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Contrôle par les coefficients dans le modèle Elrod-Adams

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Academic year: 2022

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(1)

URL:http://www.emath.fr/cocv/

CONTR ˆOLE PAR LES COEFFICIENTS DANS LE MOD`ELE ELROD-ADAMS

Mohamed El Alaoui Talibi

1

et Abdellah El Kacimi

1

Abstract. The purpose of this paper is to study a control by coefficients problem issued from the elastohydrodynamic lubrication. The control variable is the film thickness.The cavitation phenomenon takes place and described by the Elrod-Adams model, suggested in preference to the classical variational inequality due to its ability to describe input and output flow. The idea is to use the penalization in the state equation by approximating the Heaviside graph whith a sequence of monotone and regular functions. We derive a necessary condition for the regularized problem, then we establish estimates of the state and the adjoint state in the one dimensional case. Next we pass to the limit.

R´esum´e. Dans ce papier, nous ´etudions un probl`eme de contrˆole par les coefficients issu de la lu- brification ´elastohydrodynamique. La variable de contrˆole est l’´epaisseur du fluide. Le ph´enom`ene de cavitation est pris en compte par le mod`ele Elrod-Adams, connu pour ses performances dans la conservation des d´ebits d’entr´ee et de sortie. L’id´ee est de r´egulariser dans l’´equation d’´etat le graphe d’Heaviside, en l’approchant par une suite de fonctions monotones et r´eguli`eres. Nous d´erivons les conditions d’optimalit´e pour le probl`eme r´egularis´e, puis nous ´etablissons des estimations de l’´etat et de l’´etat adjoint dans le cas unidimensionnel, ensuite nous passons `a la limite.

Classification math´ematique. 49J40, 76M30, 35R35, 76D08.

Re¸cu le 26 octobre 1999. R´evis´e le 26 mai et le 30 octobre 2000.

1. Introduction

Dans ce travail, nous ´etudions un probl`eme de contrˆole optimal dans le cadre des probl`emes inverses en lubrification hydrodynamique. Connaissant la pression qui assure une bonne lubrification du contact, l’objectif est de chercher la forme du m´ecanisme, c’est-`a-dire l’´epaisseur du fluide correspondante.

Dans [17], on trouve une premi`ere motivation utilisant les techniques de contrˆole optimal pour le palier unidimensionnel. Cependant, le ph´enom`eme de cavitation n’est pas pris en consid´eration. Une approche dans ce sens apparaˆıt dans [6], la cavitation ´etant prise en compte par le mod`ele de Reynolds [4], en utilisant une technique de p´enalisation adapt´ee suivant les id´ees introduites dans [2, 3].

Dans l’´etude que nous pr´esentons ici, on prend en compte la cavitation par le mod`ele Elrod-Adams [14], qui consiste `a introduire dans les ´equations de Reynolds une variable suppl´ementaire mod´elisant le pourcentage de l’huile dans le film. Elle est li´ee `a la pression d’une mani`ere non lin´eaire et non diff´erentiable. Ainsi, le probl`eme de contrˆole devient tr`es difficile `a r´esoudre. En effet, le crit`ere, consid´er´e comme une fonction de l’´epaisseur, n’est mˆeme pas localement lipschitzien. L’id´ee fondamentale pour r´esoudre ce probl`eme est d’approcher, par analogie avec [2, 6], le graphe d’Heaviside par une suite de fonctions monotones et continˆument diff´erentiables.

Mots-cl´es et phrases:Contrˆole optimal, identification des coefficients, lubrification, probl`eme elliptique non lin´eaire, r´egularisation.

1Facult´e des Sciences Semalila, D´epartement de Math´ematiques, BP. 2930 Marrakech, Maroc ; e-mail :[email protected] c EDP Sciences, SMAI 2001

(2)

Nous d´ecrivons bri`evement le plan de ce travail : dans la section suivante, nous donnons une formulation du probl`eme de contrˆole. La troisi`eme est consacr´ee `a l’´etude de l’existence d’un contrˆole optimal. Dans la quatri`eme, nous formulons le probl`eme de contrˆole r´egularis´e, puis nous d´erivons les conditions n´ecessaires d’optimalit´e. La cinqui`eme traite le comportement asymptotique de l’´equation d’´etat r´egularis´ee. Dans la derni`ere section, nous ´etablissons des estimationsa prioripermettant de passer `a la limite, ensuite nous d´erivons les conditions n´ecessaires d’optimalit´e (CNO) pour le probl`eme initial dans le cas unidimensionnel. Pour cela, nous faisons une hypoth`ese sur la pression d’alimentation, que l’on consid`ere strictement positive, dans le but de garantir une condition “d’int´erieur non vide”, puis nous adaptons une technique utilis´ee g´en´eralement pour d´eriver les CNO de type Fritz-John (non qualifi´e) pour des probl`emes de contrˆole avec contraintes sur l’´etat [11–13].

2. Formulation du probl` eme de contrˆ ole

Soit Ω un ouvert born´e deRN,avecN 2,de fronti`ere r´eguli`ere Γ constitu´ee de deux morceaux ferm´es et disjoints Γiet Γe.

L’´etat du syst`eme est solution du probl`eme non lin´eaire :

(Ph)





















trouver (θ, p)∈L(Ω)×H1(Ω) tel que

div(h3∇p) +∂θh

∂x1

= 0 dans H1(Ω)

θ∈H(p)

p|Γi=pin et p|Γe=pex,

o`upest la pression dans le film,pinet pexd´esignent des pressions d’alimentation positives telles que (pin, pex)

R+×R+, hl’´epaisseur du film,θla saturation etHle graphe d’Heaviside d´efini par

H(z) =



1 si z >0 [0,1] si z= 0 0 si z <0 ;

notons d’abord que l’existence et l’unicit´e pour ce probl`eme sont obtenues dans [1, 5] dans le cas du palier bidimensionnel.

Etant donn´´ ee une pression d´esir´eepdappartenant `aL2(Ω),notre objectif est d’´etudier le probl`eme de contrˆole optimal suivant :

(M)







minimiser J(h) =1 2 Z

(p(h)−pd)2dx h∈Uad,

p(h) ´etant la solution de (Ph) etUadl’ ensemble des contrˆoles admissibles : Uad:=

n

h∈W1,r(Ω)∩L(Ω)/0< a≤h≤bet k∇hk(Lr(Ω))N ≤c o

,

o`ucest une constante etrun r´eel tels que c >0 et 1< r≤+∞. L’espace de SobolevW1,r(Ω) est d´efini par W1,r(Ω) :=

v∈Lr(Ω)/∇v∈(Lr(Ω))N ·

(3)

Remarque 2.1. Pour tout r >1, Uadest un convexe ferm´e born´e deW1,r(Ω).

Remarque 2.2. Soit{hn}une suite born´ee dans L(Ω).Alors{hn}converge dans L1(Ω)si et seulement elle converge dans Lλ(Ω),pourλquelconque dans [1,+[.

3. R´ esultat d’existence

Dans ce paragraphe, nous prouvons que le probl`eme (M) admet au moins une solution. Dans la suite, κAd´esigne la fonction indicatrice de l’ensembleA.Nous commen¸cons d’abord par montrer le r´esultat auxiliaire : Proposition 3.1. Soithappartenant `aUad et(θ, p)la solution de(Ph) ;alors

kpkH1(Ω) C, (1)

p≥0, p.p. dansΩ, (2)

o`u Cest une constante qui ne d´epend pas de h.

Preuve.Soitψappartenant `aH1(Ω) un rel`evement des conditions aux limites. Prenonsp−ψcomme fonction test dans (Ph).En utilisant l’in´egalit´e de Cauchy-Schwartz, nous obtenons :

a3 Z

|∇(p−ψ)|2dx Z

h3|∇(p−ψ)|2dx Z

θh∂(p−ψ)

∂x1

dx−Z

h3∇ψ.∇(p−ψ)dx

b

∂(p−ψ)

∂x1

L1(Ω)+b3k∇ψk(L2(Ω))Nk∇(p−ψ)k(L2(Ω))N

≤ k∇(p−ψ)k(L2(Ω))N

bmes(Ω)12 +b3k∇ψk(L2 (Ω))N

; par cons´equent

k∇(p−ψ)k(L2 (Ω))N a13

bmes(Ω)12 +b3k∇ψk(L2(Ω))N

; commep−ψappartient `aH01(Ω),nous avons

kpkH1(Ω) ≤ kp−ψkH1(Ω)+kψkH1(Ω) ≤ck∇(p−ψ)k(L2 (Ω))N +kψkH1(Ω)

c a3

bmes(Ω)12 +b3k∇ψk(L2 (Ω))N

+kψkH1(Ω).

Pour montrer (2), on choisitp= max(0,−p), qui appartient `aH01(Ω),du fait quepest positive sur Γ,comme fonction test dans (Ph).Commeκ(p<0)θ= 0,presque partout dans Ω, on obtient :

Z

h3|∇p|2dx = Z

θh∂p

∂x1

dx =Z

κ(p<0)θh∂p

∂x1

dx= 0.

Ce qui ach`eve la d´emonstration de la proposition.

Dans la suite, on notera

Vie=

v∈H1(Ω)/ v|Γi=pinet v|Γe=pex ,+ ={x∈/ p(x)>0, p.p. dans Ω}

(4)

et

0={x∈/ p(x) = 0, p.p. dans Ω} · Grˆace `a l’estimation (1), on montre :

Proposition 3.2. Soit(hn)n une suite d’´el´ements deUadetn, pn)la solution de(Phn).Si

hn −→ hdansLr(Ω), (3)

hn −→ hdansW1,r(Ω)−faible, (4)

alorshappartient `aUad;de plus, il existe une sous-suite den, hn, pn)n not´ee de la mˆeme fa¸con et(θ, p)dans L(Ω)×H1(Ω)tels que

hn −→ hdansLλ(Ω), ∀λ∈[1,+[, (5)

θn −→ θdansL(Ω)−faible− ∗, (6)

pn −→ pdansH1(Ω)−faible, (7)

o`u (θ, p)est la solution de(Ph).

Preuve. Uadest un convexe ferm´e deW1,r(Ω),chaque ´el´ement de la suite{hn}appartenant `aUad, (3) et (4) entraˆınent quehappartient `aUad.La conclusion (5) d´ecoule de (3) et la remarque 2.2. Quant `a (6),elle r´esulte du fait que 0≤θn 1,presque partout dans Ω.D’apr`es (1),la suite{pn}´etant born´ee dans H1(Ω), on a (7).

Il reste `a montrer que (θ, p) est solution de (Ph).En utilisant la d´efinition de (Phn) avec une fonction test ϕ appartenant `aD(Ω),et compte tenu de (5, 6) et (7), on montre, par passage `a la limite sur n, que

Z

h3∇p∇ϕ−θh∂ϕ

∂x1

dx= 0, ∀ϕ∈D(Ω) ; (8)

D(Ω) ´etant dense dans H01(Ω), l’´egalit´e (8) reste vraie pour toute fonction test ϕ de H01(Ω). L’inclusion de H1(Ω) dansL2(Ω) est compacte, donc (1) implique que

pn −→ pdansL2(Ω) ; (9)

on v´erifie ais´ement, pour presque toutxde Ω,que

θn∈H(pn) etpn0(1−θn)pn = 0, θn[0,1] etpn 0 ; donc, en faisant tendrenvers +∞, (6) et (9) entraˆinent que

(1−θ)p= 0, p0 etθ∈[0,1], p.p. dans Ω ;

d’o`u θ ∈H(p). L’application traceγ0, d´efinie de H1(Ω) dansL2(Γ),´etant continue, Vie est un convexe ferm´e deH1(Ω).Et comme{pn}est une suite d’´el´ements deVie,il s’ensuit de (7) quepappartient `aVie.

(5)

Nous terminons cette section par le th´eor`eme d’existence suivant :

Th´eor`eme 3.3. Il existe au moins un contrˆole optimalhpour le probl`eme (M).

Preuve. Soit {hn} une suite minimisante. Pour tout r dans ]1,], l’inclusion de W1,r(Ω) dans Lr(Ω) ´etant compacte, on peut extraire une sous-suite{hnk}ktelle quehnkconverge vershdansLr(Ω) etW1,r(Ω)faible ; d’apr`es la proposition 3.2 et (9),happartient `aUadet{pnk}converge verspdansL2(Ω). Par cons´equent

hinfUadJ(h) = limJ(hnk) =J(h).

Donchest un contrˆole optimal pour le probl`eme (M).

4. Conditions n´ ecessaires d’optimalit´ e pour le probl` eme ( M )

ε

Dans cette section, nous donnons le syst`eme d’optimalit´e pour le probl`eme (M)ε. Utilisant la d´emarche de [2, 3], on d´efinit une suite de probl`emes r´egularis´es (Ph)εassoci´es `a (Ph) de la mani`ere suivante :

(Ph)ε













pε∈H1(Ω)

div(h3∇pε) +∂(Hε(pε)h)

∂x1

= 0 pε|Γi=pin et pε|Γe=pex, o`uHεest une r´egularisationC1du graphe d’Heavisided´efinie par

Hε(z) =

















1 si z≥ε

0 si z≤0

2z2

ε2 si 0≤z≤ ε

2 12

z ε−1

2

si ε

2≤z≤ε.

On approche le probl`eme (M),comme dans [2], par :

(M)ε







minimiserJε(h) = 1 2 Z

(pε−pd)2dx+1 2 Z

(h−h)2dx h∈Uad,

h´etant un contrˆole optimal pour (M).

Remarque 4.1. Le terme de p´enalisation adapt´ee 12R

(h−h)2dxest ajout´e au crit`ere (lorsque l’unicit´e n’a pas lieu) pour assurer la convergence forte dansL2(Ω)de la suite des solutions de(M)εvers un contrˆole optimal hdonn´e [2, 3].

Remarque 4.2. En d´erivant Hεon obtient, pour zappartenant `aR, H˙ε(z) = 4z

ε2κn

0≤z≤ ε 2

o4 ε

z ε−1

κnε

2≤z≤εo

·

(6)

La fonctionHε v´erifie les propri´et´es suivantes :

0(Hε(z)−Hεz))(z−z)¯ 2

ε(z−z)¯2, (10)

H˙ε(z)−H˙εz)≤ 4

ε2|z−z¯|, (11)

pourzet¯zquelconques dansR.

Nous commen¸cons par montrer que le probl`eme (Ph)ε admet une solution unique. Nous allons utiliser le th´eor`eme du point fixe de Schauder afin de prouver l’existence pour ce probl`eme non lin´eaire.

Proposition 4.3. Pour touthdansUad,le probl`eme(Ph)ε admet une solution uniquepεv´erifiant

pε0, p.p. dansΩ. (12)

Preuve. Nous allons montrer d’abord l’existence. Pour cela, consid´erons l’application Tε qui `a un ´el´ement qdeVieassocie l’unique solution ¯pεdu probl`eme elliptique lin´eaire



¯ pε∈Vie

div(h3∇p¯ε) +∂(hHε(q))

∂x1

= 0 ; (13)

nous rappelons que Vie est un convexe ferm´e de l’espace de sobolev H1(Ω). Soient q1, q2 deux ´el´ements de Vie, p¯1εet ¯p2εles solutions de (13) correspondantes. Faisons la diff´erence de (13)q1 avec (13)q2 et prenons ¯p1ε−p¯2ε comme fonction test dans l’´equation obtenue ; on montre que

p1ε−p¯2ε)

(L2(Ω))N b

a3kHε(q1)−Hε(q2)kL2(Ω);

comme la fonction Hεest lipschitzienne de rapport 2ε,l’in´egalit´e de Poincar´e implique que

kTεq1−Tεq2kH1(Ω)≤C(a, b, N, ε,Ω)kq1−q2kL2(Ω). (14) La compacit´e de l’injection deH1(Ω) dansL2(Ω) permet de d´eduire de (14) que l’applicationTεest compl`ete- ment continue. En appliquant le th´eor`eme du point fixe de Shauder, nous concluons l’existence d’une solution pour (Ph)ε.

Il reste `a montrer l’unicit´e. Soient ¯p1εet ¯p2εdeux solutions et posons ϕµ= q+

q++µ, avecq= ¯p1ε−p¯2ε, q+= max(0, q) etµ >0.

On fait la diff´erence des deux ´equations v´erifi´ees par p¯1ε et ¯p2ε, puis on multiplie l’´equation obtenue par la fonction testϕµ,qui est dansH01(Ω).On obtient, apr`es simplification parµ,

Z

(q++µ) q++µ

2dx 2b a3ε

Z

q+ q++µ

(q++µ) q++µ

dx≤ 2b a3ε

Z

(q++µ) q++µ

dx;

(7)

soit

wµ = log

1 + q+ µ

;

commewµ appartient `aH01(Ω) et ∇wµ= (qq+++µ),il s’ensuit en utilisant les in´egalit´es de Cauchy-Schwartz et de Poincar´e que

Z

log

1 + q+

µ 2

dx≤C, (15)

o`uCest une constante qui ne d´epend pas deµ.

Enfin, si on fait tendreµvers 0,nous aurons n´ecessairementq≤0,p.p. dans Ω.En effet, remarquons d’abord que la suite

wµ2 converge presque partout vers la fonctionE d´efinie par

E(x) =



0 si q(x)≤0 + si q(x)>0 ;

w2µ ´etant croissante, on peut alors appliquer, compte tenu de l’estimation (15), le th´eor`eme de convergence monotone de Beppo Levi et d´eduire que

wµ2 converge vers E dans L1(Ω). En passant `a la limite sur µ dans (15), nous obtenons

Z

E dx≤C ;

comme E = + sur {q > 0}, on a q 0, p.p. dans Ω. En rempla¸cant q par −q, on obtient aussi q 0,p.p. dans Ω ; ce qui prouve l’unicit´e.

Pour montrer (12), il suffit d’utiliser, comme dans la d´emonstration de la proposition 3.1, la fonction

test pε,qui est dansH01(Ω).

A l’aide du th´` eor`eme des fonctions implicites, nous allons montrer que l’application h −→ pε(h) est de classeC1deUaddansH1(Ω). On introduit l’espaceX=H01(Ω)×L(Ω) muni de la normek·kXd´efinie par

k(v, g)kX=kvkH10(Ω)+kgkL(Ω), pour (v, g) dansX.

On note parL(X, H1(Ω)) l’espace des applications lin´eaires continues de X dansH1(Ω).Montrons d’abord le r´esultat suivant :

Proposition 4.4. Soit (h, f)appartenant `aUad×H1(Ω); alors le probl`eme lin´eaire



vε∈H01(Ω)

div(h3∇vε) +∂(hH˙ε(pε)vε)

∂x1

=f dans H1(Ω) (16)

admet une solution unique.

Preuve. La difficult´e principale du probl`eme r´eside dans la non coercivit´e de la forme bilin´eaire aε(v, w) =

Z

h3∇v.∇w−hH˙ε(pε)v∂w

∂x1

dx.

(8)

Nous allons d’abord montrer l’unicit´e. L’´equation (16) ´etant lin´eaire, il suffit de prouver, en supposantf = 0, quevε 0,p.p. dans Ω. En multipliant (16) par la fonction test vvε+

ε+, comme dans la d´emonstration de la proposition 4.3, on montre de la mˆeme fa¸con quevε+

= 0.

Maintenant, consid´eronsσ >0 convenable tel que l’op´erateur lin´eaireLσd´efini deH01(Ω) dans H1(Ω) par Lσv=σv−div(h3∇v) +∂(hH˙ε(pε)v)

∂x1

soit coercif, autrement dit

hLσv, vi ≥α kvk2H01(Ω), avecα >0 ; on peut choisir, pourσ 2bε, α=C σ−2bε

+a3,o`u Cest la constante de Poincar´e. Remarquons quevεest solution de (16) si et seulement si

vε−σLσ1◦I vε=Lσ1f, o`uI est l’op´erateur d´efini deH01(Ω) dansH1(Ω) par

hIv, wi= Z

vw dx.

Comme l’inclusion de H01(Ω) dansL2(Ω) est compacte,I est compl`etement continu [15]. De plus, l’op´erateur σLσ1 est continu, donc σLσ1◦I est compl`etement continu. Il suffit maintenant d’appliquer l’alternative de

Fredholm [9] pour conclure.

SoitGεl’application d´efinie deX dansH1(Ω) par

Gε(w, h) =div(h3(w+ψ)) +∂(hHε(w+ψ))

∂x1

, pour (w, h)∈X, ψ´etant un rel`evementH1(Ω) des conditions aux limites. On montre :

Proposition 4.5. L’application Gεest de classeC1deX dansH1(Ω).

Preuve. Soit (v, g) appartenant `aX,avec (v, g)6= 0.On v´erifie facilement que δ(v, g) := Gε(w+v, h+g)−Gε(w, h)(Lε(w, h), v, g)

k(v, g)kX

= 1

k(v, g)kX

× div(((h+g)3−h33h2g)∇(w+ψ))

div(((h+g)3−h3)∇v) +∂(g(Hε(w+v+ψ)−Hε(w+ψ)))

∂x1

+∂(h(Hε(w+v+ψ)−Hε(w+ψ)−H˙ε(w+ψ)v))

∂x1

! , o`uLεest l’application d´efinie deX dansL(X, H1(Ω)) par

(Lε(w, h), v, g) = div(3h2g∇(w+ψ)) +∂(gHε(w+ψ))

∂x1 div(h3∇v) +∂(hH˙ε(w+ψ)v)

∂x1 ·

(9)

Donc

kδ(v, g)kH−1(Ω) 1 k(v, g)kX

× (h+g)3−h33h2gL(Ω)kw+ψkH1 (Ω) +(h+g)3−h3

L(Ω)kvkH01(Ω)

+kgkL(Ω)kHε(w+v+ψ)−Hε(w+ψ)kL2(Ω)

+khkL(Ω)Hε(w+v+ψ)−Hε(w+ψ)−H˙ε(w+ψ)v

L2(Ω)

!

; en remarquant que

(h+g)3−h33h2g=g3+ 3hg2, on ´etablit les majorations suivantes

(h+g)3−h33h2g

L(Ω)≤O

kgkL(Ω)

kgkL(Ω), (17)

(h+g)3−h3L(Ω)≤O

kgkL(Ω)

, (18)

o`u O(|z|) est tel que O(|z|z||) reste born´e quand |z| tend vers 0. De plus, (10) et l’in´egalit´e de Poincar´e impliquent que

kHε(w+v+ψ)−Hε(w+ψ)kL2(Ω) 2εkvkL2(Ω) ≤O

kvkH01(Ω)

; (19)

compte tenu de (11),le th´eor`eme des accroissements finis, appliqu´e `a la fonctionHε,entraˆıne que Hε(w+v+ψ)−Hε(w+ψ)−H˙ε(w+ψ)v

L2(Ω) ε42kvk2L2(Ω) ≤O

kvkH01(Ω)

2

. (20)

Il s’ensuit des majorations (17–20) que kδ(v, g)kH−1(Ω) 1

k(v, g)kX

× O

kgkL(Ω)

kgkL(Ω)+O

kgkL(Ω)

kvkH10(Ω)

+ kgkL(Ω)O

kvkH01(Ω)

+O

kvkH01(Ω)

2

≤O(k(v, g)kX) ; par cons´equent, l’applicationGεest diff´erentiable et∇Gε(w, h) =Lε(w, h).

Enfin, par des arguments similaires, on montre que ∇Gεest continu deX dansL(X, H1(Ω)).

Nous pouvons maintenant d´emontrer le r´esultat suivant :

Proposition 4.6. L’application h−→pε(h)est de classeC1 de UaddansH1(Ω).

Preuve.En posant wε =pε−ψ, la d´emonstration de la proposition 4.6 se ram`ene `a prouver que l’application h−→ wε(h) est continˆument diff´erentiable. D’apr`es la d´efinition de pε(h), nous avonsGε(wε(h), h) = 0, pour tout hdeUad. La proposition 4.4, implique que l’op´erateurwGε(wε(h), h) d´efini par

h∇wGε(wε(h), h), vi=div(h3∇v) +∂(hH˙ε(wε(h) +ψ)v)

∂x1

(10)

est un isomorphisme deH01(Ω) dansH1(Ω) ; de plus, l’applicationGε est de classe C1. Nous pouvons alors appliquer le th´eor`eme des fonctions implicites pour aboutir `a la conclusion cherch´ee.

Pour finir cette section, nous ´enon¸cons le th´eor`eme suivant qui donne les conditions n´ecessaires d’optimalit´e pour (M)ε:

Th´eor`eme 4.7. Il existe au moins un contrˆole optimalhεpour le probl`eme (M)ε

v´erifiant le syst`eme d’optimalit´e suivant:







pε∈H1(Ω)

div(hε3∇pε) +∂(Hε(pε)hε)

∂x1

= 0 pε|Γi=pin et pε|Γe=pex,

(21)

∀h∈Uad

Z

(h−hε)

Hε(pε)∂qε

∂x1 3hε2∇pε∇qε+hε−h

dx≥0, (22)

o`u qεest la solution de l’´equation d’´etat adjointe :



qε∈H01(Ω)

div(hε3∇qε)−hεH˙ε(pε)∂qε

∂x1

=pε−pd. (23)

Preuve. Pour prouver que (M)ε admet au moins une solution, on raisonne de la mˆeme mani`ere que dans la section (3).

On commence d’abord par montrer l’unicit´e de la solution de (23) ; puis on raisonne comme dans la d´e- monstration de la proposition 4.4 : il suffit d’appliquer l’alternative de Fredholm. Supposons qu’il existe deux solutions q1ε et qε2. Posons vε = q1ε−q2ε. Par lin´earit´e de (23), il suffit de montrer que vε 0, p.p. xde Ω.

Sinon,Mε= sup

x

vε(x)>0.Faisons la diff´erence de (23)q1ε et (23)q2ε.En multipliant l’´equation obtenue, comme dans [15], par la fonction testϕµ = (vε−µ)+, o`u µest un r´eel tel que 0 µ < Mε, on montre, `a l’aide de l’in´egalit´e de Cauchy-Schwartz, que

k∇ϕµkL2(Ω) a2b3ε

Z

(vε> µ)(vε6=0)

ϕ2µdx

!12

. (24)

Sachant que l’inclusion deH01(Ω) dansLλ(Ω) est continue,siN 2,pour tout r´eelλ≥1, l’estimation (24) et l’in´egalit´e de H¨older entraˆınent :

µkLλ(Ω) C(Ω, N, λ)k∇ϕµkL2(Ω) 2b

a3εC(Ω, N, λ) Z

κ(vε> µ)(vε6=0)ϕ2µdx 12

2b

a3εC(Ω, N, λ)kϕµkLλ(Ω)mes((vε> µ)∩(∇vε6= 0))2t1, avecλ >2 fix´e et 1t +λ2 = 1.Par cons´equent

mes((vε> µ)∩(∇vε6= 0)) c(N, λ,Ω) a3ε

2b λ−2

;

(11)

en faisant tendreµversMε,on obtient

mes((vε=Mε)(∇vε6= 0))>0. (25) Ce qui est absurde. En effet (25) implique que la fonction vε atteind son maximum au moins en un point x0dans Ω,o`u elle est d´erivable, et∇vε(x0)6= 0.Et comme Ω est un ouvert, on a ∇vε(x0) = 0.

Enfin, par diff´erentiation du crit`ereJεet du probl`eme (Ph)εpar rapport `ah,la formule de Greenimplique que :

∂Jε(hε)

∂h , h−hε

= Z

(pε−pd)

∂pε(hε)

∂h , h−hε

+ (hε−h)(h−hε)dx

= Z

(h−hε)

Hε(pε)∂qε

∂x1 3hε2∇pε∇qε+hε−h

dx;

et compte tenu de l’optimalit´e dehεsur le convexeUad,nous obtenons (22).

5. Comportement asymptotique du probl` eme ( P

hε

)

ε

Nous allons montrer maintenant un r´esultat de convergence forte pour{pε}εdansH1(Ω).

Pour cela, on adapte une technique introduite dans [6] qui consiste `a faire des estimations sur la solution de (Ph)εdans l’espace de SobolevW1,s(Ω),pour un r´eels >2,ind´ependamment deh.

Dans la suite, nous supposerons l’existence d’un rel`evement r´egulier des conditions aux limites :

∃α >2, ∃ψ∈W1,α(Ω); ψ|Γi=pinetψ|Γe=pex. (H1) Remarque 5.1. Dans la pratique, (voir [7, 10]) le domainevarie suivant le m´ecanisme lubrifi´e consid´er´e.

Par exemple :

Ω = Ω1=]0,2π[dans le cas du palier unidimensionnel.

Ω = Ω2 = n

x= (x1, x2)R2/ Ri<p

x21+x22< Re

o

dans le cas du joint d’´etanch´eit´e `a face radiale, avec 0< Ri< Re.

Il est possible de construire un rel`evement r´egulier ψdes conditions aux limites relativement `a chacune de ces configurations du domaine:

ψ(x) =pex−pin

2π (x2π) +pex pour x∈1, ψ(x) =pex−pin

Re−Ri

px21+x22−Re

+pex pour (x1, x2)2. Sous l’hypoth`ese (H1), on montre le r´esultat de r´egularit´e suivant :

Proposition 5.2. Si l’hypoth`ese (H1)a lieu , alors il existe un r´eel s =s(a, b, α,Ω) appartenant `a ]2, α], tel que pour touthde Uad, nous avons

kpεkW1,s(Ω)≤C(a, b, α, s,Ω), (26) o`u pε=pε(h).

Preuve. Soit wε la fonction de H01(Ω) d´efinie par wε = pε−ψ, avec ψ v´erifiant l’hypoth`ese (H1). Comme 0 Hε(pε) 1, a h b, presque partout dans Ω, et pε est solution de (Ph)ε, l’in´egalit´e de H¨older

(12)

implique que

div(h3∇wε)W−1,α(Ω) div(h3∇ψ)W−1,α(Ω)+

∂Hε(pε)h

∂x1

W−1,α(Ω)

b3k∇ψk(Lα(Ω))N +bmes(Ω)1α1 ≤C(α, b,Ω)

k∇ψk(Lα(Ω))N+ 1

; en utilisant un r´esultat de r´egularit´e (voir par exemple le Th. 4.2 de [8] ou le Th. 7.2 de [18]) on conclut `a l’existence d’un r´eel ¯α= ¯α(a, b,Ω)>2 tel que pour toutsappartenant `a ]2,α] :¯

∀ϕ∈W01,s(Ω), kϕkW01,s(Ω)≤C0(a, b, s,Ω)div(h3∇ϕ)

W−1,s(Ω). Donc en particulier, pour 2< s≤min( ¯α, α),on a :

kwεkW01,s(Ω) C0(a, b, s,Ω)div(h3∇wε)W−1,s(Ω)≤C1(a, b, s, α,Ω)div(h3∇wε)W−1,α(Ω)

C2(a, b, s, α,Ω)

k∇ψk(Lα(Ω))N + 1

. (27)

Enfin, (26) d´ecoule de l’hypoth`ese (H1), (27) et de la d´efinition dewε. Comme cons´equence de (26),on montre :

Proposition 5.3. Soit(hε)εune suite d’´el´ements de Uadtelle que

hε −→ h dansLr(Ω), (28)

hε −→ h dansW1,r(Ω)−faible ; (29)

alorshappartient `aUad.Et, `a une sous-suite pr`es, nous avons:

hε −→ h dansLλ(Ω), ∀λ∈[1,+[, (30)

Hε(pε) −→ θ dansL(Ω)−faible− ∗, (31)

pε −→ p dansW1,s(Ω) faible, (32)

pε −→ p dansC( ¯Ω), (33)

o`u pε=pε(hε)et(θ, p)est la solution de(Ph).

Preuve. Par le mˆeme raisonnement que celui de la d´emonstration de la proposition 3.2, on montre que h appartient `a Uad, (30) et (31). D’apr`es la proposition 5.2, la suite {pε}ε est born´ee dans W1,s(Ω), avec s >2,l’inclusion de W1,s(Ω) dansC( ¯Ω) est compacte, donc, `a une sous-suite pr`es, on a (32) et (33).

Il reste `a montrer que (θ, p) est solution de (Ph) ; on va montrer queθ ∈H(p). Pour le reste, on raisonne comme dans la d´emonstration de la proposition 3.2. On v´erifie, d’apr`es la d´efinition de Hε(pε), l’estimation suivante

Z

(1−Hε(pε))pεdx = Z

(pεε)

(1−Hε(pε))pεdx≤εmes(Ω) ;

(13)

et sachant que 0≤Hε(pε)1 etpε0,presque partout dans Ω,on montre, par passage `a la limite surε,que Z

(1−θ)p dx≤0, 0≤θ≤1 etp≥0, p.p. dans Ω ; par cons´equent

(1−θ)p= 0, 0≤θ≤1 etp≥0, p.p. dans Ω ;

et doncθ∈H(p).

Nous allons maintenant ´enoncer deux lemmes utiles pour la suite :

Lemme 5.4. Soitλappartenant `a[1,]etvune function deW1,λ(Ω) ; alors κ(v=0)∇v= 0, p.p. dansΩ.

Preuve.Voir le lemme A.4 de [19].

Lemme 5.5. Avec les notations pr´ec´edentes, nous avons

Hε(pε) −→ 1dansLσ(Ω+), ∀σ∈[1,+[, (34) Z

|∇(pε−ε)|2dx −→ 0, (35) quandεtend vers0.

Preuve. Montrons d’abord (34). Comme 0≤Hε(pε) 1 et 0≤θ 1, presque partout dans Ω, θ = 1, p.p.

dans Ω+,nous avons

k1−Hε(pε)kLσ(Ω+)Z

−Hε(pε))κ+dx;

compte tenu de (31), le terme de droite dans l’in´egalit´e ci-dessous converge vers 0, quandεtend vers 0, et donc la conclusion (34) est prouv´ee. Il reste `a montrer (35). En utilisant dans la d´efinition de (Phε)ε la fonction test (pε−ε)(p−ε), qui appartient `aH01(Ω),et du fait que 0≤Hε(pε)1 ethε≤b, presque partout dans Ω,on montre :

R0ε :=

Z

h3ε|∇(pε−ε)|2dx

=

Z

h3ε(p−ε)∇pε+hεHε(pε)∂(p−ε)

∂x1 −hεHε(pε)∂(pε−ε)

∂x1

dx

b3k∇pεk(L2(Ω))Nκ(pε)∇p

(L2(Ω))N +b κ(pε)

∂p

∂x1

L1(Ω)

+ Z

hεHε(pε)∂(pε−ε)

∂x1

dx ; posonsϕε(r) =

Z r 0

Hε(s)ds.CommeHε(pε) =Hε(pε−ε)),la formule de Green implique :

R1ε :=

Z

hεHε(pε)∂(pε−ε)

∂x1

dx = Z

hεHε(pε−ε))∂(pε−ε)

∂x1

dx= Z

hε

∂ϕε(pε−ε))

∂x1

dx

=

Z

Γ

hεϕε(pε−ε))ν1+ Z

∂hε

∂x1

ϕε(pε−ε))dx,

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