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Corrig´ e de la feuille d’exercices n

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(1)

Ecole Normale Sup´´ erieure – FIMFA – Ann´ee 2010-2011 Travaux dirig´es de Topologie et Calcul diff´erentiel Franc¸ois B´eguin

Corrig´ e de la feuille d’exercices n

o

5 Groupes topologiques

1 -

Propri´et´es topologiques d’un sous-groupe

Le point cl´e concernant les groupes topologiques est que les translationsτg:G→Gd´efinie parτg(h) =g.h sont des hom´eomorphismes (d’inverse τg−1). Il en est de mˆeme des conjugaisons h7→ghg−1.

1. Par d´efinition, siH est ouvert, alors 1 est dans l’int´erieur deH. R´eciproquement, soitU un ouvert inclus dansH contenant 1. Quel que soith∈H, la multiplication parhest un hom´eomorphisme deG, qui pr´eserve H. Il en d´ecoule queh.U est encore un ouvert inclus dansH et qui contienth. Donc tout point deH admet un voisinage ouvert ce qui assure queH est ouvert.

2. Il suffit de montrer que le compl´ementaireG\H deH est ouvert. Or G\H =S

g /∈Hg.H. CommeH est ouvert, chaqueg.H est ouvert, donc leur r´eunion aussi.

3. On supposeGconnexe, on consid`ere un voisinage non-videV de 1, et on noteH le groupe engendr´e par V. On doit montrer que H =G, autrement dit que H est ouvert et ferm´e. Mais H est ouvert d’apr`es la question 1, et donc ferm´e d’apr`es la question 2.

4. Comme toute composante connexe,G0est ferm´e. Il est clair queG−10 etGn0 (avec les notations pr´ec´edentes) sont connexes. On en conclut que le sous-groupe engendr´e parG0est connexe et contient 1, donc il est inclus dansG0 donc lui est ´egal. DoncG0est un sous-groupe. QueG0 est distingu´e d´ecoule du fait quegG0g−1est un connexe contenant 1 (pour tout g ∈G) donc inclus dans G0. Finalement, siG est localement connexe, alors, 1 est dans l’int´erieur de G0, donc G0 est ouvert (voir la question 1). Il suit que le groupe quotient G/G0 est discret (la pr´eimage de tout singleton [g] est gG0 qui est ouvert dansG).

5. La s´eparation deGest utilis´ee pour montrer qu’un singleton{g} ⊂Gest ferm´e dans{G}.1PuisqueHest discret,{1}est ouvert dansH, donc il existe un voisinage ouvertV de 1 dansGtel queV∩H ={1}. Comme v∈H si et seulement siv−1∈H, on peut supposer que V =V−1. On doit montrer queH est ferm´e c’est `a dire queH =H. Soitx∈H. Par d´efinition, tout ouvertU contenantxrencontreH. C’est en particulier le cas dex·V. Soity∈xV ∩H. Montrons que, n´ecessairement,y=x. Comme on a suppos´eV =V−1,y∈xV implique quex∈yV. Il suit quex∈yV ∩H⊂yV ∩H. Par d´efinition deV,yV ∩H ={y}. CommeGest s´epar´e,yV ∩H={y}dansG. D’o`uyV ∩H={y}. D’o`u x=y∈H. Par cons´equent, H est ferm´e.

2 -

Groupes topologiques et quotients

1. Soitϕ:G→ {0,1}une application continue. Pour toutg∈G, l’applicationH 3h7→ϕ(g.h) est continue (en tant que compos´ee d’applications continues). Comme H est connexe, cette application est constante et doncϕest constante sur les classesgH. On conclut que ϕse factorise au travers deG/H; c’est `a dire qu’il existeψ:G/H→ {0,1} continue telle queϕest la compos´ee

G→G/H→ {0,ψ 1}.

1Comme le montre l’exercice 2, un groupe topologiqueGest s´epar´e si et seulement si le singleton{1}est ferm´e dansG.

(2)

CommeG/H est connexe,ψest constante ; par cons´equentϕl’est aussi. Ceci prouve queGest connexe.

2. Montrons que G/H est s´epar´e lorsque est H ferm´e. On commence par la propri´ete suivante importante des quotients d’un groupe topologique:L’application de passage au quotient p:G→G/H est ouverte. En effet, siV ⊂Gest ouvert, alors

p−1(p(V)) = [

h∈H

V h

qui est une r´eunion d’ouverts puisque la multiplication parhest un hom´eomorphisme. Par d´efinition de la topologie quotient, on a bien quep(V) est ouvert.

Par un exercice de la feuille no 4 (ou le cours), p : G → G/H ´etant ouverte, il suffit de montrer que la relation d´equivalenceRd´efinissant le quotient est ferm´ee dansG×G. MaisR=f−1(H) o`uf(x, y) =y−1x.

Commef est continue etH ferm´e,R ⊂G×Gest ferm´e.

Remarque.Bien sur, on peut d´emontrer directement la s´eparation. En effet soit [x0]6= [y0]∈G/H. Comme H est ferm´e par continuit´e de l’applicationf : (x, y)7→y−1x, le compl´ementaire de f−1(H) est ouvert et contient (x0, y0). Il existe donc V voisinage ouvert de 1 dans Gtel que f(x0V, y0V) ⊂G−H. Comme p est ouverte, p(x0V) et p(y0V) sont des ouverts de G/H. De plus ils sont disjoints puisque par hypoth`ese, V−1y−10 x0V ∩H =∅.

Remarque. On n’a pas besoin du fait que G soit s´epar´e. En fait, on voit qu’un groupe topologique K est s´epar´e d`es que le singleton{1} est ferm´e dansK. Mais le singleton{1} est ferm´e dansG/H d`es que H est ferm´e dans G (queG soit s´epar´e ou non). En fait, ceci fournit un moyen canonique de “rendre s´epar´e un groupe topologique” : siGn’est pas s´epar´e, et si on noteH l’adh´erence dansGdu singleton{1}, alorsG/H est s´epar´e.

3 -

Le cercle

Le groupeS1s’identifie au groupe quotientR/Z(muni de la topologie quotient) via l’application exponentielle x7→exp(2iπx). On noterap:R→R/Zl’application quotient.

1. Comme p est un morphisme de groupes topologiques, la pr´eimage d’un sous-groupe ferm´e de S1 par x 7→ exp(ix) est un sous groupe ferm´e de (R,+) donc de la forme aZ ou ´egal `a R. On obtient que les sous groupes ferm´es propres deS1 sont n´ecessairement de la forme exp(iaZ). Clairement, exp(iaZ) est un sous-groupe deS1. Il reste `a voir pour quelle valeur dea, c’est un sous-groupe ferm´e. Sia/2πest irrationnel, alors 2πZ+aZest dense dansR. En particulier, exp(2πZ+aZ) = exp(aZ) est dense dansS1. Il ne peut donc pas ˆetre ferm´e, sinon ce seraitS1 tout entier ce qui est absurde. Sia=p/qavecpet qpremiers entre-eux, alors exp(2iπpqZ) = exp(2iπq Z) est un sous-groupe (cyclique) fini et donc ferm´e. Conclusion les sous-groupes ferm´es propres deS1sont de la forme exp(2iπq Z) et en particulier sont cycliques (et s’identifient aux racines de l’unit´e).

2. Par composition, un morphisme de groupes continusf :S1→S1induit un morphisme de groupes continus f ◦p: (R,+) →S1. D’apr´es le th´eor`eme de rel´evement, il existefe:R→R (unique) continue qui rel`evef et v´erifie fe(0) = 0. De plus commef(x+y) = f(x)f(y), on obtient fe(x+y) =fe(x) +fe(y) + 2kπ (k est ind´ependant dex, y, par connexit´e). Prenant x=y = 0, on obtientk= 0 et on obtient quefe:R→Rest un morphisme de groupes. Il est bien connu2 qu’un tel morphisme est de la forme x7→βxpour un certain β ∈R. Par cons´equent,f◦pest de la formex7→exp(2iπax) poura∈R. R´eciproquement un morphisme de g: (R,+)→S1 induit un morphisme deS1→S1 si 1∈ker(g). Ceci est ´equivalent `aa∈Z. En conclusion, il existe k∈Ztel que,

∀x∈R, f(exp(2iπx)) = exp(2iπkx).

Autrement dit, il existe k∈Ztel que,

∀z∈S1, f(z) =zk. La r´eciproque est une nouvelle fois imm´ediate.

2et ce n’est pas dˆur `a montrer en remarquant quef(n) =nf(1), puisf(p/q) =p/qf(1) et en concluant par continuit´e

(3)

Pour trouver les automorphismes, regardons le noyau des morphismes trouv´es ci-dessus. On af(exp(2iπx)) = 1 si et seulement sikx∈Zc’est `a dire que ker(f)∼=Z/kZ. Il n’est donc trivial que sik= 1 (auquel cas f est l’identit´e) ou k=−1 (auquel cas f est la conjugaison complexe). Ces deux derni`eres applications sont des isomorphismes (elles sont d’ailleurs leur propre inverse).

L’image d’un morphismef :S1→C est un sous-groupe compact deC. Tout sous-groupe compact de Cest contenu dansS1. Par cons´equent, les morphismes deS1dansC co¨ıncident avec les endomorphismes deS1.

3. Soitρ:G→GL(n,C) une repr´esentation de dimension finie. Si tous les ´el´ementsρ(g) sont des homoth´eties, alors tout sous-espace de dimension 1 est stable parG. Donc siρest irr´eductible, on an= 1. Supposons que toutes les matrices deρ(g) ne soient pas des homoth´eties. Alors il existeraitg ∈Get E = ker(ρ(g)−λIn) un sous-esapce propre de dimension< n. CommeGest ab´elien,ρ(h) commute `aρ(g), d’o`uEest stable par ρ(h) pour touthdansG. En particulierE est un sous-espaceG-stable etρn’est pas irr´eductible !

On aurait aussi pu utiliser que toute matrice surCest trigonalisable et que de plus siX ⊂GL(n,C) est un sous-ensemble de matrices qui commutent, alors elles sont simultan´ement trigonalisables. On en d´eduit alors, que le sous-espace engendr´e par le premier vecteur d’une base de trigonalisation commune est un sous-espaceG-stable. Il en d´ecoule que toute repr´esentation admet un sous-espace de dimension 1 G-stable ce qui donne la conclusion.

Une repr´esentation irr´eductible de S1 est donc donn´ee par un morphisme de groupe toplogique S1 → GL1(C) =C et on vient de voir qu’elle est de la formeρ(g).z=gk.zpour un certain entierk.

4 -

Le groupe unitaire.

1. On aU(1) ={z∈C|zz= 1} ∼=S1par d´efinition. De plus on a une application continueSU(n)×S1→ U(n) donn´ee par (M, z) 7→ M.D(z) o`u D(z) est la matrice diagonale de Cn dont le premier coefficient diagonal est zet tous les autres valent 1. Il est clair que siN ∈U(n),N D(1/det(N)) est dansSU(N) et il suit que mest surjective. L’inverse de mest l’applicationN 7→(N D(1/det(N)), det(N)) qui est ´egalement continue. D’o`uU(n) est hom´eomorphe `aSU(n)×S1. Enfin queU(n) agit transitivement sur la sph`ere unit´e S2n−1 de Cn d´ecoule simplement du fait qu’une matrice N est dans U(n) si et seulement si ses vecteurs colonnes forment une base orthonorm´ee pour le produit scalaire hermitien canonique deCn.

2. Comme les espaces propres d’une matrice unitaires sont orthogonaux, la remarque pr´ec´edente assure que le quotient U(n)/U(n−1) s’identifie avecS2n−1 via l’application U(n)→S2n−1 qui `a une matrice associe son dernier vecteur colonne. Ce quotient s’identifie aussi sans peine avecSU(n)/SU(n−1).

3. On a que U(1) et SU(1) ={1} sont connexes. Comme S2n−1 est connexe, on en d´eduit par r´ecurrence queSU(n) etU(n) sont connexes (en utilisant l’exercice 2).

5 -

D´ecomposition polaire

1. Il est facile de v´erifier que tous les groupes pr´esent´es sont effectivement des sous-groupes deGL(n,K). Ce sont donc automatiquement des sous-groupes topologiques pour la topologie induite.

i) Le groupe O(n) est un sous-groupe ferm´e de GL(n,R) car il est la pr´eimage de In par la fonction continue g 7→ g.tg. Rappelons que g ∈ O(n) si et seulement si les vecteurs colonnes de g forment une base orthonormale. Si on munitM(n,R) de sa norme habituelle donn´ee par la forme quadratique M 7→tr(tM.M), on v´erifie sans peine queO(n) est inclus dans la sph`ere de rayon√

n. C’est donc un ferm´e born´e d’un espace de dimension finie: il est compact. De mˆeme, O(n,C) est ferm´e. Il n’est en revanche pas compact, comme le montre la question 4) ci-dessous. On peut aussi simplement remarquer que la suite de matrices exp(nJ) o`u J =

0 i

−i 0

est dans O(2,C) pour tout n∈ Net n’est pas

(4)

born´ee car exp(nJ) =

cosh(n) isinh(n)

−isinh(n) cosh(n)

. Ces groupes ne sont pas connexes car leur image par le d´eterminant n’est pas un connexe deR(ouC).

ii) Le groupe sp´ecial lin´eaire est ferm´e car pr´eimage du ferm´e{1}par l’application continue d´eterminant.

Il n’est pas compact (pourn >1) en revanche. En effet la matrice

1/k 0 (0)

0 k (0)

(0) (0) In−2

est un ´el´ement de norme k ∈ N arbitraire de SL(n,K). Le groupe sp´ecial lin´eaire est connexe car il est engendr´e par les matrices de transvections ´el´ementaires Eij (qui est la matrice qui vaut 1 sur la diagonale et en le coefficient (i, j) et 0 partout ailleurs). Or les matrices Eij peuvent ˆetre ramen´ees continuement en l’identit´e et donc leurs produits ´egalement.

iii) Pour montrer queU(n) est compact, il suffit de reprendre les arguments de i) en rempla¸canttg partg.

L’intersection d’un ferm´e et d’un compact est compact doncSU(n) est compact. La connexit´e de ces groupes a ´et´e prouv´ee de l’exercice pr´ec´edent ; on peut aussi la montrer en utilisant le fait que tout

´el´ement de U(n) est diagonalisable, `a valeurs propres sur le cercle unit´e.

iv) On a vu dans la feuille d’exercices 3 que les groupes SO(n) etSO(n,C) sont connexes (voir aussi la question 4 ci-dessous pour une autre preuve; on pourrait aussi appliquer l’id´ee de l’exercice 3 `aSO(n)).

SO(n) est compact car intersection d’un ferm´e et d’un compact etSO(n,C) n’est pas plus compact que O(n,C) (le contre -exemple donn´e est dansSO(n,C)) mais reste ferm´e comme intersection de ferm´es.

v) Le contre-exemple de la question ii) appartient `aB(n,K). DoncB(n,K) n’est pas compact. Montrons qu’il est cependant ferm´e dans GL(n,K) (mais ´evidemment pas dans M(n,K)). Soit p:M(n,K)→ Kn(n−1)/2l’application qui `a une matriceM = (Mij) associe sesn(n−1)/2 coefficients (Mi,j)n≥i>j≥1 sous la diagonale. C’est une application continue (et mˆeme polynomiale en les coefficients de la matrice), donc p−1({0}) est ferm´e. Comme B(n,K) = GL(n,K)∩p−1({0}), c’est un ferm´e de GL(n,K). La connexit´e est ´evidente car pour toutt∈[0,1] etM ∈B(n,K),tM+ (1−t)In∈B(n,K).

Rappelons que l’on noteH+n l’ensemble des matrices hermitiennes d´efinies positives dansC. 2. L’id´ee est que si la d´ecompositionM =U H existe alors, n´ec´essairement

tM M=tHtU U H =H2

car U ∈ O(n) et H hermitienne. Donc H doit ˆetre une racine carr´ee de tM M. Or comme M est in- versible, la matricetM M est hermitienne d´efinie positive. Diagonalisons la en base orthonormale :tM M=t O

λ1 0 0 . . . .

0 0 λn

O. Prenons H =tO

p(λ1) 0 0 . . . .

0 0 p

n)

O ce qui est licite puisque les λi sont positifs. Alors, par construction, H est hermitienne `a valeurs propres strictements positives, donc d´efinie positive. Il suffit donc de montrer queM H−1 est unitaire pour conclure. Or

t(M H−1)M H−1=tH−1tM M H=tH−1H2H−1=In.

Passons `a l’unicit´e. Soit U1H1 = M = U2H2 deux solutions. On peut supposer que H1, U1 sont les solutionsH, U construites ci-dessus. AlorsU2−1U1=H2H1−1. Montrons queH2H1−1est hermitienne. Il suffit de montrer que H1 et H2 commutent. OrH12 =tM M = H22, donc H2 commute avec tM M. De plus, par construction la matriceH1est un polynˆome entM M. En effet, par construction,P(tM M) =H1, o`uP est un polynˆome tel queP(λi) =p

i), convient. Il en r´esulte que H1=P(H22) commute avec H2. DoncH2H1−1 est sym´etrique. De plusH2H1−1=U2−1U1 est unitaire (car U(n) est un groupe). Mais une matrice unitaire ne peut avoir que des complexes de module 1 comme valeurs propres. Comem elle est ausi diagonalisable `a valeurs propres strictes positives, c’est n´ecessairement l’identit´eIn. Conclusion :H1=H2,U1=U2.

La multiplication de matrices induit une bijection continue U(n)× H+n →GL(n,C) d’apr`es la question 2). Il reste `a montre la continuit´e de l’inverse. Ce r´esultat peut s’obtenir `a partir du th´eor`eme d’inversion locale. On va suivre une approche “plus ´el´ementaire”. Il suffit de montrer que, pour toute suite (gk=okhk ∈ GL(n,C))k∈Nqui converge versg=oh∈GL(n,C), on a ok −→

k7→∞oet hk −→

k7→∞h. CommeU(n) est compact

(5)

m´etrisable, la suite (on) admet une valeur d’adh´erence ˜o, qui est la limite d’une suite extraiteoφ(k). Comme limk7→∞oφ(k)hφ(k)= limk7→∞gφ(k)=get que la multiplication et le passage `a l’inverse sont des applications continues, on a aussi que (hφ(k)) converge vers ˜h:= ˜o−1.g. La matrice ˜hest une matrice sym´etrique positive (car les matrices sym´etriques positives sont un ferm´e); mais pas n´ecessairement d´efiniea priori. Cependant comme ˜h:= ˜o−1.g, cette matrice est inversible. Donc elle est d´efinie positive (puisque sinon elle aurait une valeur propre nulle). Par unicit´e de la d´ecomposition, ˜o=o. Le raisonnement pr´ec´edent est valide pourtoute suite extraire convergente (oφ(k)) de (ok). Donc la suite on admet une unique valeur d’adh´erence dans le compactU(n). Elle est n´ecessairement convergente. Il suit quehk =o−1k gk a une limite ˜hqui est dansHn+ et par crit`ere s´equentiel, on obtient la continuit´e deM 7→(U, H).

3. Si H ∈ Hn, alors H est diagonalisable (on ´ecritH =P DP−1), d’o`u exp(H) =Pexp(D)P−1 aussi et de plus ses valeurs propres sont les exp(λi)>0 (o`u les lesλi sont les valeurs propres deH). Par cons´equent exp(H)∈ H+n et exp :Hn→ H+n est surjective puisque exp :R→R+ l’est.

Pour d´eduire l’injectivit´e de exp :Hn→ H+n de l’injectivit´e de exp :R→R+, il faut montrer sih, k∈ Hn

v´erifient exp(h) = exp(k), alors hetk sont simultan´ement diagonalisables. Il est imm´ediat que hcommute avec exp(h). Il suffit maintenant de montrer quek est un polynome en exp(h) = exp(k) pour conclure. Or il est clair que exp(k) etk sont simultan´ement diagonalisables (puisqu’elles commutent). En prenantP un polynˆome d’interpolation desµi en exp(µi) pour les valeurs propres µi de k; on obtient k =P(exp(k)). Il suit que hcommute avec P(exp(h)) =P(exp(k)) = k; donch et k sont simultan´ement diagonalisables ce qui conclut pour l’injectivit´e.

On a obtenu que l’application exp : Hn → H+n est une bijection continue. De plus, en notant Ks,r le compact {M ∈ Sn|s ≤ valeurs propres M ≤r)} pour s < 0 < r, on a exp(Ks,r) = Kexp(s),exp(r). Toute bijection continue sur un compact est un hom´eomorphisme. Il en r´esulte que l’inverse de exp est continue sur tout ouvert contenu dans l’union desKs,r donc surH+n.

Bien sur, on peut aussi utiliser le th´eor`eme d’inversion locale pour montrer que la continuit´e de l’inverse de exp.

4. Les deux questions pr´ec´edentes montrent que l’application (U, H) 7→ M o`u M = Uexp(H) r´ealise un hom´eomorphismes entre U(n)× Hn et GL(n,C).

• Il est clair que Hn est isomorphe au R-espace vectoriel Rn ×Cn(n−1)/2 ∼= Rn

2 (en regardant les coefficients au dessus de la diagonale des matrices deHn). D’o`u l’hom´eomorphismeGL(n,C)∼=U(n)×

Rn

2.

• SiM est r´eelle, tM M=H2 est r´eelle, d’o`u, par construction, H est r´eelle et doncU =M H−1 aussi.

Il suit queU ∈O(n) et on aGL(n,R)∼=O(n)×Rn(n+1)/2 comme ci-dessus.

• Le d´eterminant d’une matrice dans H+n est r´eel positif ; le d´eterminant d’une matrice dans U(n) est de module 1. Il suit que M = U H ∈ SL(n,C) ssi U ∈ SU(n) et det(H) = 1. On voit facilement que det(exp(M)) = exp(T r(M)) en diagonalisant les matrices de Hn. Il en r´esulte que SL(n,C)∩ H+n est l’image par l’exponentielle des matrices hermitiennes de trace nulle. D’o`u l’hom´eomorphisme SL(n,C)∼=SU(n,C)×Rn

2−1. Combinant cette derni`ere observation avec celle surO(n), on obtient ais´ement queSL(n,R) est hom´eomorphe `a SO(n)×R−1+n(n+1)/2.

• SiM ∈O(n,C) alors (tM)−1=M =U H. Or (tM)−1= (tU)−1(tH)−1=U(H)−1carU ∈U(n) etH ∈ H+n. Par unicit´e de la d´ecomposition polaire,U =U est r´eelle, donc dansO(n). Comme exp(X)−1= exp(−X), on en d´eduit de mˆeme que H = exp(X) avec X = −X et X hermitienne. Autrement dit X = iA o`u est antisymm´etrique r´eelle quelconque. On conclut que O(n,C) est hom´eomorphe

`

a O(n,R)×Rn(n−1)/2; en particulier ses composantes connexes sont SO(n)×Rn(n−1)/2 et (O(n)\ SO(n))×Rn(n−1)/2.

(6)

6 -

Groupes pseudo-alg´ebriques

1. La transposition, le d´eterminant et le produit de matrices sont ´evidemment des fonctions polynomiales en les parties r´eelles et imaginaires des coefficients d’une matrice complexe. Il en est de mˆeme des 2n2fonctions composantes M 7→ <(Mij) etM 7→ =(Mij) ´evaluant les parties r´eelles et imaginaires des coefficients d’une matrice. Il est alors imm´ediat queO(n),U(n),SL(n,K) etB(1)(n,K) sont pseudo-alg´ebriques.

2. On suppose d´esormais que le groupeGest stable par conjugaison-transposition.

i) D’apr`es la d´ecomposition polaire (cf Exercice 5), on sait que tout ´el´ementg s’´ecrit de mani`ere unique sous la forme g = U h avec U ∈ U(n) et hhermitienne d´efinie positive. De plus, on a montr´e dans la question 4 de l’exercice 5 que l’exponentielle de matrices ´etablit un hom´eomorphisme entre les matrices hermitiennes et les matrices hermitiennes d´efinies positives. D’o`u l’existence (et l’unicit´e) de H hermitienne telle que g=Uexp(H).

On a tg = exp(H) tU car H est hermitienne. Par hypoth`ese, tg ∈ G d’o`u tgg ∈ G. Or on a tgg = exp(H)tU Uexp(H) = exp(2H) carU ∈U(n). CommeGest un groupe, toutes les puissances enti`eres de exp(2H) sont encore dans G.

ii) Une matrice hermitienne est diagonalisable (dans une base orthonormale). Il existe doncP ∈U(n) telle queP KP−1 soit une matrice diagonale dont les coefficients µj (j = 1. . . n) sont les valeurs propres (r´eelles) de K. L’application M 7→ P−1M P est un hom´eomorphisme et un morphisme de groupes:

G→P−1GP. De plus P−1GP est encore pseudo alg´ebrique. Comme P ∈U(n), P−1H+P =H+, et P−1G∩ H+P=P−1GP∩ H+. Conclusion : on peut se ramener `a travailler avec le groupeP−1GP et donc supposer queK est diagonale pour d´emontrer le r´esultat.

On sait queGest pseudo-alg´ebrique. SoitP1, . . . , Plles polynˆomes le d´efinissant. Comme exp(kK)∈G, on a

Pi(exp(kµ1), . . . ,exp(kµn),0, . . . ,0) = 0 (1) pour touti= 1. . . let toutk∈Z. LesPi´etant des polynˆomes, le terme de gauche de l’´equation (1) peut se r´e´ecrire sous la formePni

k=1ak,i(exp(bk,i))k o`ub1i<· · ·< bni. Cette expression doit ˆetre nulle pour toutk∈Z; il suit que les coefficients aki sont tous nuls (en prenant la limite pourk→ ±∞ de cette expression, on obtient que les coefficients de exp(b1i) et exp(bni) sont nuls et on it´ere le raisonnement).

Il est alors ´evident quePni

k=1ak,i(exp(bk,i))t= 0 pour tout t∈R. On en d´eduit donc, que pour tout t∈R, on aPi(exp(tµ1), . . . ,exp(tµn),0, . . . ,0) = 0 d’o`u exp(tk)∈G. De plus exp(tK)∈ H+ puisque tK est hermitienne.

iii) D’apr`esi), exp(2H)∈ GH+. D’o`u d’apr`esi), exp(xH) (x ∈ R) aussi. En particulier exp(−H)∈ G aussi. Il suit queU =gexp(−H)∈G. Alors, pour toutg =Uexp(H)∈G, on sait que U et exp(H) sont dansG; il en d´ecoule queG= (G∩U(n))×(G∩ H+). Pour conclure, il va nous suffire de montrer que la pr´eimage par l’exponentielle exp :Hn→ H+n de (G∩ H+) est un sous-espace vectoriel. On sait d´ej`a que pour toutt∈R, exp(tH)∈G∩ H+. Il reste `a voir que si exp(H) et exp(K) sont dansG∩ H+, alors exp(H+K)∈G∩ H+. En faisant un d´eveloppement limit´e, on obtient facilement que

exp(tH) exp(tK) = exp t(H+K) +O(t2) .

On en d´eduit la formule

exp(H+K) = lim

n→∞ exp(H/n) exp(K/n)n

.

Par cons´equent, exp(H+K) est limite d´el´ements deG, qui est ferm´e puisque pseudo-alg´ebrique, donc est dansG. Il est dansH+ par construction ce qui permet de conclure.

3. On suppose bien-sˆur quep, q≥1 (sinon O(p, q) est hom´eomorphe au groupe orthogonal).

i) Une matriceM est dansO(p, q) si et seulement si, pour toutX∈Rn, on a

tXtM IpqM X=tXIpqX.

(7)

Cette ´egalit´e est ´equivalente `a l’´egalit´e des formes quadratiques d´efinies par les matrices sym´etriques

tM IpqM et Ipq, donc `a tM IpqM = Ipq. En prenant le d´eterminant, on obtient det(M)2det(Ipq) = det(Ipq) ce qui donne det(M) =±1 et (en particulierO(p, q)⊂GL(n,R)). Enfin O(p, q) =f−1(Ipq) o`uf est l’application continue, et mˆeme polynomiale en ses coefficients,M 7→tM IpqM, en particulier, O(p, q) est un sous-groupe ferm´e deGL(n,R) et mˆeme pseudo-alg´ebrique.

ii) L’intersection d’un ferm´e et d’un compact est compact, doncKpq est compact. SoitM =

A B C D

. AlorsM ∈Kpq si et seulement si

tM M=In ettM IpqM =Ipq ⇐⇒





tAA+tCC =Ip

tAB+tCD= 0

tBA+tDC = 0

tBB+tDD=Iq et





tAA−tCC=Ip

tAB−tCD= 0

tBA−tDC= 0

tBB−tDD=−Iq

Noter que les deux lignes du milieu `a droite sont ´equivalentes (on passe de l’une `a l’autre par trans- position). La somme des deux premi`eres lignes donnetAA=Ip et tCC = 0 (en particulierA∈O(p)).

Celle des derni`eres lignes donnetDD=Iq et tBB= 0 (en particulier A∈O(q)). Celle de la deuxi`eme ligne conduit `a tAB= 0 =tCD. CommeA, D sont inversibles, on en d´eduit que B = 0 etC= 0. En conclusion :M ∈O(p)×O(q). La r´eciproque est imm´ediate. Enfin commeO(p, q) est pseudo-alg´ebrique r´eel, on en d´eduit queO(p, q)∩U(p+q) =O(p, q)∩O(p+q) et puisque il est stable par transposition, par le r´esultat de la question 2 on obtient que O(p, q) est hom´eomorphe `a Kpq×Rd (pour un certain entierd).

iii) Les composantes connexes de O(p, q) sont donc celles de K(p, q)∼= O(p)×O(q) donc Kpq a 4 com- posantes connexes. ClairementSO(p, q) est un sous-groupe ferm´e de O(p, q). De plusM s’obtient en multipliant M0 par un ´el´ement de SO(p, q) si et seulement si det(M) = det(M0). En prenant une matrice quelconqueH deO(p, q) telle que det(H) =−1 (il est facile d’en exhiber une...) on en d´eduit queO(p, q) admet une partition en deux classes SO(p, q) et O(p, q) = H.SO(p, q) sous l’action de SO(p, q) et que ces deux classes sont hom´eomorphes via∗H :SO(p, q)→O(p, q). Elles doivent donc avoir le mˆeme nombre de composantes connexes, c’est `a dire 2 chacunes. Enfin det(In) = 1, ce qui assure que la composante neutreSO0(p, q) est dans SO(p, q). CommeKpq ∼=O(p)×O(q), on d´eduit ais´ement (en calculant les d´eterminants) queSOp,q∩Kpq=SO(p)×SO(q)`O(p)×O(q).

On ´ecrit toujoursM =

A B C D

.

Commen¸cons par montrer que le signe de det(A) est constant sur une composante connexe deSO(p, q).

CommeM ∈O(p, q), alors,tAA=Ip+tCC. CommetCCest une matrice sym´etrique positive,Ip+tCC est une matrice sym´etrique positive. En diagonalisanttCC, on trouve que les valeurs propres deIp+tCC sont les 1 +µi o`u les µi≥0 sont celles detCC. En particulier elles sont strictement positives, d’o`u il d´ecoule quetAAest sym´etrique d´efinie positive. Il en r´esulte que det(A)∈Ret donc le signe de det(A) est constant sur une composante connexe. Il est n´ec´essairement positif sur SO0(p, q) (qui contient la marice identit´e). Comme la matriceH=

−1 0 0 0

0 Ip−1 0 0

0 0 −1 0

0 0 0 Iq−1

est dansSO(p, q)−SO0(p, q), on obtient que det(A)<0 surSO(p, q)−SO0(p, q).

Montrons enfin que l’application A 7→ det(A)/|det(A)| ∈ Z/2Z est un homomorphisme de groupes bien d´efini. Si A, B ∈ SO0(p, q), alors, AB ∈ S00(p, q) (puisque SO0(p, q) est un groupe). Comme S00(p, q)×(S0(p, q)−SO0(p, q)) est connexe, son image par la multiplication est inclus dans une composante connexe deS0(p, q). On v´erifie sur un exemple que cette image est dansS0(p, q)−SO0(p, q) (en prenant par exemple le couple (Ipq, H)). De mˆeme on montre, que l’image de (S0(p, q)−SO0(p, q))×

SO0(p, q) par la multiplication est dans S0(p, q)−SO0(p, q) et que le produit de deux ´el´ements de S0(p, q)−SO0(p, q) est dans S00(p, q). Il est alors imm´ediat, vu les consid´erations sur le signe de det(A) ci-dessus, que l’application A 7→det(A)/|det(A)| ∈ Z/2Z est un homomorphisme de groupes de noyauSO0(p, q).

Remarque. On pourrait caract´eriser les matrices de K(p, q) comme ´etant les matrices M de O(p, q) telles que det(A) =±1 (en ´ecrivant encoreM comme un bloc).

(8)

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