Analyse, s´eance 4 : exercices corrig´es
LES FORMULATIONS VARIATIONNELLES
Question 1
• D´efinir une formulation variationnelle et un principe du minimum pour le probl`eme ellip- tique suivant :
−d2u
dx2 +u = q(x) sur [0,1]
u(0) = u(1)
du
dx(0) = du dx(1)
(1)
On multiplie par v l’´equation diff´erentielle et on int`egre
∀v∈C1([0,1]) Z 1
0
−d2u
dx2v+uv dx= Z 1
0
qv dx
On int`egre par parties le premier terme
∀v ∈C1([0,1]) Z 1
0
du dx
dv
dx+uv dx+ [u0v]10 = Z 1
0
qv dx
On poseV ={v∈C1([0,1])/ v(0) =v(1)}. Pour u, v∈V le crochet est nul, on a donc
∀v∈C1([0,1]) Z 1
0
du dx
dv
dx+uv dx= Z 1
0
qv dx Puis comme d’habitude...
½ u∈V
∀v∈V, a(u, v) =L(v) (2)
avec
a(u, v) = Z 1
0
du dx
dv
dx+uv dx qui est une forme bilin´eaire sym´etrique d´efinie positive surV et
L(v) = Z 1
0
qv dx qui est une forme lin´eaire sur V .
Noter que l’on n’a pas impos´e la condition u0(0) =u0(1), celle-ci est devenu implicite.
Pourtant (2) est bien ´equivalent `a (1). Montrons le en d´emontrant la r´eciproque : Soit u solution de (2), apr`es int´egration par parties, il vient
∀v∈V Z 1
0
(−d2u
dx2 +u−q)v dx+ [u0v]10 = 0 Choisissons d’abordv / v(0) =v(1) = 0 , il vient
∀v∈C01([0,1]) Z 1
0
(−d2u
dx2 +u−q)v dx= 0
d’o`u l’on d´eduit que u v´erifie l’´equation diff´erentielle. On a donc, en prenant `a nouveau v quelconque
∀v ∈V Z 1
0
[u0v]10= 0 C’est `a dire, puisque v(1) =v(0)
∀v∈V Z 1
0
(u0(1)−u0(0))v(0) = 0 D’o`u u0(1) =u0(0).
• D´efinir une solution approch´ee ....
Comme d’habitude avec l’espace Vh des fonctions v∈C([0,1]), affines par morceaux sur un d´ecoupage de pash sur [0,1], v´erifiant v(0) =v(1).
½ uh ∈Vh
∀v∈V, a(uh, v) =L(v) (3)
• D´ecrire les fonctions de base et calculer compl`etement la matrice de raideur du syst`eme obtenu (on calculera les int´egrales de fonctions du second degr´e par la formule de Simpson).
Comparer avec les ´equations obtenues par diff´erences finies.
Il y a N fonctions de base : pour 1 ≤i≤N −1 , la fonction wi est la fonction “triangle”, nulle sur [0,(i−1)h] et [(i+ 1)h,1] et ´egale `a 1 en ih, et il faut ajouter une fonction wN, nulle sur [h,1−h], ´egale `a 1 en 0 et1.
Kest la somme des matricesK0 etK1 telle que K0i,i = 2
h, K0i,j =−1
h si|i−j|= 1 oun−1, K0i,j = 0 sinon K0i,i= 4h
6 , K0i,j = h
6 si|i−j|= 1 oun−1, K0i,j = 0 sinon
On notera la pr´esence d’´el´ements non nuls dans le “coin” sup´erieur droit et le “coin” inf´erieur gauche.
Ce qui conduit `a une ´equation courante
−ui−1−2ui+ui+1
h +hui−1+ 4ui+ui+1
6 =hqi−1+ 6qi+qi+1
6
Apr`es division par h on reconnait une approximation aux diff´erences finies, dans laquelle la valeur deu est calcul´ee par une moyenne sur trois points.
•Pourquoi ce probl`eme est-il ´equivalent `a la recherche d’une solution p´eriodique de l’´equation diff´erentielle (ce qui sugg`ere une mani`ere plus naturelle de construire les formulations) ? Si u(0) = u(1) et u0(0) =u0(1) on a aussi u00(0) = u00(1) et la fonction u se prolonge donc par translation en une fonction p´eriodique C2 v´erifiant l’´equation diff´erentielle. Pour ap- procher cet espace, il est naturel de consid´erer des fonctions continues, p´eriodiques, affines par morceaux. En restreignant ces fonctions `a l’intervalle [0,1] on retrouve l’espaceVh pr´ec´edent.
Question 2
Cas des charges concentr´ees
Sous les hypoth`eses du probl`eme de diffusion vu en cours, on suppose qu’un laser fournit en un pointM une quantit´e de chaleurQ (par unit´e de temps).
• Montrer que, pour en tenir compte, il faut modifier la formulation faible en ajoutant Q v(M) dans L(v). Noter que l’on ne peut plus choisir dans ce cas u∈ C1(Ω) car u admet une singularit´e logarithmique au pointM, on laissera de cˆot´e cette difficult´e th´eorique.
On consid´ere une densit´e de chaleurq² qui tend vers un flux ponctuel concentr´eQplac´e en M quand ²→ 0 et on fait un passage `a la limite dans la formulation variationnelle. `A cette densit´e est associ´ee dans la forme lin´eaireL(v) le terme
L²(v) = Z
Ω
q²v dΩ
Soit B² le disque de rayon ²centr´e enM, dont la surface est S²=π²2. Choisissons q²(x) = Q
S²
si x∈B², q²(x) = 0 sinon Il vient
L²(v) = Q S²
Z
B²
v dΩ et donc
L0(v) = lim
²→0 L²(v) =Qv(M)
•Quelle modification tr`es simple faut il effectuer sur les ´equations si le pointM est un noeud i?
La contribution de L0(v) au second membre est un vecteurQ0 dont les composantes sont Q0j =L0(wj) =Qwj(M)
SiM est un noeudi, la seule composante non nulle deQ0 est la composanteiqui vautQ, il faut donc ajouter Qau second membre de l’´equation i.
Remarquer que l’on obtient ainsi une interpr´etation du second membre des ´equations pour une densit´e r´epartieq(x) : le second membre est identique `a celui que l’on obtient en concentrant
la densit´e q(x) aux noeuds du maillage, la concentration pour un noeud ´etant donn´ee par l’int´egrale
Qi= Z
Ω
q(x)widΩ
En exploitant cette id´ee on peut interpr´eter intuitivement les ´equations, voir le polycopi´e p.
77.
Question 3
Supposons que l’espace d’approximation Vh v´erifie la propri´et´e de consistancesuivante :
∃Πhu∈Vh p
a(u−Πhu, u−Πhu)≤C(h)
qui signifie que l’on peut approcher `a h pr`es (au sens d’une norme hilbertienne) la solution exacte et r´eguli`ere u par une fonction de l’espace Vh, ce qui implique pour les normes que nous avons consid´er´ees une approximation de la fonction et de sa d´eriv´ee.
• En d´eduire une majoration de l’erreur : ...
Voir le polycopi´e p. 183.
Question 4
Formulations variationnelles de probl`emes non lin´eaires
•Montrer que la solution de : ....
La non lin´earit´e ne change rien `a l’affaire, on peut reprendre la d´emonstration vue en cours pour le probl`eme de diffusion.
On note F(v) une primitive de f(v). On pose : J(v) = 1
2a(v, v) + Z
Ω
F(v)dΩ− L(v) (4)
•Montrer que sif(v) est strictement croissante la fonctionJ(v) est une fonction strictement convexe (i.e. J(u+λv) est une fonction strictement convexe de λ∈R).
Ce r´esultat a d´ej`a ´et´e vu en cours d’optimisation (s´eance 2), redonnons l’argument principal : la fonction d’une variable r´eelle F(y) est convexe car sa d´eriv´ee est croissante ; la fonction d’une variableh(λ) =J(u+λv) est une fonction deλqui est strictement convexe car elle est somme d’un trinˆome du second degr´ea(v, v)λ2+ (a(u, v)−L(v))λ+Cte, qui est une fonction strictement convexe, et de la fonction λ → R
ΩF(u+λv)dΩ qui est somme de fonctions convexes, donc qui est convexe.
• Montrer qu’une fonction u ∈ V est solution de la formulation faible si et seulement si DJ(u) = 0, i.e. si et seulement u v´erifie :
∀v∈V0, DJ(u).v= d
dλJ(u+λv)|λ=0= 0
et que uest alors le minimum de J(v).
Le calcul de la diff´erentielle est standard (voir la s´eance 2 d’optimisation) et nous avons vu en optimisation que pour une fonction convexe un point o`u la diff´erentielle est nulle est un minimum.
•Montrer que ce r´esultat peut ˆetre utilis´e pour la d´efinition d’une approximation et conduit `a la r´esolution d’un syst`eme d’´equations non lin´eaires ´equivalent `a un probl`eme d’optimisation.
On d´efinit un sous-espace d’approximation Vh ⊂ V0 par des fonctions continues affines par morceaux sur un maillage de Ω en triangles. On d´efinit une solution approch´ee uh ∈ Vh comme solution du probl`eme d’optimisation
uh ∈ Vh (5)
∀v∈Vh J(uh)≤ J(v) (6) C’est un probl`eme de minimisation d’une fonction convexe, coercive, sur un espace de dimen- sion finie. Nous avons vu en optimisation que ce probl`eme avait une solution et une seule.
Pour effectuer les calculs on introduit la base usuelle wi, i = 1, . . . , n et la d´ecomposition uh =P
iujwj dans cette base et on d´efinit la fonction I(U) denvariables U= (u1, . . . , un) d´efinie par
I(U) =J(X
i
ujwj) La diff´erentielle de cette fonction est connue et calculable
DI(U).V=a(X
j
ujwj, v) + Z
Ω
f(X
j
ujwj)v dΩ o`u nous avons pos´ev=P
ivjwj. Nous avons vu dans le cours d’Optimisation que le minimum peut ˆetre calcul´e par des algorithmes d’optimisation tr`es efficaces (gradient conjugu´e ou quasi- Newton).
S.L