée par Heitler et London donnent lieu à une saturation des liaisons.

Heisenberg

admet une interaction

d’échange

où la

charge négative

passe d’un

corpuscule

à l’autre sans modification du

spin

de chacun

d’eux; Majorana,

par

contre,

admet un

type

d’interaction dans

lequel

la

charge négative

et le

spin

sont

échangés

simultané-ment entre le neutron et le

proton.

Pour établir

l’équation

d’onde du deuton constitué par un

proton

et un

neutron,

nous

partirons

de

l’ana-logie

que

présente

la liaison

homéopolaire

de l’ion de molécule H2013H+ avec notre cas.

Notons dès maintenant que les forces d’interaction

présentent

un caractère tout à fait nouveau,

entière-ment différent de la nature des forces connues en

phy-sique atomique.

Une forme

particulière

pour l’inte-raction

proton-neutron

ne saurait se

justifier

que par la

comparaison

des résultats déduits de cette interac-tion avec les données

expérimentales

relatives aux noyaux

atomiques.

Ceci

dit,

on sait que la fonction d’onde U de la molé-cule

H2

ionisée,

est le

produit

de la fonction d’onde

électronique ~,,

(qui

dépend

de la distance de l’électron aux deux

protons a

et

b,

ra et

r6)

et de la fonction

d’onde ~,

relative aux mouvements des deux noyaux

(protons) (qui dépend

des coordonnées des deux

pro-tons r1 et

J’2)

~7=:’~(~

rô) ’~P (rl, r2)

~~e

(?~a, peut

être soit

symétrique

soit

antisymé-trique

par

rapport

à ra et rb, donc par

rapport

aux coor-données des deux

protons.

Comme la fonction d’onde totale U est

antisymétrique (les

protons

obéissent à la

statistique

de

Fermi)

doit être

antisymétrique

dans (1) Cf. T. KHAN C. R. de rAc. des Sciences, 1937, 204, p. 414.

les deux

protons

si

~e

est

symétrique

et

réciproque-ment. En vue de notre

problème, envisageons

en par-ticulier les états

électroniques qui correspondent

à un atome

d’hydrogène

à l’état normal

plus

un

proton.

Ils y a deux états de ce genre, l’un dont la fonction

propre tÿe

est

symétrique

par

rapport

aux coordonnées des deux

protons,

et l’autre pour

lequel ~,,

est

antisy-métrique.

Dans ce cas

l’énergie électronique

du

système

a pour

expression.

est l’interaction de Coulomb

(exprimée

en unités

ato-miques)

entre un atome

d’hydrogène

dans l’état fonda-mental

Lfonction

d’onde Ça

== 2 exp

(-

ra)]

et un

proton

à une distance r du noyau, et

désigne

l’intégrale

d’échange qui

mesure la

probabilité

de passage de l’électron d’un noyau à l’autre. Le

signe

-

correspond

à la fonction d’onde

symétrique,

le

signe +,

à la fonction

antisymétrique.

Un tel

échange

au cours

duquel

l’électron

change

de

place

se

produit

par

exemple

pour » = 4 rayons

d’hydrogène

Á,

tous les 10-14 sec, pour » =10

À,

tous les sU-8 sec, et pour r = 5.10-7 cm tous les 1011 ans. La liaison

chimique

H-H+

correspond

à la fonction d’onde

symétrique [-

Ve

(l’)].

La force

d’échange

est donc

proportionnelle

à la

fréquence

d’échange.

Le mouvement des deux

protons

est décrit par la

fonction de

Schrôdinger ~,

(Pb r2)

ou

~~p

(r,

S1

;r~ s~)

en mettant en évidence les coordonnées de

spin

s, et 82.

Pour

antisymétrique

il convient de

prendre

le

signe

-, pour

’fp

symétrique

le

signe

+.

On obtient ainsi deux

équations

d’ondes différentes

pour §p

sui-vant la

symétrie

de

’fp.

En introduisant

l’opérateur P,2

qui

a pour effet

d’échanger

les deux coordonnées des deux

protons,

on

peut exprimer

ces deux fonctions par

(3)

282

une seule fonction

si

Yp

est

symétrique,

et

si

~~p

est

antisymétrique.

On sait d’autre

part

que

l’énergie

électronique

doit être

regardée

comme

énergie potentielle,

pour r

(distance

des deux

protons)

donné,

en ce

qui

concerne le mouvement des noyaux de la molécule

(1).

L’équation

de

Schrodinger

relative aux

protons

prend

donc la forme suivante

[E énergie

totale de la

molécule]

(ni

masse du

proton).

Le second terme du second membre est

équivalent

à

(ri

si ;

r2 s2)

si

~p

est

symétrique,

et à

- Ve

(r,

S1 ;

j-,2 s,)

si

Çp

est

antisymétrique.

Comme

l’équation

de

Schrôdinger

que nous venons d’obtenir ne concerne que les

protons,

on

peut

directe-ment la

prendre

comme

point

de

départ

pour la thé-orie du deuton. Ainsi la théorie de l’ion de la molécule

d’hydrogène

suggère

une certaine forme d’interaction

qui

conduit à une saturation des forces nucléaires. Nous admettrons donc par

analogie

que

l’équation

de

Schrôdinger

relative à un neutron et un

proton

en interaction a pour

expression

m étant la masse du

proton

qui

est sensiblement

égale

à celle du

neutron,

6.p

et

o,~,

les

opérateurs laplaciens

relatifs au

proton

et au

neutron,

.E

l’énergie

totale,

J

(~°) l’énergie

potentielle

fonction de la distance 1~

= 7°p

- rn entre neutron et

proton

et un

opérateur

qui

échange

aussi bien les coordonnées que les

spins

des deux

particules.

On voit

qu’on

n’admet dans cette théorie aucune interaction

ordinaire V,

(r)

entre le

proton

et le

neutron,

en dehors de l’interaction

d’échange

L’équation (l.)

a été

proposé

pour la

première

fois par

Heisenberg

(2).

Elle conduit à un effet de saturation mais elle

correspond

à une interaction

qui dépend

des orientations relatives du

spin

du

proton

et du neutron. Pour nous en rendre

compte,

écrivons la formation

d’onde v

comme le

produit

d’une fonction

dépendant des

(1) Handbuch der.Physik, 24, 1, p. 524.

(2) IlisisicNBBRG. Z. Physik, i932, 77, p. 4 ; 1932, 78, p. 156

i933, 80, p. 587.

coordonnées

spatiales

seules des deux

particules

etd’une fonction

dépendant

des

spins

seuls :

Si les

spins

du

proton

et du neutron sont

parallèles,

la fonction de

spin s

est

symétrique

en sp

et sn

c’est-à-dire

si les

spins

sont

antiparallèles, s

est

antisymétrique

L’équation (1)

se transforme donc en une

équation

ne renfermant

plus

que la fonction de coordonnées spa-tiales seule u

(r

0 ’> Il

le

signe

+

concernant le cas de

spins parallèles,

le

signe

-, le cas de

spin

antiparallèle

pour le neutron et le

proton.

Par

conséquent

si J

(r)

est

négatif,

on obtient une attraction entre le neutron et le

proton

ayant

leurs

spins parallèles,

mais une

répulsion

dans le cas de

spins antiparallèles.

Si J

(r)

est

négatif,

c’est l’inverse. De toute

façon

l’interaction entre les deux

cor-puscules dépendra

des orientations relatives des

spins

et la saturation est atteinte

lorsqu’un

seul neutron est lié à un seul

proton,

le

spin

du neutron étant

paral-lèle ou

antiparallèle

par

rapport

an

spin

du

proton

suivant le

signe

de .1

(~’).

Ainsi non seulement un second neutron ne

pourrait

se lier au

proton

mais serait même

repoussé.

Le deuton serait donc un noyau saturé au lieu de la

particule

a, ce

qui

est contraire à

l’expérience.

C’est pour éviter cette

conséquence

que

Majorana

a

proposé l’équation

d’ondes suivante

P’,,,

étant un

opérateur

qui

appliqué

à la

fonction ~

a

pour effet d’échanger

seulementles coordonnées

spatiales

sans modifier les coordonnées de

spin :

On voit donc que tandis que dans

l’équation

de

Heisenberg,

les coordonnées

spatiales

sontinterchangées

en même

temps

que les coordonnées de

spin

dans le

terme

d’interaction,

dans

l’équation

de

Majorana

seules

(4)

ou en

appliquant l’opérateur

P’pn

de

Majorana

et on voit que la même fonction de

spin

figurera

alors des deux côtés de

l’équation

(3).

Il s’ensuit

qu’indépen-damment des orientations relatives des

spins,

l’équa-tion

(3)

se réduit à

0_2 "-,,’"

Il en

résulte qu’une

interac don

d’échange négative J (r)

conduit à une liaison du

proton

et du neutron,

quelles

que soient les orientations de

spins.

Il est

utile,

pour

l’application

de

l’équation (4)

au

deuton,

de

séparer

le mouvement du centre de

gravité

du deuton du mouvement relatif des deux

corpuscules

dans le deuton. Le second mouvement seul

présente

de l’intérêt. On le décrit par une fonction

d’onde (p

qui

dépend

des coordonnées relatives.

du

proton

et du neutron. Permuter les coordonnées des deux

corpuscules

revient donc à

remplacer

r par a’n -

ri

- - r, c’est-à-dire à

changer

le

signe

de r : :

Nous obtenons

ainsi pour

?l’équation

de

Schrôdinger

suivante en cas d’interaction du

type

Heisenberg

[J(.)=7~)]

et pour l’interaction du

type Majorana

~J(7~)=Il~(~°)~

étant la masse réduite

(mouvement

relatif).

2

)

Le

signe (+)

se

rapporte

aux cas de

spins parallèles,

le

signe

(-)

au cas de

spins

antiparallèles.

Si l’énergie

Edu

système

proton-neutron

est négative,

- E

représente l’énergie

de liaison du deuton.

Comme

l’énergie

d’interaction J

(1’)

est censée avoir

une

symétrie

sphérique, l’équation (6)

peut

être

séparée

en coordonnées

polaires

r, 8, c en

posant

Pim {6)

est une fonction

sphérique harmonique

que nous supposerons normalisée. Les

fonctions e (1»

et o

(- r) figurent

l’une et l’autre dans

l’équation

(6).

Si les coordonnées

polaires

du

point

(x,

y,

z)

sont 1~,

6, b,

les coordonnées du

point

r

(-

x, - y, -

,~)

sont

’., 7t -

e, 7t

+

a. Or on démontre que

Plm

(x

-

~)

exp im

(x + 0)

=

(-

I)l

P,,, 0)

exp

par

conséquent

l’équation

d’onde de la fonction R

Cr)

prend

la

forme, après

des transformations

classiques,

Si

négative,

le

second membre de (8)

co

.i e , po nd à une

énergie

d’interaction attractive au cas où 1 est

pair

et à un

potentiel répulsif,

au cas où 1 est

impair.

Cette alternance du

signe

de l’interaction pour 1

pair

et

impair

caractérise les forces

d’échange.

L’état

quantique

fondamental

correspond

à / =

0,

si

l’on suppose que est

négative.

La fonction d’onde propre satisfait alors à

l’équation.

(r)

4 it2

m

ER ,

4

7C2 rr M R (7 .

d h2 2

( )

h2 2

( )

’ ’,

La fonction R

(r)

doit s’annuler en même

temps

que ? car autrement la

fonction cp

(r)

deviendrait infinie pour r - 0

d’après l’expression

(7).

Bethe et Peierls ont démontré d’autre

part

que le deuton ne

peut posséder

d’états excités stables

différant

de l’état

fondamental

(nombre

quantique

azi1nutall ==-

0)

par leurs mouvements orbitaux si l’on

fait

abstraction du

spin

et si l’on admet l’existence de

grandes forces

intranucléaires à rayon d action

fini.

Toutefois,

il y a lieu de

prévoir

l’existence d’un second état du deuton

qui

diffère de l’état fondamental par le

spin

total. Dans l’état

fondamental,

en

effet,

le

spin

du deuton

(exprimé

en

A/2 7:)

est une

unité,

c’est-à-dire que les

spins

du

proton

et du neutron sont

parallèles.

Il

peut

donc y avoir un état avec

spins

antiparallèles

des deux

corpuscules,

et par

suite,

caractérisé par un

spin

total nul. Ce second état est un état

simple

(poids statistique 1)

tandis que l’état fondamental est un état

triple

(triplement dégénéré

à

cause des trois orientations

possibles

du

spin

par

rapport

à un

champ

magnétique).

Si l’on admet seulement une interaction du

type

Majorana,

les

énergies

de l’état

triple

et de l’état

simple

sont

approximativement égales.

Leur différence ne serait alors due

qu’à

une interaction

magnétique

entre

les deux

spins.

En

supposant

une telle interaction entre les moments

magnétiques,

on arrive à une différence

d’énergie

d’environ 100 eV

(électronvolts)

entre les deux états du deuton. Or il y a de fortes raisons d’ordre

expérimental

pour penser que le niveau

énergétique

de l’état

triple

est d’environ 2 . f06 eV

plus

profond

que le niveau de l’état

simple.

L’interaction

(5)

284

Si nous

désignons

alors par

JI Cr)

le

potentiel

de

Majorana

et par celui de

Heisenberg,

l’équation des

ondes

(8),

relative à notre

problème,

s’écrira

(1

=

0).

où le

signe

+

est relatif à l’état

triple

et le

signe

- à

l’état

simple.

Comme l’état

triple

est

plus

profond

que

l’état

simple,

il faut que M

(r)

et

H (?)

soient tous deux

négatifs (- E, énergie

de liaison du

deuton).

J’atlmets que le

potentiel

d’interaction de

Majorana

est cle la forme

(cratère

de

potentiel exponentiel)

et l’interaction du

type

Heisenberg

avec

a

(rayon (Faction)

_-_ 2.i02013~ cm. En

portant ( 1 Ù)

et

(11)

dans

(9),

on obtient

Pur résoudre celte

équation différentielle,

posons

de sorte que pour

L’équat’on

d’ondes

(12)

se transforme donc en

qui

est une

équation

différentielle de Bessel. Sa solution s’écrit

(’)

1

-r , , _

(solution

particulière

restant finie à

l’origine)

avec

p

_ 4xa /

,

~ ==

JP

étant une fonction de Bessel

d’ordre 1).

Comme la fonction R

(/’)

doit s’annuler à

l’origine

(î-

=

0)

pour que (p

(~)

reste

fini,

nous obtenons les deux conditions suivantes pour

Fi

et

V2

En utilisant les tables de fonctions de Jahnke-Emde pour le calcul des racines de

Jp

(x),

je

tire des conditions ci-dessus :

L’interaction du

type

Heisenberg

est donc environ trois fois

plus

faible que l’interaclion du

type

Majorana

dans le cas d’une interaction

d’échange

d’allure

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