MPSI B Corrigé du DS 06 24 avril 2020
Exercice
SiP est un polynôme unitaire dont les racines sontx, y, z, il s'écrit P = (X−x)(X−y)(X−z) =X3−σ1X2+σ2X−σ3
avec
σ1=x+y+z, σ2=xy+yz+xz, σ3=xyz On utilise alors
x2+y2+z2=σ21−2σ2, 1 x+1
y +1 z =σ2
σ3
On en déduit que
σ1= 2, σ2=−1, σ3=−2
lorsquex,y,zvérient le système de l'énoncé. Le polynôme cherché est X3−2X2−X+ 2
Les trois racines sont −1, 1, 2. Ce sont donc (à permutation près) les valeurs de x, y, z lorsqu'ils vérient le système de l'énoncé.
Problème I.
1. a. La multiplication par un polynôme xé est linéaire, la dérivation est linéaire, l'applicationf est donc aussi linéaire. Le calcul donne
f(Xi) = (1− i
n)Xi+1+ i nXi−1
b. Le calcul précédent montre que, pour tous les i < n, le degré de f(Xi) =i+ 1 et que le degré def(Xn) est n−1. On en déduit que tous les f(Xi)sont dans E. Comme ils forment une base deE, l'image d'un élément quelconque deE est dansE. L'application linéairef est un endomorphisme deE.
2. Si deg(B) < n alors d'après la question précédente deg(f(B)) = deg(B) + 1. Ceci interdit àB d'être un polynôme propre. Si B est un polynôme propre, son degré est forcémentn.
3. Si f(B) = B alors B = XB − n1(X2−1)B0. En substituant -1 à X, on obtient B(−1) =˜ −B(−1)˜ donc -1 est racine deB.
Notons k la multiplicité de −1 comme racine de B. Proposons deux méthodes pour calculer cette multiplicité.
La première est purement polynomiale. On noteB= (X+ 1)kAavecA(−1)˜ 6= 0et on insère dansf(B). On obtient
B= (X+ 1)kA=f(B) =X(X+ 1)kA−1
n(X2−1) k(X+ 1)k−1A+ (X+ 1)kA0
= (X+ 1)k(XA−1
n(X−1)(kA+ (X+ 1)A0)) Simplions par(X+ 1)k puis substituons -1 àX. On en déduit
2(1−k
n) ˜A(−1) = 0⇒k=n.
La deuxième méthode utilise la décomposition en éléments simples des fractions ra- tionnelles.
B=XB−1
n(X2−1)B0⇒n(X−1)B= (X2−1)B0⇒nB = (X+ 1)B0
⇒ B0 B = n
X+ 1 que l'on regarde comme une décomosition en éléments simples. On en déduit que−1 est le seul pôle de la fraction c'est à dire la seule racine deB et que sa multiplicité est n.
4. Montrons que si B est un polynôme propre de valeur propre -1 il est de la forme B=A(X−1)n oùAest un polynôme de degré 0.
En eet en substituant 1 àX dans f(B) =−B, on obtientB(1) = 0˜ donc 1 est une racine deB. notonsksa multiplicité avecB=A(X−1)k etA(1)˜ 6= 0. On injecte alors cette expression dansf(B) =−B puis on simplie par(X−1)k puis on substitue 1 à X. On obtient
2(1−k
n) ˜A(1) = 0 d'où l'on déduitk=net le résultat annoncé.
5. On suppose maintenant que B est un polynôme propre dont la valeur propre λ est diérente de -1 et de 1. Montrons que -1 et 1 sont racines deB. En écrivantf(B) =λB, il vient
λB=XB− 1
n(X2−1)B0. En substituant 1 puis -1 àX, il vient
λB(1) = ˜˜ B(1)⇒(λ−1) ˜B(1) = 0⇒B(1) = 0˜ carλ6= 1.
λB(−1) =˜ −B˜(−1)⇒(λ+ 1) ˜B(−1) = 0⇒B(−1) = 0˜ car(λ+ 1)6= 0.
Cette création est mise à disposition selon le Contrat
Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/
1 Rémy Nicolai S0506C
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On pose donc
B= (X−1)k+(X+ 1)k−A
avecA(1)˜ 6= 0 et A(−1)˜ 6= 0. On remplace dans f(B) =B. Après simplication par (X−1)k+(X+ 1)k− il vient
λA=XA−1
n(k+(X−1)A+k−(X+ 1)A+ (X2−1)A0).
En substituant -1 àX et en utilisantA(−1)˜ 6= 0, on obtient
λ=−1 +2k− n . En substituant 1 àX et en utilisantA(1)˜ 6= 0, on obtient
λ= 1−2k+ n . En faisant la diérence, on obtient
0 =−2 + 2(k−+k+)
n .
C'est à direk−+k+=n. On en déduit queAest un polynôme constant. On obtient aussi l'expression de la valeur propre
λ=−1 + 2(n−k+)
n = 2k+−n n .
Ici encore, il aurait été plus élégant d'utiliser des décompositions en éléments simples.
λB=XB− 1
n(X2−1)B0⇒ B0
B =n X−λ X2−1 =n
1−λ
2(X−1) − 1 +λ 2(X+ 1)
. Les seuls pôles sont 1 et −1 donc B n'a pas d'autre racine donc k+ +k− = n. En identiant avec la décomposition connue de BB0, on déduit les expressions de λ en fonction dek+ ou dek−.
6. Les calculs précédents montrent que les seuls polynômes propres possibles sont (à multiplication par un réel près) de la forme
Bk= (X−1)k(X+ 1)n−k
aveckentier entre 0 etn. Montrons que ces polynômes sont eectivement propres en calculantf(Bk).
f(Bk) =X(X−1)k(X+ 1)n−k− 1
n((X−1)k−1(X+ 1)n−k + (n−k)(X−1)k(X+ 1)n−k−1)
=
X−1
n(k(X+ 1) + (n−k)(X−1))
Bk =n−2k n Bk
Il reste à montrer que lesn+ 1polynômesBk forment une base. On montre pour cela qu'ils forment une famille libre. Supposons
λ0B0+· · ·+λnBn = 0R[X].
En substituant -1 àX on obtient λn = 0. En substituant 1 àX on obtientλ0= 0. On peut alors simplier par(X−1)(X+ 1)et obtenir
λ1B0+· · ·+λn−1Bn= 0R[X].
On recommence et on obtient ainsi la nullité de tous les coecients.
Problème II.
Partie I
1. Le polynôme caractéristique attachée à cette relation de récurrence linéaire est X2−(2−a)X−(a−1) = (X−1)(X−a+ 1)
Lorsquea6= 0, les deux racines sont distinctes, une base deS est formée par (1)n∈N, ((1−a)n)n∈N
Lorsquea= 0, une base est formée par
(1)n∈N, (n)n∈N
2. Lorsquea6= 0, il existe des nombresαetβ tels que pour tous les entiersn: wn =α+β(1−a)n
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On résoud le système aux inconnuesαet β formé en prenantn= 0et n= 1. On en déduit que pour tout entiern:
wn=w0−w1
a (1−a)n+w1−(1−a)w0
a On raisonne de même dans le casa= 0et on obtient
wn=w0+ (w1−w0)n
Partie II
1. Pour montrer que (E,◦) est un sous-groupe du groupe des automorphismes de V, trois points sont à vérier : la commutativité de la composition, la stabilité de la composition, la bijectivité d'un élément deE et le fait que sa bijection réciproque soit aussi dansE.
On commence par calculerf◦f,f◦g,g◦f,g◦gen considérant les images de vecteurs de base. On obtient :
f◦f(u) = 0E, f◦f(v) =−f(v) =v−u, f◦f(w) = 0E
f◦g(u) = 0E, f◦g(v) = 0E, f ◦g(w) =f(u)−f(w) = 0E g◦f(u) = 0E, g◦f(v) =g(u)−g(v) = 0E, g◦f(w) = 0E
g◦g(u) = 0E, g◦g(v) = 0E, g◦g(w) =−g(w) =−u+w On en déduit (unicité du prolongement linéaire)
f◦f =−f, f◦g=g◦f = 0E, g◦g=−g puis
ha,b◦ha0,b0= (IdV +af +bg)◦(IdV +a0f+b0g)
= IdV + (a+a0−aa0)f+ (b+b0−bb0)g=ha+a0−aa0,b+b0−bb0 ∈E à condition quea+a0−aa06= 1 etb+b0−bb0 6= 1. Ceci est réalisé car
a+a0−aa0−1 = (a−1)(1−a0), b+b0−bb0−1 = (b−1)(1−b0)
aveca, a0, b, b0 diérents de1. On a donc montré la stabilité deEet la commutativité de la composition.
En ce qui concerne la bijectivité : remarquons d'abord queIdV =h0,0. On en tire
ha,b◦ha0,b0= IdV ⇔
(a+a0−aa0 = 0 b+b0−bb0 = 0 ⇔
a0= a a−1 b0= b
b−1 On en conclut queha,b est bijectif de bijection réciproque
h−1a,b=h a
a−1,b−1b ∈E car a
a−1 6= 1 et b b−1 6= 1 2. L'équation (1) est équivalente au système
(a+a(1−a) =a b+b(1−b) =b ⇔
(a(1−a) = 0 b(1−b) = 0 La solution dansE est donc
h0,0= IdV 3. L'équation (2) est équivalente au système
(a(2−a) = 0 b(2−b) = 0
qui admet quatre couples solutions. Les solutions dansE sont h0,0= IdV, h0,2, h2,0, h2,2
Partie III
1. D'après l'expression du produit dansE obtenue en II.1.
M = IdV +a(f+g)⇒M2= IdV +a(2−a)(f+g) d'où
(2−a)M = (2−a)IdV +a(2−a)(f+g) = (2−a)IdV +M2−IdV
⇒M2= (a−1)IdV + (2−a)M
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2. Supposons queMn =αnM +βnIdV pour un certain entiern. Alors Mn+1=αnM2+βnM = (β−n+ (2−a)αn)M+ (a−1)αnIdV
Ceci prouve l'existence des deux suites, elles sont dénies par récurrence par les for-
mules
αn+1 = βn+ (2−a)αn
βn+1 = (a−1)αn
et les conditions initiales
α0= 0, β0= 1 α1= 1, β1= 0 3. D'après les relations de récurrence de la question précédente,
αn+2=βn+1+ (2−a)αn+1= (a−1)αn+ (2−a)αn+1
donc(αn)n∈N∈ S. D'après la partie I, on obtient Sia6= 0 :
αn =−1
a(1−a)n+1
a, βn=−1
a(1−a)n+a−1 a , Mn= 1−(1−a)n
a M+(1−a)n+a−1 a IdV
Sia= 0 :
αn=n, βn= 1−n, Mn=nM−(n−1)IdV
Partie IV
1. F est clairement stable pour l'addition, commeh22,2=IdV il est stable pour◦ de plus il contientIdV. C'est donc un sous-anneau.
2. Il existe des éléments non nuls dont le produit est nul. Par exemple (IdV −h2,2)◦(IdV +h2,2)
3. L'équation
(λIdV +µh2,2)◦(λ0IdV +µ0h2,2) = IdV se traduit par le système aux inconnuesλ0 etµ0
(λλ0+µµ0= 1 µλ0+λµ0= 0
que l'on résoud par les formules de Cramer. On trouve, pourλ6=µ: 1
λ2−µ2(λIdV−µh2,2)◦(λIdV+µh2,2) = IdV
Les éléments inversibles du sous-anneauF sont donc lesλIdV +µh2,2 avec|λ| 6=|µ|.
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