HAL Id: jpa-00238024
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Submitted on 1 Jan 1882
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Note sur la théorie du saccharimètre Laurent à lumière blanche
H. Dufet
To cite this version:
H. Dufet. Note sur la théorie du saccharimètre Laurent à lumière blanche. J. Phys. Theor. Appl.,
1882, 1 (1), pp.552-558. �10.1051/jphystap:018820010055201�. �jpa-00238024�
chute d’intensité dans la dernière moitié de l’ultra-violet. On
nous
permettr a
de conclure de cesexpériences
larègle
suivante :Le
poli spéculaire
imtenvient pour augmenter laquantité
totale des radiations
réfléchies)
tandis que l’intensité relative desdifférentes régions
du spectre(1) dépend
de la n2atièreemployée.
Cette dernière
loi,
suffisammentapprochée
d’ailleurs pour servir deguide
auxphysiciens,
ne seraitrigoureusement
démontrée que si l’onpouvait,
d’unepart,
rendre les clichésparfaitement
compa- l’ables en tr e eux d’autre part, évaluer l’intensité du travail chi-mique
de la lumièred’après
la teinte du cliché enchaque point;
cette difficulté
paraît grande,
carl’épaisseur
de la couched’argent
réduit n’est
pr oportionnelle
à ce travail que dans des limites res-treintes. Cette difficulté une fois
levée,
il y aurait lieu derépéter,
pour le spectre
ultr a-violet,
les études faites par M.Jamin,
avecla lumière
polarisée,
dans le spectre visible.NOTE SUR LA THÉORIE DU SACCHARIMÈTRE LAURENT A LUMIÈRE BLANCHE;
PAR M. H. DUFET.
Le saccharimètre à
pénombres
de M. Laurent(2)
a été récemment modifié par lui etpermet l’emploi
de la lumière blanche. Il com-prend toujours
une lame dequartz, parallèle
àl’axe,
demi-ondepour les rayons
jaunes,
ne couvrantqu’une
moitié duchamp
etplacée
entre deuxnicols; mais, après l’interposition
de la dissolu-tion
sucrée,
on ramènel’égalité
de teinte des deux moitiés duchamp,
nonplus
en tournant le nicolanalyseur,
mais au moyens d’uncompensateur,
enajoutant
uneépaisseur
convenable dequartz.
(1) Ou la couleur actinique du corps considéré.
(2) Voir Journal de Phys.) Ire série, t. III, p. 183, et t. VIII, p. 164.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018820010055201
553
L’appareil
se compose essentiellement(fi-,. i) :
d’une lentille 1 . concentrant la lumière d’unelampe
sur undiaphrag-me t percé
d’un
petit
trou(2.mm
dediamètre )
que recouvre une lame de bichro-I2late de
potasse ;
la lumière tombe sur unepremière
lentilleL,
Fig. 1.
traverse le nicol
polariseur
P(1),
la mi-lame de quartz M eu, s’il y alieu,
la dissolution sucrée. Ensuite vient le compensateur Soleil C(fig. 1),
le nicolanalyseur
A et une lunette de Galiléeservant à viser la mi-lame.
L’objectif
de cette lunette L’ se trouve aupoint
mêmeoccupé
dansl’espace
parl’image
réelle du trou dudiaphragme
t, fournie par la len tilleL,
et a unegrandeur égale
àcette
image.
Cette dernière
disposition présente
un avantage surlequel
ilconvient d’insister. On voit facilement que
chaque point
du troudu
diaphragme
se comporte comme unpoint
lumineux envoyantsur L un cône de rayons
clui
se transforme par la réfraction en unautre cône
ayant
pour sommet un despoints
de la lentilleL’;
il enrésulte que toute la lu mière
qui,
traversant lediaphragme,
tombesur la lentille
L,
vient tomber sur la lentilleL’;
elle concourt àformer
l’image
virtuelleobservée,
sansqu’aucune portion
en soitrejetée
latéralement etpuisse, après
réflexion sur lesparois
dutube à dissolution
sucrée,
venir troubler lesphénomènes.
On peutdire,
en considérant une marche inverse des rayons, que le trou dudiaphragme représen te
Panneau oculaire d’une lunette astrono-mique
formée par les deux lentilles L et L‘ et que par suite toute la lumièrequi
traversel’objectil
L’ vient passer par cet anneau.Ce
dispositif
est d’ailleursapplicable
à bien d’autres instrumentsqu’au
saccharimètre.Avec
l’emploi
de la lumièreblanche,
il y aquelque
intérêt à(1) La flaiiiiiie éclairante ctant placée à Om,20 de la lentille l, l’échauffement est nul, et l’on peut employer un nicol au lieu du prisme biréfringente dont la se-
conde image peut donner lieu à des réflexions gênantes.
554
discuter
complètement
le rôle de la mi-lame et à en déduire les conditions d’exactitude del’appareil.
Soient
(fig. 2)
OP et OP’ les sectionsprincipales
dupolariseur
et de
l’anal)
seur, ocet B
lesangles clu’elles
font avecOA,
directionde l’axe de la mi-lame de quartz.
Considérons d’abord la
portion
du faisceauqui
ne traverse pas Fig. 2.la
lame ;
si OV est la vibrationqui
sort dupremier nicol,
cellequi
sortira du second sera
OV,,
et l’intensité seraEn tomban t sur la lame de
quartz,
la vibration OV sesépare
endeux,
OM etOM’;
le rayon extraordinaireprend
un retard S. Les vibrationsqui
sortent du secondnicol ,
OV’et OV",
ont pourampli-
tudes
L’intensité du rayon
éinergent
estdonc, d’après
une forn1uleconnue,
IL faut tenir
compte
de ce que la lumière n’est pashomogène,
et
remplacer
le terme sin2y
par une somme de termes semblables :on a
donc,
pour la valeur de l’inlcnsité du secondfaisceau,
Nous donnons le Tableaux des valeurs de 1 e t de I’ pour les valeurs
555
remarqu ables de p :
L’image
d’intensité I’ est dénuée de colorationpour
les deuxvaleurs = o, B 2
et dans ces deux cas 1’ estégal
àI;
ce serapour ces deux
positions
del’analyseur
que lesdemi-images présen-
teront la même intensité. On sait que, dans le
saccharin1ètre,
onchoisit la dernière
position,
parce que, pour une faible rotation a, l’une au moins des deuximages
passe au noir franc.Ceci n’est vrai absolument que pour la
portion
du faisceau trans-mise par
l’air; quant
à cellequi
a traversé lami-lame,
elleprésente,
pour B=r 2 -
a, une intensitéqui
n’est pasnulle,
et une colorationdéterminée. La lame de
quartz employée
est demi-onde pour lesrayons jaunes;
le terme Ysin2 ro x représente
donc uneteinte jaune-
orange, le terme
(I - Esin2rd x la teinte bleue complémentaire.
Donc,
avec la lumièreblanche,
une rotation del’analyseur
de r 2 - aà r 2 + a
fera passer cettepartie
duchamp
du bleu sombre aujaune sombre;
ceschangements
de coloration seraient trèsgênants
pour
apprécier l’égalité
d’éclat.Une lumière
monochromatique
voisine de celle pourlaquelle
lalame est demi-onde donnera dans la
position r 2 -
a une intensiténégligeable
et dans laposition r 2
+ a une intensité très voisine desin22a. Il en résulte que la lame de
quartz
n’a pas besoin d’êtreexactelnent den2i-omde pour la IUlnière de la
soude;
une desmoitiés du
champ
ne pourra, il estvrai,
être ramenée au noirabsolu,
mais la
position correspondant
àl’égalité
d’éclairement ne serapas modifiée.
Dans le saccharimètre à lumière
blanche,
la lumières est, commenous l’avons
dit,
tamisée par une lame de bichromate depotasse;
il ne passe que les radiations les moins
réfrangibles,
àpeine jusqu’à
la raie E. En
réalité,
la lame de quartz donne aux rayonsjaunes
unretard de trois
demi-longueurs d’onde;
sonépaisseur
est d’environ1 10
de millimètre( exactement
Omm,0967, correspondant
à un retardde
3x 2
pour la raieD).
Placée de manière à laisser passer
conlplètement
les rayons de la raie D(axe à 45°
entre les nicolscroisés),
elle laisse passer les63 100
du vert de la raie
E,
et les58 100
du rouge de la raieB;
elleprésentera
donc avec la lumière
qui
a traversé le bichromate depotasse
une teintejaune,
un peu lnoinsorangée
que celle de cette lumière.Entre les nicols
parallèles,
elle donnerait nonplus
la teinte bleuecomplémentaire
dujaune,
lnais une teinte d’ungris
trèsfoncé, légèrement
teinté derougeâtre, qui, ajoutée
à la teintejaune
donnée entre les IllCUls
croisés, reproduirait
la teintejaune orangé
du bichromate.
On
voit,
par cequi précède,
que,lorsqu’on
fait tourner lepola-
riseur de r 2 - a
à 2 r
+ a, la moitié duchamp
couverteparla
lamede
quartz
passe dugris rougeàtre
à unjaune plus clair;
mais ceschangements
de teinte sont très difficilementappréciables,
et enpratique
onpeut
dire que les deux moitiés duchamp
onttoujours
la même
teinte,
ceci étant d’ailleursrigoureusement
vrailorsque
leur éclat est le mêmes.
Il n’est pas inutile de faire remarquer que la
disposition
de lalame de quartz est telle clue la
partie
du faisceauqui
la traverse nesubit pas de perte par réflexion. Cette lame est en effet collée au baume de Canada entre deux lames de verre, et
l’espace qui
cor-respond
à l’autre moitié duchamp
estrempli
de baume. Laperte
par réflexion aux deux passagesbaume-quartz, quartz-baume,
est tout à fait
négligeable.
Il n’en seraitplus
de même si la lamede
quartz
étaitplacée
dans l’air : l’intensité du faisceau lumineuxqui
la traverse serait réduite aux19u20
de sa valeur. En nousplaçant
dans le cas le
plus simple,
celui d’une lame denzi-onde pour la557 lumière
monochromatique employée,
la valeur deFangle p qui correspond
àl’égalité
d’éclairement serait t donnée parInéquation
La racine
qui
donne la valeurde B
ojsinede r 2
estLa
position
du zérodépend
donc de la valeurde a ;
parexemple,
si l’on faiL successivement x
égal
à 20 et à5°,
on trouveSi donc on a à étudier une dissolution
colorée,
pourlaquelle
ondoit faire tourner le
polariseur,
afind’augmenter
la valeur de x etpar suite l’intensité
lumineuse,
on doit faire leréglage
du zéro àvide avec la même valeur de a.
Cette
précaution
est en tous cas bonne àprendre,
car l’effet41’une
absorption
de la lumière par le baume serait absolument le même que celui d’une réflexion sur lequartz.
Il
n’y
a pas à craindre l’effet d’une rotationpossible
duplan
depolarisation
de la lumière incidente par la lame de baumede lO
demillimètre. Outre l’extrême
petitesse
de ceteffet,
il suffit de re- inarquer que, si l’onappelle a’
le nouvelangle
de la vibrationavec l’axe de la lame de
quartz,
la conditiond’égalité
des deuxparties
duchamp
devientd’où,
pour la solutioncjui
convient à laquestion
La valeur
de fi
nedépend
donc pas del’angle a,
mais seulement de la différence a’ - a.Lorsqu’on
ainterposé
la dissolutionsucrée,
il n’estplus
pos-sible,
avec la lumièrehétérogène qui
traversel’instrument,
de ra-mener
l’égalité
de teinte en tournantl’analyseur,
comme on lefaisait dans le saccharimètre à lumière
monochromatique :
il fautJ. de Pll,)"S., 2e série, t. 1. (Décembre iS82.) 37
558
employer
lecompensateur.
Cela restreint évidemmentl’usage
del’instrument aux dissolutions sucrées dont la loi de rotation est sensiblement la même que celle du
quartz.
Lecompensateur peut
Fig. 3.
C, limbe divise en degr és et en centièmes de sucre. - a, alidade entraînant l’ana-
lyseur. - G, bouton faisant mouvoir l’alidade. - B, bouton arrêtant le mouve- ment de l’alidade. - U, levier agissant sur le polariseur. - R, compensateur Soleil. - G’, bouton déplaçant le compensateur . - V, vernier. - N, lampe. - M, miroir renvoyant la lumière de la lampe sur le vernier. - H, tube conte-
nant l’analy seur. - F, bouton déplaçant l’analyseur seul pour la mise au zéro.
- 0, oculaire de la lunelte de Galilée.
d’ailleurs s’enlever de manière à transformer à volonté le sacchari- mètre à lumière blanche en l’ancien saccharimètre à lumière