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Rayonnements et potentiel explosif

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00241441

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00241441

Submitted on 1 Jan 1909

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Rayonnements et potentiel explosif

Georges Moreau

To cite this version:

Georges Moreau. Rayonnements et potentiel explosif. J. Phys. Theor. Appl., 1909, 8 (1), pp.16-33.

�10.1051/jphystap:01909008001600�. �jpa-00241441�

(2)

16

RAYONNEMENTS ET POTENTIEL EXPLOSIF ;

Par M. GEORGES MOREAU.

On sait depuis longtemps que certains rayonnements agissent sur

une étincelle en provoquant l’allongement de la distance explosive ou

l’abaissement du potentiel explosif.

-

Les plus actifs sont la lu-

mière ultra-violette, le rayonnement du radium, les rayons Rôntgen,

les rayons cathodiques, les gaz de la flamme.

L’action de la lumière ultra-violette ou phénomène de Hertz, la

mieux connue a été étudiée par plusieurs physiciens, dont les travaux

ont été résumés par M. Swyngedauw dans les Rapports (lit Con-

g;é>v 1>iter>ialio>ial de Physiqzte (Paris, 1900). L’allongement de l’étin-

celle paraît être une fonction très complexe de la distance explosive,

-

de la pression, de la nature du diélectrique et du matériel des pôles (~).

Avec les autres rayonnements l’étude est moins avancée. Les re- cherches d’Elster et Geitel, de Cantor, d’Herwegg ont établi la réalité du phénomène sans en fixer les lois. La lecture de ces travaux

(1) S«’I"iI.~EDAU«’, };clail’age éleell’igue, 1897.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:01909008001600

(3)

17 montre que bien des résultats sont contradictoires. Pour les uns la nature des pôles n’intervient pas, pour les autres son influencé est notable. Pour certains, l’action est localisée aux électrodes, pour d’autres dans l’intervalle explosif. Pour quelques-uns même l’étin-

celle peut être retardée par le rayonnement au lieu d’être facilitée.

Ce désaccord tient, je crois, aux procédés et aux conditions des ob- servations très variables d’un auteur à l’autre, aux difficultés de

mesure d’une distance explosive mises en lumière par les recherches de M. Swynnedau ou au défaut de précision des observations élec-

trométriques des potentiels élevés.

Il faut remarquer que les rayonnements ne sont actifs que parce

qu’ils provoquent dans l’intervalle explosif la formation d’ions qui,

rendant le mil ieu plus conducteur, facilitent le passage de l’étincelle ; -.

Or les uns n’agissent que sur l’intervalle explosif (gaz d’une flammel ;

-

d’autres sur les pôles (lumière ultra-violette): - d’autres enfin sur les deux (radium, rayons cathodiques, rayons de Runtgen) en ioni-

sant le milieu diélectrique et provoquant un rayonnement secondaire

à partir des pôles. Si on veut dégager les lois générales du pliéno- mène, il parait logique de comparer les actions de ces trois types de rayonnements sur la même étincelle et dans des conditions ana-

logues.

J’ai fait dans cette voie un certain nombre d’observations en me

servant, comme sources, du radium, de la lumière ultra-violette et

des gaz d’une flamme agissant sur un micromètre à boules entre

lesquelles éclatait une étincelle oscillante. Au lieu de mesurer l’al-

longement d’uii-e distance explosive, j’ai olservé l’abaissement du

potentiel explosif non par une méthode électromlltrique, mais par la

mesure de 1’i>itensilé efficace de la décharge dans le circuit du mi- cromètre. Ces recherches sont résumées dans les trois premières parties de ce mémoire. Dans la quatrième partie, je donne une explication des pliénomènes observés.

PRHMH;RE 1) AI{’l’JE.

MÉTHODE ET APPA1ZEIL DE MESLHE.

-

AMORTISSEMENT DE L’ETINCELLE.

Intensité efficace.

-

Soit un condensateur de ccpacité C qui . chargé au potantiel ’’’0’ se décharge à travers un circuit de résis-

J. de Phys., 46 série, t. i"lll. (J,ini-1,>r 190t>.) 2

(4)

18

tance R et de self-induction L. Si z est l’intensité du courant à

l’époque t, on a :

ou

L’intensité efficace 1 du courant sera, si le condensateur est chargé

n fois par seconde :

d’où ~

Pour calculer J, on remarque que, si V est le potentiel du conden-

sateur à l’instant t, on a :

d’où :

On tire ainsi :

et

La formule ~~1) nous permet de déduire les variations de V~ de

celles de 1.

Appareil et mesure de l’intensité efficace.

-

Le condensateur C

(fig. 1) est formé d’un nombre variable de bouteilles de Leyde dis- posées en cascade. On réalise ainsi une série de capacités comprises

entre 70 et 7tJ0 unités électrostatiques.

Il est chargé par une bobine d’induction B dont les pôles sont

reliés aux armatures. Un intervalle explosif A pratiqué sur le circuit

de charge ne laisse passer que l’extra-courant de rupture.

-

Le circuit de décharge CRI~1P est constitué par un fil de cuivre de 3/10

de millimètre de diamètre et de 5-,20 de longueur, sur lequel sont

(5)

19

intercalés un micromètre à étincelle :B1 à vis micrométrique et 1««,,- pè>.e»1>1i’e 1/ici»iiqie, qui mesure l’intensité efficace de la décharge.

Fili. l.

Celui-ci se compose d’un cadre rectangulaire en mica sur lequel

zon a enroulé une mince bande de platine 1) longueur, 14 centimètres ; largeur 2,’10 de millimètre ; résistance, 58 ohms, à travers laquelle

passera la décharge en I’échauffant. En face d’elle, à 1 centimètre est

une pile thermo-électrique bismuth-antimoine P.

-

L’ensemble est

placé dans une boîte en bois I I à double enveloppe qui sert de cage

protectrice.

-

La pile P est réunie à un galvanomètre à sensibilité moyenne (28 millimètres pour un microampère) dont la déviation

sera proportionnelle à réchauffement de la bande de platine, c’est-

à-dire au carré de l’intensité efficace de la décharge.

-

La bande de platine, la pile et le galvanomètre constituent un ampèremètre thermique qui peut être gradué en courant continu.

Quand on approche de l’étincelle passive M une substance radio- active, une flamme ou lorsque le micromètre est éclairé par le rayon-

nement ultra-violet d’une autre étincelle, on constate les phénomènes

suivante : -.

1 Observée à la loupe, l’étincelle 1B1 apparaît sous forme d’un trait rectiligne blanc et lumineux entouré d’une auréole rosée mobile qui

est facilement déplacée par un courant d’air. Lorsque le rayonnement agit, l’auréole n’est pas modifiée.l,e trait blanc s’amincit et son éclat

diminue ;

(6)

20

2° L’intensité efficace diminue plus ou moins suivant la distance

explosive et l’intensité du rayonnement,.

Voici deux exemples :

Ao - déviation de l’ampèremètre thermique sans rayonnement;

3~

=

déviation de l’ampèremètre thermique avec rayonnement;

cls,

=

distance explosive en millimètres.

A.

-

Source : Btornure de radÍll1n ci 8 centim.ètJ’es de l’ étincelle ~I.

B.

-

Soutce : Lunlière 2clt~~cc-2~iolette d’une étincelle de omm,4

à 6 centirnètres de 1B1.

Ces nombres montrent que intensité efficace varie notablement

sous l’action du rayonnement. Si de ces variations on veut déduire celles de BTO d’après la formule 1, il faut connaitre les variations de n et de «.

I. Étude du nombre n.

-

Si on observe avec un miroir tournant les étincelles 11~T, on constate que le nombre il ne varie pas sous l’action dn rayonnement. Avec un chronog raphe de Marey disposé

sur le primaire de la bobine, on constate que le nombre des inter-

ruptions n’est pas changé. En régime normal, c’est-à-dire avec le courant inducteur et le voltage à peu près constants de nos expé- riences, on observe par seconde 110 vibrations de l’interrupteur avec

~7 ou 28 décharges au micromètre : le tracé chronographique indique,

ùe 4 en 1 vibrations, une amplitude plus grande à laquelle corres- pond une étincelle.

II. (7e l’étincelle.

-

On peut montrer que l’amor- tissemeiit 7. n’est pas modifié par les rayonnen1ents.

L’énergie du condensateur C diminue par rayonnement électro-

magnétique et par dissipation de la chaleur de Joule dans le circuit.

(7)

21 On peut écrire pendant l’intervalle de temp: ~l t :

E

^

énergie du condensateur à l’époque t;

P = intégrale de Poynting pour une sphère de grand rayon, centrée sur le micromètre NI;

J

=

chaleur de Joule ou Ri2.

Or E est proportionnel au carré V@2 du potentiel initial du con-

densateur.

-

P est proportionnel au produit du champ magnétique

et du champ électrique à l’instant t en un point de la sphère de Poynting, c’est-à-dire proportionnel à 12 ou à V,2.

-

J est aussi pro-

portionnel à V@@2.

On peut écrire : d’où :

et

L’amortissement o,. comprend ainsi deux termes, l’un h~ dû à l’énergie rayonnée sous forme d’ondes électro-magnétiques, l’autre 1(2 correspondant à la chaleur de Joule. Ces deux termes sont indé-

pendants de V^2 et par suite a. Si donc le potentiel explosif est abaissé, Z’a~zzootisse~~2ent tl ne prut changer.

Cependant le terme K, à la chaleur de Joule est fonction de la résistance du circuit de décharge.

On a théoriquement :

--

où R égale la résistance du circuit de décharge augmentée de ln ré-

sistance p de l’étincelle. Cette dernière résistance peut être changé

par l’introduction d’ions dans l’intervalle explosif; mais, comme elle

est de l’ordre de 1 à 2 ohms (~), si la résistance Il est assez grande,

les variations de N seront négligeables. C’est précisément le cas.

puisque l’ampèremètre thermique a de lui-même une résistance

de 58 ohms.

On peut vérifier par expérience les conclusions pr>.i1>iii>; cri

mesurant l’amortissement x au moyen d un /élPcf>i/.

Le détecteur magnétique employé est formé d’une petite bobine due

faible résistance couverte de quelques spires due fi 1 10 l’L1Iltiln(>trt’ lu

Miss BRUOH.

(8)

22

longueur, 100 spires). A I’intérieur est placé un paquet d’aiguilles

d’acier fortement trempées, de même longueur et de même section (30 aiguilles de 3cm,5 de longueur et de 8/10 de millimètre de dia-

inètre), qui pourront être aimantées à saturation par un courant-

Lorsque la décharge du condensateur traversera la bobine dans un sens ou dans le sens opposé par rapport à l’aimantation des aiguilles,

elle exercera sur celles-ci une action démagnétisante différente qu’on peut observer avec un magnétomètre.

La technique de l’opération est simple : on aimante les aiguilles et

on lance la décharge du condensateur ~ à travers la bobine dans un

9ens ; on note la variation de la déviation du magnétomètre, soit 8 .

-

On aimante de nouveau les aiguilles et on lance la décharge dans-

l’autre sens à travers la petite bobine, soit °2 Ona(’):

Les observations sont faites avec le micromètre éclairé ou non, à la pression atmosphérique ou à une pression inférieure. Pour ce der- nier cas, le micromètre M est enfermé dans une boîte qui sera décrite plus loin, dans laquelle on peut faire le vide. Le rayonnement actif

(radium, lumière ultra-violette) pénètre dans cette boîte à travers

une fenêtre fermée par une lame d’aluminium ou un disque de quartz.

Voici des résultats obtenus avec la lumière ultra-violette d’une étincelle secondaire éclatant auprès de la fenêtre, à 3 centimètres du micromètre.

A.

-

Distance explosire de M = Capacité de condensateur’ C = 250 1.l. e. s.

B.

----

Distance explosiJ’e de M

=

omm,2 du condensateur G = 3~0 u. e. s.

(1) lltTllEl;FOIED, l’hil. 1891.

(9)

23

Des résultats analogues ont été obtenus avec le radium.

On peut conclure :

#

1° Le caractère oscillatoire de l’étincelle ne change pas sous l’ac- tion d’un rayonnement;

~° L’amortissement x conserve la même valeur quand le micro-

mètre est éclairé ;

3° Sa valeur augmente à mesure que la pression diminue.

Conséquences.- La formule (1) montre que les variations de l’inten- sité efficace résultent uniquement des variations du potentiel explosif Vo du micrométre éclairé, puisque)? et oc ne changent pas.De l’ohser-

vation de 1 nous pourrons ainsi déduire celles de

Soient 1. et le les intensités efficaces observées sans et avec rayon- nement - A. et A, les déviations correspondantes de l’ampèremètre thermique, on a :

d’où :

On déduit:

M

sera dû au rayonnement actif.

Ainsi l’observation de l’ampèremètre therniique permet d’étudier

commodément l’abaissement du potentiel explosif w, dans des condi-

tions diverses

-

sources actives différentes, variation avec l’intensité d’une source, la pression du milieu, la nature du micromètre, etc.

Les déviations galvanométriques à sont appréciées à 1 100 près,

l’erreur possible sur

(o

est 1/50,soit pour un potentiel de 5 000 volts qui baisserait de moitié une erreur possible de 100 volts.

-

C’est

ainsi que les expériences suivantes ont été faites avec du bromure

de radium, la lumière ultra-violette, les gaz d’une flamme.

(10)

24

DEUXIÈME PARTE.

ACTION DU RADIUW.

Le dispositif expérimental est le suivant :

Sur le circuit de décharge du condensateur (fi g. 1) sont intercalés l’ampèremètre thermique et le micromètre 1B1 entre les boules

duquel éclate l’étincelle sensible.

-

Ces boucles sont platinées et

ont 1 centimètre de diamètre. L une d’elles est portée par une vis

micrométrique v qui permet d’évaluer la distance explosive ; celle-ci

n’a jamais dépassé 8 millimètres, et, dans la plupart des expériences,

est restée voisine de 1 millimètre.

-

Les boules du micromètre doivent être soigneusement polies avec du tripoli très fin et essuyées régulièrement avec une peau de chamois. Les moindres rugosités,

traces d’oxyde ou poussières, altèrent l’étincelle en donnant des effluves qui agissent sur elle. Aussi les boules platinées sont celles qui permettent de faire les observations les plus précises. Avec les

boules de laiton, de nickel, de fer, de zinc, les recherches sont plus pénibles et plus incertaines, car elles doivent être constamment

repolies. Les fils de jonction du circuit avec le micromètre sont, au

voisinage de ce dernier, recouverts de tubes de verre pour éviter les effluves. Il importe que l’étincelle soit bien protégée, car, pour con-

server toute sa sensibilité, elle doit rester banche, brillante et cré- pitante.

La source active est constituée par 2 milligrammes de bromure de radium à peu près pur, placés au fond d’une cavité cylindrique dans

un disque de plomb de 7 millimètres d’épaisseur et recouverts d’une

petite lame de mica qui arrête les rayons ~. Le disque de plomb est disposé sur un support s qui permet d’approcher ou d’éloigner à

volonté le radium du micromètre. Le rayonnement sort de la cavité, tombe sur les boules et l’intervalle explosif. Au moyen d’un écran,

on peut protéger l’une ou l’autre boule.

-

Le micromètre, le radium

et son support sont placés dans une grande boite qui protège l’étin-

celle de tout rayonnement lumineux extérieur.

Avec ce dispositif, on a étudié la variation de avec

la longueur de l’étincelle, l’intensité du rayonnement, la pression de

l’air, la nature des boules et déterminé la partie du rayonnement qui

agit sur le potentiel explosif.

(11)

25

1. Variation de l’abaissement

«

avec la distance explosive.

-

Les expériences ont été faites avec des boules platinées ou des boules en

laiton. Le radium est placé à 3 centimètres de l’étincelle. Le courant

inducteur et le voltage du primaire de la bobine étant constants, on observe les indications de l’ampèremètre thermique pour des dis-

tances explosives croissantes jusqu’à la distance maxima.

Voici des résultats obtenus avec des boules platinée

1

C = capacité du condensateur ;

.

I

=

courant inducteur de la bobine ;

cl === distance explosive en millimètres ;

t.)

= abaissement explosif relatif.

L’abaissement explosif varie avec la distance explosive. Il est

une certaine loîigifeu)- faible polir les

petites et grandes distances explosives.

Un résultat analogue a été obtenu par BBTiedemann et Ebert(’ ,avec

la lumière ultra-violette.

Il n’y a donc aucun intérèt à opérer avec des étincelles dépassant

1 millimètre ou 2 millimètres, la sensibilité diminuant avec la lon- gueur au delà de cette limite.

II. Variation de l’abaissement

avec l’intensité du rayonnement. -

Le micromètre M étant fixe, on observe rabaisselnent

(1)

pour (liffé- rentes distances D du radium au micromètre. L’action du radium

sur l’étincelle est due, comme il est démontré plus loin, aux rayôns p les moins absorbables c’est-à-dire aux corpuscules négatif

les plus rapides qui sortent du radiurn. Le nombre de corpuscules

reçus en une seconde par le micromètre varie comme J’inverse du

(1) et EHERT. 1111, . t. XX X 1 1 1 . 1888 .

(12)

26

carré de la distance D, car celle-ci ne dépassant pas 12 centimètres, l’absorption de la couche d’air est négligeable. Quelques mesures d’absorption m’ont indiqué que l’intensité du rayonnement ~ était

diminuée de 1 20 au plus par une épaisseur d’air de 15 centimètres.

,

Voici plusieurs séries d’observations (micromètre à boules plati- nées) :

C = capacité du condensateur en LT. E. S. ;

d = distance explosive en millimètres;

1) distancie du radium à l’étincelle en centimètres.

obs.

=

0,0?3 0,047 0,083 0,14 0,18 0,?? 0,‘~ i 0,32 0,35 0,40 0,4~

W

calc. -- 0,020 0,045 0,083 0,13 0,18 0,23 0,‘~ i

î

0,32 0,36 0,40 0,44

î

La série D a été obtenue avec un autre échantillon de bromure de radium.

Pour représenter les variations de w avec l’intensité du rayonne- ment, on pose :

Pour une distance D, l’intensité est proportionnelle à z.

Avec les nombres de chaque série on construit une courbe ana-

logue à celle de la 2.

(13)

27

A partir d’une certaine intensité définie par 1"abscisse :’-u == OA, la

couche s"éléve rapidement quand z croit pour tendre vers une direc- tion asymptotique parallèle à 0..:, c’est-à-dire que l’abaissement

(fi

ne dépasse pas une valeur maximum qui sera

On peut représenter les variations de

c~

en fonction de z par la for- mule empirique (2) :

Les valeurs des constantes sont les suivantes :

On a indiqué, avec les nombres de la série D, les valeurs calculées par formule (2).

De ces observations on déduit les lois suivante

Il Dans l’air, sous la pression atinosphérique, avec un micromètre

à boules l’abaissement explosif croît avec l’intensité du rayonnement actif jusqu’à une valeur limite indépendante de la ca- pacité et de la distance explosive.

La valeur maxima limite est wi

=

0) i .. ....,Ot) uu sensiblement 1

.-·

Le

potentiel est au maX’lJnUnl de Jnoitié.

L’existence d’une limite a été observée par IIer,vegg avec les

rayons cathodiques. Il a trouvé :

l’abaissement limite varie ainsi avec la nature du milieu diélectrique ; -,

2° Pour que le potentiel explosif soit abaissé, il est nécessaire que l’intensité du rayonnement dépasse une certaine valeur, indépen-

dante de la capacité et de lu distance explosive :

3° Avec des micromètres de nature différente. les lois précédentes

(1) HRRBYEC.û, .tJl71alen

(14)

28

sont valables, mais la valeur de l’abaissement limite est modifiée.

L’intensité minima est aussi changée.

Avec le platine z,

_

4, avec le laiton z.

=

6, avec le zinc Zo

=

10.

Le platine est ainsi le métal le plus sensible, comme différents

observateurs l’ont constaté avec la lumière ultra-violette et les rayons de Rôntgen.

1 (I. Variations de l’abaissement w avec la pression du milieu ga-

zeux.

-

Pour ces expériences le micromètre 1~2 est placé dans une

boîte rectangulaire en cuivre, à l’intérieur de laquelle on peut faire le vide. Une ouverture circulaire est ménagée dans une des parois en

face des boules du micromètre. Elle est fermée par une lame d’alu- minum de 1/10 de millimètre d’épaisseur que traverse le rayonnement du radium avant d’agir sur l’étincelle. Les fils du circuit de décharge pénètrent dans la boite à travers des tubes de verre, isolés des pa- rois par des rondelles d’ébonite. Deux ajutages mettent la boîte en

communication avec une trompe et un manomètre barométrique :

la pression a varié de 76 centimètres à 5 centimètres de mercure.

Le radium est disposé à une certaine distance du micromètre, et

on observe

co

pour différentes pressions. Voici quelques résultats correspondants à une distance explosive de pnm,3 et une capacité

du condensateur de 250 unités. P = pression en centimètres de

mercure.

A.

-

Le 3 l’élincelle.

I~.

--

Le ¡,((dium est ri p centilnètres de l’étincelle.

C.

-

Le est Ú 9 centi1nèt J’es cle l’étincelle.

(15)

29 De ces observations on déduit :

°

1° A intensité constante du rayonnement actif, l’abaissement du

potentiel explosif croit à mesure que la pression diminue, atteint

un maximum pour décroître ensuite ;

2° Ce maximum se produit pour la même pression quelle que soit l’intensité du rayonnement, pression voisine de 30 centimètres dans le cas de l’air.

31 Ce maximum, toujours inférieur à l’abaissement limite observé

sous la pression atmospliérique, tend vers cette valeur limite à mesure

que l’intensité du rayonnement croit.

Ces résultats se rapportent a un micromètre à boules platinées

--

ils sont également vrais avec des boules de laiton. Il y a lieu de remarquer que "Tiedemann et Ehert (1) ont constaté avec la lumière ultra-violette l’existence d’un maximum d’action pour une certaine

pression inférieure à la pression atmosphérique.

IV. Action du radium sur chaque boule du micromètre.

-

Dans les observations précédentes, le rayonnement ag’it sur les deux boules du micromètre et sur l’étincelle elle-méme. Il est possible de fixer

l’influence des boules en mesurant l’abaissement

avec des inten- sités différentes du-rayonnement quand celui-ci tombe seulement sur une des boules, l’autre étant garantie par un écran opaque.

Les expériences ont été faites à la pression atmosphérique avec des

boules platinées de 1 centimètre de diamètre. Un écran de verre de 5 millimètres d’épaisseur cache soit l’anode, soit la cathode.

(A) Capacité = ~0, distance explosive

=

2mm,3 D

=

distance du raclium à l’étincelle, en cm.

(B) Capacité

~

200, distance explosive

==

i mm.

Si on tient compte de la difficulté des expériences, on peut regarder

les variations de w avec l’intensité du rayonnen1ent comme ana-

(1:

Il

et

(16)

30

logues pour les deux boules. Elles peuvent être représentées par

une courbe semblable à celle de la et une formule (2’~.

L’abaissement provoqué par le rayonnement agissant sur chaque

-électrode tend vers la limite maximum observée avant.

-

On peut

en conclure que l’action sur les boules est prédominante, c’est-à-dire que 1"action du î-ct(liuîn le potentiel est les

ou au vois¿’Jlage de ces é7ectJ’odes.

RE,-,IARQT-7F,. - On pourrait croire que l’action constatée sur l’anode tient à ce fait que l’élincelle étant oscillante, le radium n’agit sur

cette boule que lorsqu’elle est cathode.

-

En réalité, il n’en est rien, car le rayonnement alaisse le potentiel explosif de la première

étincelle qui établit le pont entre les électrodes pour que l’oscilla- tion se produise, et par suite c’est comme anode que la boule est excitée.

V. Étude du rayonnement du radium qui agit sur l’étincelle.

-

Le rayonnement du radium comprend trois espèces différentes de rayons, les rayons ri., [3 et y. On peut se demander si les trois

rayonnements agissent sur l’étincelle ou si l’un d’eux seul est actif.

Il est possible d’éliminer à peu près complètement les rayons 1 en couvrant le sel de radium d’une lame mince de mica. On peut avec

un champ magnétique dévier plus ou moins les rayons- sans dévier

les rayons y et observer les variations correspondantes de l’abaisse-

ment

~.

Ces observations établissent que seuls les sont actifs.

Voici les expériences relatives au champ magnétique. Le radium

est disposé dans le champ magnétique d’un petit électro-aimant. Le

est en dehors du de façon que son étincelle éclate

parallèlement aux lignes de force.

-

Si le champ dévie les rayons .actifs, l’abaissement m sera~ modifié. On observe donc l’abaissement

avec et sans champ magnétique pour des distances différentes D entre le micromètre et le radium.

Exemple :

fo =

abaissement sans champ magnétique;

f’)t i

-

avec champ magnétique;

D est exprime en centimètres.

(17)

3 1

L’action du champ magnétique est nette : les rayons actifs sont

déviés, ce SOIZt les 3. Ce résultat a été déjà trouvé par Berti ( ’ ).

Il y a lieu de remarquer que le rapport Û)

(Ij

1 augmente rapidement à

mesure que la distance D diminue. Si les rayons a agissaient uni- quement sur l’étincelle, comme celle-ci est un trait de feu de faiLle

largeur parallèle aux lignes de force, le rapport

(1)

devrait rester sensiblement le même pour les distances de 8 centimètres et 3,5.

La variation notable du rapport conduit à supposer que le rayonne- ment agit sur une plus grande surface et comme on sait que l’action

prépondérante s’exerce sur les boules ou dans-leur yoisinage, on est porté local£se)’ boules

actifs.

-

Les rayons 8 qui sortent du radium sont cons-

titués par des corpuscules négatifs projetés avec des vitesses diffé-

rentes. On peut se demander si tous les rayons sont actifs.

Pour répondre à cette question, j’ai fait deux séries d’expériences

différentes :

11 Dans une première série, le même champ magnétique agit sur

les rayons actifs qui abaissent le potentiel explosif et sur les rayons 6 qui ionisent l’air dans l’intervalle explosif qui sépare les boules du micromètre.

Le micromètre est séparé du circuit de décharge du 1 condensa- teur. L’une des boules est reliée à une batterie d’accumulateurs fournissant dans l’intervalle explosif un champ de 800 volts par cen-

timètre, et l’autre à un électromètre Curie qui mesurera le courant

1i»iite dû aux ions séparés dans l’intervalle explosif par le radium.

Celui-ci est comme avant placé dans le champ magnétique du petit électro-aimant, le micromètre à étincelle étant au dehors. On observe le courant limite avec et sans champ, pour différentes distances D du radium au micromètre.

Les résultats sont indiqués dans le tableau suivant :

1 est le courant lin1ite sans eliaiiii, n1agnéLique

i

-

aB0C

-- .

(1) BEHTI, Il

(18)

32

Ils sont exprimés en millimètres de l’échelle de l’électromètre. Ils croissent lorsque la distance D diminue, parce que le rayonnement du radium qui s’éparpille à la sortie de la source rencontre un inter- valle d’air plus grand.

Aux nombres de ce tableau, sont adjoints, dans la dernière colonne,

les rapports Wt du tableau précédent, qui représentent l’action du

w

mîeme champ magnétique sur les rayons agissant sur l’étincelle.

On voit que le rapport est toujours plus petit que ’

w

pour les mêmes valeurs de D, du champ magnétique et le même intervalle explosif. Les rayons actifs sont donc proportionnellement moins

déviés que ceux qui ionisent l’air, c’est-à-dire que, parmi tous les corpuscules ~ qui sont émis par le radium, ce sont les moins rléviaúles c’est-à-dire les pZus rapides qui abaissent le potentiel

2° Cette conclusion découle également de l’étude de l’absorption

par tine lame métallique mince des corpuscules a qui agissent sur

l’étincelle.

Lorsque le radium est séparé du micromètre par une couche d’air

d’épaisseur D, l’abaissement w est donné en fonction de l’intensité z par la formule (2~.

Si on place sur le radium une lame absorbante d’épaisseur ô très

faible vis-à-vis de D, et d’indice d’absorption IL pour les rayons actifs,

on diminue l’intensité z qui devient ._,’ telle que :

La nouvelle valeur (1) 1 de l’abaissement du potentiel explosif est :

dans laquelle

Si on détermine les coefficients . Q, l sans lame absorbante et =’o et

, ,

’ avec lame absorbante, on tire K.

L’observation consiste ainsi à mesurer l’abaissement ri pour diffé-

(19)

33 rentes positions du radium avec et sans lame absorbante, à établir

dans les deux cas la formule 2) et déduire des constantes la valeur K.

Voici les résultats :

Les coefficients A sont les indices d’absorption des mêmes lames mesurés par un procédé électrométrique d’ionisation, c’est-à-dire

rapportés à tous les rayons 3 du radium qui ionisent l’air, et aux

rayons y.

On voit que les coefficients A sont plus élevés que les coefficients K ;

donc les qui alJai.S’sent le potent¿"el explosif’ sont les lnoÎ11s

absorbables oit les plus des (1 l’

1-1 sU/L’Te.)

PRODUCTION RAPIDE D’UN VIDE ASSEZ AVANCÉ A L’AIDE DE LA CHAUX.

QUELQUES EFFETS

DE LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE DANS LES TUBES A VAPEUR D’EAU;

Par M. A. HENRY.

1. Il est possible, sans trompe à mercure, d’atteindre rapidement

un vide assez avancé; il suffit de posséder une machine pneumatique

ordinaire ou une trompe à eau, à la condition de recourir, comme auxiliaire, à la vapeur d’eau.

En principe, on remplit de vapeur d’eau pure le récipient l’on

veut faire le vide ; puis on absorbe celle-ci par un corps bien choisi.

Parmi les nombreux procédés possibles, l’un des plus commodes

consiste à prendre la chaux. éteinte comme générateur de vapeur d’eau, et son résidu, la chaux vive, comme absorbant.

Soit l~ le récipient à vider, supposé muni en A l’t B de rohinets

bien travaillés. Il est mis en communication du 1) avec

un tube de verre mince dont le diamètre est due 3 centimètres environ,

contenant à peu près ‘~U grammes de chaux éteinte et du côté B avec

un autre tube de même diamètre, rempli de potassr caustique sur

une longueur de ~0 centimètres. Ce tube à potasse est relié il la machine pneumatique ou à la trompe à eau.

J. de Ph!Js., 4e série. t. illl. 190’L) 3

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