A NNALES DE L ’I. H. P.
B ERNARD K WAL
Les difficultés de la théorie du méson et des forces nucléaires
Annales de l’I. H. P., tome 12, n
o4 (1951), p. 207-222
<http://www.numdam.org/item?id=AIHP_1951__12_4_207_0>
© Gauthier-Villars, 1951, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Annales de l’I. H. P. » implique l’accord avec les conditions générales d’utilisation (http://www.numdam.org/conditions).
Toute utilisation commerciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fichier doit conte- nir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
Les difficultés de la théorie du méson et des forces nucléaires
par
Bernard KWAL.
’1. Introduction. - La théorie du méson de
spin
1 seheurte,
àl’heure
actuelle,
à deux difficultésmajeures.
La
première
se rencontre dans leproblème
des valeurs propres del’énergie
et des fonctions proprescorrespondantes,
dans le cas duchamp coulombien.
La difficulté enquestion
a été discutée parTamm,
ainsique par Corben et
Scliwinger.
Nous ne nous en occuperons pasici,
bienque son examen fùt à
l’origine
dessuggestions
que l’on trouvera dans la dernièrepartie
de cetexposé.
’
2.
Équations
ducorpuscule
de spin 1. - Leséquations
d’onde ducorpuscule
despin
i ont été formées pour lapremière
fois par M. L.de Broglie,
en1934,
au cours de ses recherches sur la théorie de la lumière.~ Ces
équations
separtagent
en deux groupes, lepremier correspondant
au
corpuscule maxwellien (corpuscule
que nousdésignerons
souventpar le
symbole C; ~,
etqui
a la forme que voici : (2.I) {~jhjk = ak, ~kak = o,~j03B1k-~kaj = ~[jhkl] = o xhjk;
et le groupe
d’équations, correspondant
aucorpuscule
non maxwellien(de symbole C10), qui
s’écrit208
(Nous
écrirons~j pour ~ ~xj, l’indice j
variant de Ià 4 ~ ~x4
= I c~ ~t; la
notation [jk], [jkl]
et[jklm]
estemployée
pourdésigner
les formulescomplètement antisymétriques
en 2, 3 ou4 indices, respectivement. )
Dans la théorie de L. de
Broglie,
nous trouvonsdéjà l’interprétation
selon
laquelle
lequadrivecteur
akqui
seprésente
dans la théorie ducorpuscule Ci, joue
le rôle dupotentiel quadrivecteur
de la théorie deMaxwell-Lorentz,
à cette différenceprès, qu’il
neprésente
pas l’indé- termination de cedernier et que,
par voie deconséquence,
leséquations
du
corpuscule
despin
i n’admettent pas de transformation dejauge.
Pour ressortir
davantage
laparenté
duquadrivecteur ale
avec le poten- tiel de lathéorie électromagnétique,
M. L. deBroglie,
ainsi que tous les auteursqui
se sontoccupés
de la théorie ducorpuscule
despin
iécrivent
hjk
à’ laplace.
dexhjk,
de sorte que leséquations prennent
l’aspect
suivant :(2.Ia) {
~jhjk = x2ak, ~jak - ~kaj = hjk
;~kak = o, ~[jhkl] = o.
En
1936,
Proca retrouve leséquations
ducorpuscule G;,
mais en leconsidérant comme une
particule chargée;
de cefait,
leséquations
deL. de
Broglie
se trouventcomplétées
par les termesqui tiennent
compte ,de l’interaction avec le
champ électromagnétique.
Comme nous n’aurons pas à nous
préoccuper
de cetteinteraction,
nous n’allons donc pas écrire les
équations
deProca,
noussignalerons
néanmoins
la formeintégrale
de lathéorie,
donnée par cet auteur. On part de la fonction deLagrange
(~?.3) . , .
et l’on y considère les
grandeurs
aj, en tant que «potentiels )),
comme lesvariables
canoniques indépendantes,
tandis que lesgrandeurs
sontconsidérées,
en tant que «champs
», comme des formes.dérivées,
.définies à l’aide des relations
Les
équations d’Euler-Lagrange
duproblème
variationnel nous four- ,nissent alors les
équations
restantes ducorpuscule C~.
Après l’apparition
dupremier
Mémoire deYukawa,
où a étéenvisagé
209
°
l’hypothèse
d’un véhiculecorpusculaire
des actions à l’échellenucléaire,
véhicule de masse propre intermédiaire entre celle de l’électron et celle du
proton,
différents auteurs ontdéveloppé
la théorie des mésonsnucléaires,
baséesur les équations
dutype envisagé
par L. deBroglie
et par Proca. ,
’ ’
On doit à Kemmer le nom du méson
vectoriel,
donné aucorpuscule C;
et, le nom du méson
pseudoscalaire,
donné aucorpuscule C10,
Cettenomenclature est basée évidemment sur
l’interprétation
desgrandeurs
aj et comme
jouant
le rôle despotentiels.
On doitégalement
àKemmer l’introduction des
équations duales,
et lescorpuscules
corres-pondants
ont reçu le nom descorpuscules pseudovectoriels
etscalaires, respectivement.
’
3. Théorie du
champ
mésique nucléaire. - La théorie des interac- tionsnucléaires,
basée surl’emploi
deséquations
ducorpuscule
despin
1 , s’est heurtée dès le début à un obstacleinsurmontable,
que des artifices diverspermettent
de contourner d’une manière assez peu satisfaisante.Dans cette
théorie,
on admetqu’en première approximation
les étatsdes
nucléons peuvent se déduire deséquations
de Dirac. On introduit alors comme « sources » duchamp mésique,
d’une part lequadrivecteur
courant
(3.I) g1
Sj = g1(03C8*03B3j03C8)
03B4(r-r’),~~(r- r~’)
étant la fonctionsingulière.
deDirac,
n’ étant la coordonnée dunucléon] ;
d’autre part, le tenseur « momentmagnétique
et élec-trique » .
(;3.2) -
sont lès matrices de von
Neumann, qui permettent d’écrire
leséqua-
tions de Dirac sous la forme
(Y~ d j -~- x ~ ~ - o, Y~~=1~JY~2014y~ ;
.ensuite les tenseurs suivants : .
(3.3)
f2S[jkl] = f203C8*03B3[jkl]03C8 03B4(r-r’),
(3.4) f1S[jklm] =f103C8*03B3[jklm]03C8
03B4(r-r).En
présence
de ces sources, leséquations
du méson « vectoriel » et duméson «
pseudovectoriel » s’écrivent, respectivement
De ces
équations,
on déduit facilement leséquations
du second ordre suivantes : 1Le terme
souligné,
parqui
diffère la formegénérale
deséquations auxquelles
satisfait lagrandeur hkl
de eelle deséquations auxquelles
,
satisfait la
grandeur
ak,provient
de la non-nullité de la «divergence »
de’
la source
S/fj,
en contraste avecInéquation
de continuité~jSj =
o. C’estce terme
souligné qui
estresponsable
del’apparition
d’unesingularité
en r-3 dans la solution de
l’équa tion (3 . 7 b).
’
On trouve de même les
équations
du second ordre relatives aucorpuscule C~
’
Le terme
souligné
estégalement
iciresponsable
d’unesingularité
en ".-3. Dans le cas
statique, le quadrivecteur spin S[klm]
et le tenseurS[klJ
de la théorie de Dirac se réduisent tous les deux aux mêmes compo-santes
spatiales
d’un vecteur axialqui
est lespin.
Onconçoit
donc que lemélange
des actions véhiculées par lecorpuscule Ci
et par le corpus- culeC~ permet,
dans le casstatique,
desupprimer
lasingularité
en r--3.C’est sur cette remarque, que
Moller
et Rosenfeld ont bâti leur théorie bien connue.En
effet,
àl’approximation
nonrelativiste (v - o),
les différentes formes bilinéaires de la théorie de Dirac,qui
servent ici des sources duchamp mésique,
se ramènentà quatre, qui
sont les suivantes :2II
Il en résulte que dans les seconds
membres
deséquations (3.; )
et(3.8) figurent
les dérivées de la mêmegrandeur S,
dont on peut se débar-rasser en
mélangeant
d’une manière convenable leschamps
du mésonvectoriel et du méson
pseudoscalaire.
Mais cette
propriété
ne subsistequ’à l’approximation statique,
c’est-. à-dire aussi
longtemps
que les nucléonsresponsables
duchamp mésique
peuvent
être considérés commerigoureusement
immobiles. Car étant donné le caractère relativiste différent desgrandeurs qui figurent
dansles seconds membres des
équations (3 . ~ )
et(3. 8 ),
il n’est paspossible
que les termes
qui
y interviennentpuissent
se compenser mutuellement.Comment déduit-on les
équations précédentes
duprincipe
de l’actionstationnaire ? On introduit à cette fin les fonctions de
Lagrange
suivantes : (3 . g a)ï~= ~A/~A~-+-~/~--+-~~’S/-t-~-~/S~
, .(3.96)
Lpsc = I 6 b*jklbjkl + I 24c*jklmcjklm + f1 24 c*jklmSjklm + f*1 24 cjklmSjklm
.dans
lesquelles
on traite lesgrandeurs
aj et C jklm, en tant que «poten- tiels »,
en variablescanoniques indépendantes,
tandis que lesgrandeurs hjk
et b jkl sontconsidérées
comme des formesdérivées,
définies à l’aidedes relations (3.Ioa)
(3.106)
xbjkl = ~mC[jklm] -f2S[jkl].
Les
équations d’Euler-Lagrange,
fournissent alors leséquations
d’onderestantes et ainsi tout
paraît
pour le mieux dans le meilleur des mondes.Mais tout se
gâte irrémédiablement
dès que l’ondétermine,
selon lemême
procédé, l’énergie
d’interaction desnucléons,
due auxchamps mésiques envisagés.
Eneffet,
les fonctions deLagrange,
nous condui-sent aux
expressions
suivantes de la densité de l’Hamiltonienqui
fontapparaître
des termes d’interaction de la formeDans ces termes d’Interactions
figurent
deschamps qui présentent
desfortes
singularités, qui empêchent
l’existence desétats
stables pour un ensemble de deuxnucléons, couplés
par lechamp mésique.
Eneffet,
si l’onadmet que l’état du
nucléon,
en l’absence de l’interaction estreprésenté
par
l’équation
de DIrac(3.I4) (03B3i ~j + xn) 03C8 = o,
alors il est
évident,
par les raisons de l’invariancerelativiste, qu’en pré-
.sence du
champ mésique,
émanant, d’un autrenucléon,
leséquations
d’onde ne peuvent s’écrire que de la manière suivante : _
~3.I5C~)
~^t1 dj-~--x~i~~~=~~’1’~l~j-~- g~~’(Ik~ÏZjk)~
dans le cas d’interaction par mésons
vectoriels,
et(3.I5b) (03B3j~j+n)03C8(f2 603B3[jkl]bjkl+f1 2403B3[jklm]cjklm)
03C8dans le cas
d’interaction’
par mésonspseudoscalaires.
~
’
~
D’après
ce que nous avonsplus haut,
aj et CjjEl,l2.présentent
dessingularités jusqu’à
l’ordre de r-2, tandis quehjk
etbjkl, jusqu’à
l’ordrede r"’. En
présence
de tels termes, leséquations (3. 15 a)
et(3. I ~ b )
n’admettent pas des solutions relatives aux états sta tionnaires.
4. Critique de
l’interprétation
courante des concepts des champs et ~ .des
potentiels
en. théorie ducorpuscule
despin
1. - Nous n’avons . pas l’intention d’examiner ici deplus près
lesdifférentes
théoriesqui
ont été
proposées
pour tourner l’obstacle dessingularités gênantes qui
s’introduisent dans
l’expression
del’énergie
del’interaction,
nid’essayer
de juger dans quelle
mesure elles ontréussi dans leur dessein. Car nous allons soulever unequestion préjudicielle
en contestant lalégitimité
de2I3
ta
procédure théorique
habituelle où l’on assimile auxpotentiels
cer-,
taines
grandeurs physiques qui
n’en ontqu’une
apparencepurement
formelle.~
Remarquons
de suite que lafaçon
laplus
naturelle d’écrire leséqua-
tions d’onde des
corpuscules C~
etC~
estcelle, présentée
en(2.
lecoeflicient de masse x
apparaît
d’une manièresymétrique
devant lesgrandeurs ak
elhjko C’est, d’ailleurs,
à cette manière d’écrire leséqua-
tions
qu’on
estamené,
si l’on désire leur donner une formeanalogue
aux
équations
de Dirac. On pose dans ce cas(4.i)
~i~i;~L+---~, =o,
avec x,= ict;les matrices introduites par Petiau
[4]
en1 935 ,
satisfont les relationsde commutation .
(4.2) - ’
Si dans ces
équations
on pose x = o, on obtient bien leséquations
deMaxwell
auxquelles
satisfont lesgrandeurs hjk,
mais on n’obtient pas les relations parlesquelles
cesgrandeurs
dérivent despotentiels.
Pour obtenir ces dernières
relations,
on introduit unedissymétrie
dansla
théorie,
enposant xhjk
=Or,
iln’y
a aucune raison apriori
pour ne pas faire la
manipulation inverse,
enposant
cette fois-cia.
On aboutit dans ce cas auxéquations
suivantes :(4.3)
~jak-~kaj-2hjk = g2Sjk,
’~j hjak-ak = g1Sk,
’et cette
fois-ci,
dans le cas limite x ~o,
nous ne nous trouvonsplus
enprésence
deséquations
de Maxwell. Pourtant cette nouvelleprésentation
des
équations
ducorpuscule
« vectoriel » despin
i est aussi bonne que laprécédente,
mais où ce sontplutôt
lesgrandeurs h jk qui jouent
lerôle des
potentiels
et lesgrandeurs a;
celui deschamps !
Nous pouvons introduire la fonction deLagrange
suivante :(4.4) L =
I 2( 2 2h*jk hjk
+ a*jaj)- (g2 2
h*jkS jk +conj.),
où les formes dérivées aj sont définies par les relations
214
Et la théorie continue comme
précédemment
avec la mêmeexpression
pour l’hamiltonien. ,
Nous voyons donc
qu’au
fond lesgrandeurs
aj ethjk jnuent
un rôleabsolument
symétrique
dans la théorie ducorpuscule
despin
i.Or,
ce n’est pas le cas en théorie
classique
deMaxwell-Lorentz,
où une dis-tinction très tranchée se trouve établie entre les
potentiels
et leschamps qui
dérivent despremiers grâce
aux relations irréversibles(4.6)
.distinction accentuée par l’indétermination des
potentiels, qui
ne sontdéfinis
qu’au gradient
d’une tonction scalaireprès,
car si l’on substitueau
potentiel Ait
un autre(4.7) . , A’k = Ak + ~k03A6,
les valeurs des
champs
nechangent
pas. Leschamps
de la théorie de Maxwell sont invariants parrapport
à la transformationappliquée
aux °potentiels, qu’on désigne
sous le nom de latrans f ormation
dejauge.
Ce n’est pas la transformation de
jauge
laplus générale ;
onpeut prendre
aussi la transformation suivante : ’
(4.8) ) A7k = Ak +
~l03A6[lk]
,pourvu que la fonction
génératrice
de la transformation satisfasse àl’équation
(4.9)
~l~l03A6[jk]
+~l(~[j03A6kl])
= o.Or,
dans la théorie ducorpuscule
despin
i, lésgrandeurs
aj ethjk
sontbien
déterminées,
est, nil’une,
ni l’autre n’estsusceptible
d’une trans-formation de
jauge.
5. Les
potentiels
« vrais » et la transformation dejauge
en théorie ducorpuscule
despin
1. - Nous arrivons donc à la conclusion que lequadrivecteur ak qui
s’introduit dans leséquations
duchamp
du corpus-cule dit « vectoriel » ne peut pas être considéré comme un
potentiel,
dans le sens que donne il ce
concept
la théorieclassique
deschamps.
Iln’a
qu’une
apparence d’unpotentiel,
apparencequ’on
accentue artificiel- lement en divisant leséquations (2. i )
par le facteur de masse x. En réa-lité,
il doit être traité sur un mêmepied d’égalité
que lechamp h jk
et c’est’
2I5 donc une
place usurpée
à unpotentiel
« vrai »qu’il occupe
dansl’expression
de l’hamiltonien. -Car nous allons montrer
qu’il
estpossible
d’introduire unpotentiel
«
vrai », qui possède
toutes lesqualités requises
pourjouer
réellement.
’
ce rôle : les
champs h jj,
et aj s’en déduisent pardérivation,
il est sus-ceptible
d’une transformation dejauge
et il satisfait auxéquations
D’Alenlbert-Poisson où les sources
figurent
au second membre.’
Pour trouver
l’expression
de cepotentiel vrai,
nous nous laisseronsguider
par l’artificemathématique
de lacinquième
coordonnée. Nous n’attachons à ceprocédé
aucunesignification
autre que cellequ’il
fournit une méthode
rapide
de traiter correctement lesreprésentations
relativiste des
grandeurs physiques
situées en dehors du cône de la lumière.L’emploi
de lacinquième
coordonnée ramène l’étude de sesreprésentations
à celles relatives àl’espace isotrope
àcinq
dimensions.Dans
l’espace
àcinq dimensions,
dont lacinquième
dimension résulte del’adjonction
d’une dimension scalaire auxquatre
dimensions del’espace-temps,
nous pouvons dresser le tableau suivant desgrandeurs
tensorielles avec leurs
correspondances
dansl’espace-temps :
Grâce à
l’emploi
descinq coordonnées, les équations
du méson vec-toriel et celles du méson scalaire
peuvent
s’écrire de la manière condensée suivante :(5.2a) d x = o, ~[03B1
h03B203B3] =
o ;(5.2b) ~03B4b[03B103B203B303B4] = o, ~[03B1
b03B103B203B3~]
= o,à condition de considérer que
l’opérateur d~
se ramène à lamultiplication
par x et de poser
’
’
h03B103B2
= hjk (03B1, 03B2 ~ 5), h03B15 = -h503B1 = a03B1.Les
équations
du méson vectoriel ontdonc, grâce
àl’emploi
descinq coordonnées,
la formed’équations
de Maxwell.Or,
dans un espace à un nombrequelconque
dedimensions,
leséquations de
Maxwelljouissent
des
propriétés
fondamentales suivantes : .2I6
10 On
peut
définir unpotentiel
n-vecteurPa,
tel que l’on a (5.3)h03B103B2 = ~03B1P03B2-~03B2P03B1, ~03B1~03B1P03B2-~03B2(~03B1P03B1)
= oet
qui
estsusceptible
d’une transformation dejauge
’(5.4) P03B1= P’03B1+~03B103A6 .
(et
d’une transformation dejauge plus générale),
2°
On
peut définir unanti-potentiel,
tenseurcomplètement antisymé-
_trique
à trois indicesP[03B103B203B3],
tel que l’on a(5.5) ° ,
et
qui
estsusceptible également
d’une transformation dejauge
.(5.6)
. Nous voyons donc que les
champs
du méson vectoriel admettent unpotentiel
pentavecteur(c’est-à-dire
unquadrivecteur Pj
et un scalaireP;; )
etqu’on peut
écrire’
(5.7)
hjk = ~jPk - ~kPj, aj = xPj - ~jP5.
Mais on peut
aussi
introduire unantipotentiel P[03B103B203B3], qui
se ramènedans
l’espace-temps
à unpotentiel-tenseur PUIB]
et unpotentiel pseudo-
quadrivecteur
On a dans ce cas ’(5.8)
hjk = xPjk + ~lP[jkl], aj = ~kPkj.
Nous avons donc aussi une indétermination dans le choix des
poten-
tiels. Cette indétermination existeégalement
dans la théorie de Maxwell- Lorentz.On y
choisit lepotentiel quadrivecteur parce
que celui-ci est .adapté
aux sources duchamp électromagnétique qui
sont dutype
.
quadrivectoriel.
Dans la théorie du
méson,
nous allons doncégalement
nousguider
par la nature des sources du
champ, auxquelles
nous allonsadapter
nospotentiels.
Si les sources étaientfigurées
par unquadrivecteur
etun scalaire,
nous aurions choisi lepotentiel pentavecteur;
si elles étaientfigurées
par un tenseur et unpseudoquadrivecteur,
nous aurions choisi le secondpotentiel. Or,
dans le cas de’ la théorie du méson, les sourcessont
représentées
pàr unquadrivecteur
et un tenseur,grandeurs qui
se2I7
partagent
entre les deux groupesd’équations
duchamp
En se basant sur les raisonnements
précédents,
nous allons donc introduire unpotentiel qui participe
à la fois dupotentiel Pa
et de l’anti-potentiel
en posant :Il est facile de voir
qu’on
a alorsSi le terme
souligné
nefigurait
pas dans la définition deItjk
en fohc-tion des
potentiels,
nous aurions eu dans le second membre de ladernière équation
un termesupplémentaire I x2(~l~[jSkl]) présentant
uneforte
singularité.
’. Les
potentiels
que nous venons d’introduire satisfont à la transforma- tiongénéralisée
dejauge
~i condition que les fonctions
génératrices
de latransformation
satisfassentaux
équations
que voici ~ - .Montrons maintenant comment l’introduction des
potentiels
« vrais »modifie la forme
canonique
de la théorie ducorpuscule
despin
i.Tout
d’abord,
enanalogie parfaite
avec la théorie de Maxwell-Lorentznous allons écrire la fonction de
Lagrange
de la manière que voici : .II8
où
Pj
etPjk
sontconsidérés,
en tant quepotentiels,
comme les variablescanoniques indépendantes,
tandis que leschamps hjk
et a j s’en déduisent _ par dérivation selon les relations _’
On trouve alors facilement les
équations d’Euler-Lagrange
sous laforme suivante : . ’
. De la forme de la fonction de
Lagrange, jointe
aux considérations de l’invariancerelativiste,
nous écrirons leséquations
deDirac,
décrivantl’état d’un nucléon se mouvant dans le
champ
du mésonmaxwellien.
dela manière suivante : .
Nous introduisons ainsi dans
l’équation
de Diracuniquement
lPspotentiels.
Nous pensons d’ailleurs que l’introduction des
champs
dans cette~
équation,
comme on le faitactuellement,
à la suite dePauli,
est. non ,seulement
arbitraire,
mais Incorrecte.L’introduction des
potentiels généralisés
dansInéquation
de Diracnécessite d’ailleurs de
généraliser
latransformation
dephase, qui
accompagne les transformations de
jauge,
effectuées sur lespotentiels,
afin de redonner à
l’équation
de Dirac sa formeprimitive.
En
présence
duchamp électromagnétique, l’équation
de Dirac s’écrit .(5.18) x) ~y = ~’
~
.
et à la transformation de
,jauge -
(0.19)
on doit associer la transformation
de phase
2I9
Nous avons montré
[19]
que dans le cas despotentiels généralisés qu’on peut
introduire dansl’équation
deDirac,
les transformationsgénérales
dejauge, qui
font intervenir des fonctionsgénératrices
dutype scalaire, vectoriel, tensoriel,
etc. demandent l’intervention des transformationsgénérales
dephases
dutype
~ J . 2I ) l,V =
[ ex p (E
+ s 1 yj ~; + ... )] cL;ainsi dans notre cas, à la transformation de
jauge
~
j
P~ = Pk , + ,(~J.22)
i
p~~
avec
(5.23 )
(Cl -- 2) f 03A6j, 03A6jk i - o,~j03A6j =
0,correspond
la transformation dephase (et
depolarisation)
6. Les équations fondamentales de la théorie des corpuscules
Cô, Ci’
etC’10.
- Nous voyons donc que leschamps
aj ethjk
de la théorie ducorpuscule
maxwellien despin
ipeuvent
être dérives despotentiels
vrais
Pj
etPjk.
En théorie habituelle duméson,
où l’on traite enpotentiel le champ
aj, lecorpuscule
enquestion
porte le nom du méson« vectoriel ». Nous allons abandonner cette
nomenclature, qui
reflèteune
conception
despotentiels
que notre théorie nejustifie
pas, et nous allonsreprendre
la nomenclature dupremier
auteurqui s’occupa
de lathéorie du
corpuscule
despin
1, à savoir de M. L. deBroglie.
Nousdésignerons
ainsi à l’aide dessymboles C 1, C~, C’/
etC~’,
que nousavons utilisés dans notre
Thèse,
lescorpuscules : maxwellien,
nonmaxwellien ou
broglien, pseudo-rnaxwellicn
etpseudo-broglien,
respec-tivement. _
Les
équations
fondamentales de)a
théorie ducorpuscule
maxwellienont été écrites au
paragraphe précédent.
Il nous reste àétablir,
en par-tant des mêmes
considérations,
leséquations
descorpuscules C, C 1’
etC’01.
C’est ce que nous allons faire maintenant.Équations
de la théorie ducorpuscule broglien
:Équations
de la théorie dizcorpuscule pseudo-maxwellien C]
:221
Équations
de la théorie ducorpuscule pseudo-broglien C’10:
, ,
7. Conclusion. - Selon le
point
de vueadopté ici,
leschamps qui
décrivent le comportement ondulatoire des
corpuscules
despin
i,peuvent
être dérivés despotentiels.
Ce sont cespotentiels qui
doiventservir pour la construction des termes d’interactions avec les sources.
Ce faisant on est amené à écrire les
équations
deDirac,
décrivant lecomportement
des nucléons enprésence
des différentschamps mésiques
de la manière que voici :
où les
potentiels
satisfont auxéquations
de d’Alémbert-Poisson .Dans les théories
habituelles,
ce sont leschamps qui figurent
dans lesseconds membres des
équations
de Dirac. Si donc notre théorie estacceptable,
elle rendrait caducs laplupart
des résultats obtenusjusqu’ici
en théorie des forces
nucléaires,
basée surl’emploi
deschamps mésiques.
Nous nous proposons donc de réétudier dans un
proche
avenirquelques
.problèmes
fondamentauxqui
se posent enphysique
nucléaire.Je remercie M. Louis de
Broglie
de l’intérêtqu’il
atémoigné
pour cc’
travail,
et de sesprécieuses remarques qui
m’ontpermis
decorriger
deserreurs et m’ont
apporté
de nouvelles idées de recherche.BIBLIOGRAPHIE.
[1] L. DE BROGLIE, C. R. Acad. Sc., 198, I934, p. I35.
[2] B. KWAL, C. R. Acad. Sc., 199, I934, p. 23.
[3] L. DE BROGLIE, C. R. Acad. Sc., 199, I934, p. 445 et II65; Une Nouvelle Concep-
tion de la Lumière (Paris, Hermann, I934).
[4] G. PETIAU, C. R. Acad. Sc., 200, I935, p. I829; Mém. Acad. Roy. Belg. (Thèse),
vol. 16, I936.
[5] L. DE BROGLIE, Nouvelles Recherches sur la Lumiêre ( Paris, Hermann, I936).
[6] B. KWAL, C. R. Acad. Sc., 202, I936, p. I9I3.
[7] A. PROCA, J. Phys. Rad., 7, I936, p. 347.
[8] J. GÉHÉNIAU, C. R. Acad. Sc., 207, I938, p. II73; Contribution à la théorie de la
Lumière, de L. DE BROGLIE (Paris, Hermann, I939).
[9] N. KEMMER, Proc. Roy. Soc., 166, I938. p. I27.
[10] M. A. TONNELAT, C. R. Acad. Sc., 208, I939, p. 790.
[11] C. MOLLER et L. ROSENFELD, Det. Kgl. Danske Vid. Selskab, 17, I940, p. 8.
[12] L. DE BROGLIE, De la Mécanique Ondulatoire à la Théorie du Noyau’ ( Pari s, Hermann, vol. 2, I945).
[13] E. C. G. STUECKELBERG, Helv. Phys. Acta, 11, I938, p. 225.
[14] P. CALDIROLA, Nuovo Cimento, 19, I942, p. 25 et 300.
[15] C. SALVETTI, Nuovo Cimento, 3, I946, p. 257.
[16] B. KWAL, C. R. Acad. Sc., 206, I938, p. 238.
[17] B. KWAL, Recherches sur la Mécanique Ondulatoire Relativiste des corpuscules élémentaires, (Thèse, Paris, I945).
[18] B. KWAL, C. R. Acad. Sc., 225, I947, p. 922.
[19] B. KWAL, C. R. Acad. Sc., 228, I949, p. 980.
[20] B. KWAL, J. Phys. Rad., 10, I949, p. I89.
[21] B. KWAL, C. R. Acad. Sc., 232, I95I, p. 37; J. Phys. Rad., 12, I95I, p. 66.
[22] B. KWAL et L. DE BROGLIE, C. R. Acad. Sc., 232, I95I, p. 2056.