ANALYSE I et II Semaine du 21 au 25 novembre 2011 Math. et Phys. 1`ere ann´ee
Prof. J. Rappaz
Corrig´e 10 du lundi 21 novembre 2011
Exercice 1 (* A r´ediger) .
On consid`ereD=R− {0} etf :D→Rd´efinie par
f(x) =e−1/|x|.
Montrons que∀α >0, f(x) =O |x|α
six→0.
Soitα >0 donn´e. Il existeM >0 tel que∀ |y| ≥M on a αln|y| ≤ |y| car lim
|y|→∞
|y|
ln|y| = +∞.
En prenantx= 1
y, on obtient:
si|x| ≤ 1
M alors ln 1
|x|α ≤ 1
|x|
et donc
ln|x|α≥ − 1
|x|.
Comme la fonction exponentielle est croissante, on obtient si|x| ≤M1:
|x|α≥e−1/|x|, ce qui prouve quee−1/|x|=O |x|α
six→0.
Remarque: On rappelle que, selon la d´efinition def(x) =O |x|α
six→x0(c.f. polycopi´e page 57), la fonction f n’est pas n´ecessairement d´efinie au pointx0 et mˆeme si c’est le cas, f(x0) n’entre pas dans la d´efinition de f(x) =O |x|α
six→x0. Il en est de mˆeme pourf(x) =o |x|α
six→x0.
Exercice 2.
On consid`ereD=R− {0} etf :D→Rd´efinie par f(x) = x
ln|x|. Montrons quef(x) =o |x|
six→0 et qu’il n’existe pas >0 qui satisfaitf(x) =O |x|1+
six→0.
On a, six6= 0: |f(x)|
|x| ≤ |x|
|x||ln|x|| = 1
|ln|x||. Si|x| →
6= 0 alors ln|x| → ∞ et on a bien
x→lim
6=0
|f(x)|
|x| = 0 ce qui implique quef(x) =o |x|
si|x| →0.
Remarque: Puisquef(x) =o |x|
six→0 alorsf(x) =O |x|
six→0.
Montrons que si >0 est donn´e et si on supposef(x) =O |x|1+
si x→0, alors on a une contradiction. Il existeC >0 etδ >0 tels que
|x|
|ln|x|| ≤C|x|1+ si 0<|x| ≤δ et donc
|x| ≤C|x|1+|ln|x|| si 0<|x| ≤δ ou encore
1≤C|x||ln|x|| si 0<|x| ≤δ.
Mais si|x|tend vers z´ero, alors on a
x→lim
6=0|x|ln|x|= 0
ce qui contredit la derni`ere in´egalit´e. Ainsi, il n’existe pas >0 qui satisfaitf(x) =O |x|1+
six→0.
Exercice 3.
On a:
1o) f0(x) = 1 +x4−x4x3
(1 +x4)2 = 1−3x4 (1 +x4)2, 2o) f0(x) = cosp
1 +x2+x4
· 2x+ 4x3 2√
1 +x2+x4 = cosp
1 +x2+x4
· x+ 2x3
√1 +x2+x4, 3o) • Si x∈R\Z, alors il existe z∈Ztel que x∈]z, z+ 1[. Ainsif(x) =x2z et
f0(x) = 2zx= 2[x]xpour toutx∈]z, z+ 1[.
• Si x= 0 on a f(0) = 0. De plus, pour toute suite (an)n≥0 telle quean6= 0 et lim
n→∞an= 0, on a
n→∞lim f(an)
an
= 0, ce qui signifie que f0(0) = 0.
• Si z∈Z∗ alors
x→zlim
x<z
f(x) =z2(z−1) et lim
x→zx>z
f(x) =z3. Ainsif n’est pas continue enz et doncf0(z) n’existe pas.
En r´esum´e: f0(x) = 2[x]xsix∈R\Z∗ etf0(x) n’existe pas six∈Z∗,f0(0) = 0.
Exercice 4.
Soitf :R→Rd´efinie parf(x) =
x3 six∈Q 0 six /∈Q
• f est d´erivable en z´ero carf0(0) = lim
x→06=
f(x)−f(0) x−0 = lim
x→06=
f(x) x = 0.
• f est discontinue surR∗.
En effet, pour tout x0 ∈ R∗, on peut construire une suite (an)n≥0 ⊆R\Qet une suite (bn)n≥0 ⊆Q telles que
n→∞lim an= lim
n→∞bn =x0∈R∗. Puisque
n→∞lim f(an) =x306= 0 = lim
n→∞f(bn), on en d´eduit que la fonctionf n’est pas continue enx0.
Exercice 5.
Soitf :]a, b[→Rune fonction continue injective. Alors on sait que f admet une fonction r´eciproque continue f−1:R(f)→]a, b[. Sif est d´erivable en x0 et sif0(x0)6= 0, montrer que f−1 est d´erivable enf(x0) et que
(f−1)0(f(x0)) = 1 f0(x0).
D´emonstration : Soit >0. Puisquef est d´erivable enx0 avecf0(x0)6= 0, alors lim
x→6=x0
f(x)−f(x0) x−x0
=f0(x0), ce qui signifie qu’il existeδ1()>0 tels que si 0<|x−x0|< δ1 alorsx∈]a, b[ et
x−x0
f(x)−f(x0)− 1 f0(x0)
≤.
Puisque f est bijective, il existe y0 ∈ R(f) tel que x0 = f−1(y0). De mˆeme, ∀x ∈]a, b[ il existe un unique y∈ R(f) tel quex=f−1(y) de sorte que
x−x0
f(x)−f(x0) = f−1(y)−f−1(y0) y−y0 .
Puisquef−1est continue eny0, il existeδ2()>0 tel que si|y−y0|< δ2alors|x−x0|=|f−1(y)−f−1(y0)| ≤δ1, et donc
f−1(y)−f−1(y0)
y−y0 − 1
f0(x0)
≤. Ce qui prouve quef−1est d´erivable eny0=f(x0) et que f−10
(y0) = 1 f0(x0).