Lycée Ste-Marie Fénelon – la Plaine Monceau Classe de MP
Année 2018-2019 Mathématiques
Devoir surveillé n ◦ 6 – Concours blanc
du lundi 7 janvier Durée : 4 heures
Toute calculatrice interdite
Instructions générales :
Les candidats sont priés
• de vérifier que le sujet dont ils disposent comporte bien dix pages ;
• de ne traiter que le sujet qui leur est destiné :
? classique, composé des problèmes1et 2;
? corsé, composé des problèmes3 et4.
Merci d’indiquer clairement sur la première page de la première copie si vous traitez le sujet classique ou le sujet corsé.
Enfin, les candidats sont invités à porter une attention particulière à la rédaction : les copies mal rédigées ou mal présentées le sont aux risques et périls du candidat !
Remarque importante :
Si au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.
Bon courage !
PROBLÈME 1 — ALGÈBRE — SUJET CLASSIQUE Notations et objectifs
Dans tout le texteEdésigne unR-espace vectoriel de dimension finien >1. On noteIdl’endomorphisme identité deEetMn(R)leR-espace vectoriel des matrices réelles carrées de taillen. SiE1etE2sont des sous-espaces vectoriels deE supplémentaires, c’est-à-direE=E1⊕E2, on appelle projecteur sur E1parallèlement à E2l’endomorphismep deEqui, à un vecteurxdeE se décomposant commex=x1+x2, avec(x1, x2)∈E1×E2, associe le vecteurx1. On rappelle que siAest une matrice deMn(R), la matrice exponentielle deAest la matrice :
exp(A) =
+∞
X
k=0
1 k!Ak.
De même siuest un endomorphisme deE, l’exponentielle deuest l’endomorphisme : exp(u) =
+∞
X
k=0
1 k!uk.
Dans les parties I et II, on propose une méthode de calcul d’exponentielle de matrice à l’aide de projecteurs spectraux dans les cas diagonalisable et non diagonalisable.
Les deux parties sont indépendantes.
I – Un calcul d’exponentielle de matrice à l’aide de projecteurs spectraux, cas diagonalisable
SoitA∈ Mn(R)une matrice diagonalisable dont les valeurs propres sont : λ1 < λ2 < · · · < λr, oùrdésigne un entier vérifiant1≤r≤n.
1. Polynôme interpolateur de Lagrange. On noteRr−1[X] leR-espace vectoriel des polynômes à coefficients réels de degré inférieur ou égal à r−1.
On considère l’application linéaireφdeRr−1[X]dansRr définie par : P 7→ (P(λ1), . . . , P(λr)).
Déterminer le noyau de φ, puis en déduire qu’il existe un unique polynôme L de Rr−1[X] tel que pour tout i∈ {1, . . . , r},L(λi) =eλi.
2. Pour i∈ {1, . . . , r}, on définit le polynôme`i deRr−1[X]par :
`i(X) =
r
Y
k=1 k6=i
X−λk
λi−λk
.
(a) Calculer`i(λj)selon les valeurs dei etj dans{1, . . . , r}.
(b) En déduire une expression du polynôme L comme une combinaison linéaire des polynômes `i avec i ∈ {1, . . . , r}.
3. Une propriété de l’exponentielle.SoitP une matrice inversible de Mn(R)et Dune matrice deMn(R).
(a) Justifier que l’endomorphisme deMn(R)défini parM 7→P M P−1 est une application continue.
(b) En déduire que :
exp(P DP−1) = Pexp(D)P−1.
4. Déduire des questions précédentes queexp(A) =L(A).
5. On suppose queEest muni d’une baseBet on désigne parvl’endomorphisme deE dont la matrice par rapport à B est A. Soitλ une valeur propre de v et xun vecteur propre associé. Démontrer que pour tout polynôme P ∈R[X], on a :
P(v)(x) = P(λ)x.
6. Soiti∈ {1, . . . , r}, on noteEi = Ker (v−λiId)le sous-espace propre dev associé àλi.
(a) Démontrer que l’endomorphisme deE, pi =`i(v)est le projecteur sur Ei, parallèlement à
r
M
k=1 k6=i
Ek (on dit que les pi sont les projecteurs spectraux dev).
(b) En déduire une expression deexp(A)comme une combinaison linéaire de matrices de projecteurs.
II – Un calcul d’exponentielle de matrice à l’aide de projecteurs spectraux, cas non diagonalisable
Soituun endomorphisme deE dont le polynôme minimal est(X−1)2(X−2).
7. L’endomorphismeuest-il diagonalisable ? Justifier la réponse.
8. Écrire, sans justifier, un exemple de matrice triangulaire deM3(R)dont l’endomorphisme canoniquement associé a pour polynôme minimal(X−1)2(X−2).
9. Démontrer, sans aucun calcul, queE= Ker (u−Id)2
⊕Ker (u−2Id).
10. On considère les endomorphismes deE : p= (u−Id)2 et q=u◦(2Id−u). Calculerp+q.
11. Démontrer que l’endomorphismepest le projecteur surKer (u−2Id)parallèlement àKer (u−Id)2
. Que dire de l’endomorphisme q?
12. Soitxun élément deE.
(a) Préciser(u−2Id)(p(x)).
(b) Déterminer un nombre réelαtel que pour tout entier naturelk,uk◦p=αkp.
(c) En déduire queexp(u)◦p=βpoùβ est un réel à déterminer.
13. Que vaut pour tout entierk≥2,(u−Id)k◦q?
Démontrer que exp(u)◦q=γu◦q où γ est un réel à déterminer (on pourra écrire en justifiant que exp(u) = exp(Id)◦exp(u−Id)).
14. Écrire enfin l’endomorphismeexp(u)comme un polynôme enu.
PROBLÈME 2 — ANALYSE — SUJET CLASSIQUE
Dans tout le problème :
• f désigne la fonction définie surRparf(x) = 1
√1 +x4.
• F désigne l’unique primitive def qui s’annule en0, doncF(x) = Z x
0
√ dt 1 +t4.
• Pour toutndeN: an = (2n)!
4n(n!)2.
L’objectif de ce problème est de prouver l’existence, de déterminer la valeur exacte et une valeur approchée de la quantité
α = lim
x→+∞
Z x 0
√ dt
1 +t4 = Z +∞
0
√ dt 1 +t4.
Partie I : résultats préliminaires
1. Étude de la fonctionf
(a) Étudier la fonctionf et tracer sa courbe représentative(Cf).
(b) Déterminer le développement limité à l’ordre8 en0 def.
(c) Donner les valeurs def(k)(0)pourk∈[[0,8]]. Énoncer avec soin le ou les théorème(s) utilisé(s).
2. Étude de la suite(an)n
(a) Étudier la monotonie de la suite(an)n. (b) La suite(an)n est-elle convergente ?
(c) Démontrer que pour toutn∈N, an= 2n
n 1 4
n
. (d) Quel est le rayon de convergence de la série entièreX
n
anzn?
Partie II : étude de F
Notons(C)la courbe représentative deF. 1. Étude globale deF
(a) Démontrer queF est définie et de classeC∞ surR. (b) Donner les variations deF surR.
(c) Démontrer queF est impaire.M. Cochet : une démonstration, pas un baratin ! (d) Démontrer que pour toutx≥1, F(x)−F(1)≤1− 1
x.
(e) Énoncer le théorème concernant l’existence d’une limite finie en+∞d’une fonction croissante définie sur [A,+∞[(A >0).
(f) Déduire des deux questions précédentes queF admet une limite en+∞.
On notera désormaisα= lim
x→+∞F(x) = Z +∞
0
√ dt 1 +t4. 2. Étude locale deF
(a) Déterminer le développement limité deF en0à l’ordre9.
(b) Donner une équation de la tangenteT à(C)en0.
3. Lien avec α
(a) Démontrer que pour toutx >0, F(x)−F(1) =F(1)−F 1
x
. (b) En déduire queα= 2F(1).
Partie III : développement en série entière de F et utilisation
Considérons la série entièreX
n≥0
(−1)nan
4n+ 1 xn et sa sommeh(x). On admet que
√1
π· 1
√n+ 1 ≤ an ≤ 1
√π· 1
√n,
ce qui permet d’affirmer que an
n→+∞∼ 1
√πn. 1. Étude de h
(a) Donner le rayon de convergence de la série entière définissanth.
(b) Montrer queh(1)eth(−1) existent.
(c) Démontrer quehest continue sur[−1,1].
2. Développement en série entière de F
(a) Rappeler, siβ ∈R, le développement en série entière de la fonctionbdéfinie parb(x) = (1 +x)β. Sur quel intervalle ce développement est-il valable ?
(b) En déduire quef puisF sont développables en série entière au voisinage de0et préciser leur développement en série entière.
(c) Démontrer que pour toutx∈[−1,1], F(x) =h(x).
(d) En déduire queα= 2
+∞
X
n=0
(−1)nan 4n+ 1 . 3. Valeur approchée deα
Dans cette question, si p∈N,Spdésigne lap-ième somme partielle de la sérieX
n≥0
(−1)nan
4n+ 1 soit
Sp =
p
X
n=0
(−1)nan
4n+ 1 .
(a) Déterminer un majorant de|α−2Sp|dépendant de la suite(an)n.
(b) En déduire à la main un entierptel que2Sp soit une valeur approchée deαà 10−6 près (M. Cochet : on ne demande pas la plus petite valeur possible, juste un praisonnable).
(c) Écrire un programme python utilisant la majoration obtenue à la question (a), déterminant un entier p plus précis tel que de |α−2Sp|est inférieur à 10−6.
PROBLÈME 3 — ALGÈBRE — SUJET CORSÉ
Dans tout le problème, les espaces vectoriels considérés ontC, le corps des complexes, pour corps de base.
Étant donnés deux entiers naturels n et p non nuls, on note Mn,p(C) l’espace vectoriel des matrices à n lignes et p colonnes et à coefficients dans C (et 0n,p sa matrice nulle) et Mn(C) celui des matrices carrées à n lignes et à coefficients dansC(et 0n sa matrice nulle).
SoitE unC-espace vectoriel. On noteL(E)l’espace vectoriel des endomorphismes deE.
Un endomorphismeudeE est ditéchangeurlorsqu’il existe des sous-espaces vectorielsF et GdeE tels que E=F⊕G, u(F)⊂G et u(G)⊂F.
On dit queuestde carré nul lorsqueu2 est l’endomorphisme nul deE. On dit queuestnilpotentlorsqu’il existe un entier natureln≥1tel que un = 0.
Une matriceA∈ Mn(C)est ditede carré nul lorsqueA2= 0n.
L’objectif du problème est d’établir, pour un endomorphisme d’unC-espace vectoriel de dimension finie, l’équiva- lence entre les deux conditions suivantes :
(C1) l’endomorphismeuest échangeur ;
(C2) il existe (a, b)∈ L(E)2, tous deux de carré nul, tels queu=a+b;
La partie I est indépendante des autres. Les résultats de la partie III sont essentiels au traitement de la partie IV (ils peuvent donc être utilisés même si la partie III n’a pas ou a peu été traitée).
0 - Quelques considérations en dimension 2
On se donne ici unC-espace vectoriel de dimension2 et un endomorphismeudeE.
Jusqu’à la fin de cette partie, on supposeude trace nulle et de déterminant non nul.
On choisit un nombre complexeδtel que δ2=−det(u).
a) Montrer queu2=δ2IE, déterminer le spectre deuet préciser la dimension des sous-espaces propres.
b) Expliciter, à l’aide de vecteurs propres deu, une droite vectorielle D telle queu(D)6⊂D et en déduire queuest échangeur.
I - La condition (C1) implique (C2)
Soientnetpdeux entiers naturels non nuls. SoientA∈ Mp,n(C)et B∈ Mn,p(C). On considère la matrice M = 0
n B
A 0p
∈ Mn+p(C).
1. Calculer le carré de la matrice 0
n B
0p,n 0p
deMn+p(C). Montrer ensuite queM est la somme de deux matrices de carré nul.
Jusqu’à la fin de cette partie, on se donne un endomorphisme u d’un C-espace vectorielE de dimension finie. On suppose que u est échangeur et on se donne donc une décomposition E = F ⊕G dans laquelle F et G sont des sous-espaces vectoriels vérifiantu(F)⊂Getu(G)⊂F.
2. On suppose iciF et Gtous deux non nuls.
On se donne une base(f1, . . . , fn)deF et une base(g1, . . . , gp)deG.
La famille B= (f1, . . . , fn, g1, . . . , gp)est donc une base deE.
Compte-tenu des hypothèses, décrire la forme de la matrice udansB.
3. Déduire des questions précédentes queuvérifie la condition (C2).
On n’oubliera pas de considérer le cas où l’un des sous-espaces F ouGest nul.
II - La condition (C2) implique (C1) : cas d’un automorphisme
Dans cette partie, u désigne un automorphisme d’un C-espace vectoriel E de dimension finie. On suppose qu’il existe deux endomorphismesaet bdeE tels que
u=a+b et a2=b2= 0.
4. Soitf un endomorphisme deE tel quef2= 0. ComparerKer (f)à Im (f)et en déduire dim(Ker (f))≥ 1
2dim(E).
5. Démontrer queE= Ker (a)⊕Ker (b), et queKer (a) = Im (a)et Ker (b) = Im (b).
6. En déduire queuest échangeur.
III - Intermède : un principe de décomposition
On se donne dans cette partie unC-espace vectorielE de dimension finie, ainsi qu’un endomorphismef deE. On se donne un nombre complexe arbitraireλ. On posev=f−λIE.
7. Montrer que la suite (Ker (vk))k∈N est croissante pour l’inclusion.
8. Montrer qu’il existe un entier naturelptel que
∀k≥p, Ker (vk) = Ker (vp).
On introduira la plus grande dimension possible pour un sous-espace vectoriel de la forme Ker (vk)pour k∈N. Montrer qu’alors
Ker (vp) = [
k∈N
Ker (vk)
et que ppeut être choisi parmi les entiers pairs.
Dans la suite de cette partie, on fixe un entier naturel pairpdonné par la question 8 et l’on pose Ecλ(f) = [
k∈N
Ker (vk) = Ker (vp).
On notera queEλc(f)est un sous-espace vectoriel deE.
9. Montrer queEλc(f) = Ker (v2p)et en déduire
E=Eλc(f)⊕Im (vp).
Montrer en outre que les sous-espaces vectoriels Eλc(f)et Im (vp)sont tous deux stables par f.
10. Montrer queλn’est pas valeur propre de l’endomorphisme induit parf surIm (vp).
11. Montrer que siEλc(f)n’est pas nul alorsλest l’unique valeur propre de l’endomorphisme induit parf surEλc(f).
IV - La condition (C2) implique (C1) : cas non bijectif
Dans cette partie, on admet la validité de l’énoncé suivant.
Théorème: tout endomorphisme nilpotent d’un espace vectoriel de dimension finie est échangeur.
On se donne ici un endomorphisme non bijectifud’unC-espace vectorielE de dimension finie. On suppose qu’il existe deux endomorphismesaet bdeE tels que
u=a+b et a2=b2= 0.
12. Montrer queaet bcommutent avecu2.
On fixe maintenant un entier pairptel que E0c(u) = Ker (up), donné par la question 8.
13. Montrer que le sous-espace vectorielG= Im (up)est stable paraet bet que les endomorphismes induits aG et bG sont de carré nul.
14. En déduire queuest échangeur.On pourra utiliser, entre autres, le résultat final de la partie II.
PROBLÈME 4 — ANALYSE — SUJET CORSÉ
1. Fonction h:
Soit la série entière de terme généralun(x),n= 0,1,2, . . . , définie par la relation suivante : un(x) =
2n n
xn.
Rappel : pour tout entier strictement positif n et tout entier naturel p tel que0 ≤ p≤ n, n
p
= Cnp est le cardinal de l’ensemble des parties ayantpéléments d’un ensemble denéléments. Par convention :
0 0
= 1.
SoitR le rayon de convergence de la série entière de terme généralun(x); la sommehde cette série entière est la fonction définie à l’intérieur de l’intervalle ouvert ]−R, R[par la relation :
h(x) =
+∞
X
n=0
2n n
xn.
(a) Déterminer le rayon de convergenceRde la série entière de terme généralun(x).
(b) Démontrer que, sur l’intervalle ouvert de convergence]−R, R[, la fonctionhvérifie l’équation différentielle linéaire du premier degré
(1−4x)h0(x) = 2h(x).
(c) En déduire l’expression dehsur l’intervalle ouvert]−R, R[.
2. Fonctions Mp :
Soitpun entier strictement positif (p≥1) ; soitMp la fonction définie sur la demi-droite ouverte]− ∞,1[par la relation :
Mp(x) = 1 (1−x)p.
Déterminer le développement en série entière de la fonctionMp dans un voisinage de0. Exprimer le coefficient dexk à l’aide de
p+k−1
k =
p+k−1 p−1
. 3. Fonction f :
Soitf la fonction définie par la relation :
f(x) = 1
√
1−6x+x2. (a) Quel est l’ensemble de définitionDf de la fonctionf?
(b) Déterminer pour quelles valeurs du réelxla relation suivante f(x) = 1
1−x·h x (1−x)2
!
est vérifiée. En déduire que, dans un voisinage de 0, la fonction f est égale à la somme d’une série de fonctionsfn,n= 0,1, 2, . . . , définies par la relation :
fn(x) = λnM2n+1(x)xn.
Lesλn sont des scalaires qui seront déterminés ; il vient par suite : f(x) =
+∞
X
n=0
λnM2n+1(x)xn.
(c) Déduire des résultats précédents l’existence d’un développement en série entière de la fonctionf dans un voisinage de0 :
f(x) =
+∞
X
n=0
anxn.
Exprimer chaque coefficientan à l’aide de la somme d’une série. Préciser le rayon de convergence de la série entière de terme général anxn, n= 0,1,2. . .
(d) Démontrer que la fonctionf vérifie une équation différentielle linéaire du premier ordre : a(x)f0(x) +b(x)f(x) = 0,
dans laquelle les deux fonctionsaetb sont des polynômes de degré inférieur ou égal à2. Les déterminer.
(e) En déduire que les coefficientsan,n= 0,1,2, . . . du développement en série entière de la fonctionf vérifient, pour tout entiernsupérieur ou égal à1, la relation de récurrence(R) suivante :
(R) ∀n≥1, (n+ 1)an+1−3(2n+ 1)an+nan−1 = 0.
Déterminer les coefficientsa0,a1,a2et a3. 4. Fonction g :
Le but de cette question est la recherche d’une fonction gqui possède les deux propriétés : i. les valeurs deg(0) et deg0(0)sont données par les relations suivantes :
g(0) = 0, g0(0) = 1,
ii. le réelg(x)est la somme d’une série entière de terme généralbnxn,n= 0,1, 2, . . . , dont les coefficients bn, n= 0,1,2, . . . , vérifient la relation de récurrence suivante :
(R) ∀n≥1, (n+ 1)bn+1−3(2n+ 1)bn+nbn−1 = 0.
(a) Démontrer que les coefficientsbn,n= 0, 1,2, . . . , sont bien déterminés ; calculerb0, b1,b2 etb3.
En supposant le rayon de convergence de la série entière de terme généralbnxn,n= 0,1,2, . . . , strictement positif, déterminer une équation différentielle du premier ordre vérifiée par la fonctiong.
(b) Établir la relation :
g(x) = f(x)· Z x
0
f(t)dt.
(c) En déduire l’expression de chaque coefficientbn au moyen des coefficientsak,k= 0,1,2, . . . ,n. En déduire une minoration du rayon de convergence de la série entière de terme généralbnxn,n= 0,1,2, . . . . (d) Soitnun entier strictement positif ; soitdn le plus petit commun multiple desnpremiers entiers1,2, . . . ,
n. Démontrer que le réeldn·bn est un entier relatif : dn·bn∈Z.
Lycée Ste-Marie Fénelon – la Plaine Monceau Classe de MP
Année 2018-2019 Mathématiques
Devoir surveillé n ◦ 6 – Concours blanc – éléments de correction
PROBLÈME 1 — ALGÈBRE — SUJET CLASSIQUE
d’après CCP 2010 MP Maths 2
I – Un calcul d’exponentielle de matrice à l’aide de projecteurs spectraux, cas diagonalisable
1. Si P ∈ Kerφ alorsP(λ1) =· · · =P(λr) = 0 doncP admet rracines distinctes. Or deg(P)≤r−1 donc ceci implique queP = 0. Comme0∈Kerφ, on a Kerφ={0} .
Ainsi φ est une application linéaire injective deRr−1[X] dansRr. Mais dim Rr−1[X]
= dim Rr
doncφ est une bijection.
Tout élément de Rr admet donc un unique antécédent parφet c’est notamment le cas pour eλ1, . . . , eλr . Ainsi il existe un unique polynôme L∈Rr−1[X]tel que pour touti∈[[1, r]], L(λi) =eλi .
2. (a) On a facilement `i(λi) =δi,j (symbole de Kronecker) . (b) Procédons par analyse/synthèse.
SiLs’écrit comme combinaison linéaire de la famille `i
i∈[[1,r]], alorsL=
r
X
i=1
αi`i, donc pour toutj∈[[1, r]]: eλj =L(λj) =
r
X
i=1
αi`i(λj) =αj d’après (a).
Réciproquement, le polynôme P =
r
X
i=1
eλi`i vérifie bien : ∀j ∈[[1, r]], P(λj) =eλj et P ∈Rr−1[X] donc P =L.
Ainsi L=
r
X
i=1
eλi`i . 3. Une propriété de l’exponentielle.
(a) Toute application linéaire de source un espace vectoriel de dimension finie et de but un espace vectoriel normé quelconque est continue. Donc, ici M 7→P M P−1est continue .
(b) Par récurrence immédiate, pour tout k ∈ N, il vient P DP−1k
=P DkP−1. Par conséquent, pour tout N ∈N:
N
X
k=0
P DP−1k
k! =
N
X
k=0
P DkP−1 k! = P
N
X
k=0
Dk k!
! P−1. Par définition, quandN →+∞le premier membre tend versexp P DP−1
tandis que le second tend vers Pexp(D)P−1grâce à la continuité deM 7→P M P−1 car
N
X
k=0
Dk k!
N→+∞
−→ exp(D).
Il s’ensuit que exp P DP−1
=Pexp(D)P−1 .
4. Puisque A est diagonalisable, il existe P ∈ GLn(R) et D = diag µ1, . . . , µn
telles que A = P DP−1. On a alors,par récurrence immédiate, pour toutk∈N, Dk = diag µk1, . . . , µkn
donc, pour tout polynômeP ∈R[X]: P(D) = diag P(µ1), . . . , P(µn)
. Ainsi, d’une part :
∀N ∈N,
N
X
k=0
Dk
k! = diag
N
X
k=0
µk1 k!, . . . ,
n
X
k=0
µkn k!
!
et donc exp(D) = diag (eµ1, . . . , eµn).
D’autre partL(D) = diag L(µ1), . . . , L(µn)
= diag (eµ1, . . . , eµn)car chaqueµjappartient àSp(A) =
λ1, . . . , λr . Donc exp(A) = exp P DP−1
= Pexp(D)P−1 = P L(D)P−1. Or, d’après 3.(b) : L P DP−1
= P L(D)P−1. D’où enfin exp(A) =L(A).
5. Par récurrence immédiate, on a pour toutk∈N, vk(x) =λkx. Par conséquent siP =
d
X
k=0
akXk, alors
P(v)(x) =
d
X
k=0
akvk(x) =
d
X
k=0
akλkx =
d
X
k=0
akλk
! x
soit P(v)(x) =P(λ)x. 6. (a) ToutxdeE s’écritx=
r
X
j=1
xj avecxj∈Ej. On en déduit
`i(v)(x) =
r
X
j=1
`i(v)(xj) =5.
r
X
j=1
`i(λj)xj 2.(a)
= xi.
Il s’ensuit que pi =`i(v)est le projecteur surEi parallèlement à
r
M
k=1 k6=i
Ek .
(b) On a donc :
exp(A) =4. L(A)2.(b)=
r
X
i=1
eλi`i(A) =
r
X
i=1
eλi`i([v]B) =
r
X
i=1
eλi[`i(v)]B
ce qui donne avec 6.(a) : exp(A) =
r
X
i=1
eλi[pi]B .
II – Un calcul d’exponentielle de matrice à l’aide de projecteurs spectraux, cas non diagonalisable
7. Si u était diagonalisable, alors son polynôme minimal n’admettrait que des racines simples. Par conséquent un’est pas diagonalisable .
8. Prenons A=
1 1 0 0 1 0 0 0 2
. Il vientχA(X) = (X−1)2(X−2)doncπA(X) = (X−1)m(X−2)avec1≤m≤2.
Mais E1(A) =R·
1 0 0
doncAn’est pas diagonalisable, puism6= 1. AinsiArépond à la question.
9. Puisque π = (X −1)2(X −2) est annulateur pour u, on a E = Ker π(u)
= Ker
(u−Id)2 ◦(u−2Id) . Or (X −1)2 et X −2 sont premiers entre eux, donc le théorème de décomposition des noyaux stipule que
E= Ker (u−Id)2
⊕Ker u−2Id .
10. Sans détour :(u−Id)2+u◦(2Id−u) = (u2+ 2u+ Id) + (2u−u2)soit p+q= Id . 11. D’après 9., toutx∈E s’écritx=x1+x2avecx1∈Ker (u−Id)2
etx2∈Ker u−2Id
. On a alors p(x) = p(x1) +p(x2) = p(x1) + (Id−q)(x2) = (u−Id)2(x1) +x2+u◦(u−2Id)(x2) = 0E+x2+ 0E
doncp(x) =x2. Ceci permet d’affirmer que pest le projecteur surKer u−2Id
parallèlement àKer (u−Id)2 . De plusq(x) =x−p(x) =x1 donc qest le projecteur surKer (u−Id)2
parallèlement àKer u−2Id . 12. Soitxun élément deE.
(a) Pour toutx∈E,p(x)∈Ker u−2Id
donc ∀x∈E, (u−2Id)(p(x)) = 0E .
(b) La démonstration vue à la question 5. donne :∀x∈E,uk(p(x)) = 2kp(x). Ainsi u◦p= 2kp. (c) D’après la question précédente, nous avons pour toutN ∈N:
N
X
k=0
uk k!
!
◦p =
N
X
k=0
uk◦p k! =
N
X
k=0
2kp k! =
N
X
k=0
2k k!
! p.
Or l’endomorphisme de L(E) défini par v 7→v◦pest continu car de source L(E)de dimension finie. De même, l’application linéaire t7→tpest continue deR dansL(E). En passant à la limite quand N →+∞
dans l’égalité ci-dessus, on obtient exp(u)◦p=e2p. 13. Pourx∈E, il vientq(x)∈Ker (u−Id)2
. On en déduit que pour toutk≥2 : (u−Id)k(q(x)) = (u−Id)k−2 (u−Id)2(q(x))
= (u−Id)k−2(0E) = 0E.
Finalement ∀k≥2, (u−Id)k◦q= 0L(E) . Nous en déduisons que pour toutN ≥2:
N
X
k=0
(u−Id)k k!
!
◦q = q+ (u−Id)◦q = u◦q.
Comme au 12.(c), en passant à la limite quand N→+∞:exp(u−Id)◦q=u◦q.
D’autre part, le résultat du 6. s’applique à l’identité et doncexp(Id) =e1Id. OrIdetu−Idcommutent, d’où exp(u)◦q = exp(Id +u−Id)◦q = exp(Id)◦exp(u−Id)◦q = eId◦u◦q
et enfin exp(u)◦q=e u◦q.
14. Remarquons que, d’après 10., 12.(c) et 13. :
exp(u) = exp(u)◦Id 10.= exp(u)◦(p+q) = exp(u)◦p+ exp(u)◦q 12.(c)et13.
= e2p+e u◦q.
Enfin, en revenant à la définition depet q: exp(u) =e2(u−Id)2−e u2◦(u−2Id).
PROBLÈME 2 — ANALYSE — SUJET CLASSIQUE
d’après E3A 2011 PC Maths A
Partie I : résultats préliminaires
1. Étude de la fonctionf
(a) La fonctionf est impaire, décroissante surR+ et de limite nulle en+∞.
(b) D’après la formule du binôme généralisé : (1 +t)−12 = 1−1
2t+ −12
−12−1
2! t2+o(t2) = 1−1 2t+3
8t2+o(t2).
En posantt=x4, il vient :
f(x) = 1
√1 +x4 = 1−1 2x4+3
8x8+o(x8).
(c) La fonction f est de classe C∞ sur R, donc elle admet un développement limité à l’ordre8 donné par la formule de Taylor-Younq : f(x) =
8
X
k=0
f(k)(0)
k! xk+o(x8).
Par unicité du développement en série entière, il vient : f(4)(0) = −1
24! = −12, f(8)(0) =3
8 ×8! = 3×7! = 15120, f(k)(0) = 0 sikn’est pas multiple de4. 2. Étude de la suite(an)n
(a) On a pour toutn∈N: an>0. Ainsi an+1
an
=(2n+ 2)(2n+ 1)
4(n+ 1)2 =2n+ 1
2n+ 2 <1, donc (an)n est décroissante . (b) La suite(an)n est décroissante d’après la question précédente, et clairement minorée par0. Par conséquent
la suite (an)n est convergente .
(c) Il est clair que pour toutn∈N, an= (2n)!
4n(n!)2 = 2n
n 1 2
n . (d) On a an > 0 et an+1
an
= 2n+ 1 2n+ 2
n→+∞−→ 1 = `. D’après la règle de d’Alembert pour les séries entières :
le rayon de convergence de la série entièreX
n
anzn est 1
` = 1 .
Partie II : étude de F
Notons(C)la courbe représentative deF. 1. Étude globale deF
(a) La fonctionF est une primitive de f, donc d’après le théorème fondamental du calcul intégral (TFCI) :F est de classeC1 surR. En outreF0=f est de classeC∞, d’où F est de classeC∞ surR.
(b) PuisqueF0 =f >0, on en déduit que F est strictement croissante surR.
(c) L’ensemble de définition deF est centré en0. De plus, pourx∈Ret par changement de variablet=−s, nous obtenons
F(−x) = Z −x
0
√ dt
1 +t4 = Z x
0
−ds
p1 + (−s)4 = − Z x
0
√ ds
1 +s4 = −F(x)
d’où comme espéré F est impaire . (d) Pour tout réelt, il vientf(t) = 1
√1 +t4 ≤ 1
t2. Par intégration sur[0, x]: F(x)−F(1)≤
−1 t
x
1
= 1−1 x . (e) Toute fonction croissante et majorée sur[A,+∞[ admet une limite finie en+∞.
(f) Sur [1,+∞[, la fonction F est croissante (question (b)) et majorée (question (d)), donc d’après la ques- tion (e) : F admet une limite en+∞.
On notera désormaisα= lim
x→+∞F(x) = Z +∞
0
√ dt 1 +t4. 2. Étude locale deF
(a) Nous obtenons le développement limité de F en 0 à l’ordre 9 par intégration de celui de f obtenu à la question 1.(b) de la partie I et en utilisant le fait queF(0) = 0:
F(x) =x− 1
10x5+ 1
24x9+o(x9).
(b) Une équation de la tangenteT à (C)en 0s’obtient à l’aide du développement limité de la question précé- dente : y=x.
3. Lien avec α
(a) Soitx >0. Le changement de variablet= 1
u nous fournit les égalités : F(x)−F(1) =
Z x 1
√ dt
1 +t4 = Z 1x
1
−u12du q
1 + u14
= Z 1
x1
√ du
1 +u4 = F(1)−F 1
x
,
d’où la relation F(x)−F(1) =F(1)−F 1
x
.
(b) La fonctionF est continue en0avecF(0) = 0, ce qui nous donne dans la relation de la question précédente pour x→+∞: α= lim
x→+∞F(x) = 2F(1).
Partie III : développement en série entière de F et utilisation
1. Étude de h
(a) Posonsvn =(−1)nan
4n+ 1 . Pour toutn,vn6= 0. Par conséquent
vn+1
vn
= an+1(4n+ 1)
an(4n+ 5) = (2n+ 1)(4n+ 1) (2n+ 2)(4n+ 5)
n→+∞−→ 1 = `.
Par conséquent, d’après la règle de d’Alembert pour les séries entières :
le rayon de convergence de la série entière définissant hest 1.
(b) Pour x=±1, il vient
(−1)nan 4n+ 1 xn
= an
4n+ 1 ∼ 1 4√
πn32. Or la série de Riemann X
n≥1
1
n32 converge, d’où par comparaison de séries à termes positifs : la série entière définissant h(x)converge absolument en±1.
Finalement h(1)et h(−1)existent .
(c) Démontrer que h est continue sur [−1,1]. Posons fn(x) = (−1)nan
4n+ 1 xn. Or il est clair que kfnk[−1,1]∞ = an
4n+ 1 ∼ 1 4√
πn32, terme général d’une série convergente.
Ainsi la série de fonctions continues Pfn converge normalement donc absolument sur [−1,1]. D’après le cours : la sommehdeX
fn est continue sur[−1,1]. 2. Développement en série entière de F
(a) C’est la formule du binôme généralisé qui nous fournit le développement en série entière de la fonction x7→(1 +x)β sur]−1,1[:
∀x∈]−1,1[, (1 +x)β =
+∞
X
n=0
β(β−1)· · ·(β−n+ 1)
n! xn.
(b) Remarquons quef(x) = (1 +x4)−41 pour tout x∈]−1,1[. Ainsif admet bien un développement en série entière (DSE) sur ]−1,1[. Par primitivation d’un DSE : F admet également un DSE sur]−1,1[. Avec la formule précédente pour β=−1
2 et x∈]−1,1[: f(x) =
+∞
X
n=0
(−1)(−3)· · ·(−2n+ 1) 2nn! x4n =
+∞
X
n=0
(−1)n(2n)!
(2nn!)2 x4n =
+∞
X
n=0
(−1)n 2nn 4n x4n,
d’où : ∀x∈]−1,1[,f(x) =
+∞
X
n=0
(−1)nanx4n . En intégrant, ce qui est licite puisquex∈]−1,1[, on trouve
comme par hasard : F(x) =
+∞
X
n=0
(−1)nan
4n+ 1 x4n+1=h(x).
(c) La question est de prolonger l’égalité de la question précédente à [−1,1]. Mais les deux fonctions F et h sont continues sur[−1,1]d’après respectivement les questions 1.(a) de la partie II et 1.(c) de la partie III.
D’où F =hsur[−1,1].
(d) D’après la question 3.(b) de la partie II et la question précédente : α= 2F(1) = 2h(1) = 2
+∞
X
n=0
(−1)nan
4n+ 1 . 3. Valeur approchée deα
(a) La série X
n≥0
(−1)nan
4n+ 1 est une série alternée dont le terme général est de limite nulle (car 1
4n+ 1 → 0 et an →0) et dont la valeur absolue décroît (question 2.(a) de la partie I). Elle vérifie donc le critère spécial des séries alternées (CSSA), donc converge. On le savait déjà, ainsi que la valeur de sa somme α
2, d’après la question 2.(d) de la partie III.
D’après un corollaire du CSSA, le reste de la série est majoré en valeur absolue par la valeur absolue du premier terme négligé. En d’autres termes : pour toutp∈N, |α−2Sp| ≤ 2
4p+ 5ap+1 .
(b) La double inégalité fournie par l’énoncé nous permet d’affirmer que pour toutp,
|α−2Sp| ≤ 2
4p+ 5 · 1
√π√
p+ 1 = up ≤ 1
(p+ 1)32 = vp.
Cherchons unpassez grossier tel quevp≤10−6. Nous avons 1
(p+ 1)32 ≤10−6si et seulement si(p+ 1)32 ≥ 106, soitp+ 1≥104. Ainsi
pourp= 10000nous savons que2Spest une valeur approchée deαà10−6 près . (c) Un programmepythondéterminant le premierptel que up≤10−6 est :
import numpy as np def u(p):
return 2 / ( (4*p+5) * np.sqrt( np.pi * (p+1) ) ) p = 0
while u(p)>0.000001:
print(p,u(p)) p = p + 1
Ce programme nous permet d’affirmer que la valeur recherchée est p= 4300.
PROBLÈME 3 — ALGÈBRE — SUJET CORSÉ
d’après Mines 2017 PSI maths 2
0 - Quelques considérations en dimension 2
a) L’espaceE étant de dimension2, le polynôme caractéristique deuestχu=X2−Tr(u)X+ det(u) =X2−δ2. Ce polynôme annulantu(Cayley-Hamilton) on en déduit queu2=δ2IdE.
Le spectre est l’ensemble des racines deχuet vaut ici{δ,−δ}. On a deux valeurs propres en dimension2et comme les sous-espaces propres sont en somme directe, il ne peuvent qu’être de dimension1.
u2=δ2IdE,Sp(u) ={δ,−δ},dim(Eδ(u)) = dim(E−δ(u)) = 1.
b) Notonse+ un vecteur propre pourδ ete− un vecteur propre pour−δ. Ces vecteurs sont indépendants et on a u(e++e−) = δ(e+−e−).
L’espace D = Vect(e+ +e−) est une droite (car e+ +e− 6= 0) et elle n’est pas stable par u (car δ 6= 0 et (e++e−, e+−e−)est libre car (e+, e−)l’est). On a doncu(D)6⊂D.
PosonsF=D et G=u(D). Ce sont des droites (car uest inversible et conserve la dimension) non égales et donc en somme directe (intersection réduite à {0}). Par dimension, ce sont des supplémentaires de E. Par définition u(F) =G. De plusu(G) =u2(F) =δ2F =F. Ainsi
uest échangeur .
I - La condition (C1) implique (C2)
Soientnet pdeux entiers naturels non nuls. SoientA∈ Mp,n(C)et B ∈ Mn,p(C). On considère dansMn+p(C) la matrice
M =0n B
A 0p
. 1. Un calcul par blocs montre que
0n B
0p,n 0p
2
= 0n 0n,p
0p,n 0p
= 0n+p. On montre de même que
0
n 0n,p A 0p
2
= 0
n 0n,p 0p,n 0p
= 0n+p.
Par conséquent M =0
n 0n,p A 0p
+ 0
n B
0p,n 0p
est somme de deux matrices de carré nul.
2. u(F)⊂Gindique qu’il y a un bloc de0en haut à gauche.
u(G)⊂F indique qu’il y a un bloc de0en bas à droite.
Finalement il existe AetB telles que MatBB(u) =0
n B
A 0p
.
3. SiF etGsont non nuls, la question1.montre queuvérifie(C2)en utilisant l’isomorphisme entre endomorphisme et matrice associée dans la baseB. SiF est nul, alorsG=E etIm (u) =u(G)⊂F ={0}.uest l’endomorphisme nul qui vérifie immédiatement(C2). C’est la même chose siG={0} (travailler alors avecF =E).
Ainsi uvérifie (C2).
II - La condition (C2) implique (C1) : cas d’un automorphisme
4. Six∈Im (f), il existey tel quex=f(y)et doncf(x) =f2(y) = 0. Ainsix∈Ker (f). Par théorème du rang, dim(E) = dim(Ker (f)) + dim(Im (f))≤2 dim(Ker (f)).
On a donc Im (f)⊂Ker (f)etdim(Ker (f))≥dim(E)
2 .
5. Soit x ∈ Ker (a)∩Ker (b). On a u(x) = a(x) +b(x) = 0 et comme u est injective x = 0. Ceci montre que Ker (a)⊕Ker (b).
Soitx∈E; on a x=u(u−1(x)) =a(u−1(x)) +b(u−1(x))∈Ker (a) + Ker (b)cara2=b2= 0.
Ainsi E= Ker (a)⊕Ker (b).
De plus Im (a)⊂Ker (a)(cara2= 0) et Im (b)⊂Ker (b)(carb2= 0).Ker (a)⊕Ker (b)entraîne ainsiIm (a)⊕ Im (b). Mais on a aussi :
∀x∈E, x=u(u−1(x)) =a(u−1(x)) +b(u−1(x))∈Im (a) + Im (b)
et donc E= Im (a) + Im (b)et finalementE= Im (a)⊕Im (b).
Si l’une des inclusions Im (a) ⊂ Ker (a) ou Im (b) ⊂ Ker (b) était stricte, on aurait dim(E) = dim(Im (a)) + dim(Im (b))<dim(Ker (a)) + dim(Ker (b)) = dim(E)ce qui est une contradiction. Les inclusions sont donc des égalités.
Il s’ensuit que Im (a) = Ker (a)etIm (b) = Ker (b).
6. On a u(Ker (a)) ⊂a(Ker (a)) +b(Ker (a)) = b(Ker (a))⊂ Im (b) = Ker (b) et de même u(Ker (b))⊂ Ker (a).
CommeKer (a)et Ker (b)sont supplémentaires : uest échangeur .
III - Intermède : un principe de décomposition
7. Soit k ∈ N. Si x ∈ Ker (vk) alors vk+1(x) = v(vk(x)) = v(0) = 0 et donc x ∈ Ker (vk+1). Ainsi Ker (vk) ⊂ Ker (vk+1)et (Ker (vk))k∈Ncroît pour l’inclusion .
8. La suite de terme général dk= dim(Ker (vk))est donc aussi croissante. Or, elle est majorée (pardim(E)). Elle est donc convergente.
Comme elle est constituée d’entiers, elle finit par stationner (puisque pour des indices grands, deux termes consécutifs de la suite sont des entiers distants de moins de 1
2). En notant p le rang à partir duquel la suite stationne, on peut conclure que ∃p∈N/ ∀k≥p, Ker (vk) = Ker (vp).
Comme les noyaux sont emboîtés, on aS
k≤pKer (vk) = Ker (vp). La réunion avec les noyaux suivants ne change alors rien puisque ceux-ci sont égaux àKer (vp). Par conséquent Ker (vp) = S
k∈N
Ker (vk).
Sipconvient, tout entier plus grand quepconvient aussi et on peut supposerppair quitte à le changer enp+ 1.
9. Les noyaux étant emboîtés, Eλc(f) = Ker (vp)⊂Ker (v2p). Mais Ker (v2p) est aussi inclus dans la réunion des Ker (vk)pourk≥pet donca fortiori dansKer (vp). Ainsi,
Eλc(f) = Ker (v2p).
Soitx∈Eλc(f)∩Im (vp). Il existeytel quex=vp(y)etv2p(y) =vp(x) = 0montre quey∈Ker (v2p) = Ker (vp) et donc quex=vp(y) = 0. On a donc Ecλ(f)⊕Im (vp).
Par théorème du rang, les sommes des dimensions de Eλc(f) = Ker (vp) et Im (vp) vaut dim(E). La somme précédente est donc égale à Eet nos espaces sont supplémentaires dansE.
Si x∈Im (vp), alorsxs’écritx=vp(y)doncv(x) =vp(v(y))∈Im (vp).
Si x∈Ker (vp), alorsvp(v(x)) =v(vp(x)) =v(0) = 0et doncv(x)∈Ker (vp).
On en déduit que Eλc(f)etIm (vp)sont des supplémentaires deE stables parf .
10. Supposons, par l’absurde, que λ soit valeur propre de f|Im (vp). Il existe alors x ∈ Im (vp) non nul tel que f(x) =λxc’est-à-dire tel que x∈Ker (v)⊂Ecλ. Comme Eλc(f)et Im (vp)sont en somme directe,x= 0et ceci est contradictoire.
Ainsi λ /∈Sp(f|Im (vp)).
11. D’une part le polynôme(X−λ)pannulef|Ec
λ(f) (par définition deEλc(f)). La seule valeur propre possible pour f|Eλc(f)est doncλ.
D’autre part siEλc(f)n’est pas réduit à{0}(ce qui revient à dire queλest valeur propre def), l’inclusion est une égalité (par exemple car dans unC-espace vectoriel de dimension supérieure ou égale à1, tout endomorphisme a au moins une valeur propre).
Finalement Sp(f|Ec
λ(f)) ={λ} .
IV - La condition (C2) implique (C1) : cas non bijectif
12. Il vientu2=a2+a◦b+b◦a+b2=a◦b+b◦a. Ainsi
a◦u2=a2◦b+a◦b◦a=a◦b◦a=a◦b◦a+b◦a2=u2◦a.
On procède de même avecu2◦b. Par conséquent a◦u2=u2◦aet b◦u2=u2◦b.
13. Comme acommute avecu2, il commute avec toutes les itérées deu2 et donc avec up puisque pest pair. Ainsi, six∈Im (up), il existeytel quex=up(y)eta(x) =a◦up(y) =up◦a(y)∈Im (up).Im (up)est donc stable par aet de même il est stable parb.
Les applications aG et bG sont ainsi des endomorphismes de G et a2G = (a2)G = 0 (idem pour b). D’où a2G =b2G= 0.
14. Notons F = E0c(u). Les espacesF et Gsont stable par u, et la restriction uF de u à F est nilpotente (0 est la seule valeur propre avec la question 11) et la restriction uG deuà Gest inversible (0 n’est pas seule valeur propre avec la question 10).
D’une part, d’après le résultat admis il existe une décompositionF =F1⊕F2telle queu(F1)⊂F2etu(F2)⊂F1. D’autre part avec la question précédenteuGvérifie(C2)et comme c’est un automorphisme, la partie II s’applique.
Il existe une décomposition G=G1⊕G2telle que u(G1)⊂G2 etu(G2)⊂G1.
Par conséquent en posantH1=F1⊕G1etH2=F2⊕G2(le caractère direct des somme découle deF⊕G), on a alorsE=H1⊕H2(on décompose surFetGet on décompose chaque composante) etu(H1)⊂H2,u(H2)⊂H1. Ainsi uest échangeur .
PROBLÈME 4 — ANALYSE — SUJET CORSÉ
d’après Mines 2000 MP Maths 2 1. (a) Puisque
2n n
>0, nous pouvons appliquer le critère de d’Alembert :
2n+2 n+1
2n n
= (2n+ 2)(2n+ 1) (n+ 1)2
n→+∞−→ 4,
et ainsi le rayon Rest égal à 1 4 .
(b) On sait quehest de classeC1 sur]−R, R[comme somme d’une série entière sur son intervalle ouvert de convergence, avech0(x) =
+∞
X
n=0
(n+1)
2n+ 2 n+ 1
xnpour toutx∈]−R, R[. Nous avons donc, pourx∈]−R, R[:
(1−4x)h0(x) =
+∞
X
n=0
(n+ 1)
2n+ 2 n+ 1
xn−4
+∞
X
n=0
(n+ 1)
2n+ 2 n+ 1
xn+1
=
+∞
X
n=0
(n+ 1)
2n+ 2 n+ 1
xn−4
+∞
X
n=1
n 2n
n
xn
= 2
1
+
+∞
X
n=1
(2n+ 1)(2n+ 2)
n+ 1 −4n 2n n
xn
= 2 +
+∞
X
n=1
2 2n
n
xn
= 2h(x).
(c) La solution générale sur
−∞,1 4
de l’équation différentielle est de la formey(x) = λ
√1−4x, où λdécrit R. Commeh(0) = 1, nous obtenons h(x) = 1
√1−4x pour toutx∈
−1 4,1
4
. 2. La formule du binôme généralisé stipule que pour toutα∈Ret pour toutx∈]−1,1[:
(1 +x)α =
+∞
X
k=0
α(α−1)· · ·(α−k+ 1)
k! xk.
En particulier pour α=−p: Mp(x) =
+∞
X
k=0
−p(−p−1)· · ·(−p−k+ 1)
k! (−x)k =
+∞
X
k=0
p+k−1 k
xk
pour toutx∈]−1,1[. Le coefficient enxk du développement en série entière deMpest donc égal à
p+k−1 k
. 3. (a) Le trinôme1−6x+x2s’annule en3−√
8et3 +√
8. Par conséquent la fonctionf est définie sur le domaine Df =]− ∞,3−√
8[∪]3 +√
8,+∞[.
(b) Soitx∈Df, en particulier,x6= 1. On a alors :
−1
4 < x
(1−x)2 < 1
4 ⇐⇒ −(1−x)2 < 4x < (1−x)2 ⇐⇒ −(1 +x)2 < 0 < 1−6x+x2.
Par conséquent la quantité 1 1−xh
x (1−x)2
est bien définie sauf quand x=−1, avec : 1
1−xh x
(1−x)2
= 1
(1−x)q
1−4(1−x)x 2
= |1−x|
1−x · 1
p(1−x)2−4x = f(x)|1−x|
1−x.
La relation f(x) = 1 1−xh
x (1−x)2
demandée est donc vérifiée pourx∈ Df avecx6= −1 et x <1, soit pour x∈]− ∞,3−√
8[\{−1}. En particulier, on peut écrire :
∀x∈]−1,3−√
8[, f(x) = 1 1−x
+∞
X
n=0
2n n
x (1−x)2
n
=
+∞
X
n=0 2n
n
(1−x)2n+1xn.
Il vient donc f(x) =
+∞
X
n=0
λnM2n+1(x)xn pour toutx∈]−1,3−√
8[, avecλn= 2n
n
et M2n+1(x) = 1 (1−x)2n+1. (c) Soitx∈]−1,3−√
8[. Commex∈]−1,1[, nous pouvons écrire : f(x) =
+∞
X
n=0
λn +∞
X
k=0
2n+k k
xk
!
xn k=m−n=
+∞
X
n=0
λn +∞
X
m=n
m+n m−n
xm
! .
Nous devons maintenant échanger l’ordre des deux sommations. Notons doncun,mle réel égal à0sim < n et àλn
m+n m−n
xmsinon. Pourx∈]−3+√ 8,3−√
8[. La famille(un,m)(n,m)∈N2est sommable, puisque d’une part pour toutnla série X
m≥0
|un,m|converge (la somme est finie !) et d’autre part la sérieX
n≥0 +∞
X
m=0
|un,m|
!
converge. D’après le théorème de Fubini, il est possible d’échanger l’ordre de sommation :
+∞
X
n=0 +∞
X
m=0
un,m
!
=
+∞
X
m=0 +∞
X
n=0
un,m
! ,
ce qui donne :
f(x) =
+∞
X
m=0 +∞
X
n=0
un,m
!
=
+∞
X
m=0 m
X
n=0
λn
m+n m−n
! xm,
pour toutx∈]−3 +√
8,3−√
8[. La fonction f est donc développable en série entière au voisinage de0, le coefficient an demandé étant égal à
m
X
n=0
2n n
m+n m−n
. Nous avons montré précédemment que la série X
n≥0
anxn était convergente pour |x| < 3−√
8. Nous en
déduisons que le rayon de convergence de la série entière est au moins égal à 3−√
8. D’autre part, la quantité f(x) tendant vers l’infini quand xtend vers 3−√
8, le rayon de convergence est au plus égal à 3−√
8. Finalement le rayon de convergence est exactement égal à3−√ 8 .
(d) Nous avons(1−6x+x2)f2(x) = 1, d’où en dérivant (−6 + 2x)f2(x) + (2(1−6x+x2)f(x)f0(x) = 0, puis (−3 +x)f(x) + (1−6x+x2)f0(x) = 0
pour toutx∈Df (carf ne s’annule pas). Par conséquent la fonctionf vérifie l’équation différentielle