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Recherches sur l'absorption des gaz par le platine

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00237967

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00237967

Submitted on 1 Jan 1882

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M. Berthelot

To cite this version:

M. Berthelot. Recherches sur l’absorption des gaz par le platine. J. Phys. Theor. Appl., 1882, 1 (1),

pp.341-346. �10.1051/jphystap:018820010034100�. �jpa-00237967�

(2)

341

RECHERCHES SUR L’ABSORPTION DES GAZ PAR LE PLATINE;

PAR M. BERTHELOT.

L’étude de la

polarisation électrolytique

m’a conduit à recher-

cher la chaleur

dégagée

dans

l’absorption

des gaz par le

platine, spécialement

dans celle de

l’hydrogène

et de

l’oxygène,

et à étudier

les combinaisons résultantes. J’ai

opéré

avec du

platine

sous di-

verses

formes,

renfermé dans de

petits

ballons de verre de

75cc

en-

viron,

pourvus de

robinets,

et

qui

contenaient de 50g1’ à I20gr de métal. On les

plaçait

dans un calorimètre. On faisait le vide dans le

ballon;

on le

pesait, puis

on y laissait arriver le gaz, de

façon

à

saturer le

platine

sous une

pression

aussi voisine que

possible

de

la

pression atmosphérique.

On

pesait

ensuite :

l’augmentation

de

poids

donnai t le gaz absorbé.

Cela

fait,

on

retire,

à l’aide de la pompe à mercure, tout le gaz

possible,

d’abord à

froid, puis

à 2000, en mesurant

chaque

fois ce

gaz et en déterminant les

pertes

de

poids

consécutives à son extrac-

tion. Celle-ci est au besoin

complétée

en recuei .lant les gaz dé-

gagés lorsqu’on

chauffe le métal dans un tube de verre

dur, jusqu’à

la

température

de la fusion du verre : contre-preuve indis-

pensable,

et sans

laquelle

on est

exposé parfois

à attribuer à un .

hydrure l’absorption d’hydrogène,

due en réalité à la réduction

d’un

sous-oxyde

de

platine;

ou bien encore à

regarder

comme

attribuable à un état

particulier

du

platine

une

absorption d’oiy- gène,

due en réalité à

l’oxydation

d’un

hydrure.

De tels

hydrures

et de tels

sous-oxydes

me

paraissent

avoir été

fréquemment

con-

fondus avec le

platine même,

dans l’étude des substances fort di-

verses

appelées

noir

de platine.

Absorption

de

l’hydrogène

par le

platine. -

J’ai

opéré

avec

du

platine, pris

sous divers états :

il lVlozcsse

de platine. -

La mousse

employée

a absorbé

plu-

sieurs fois son volume

d’hydrogène.

Chauffée ensuite à 2000 dans

le

vide,

elle en a restitué seulement

i’l’;

c’est-à-dire que

l’hydrure

formé résistait à cette

tem pérature.

On a

placé

le ballon vide et

pesé

dans le

calorimètre,

et l’on y a fait arriver de

l’oxygène;

les

premières

bulles ont

produit

une vive

incadescence,

avec forma-

J. de Phys., 28 série, t. I. (Août 1882.) 23

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018820010034100

(3)

tion d’eau.

D’après

l’accroissement

poids

ballon

lume de son espace

extérieur,

on a calculé le

poids

de

l’oxygène changé

en eau : il s’est

produit + 25Cal

pour 89’

d’oxygène

fixé à

pression

constante

(1).

Ce dernier

peut

être

regardé

comme

changé

entièrement en eau, le volume

d’oxygène

condensé comme

tel par la mousse de

platine

étant

insignifiant.

On déduit de là

que 1gr d’hydrogène, H,

fixé sur le

platine

en mousse et suscep- tible d’étre

oxydé

ensuite à froid par

l’oxygène libre, dégage

+

9 Cal

5.

2,° Platine

réduit par

l’acide

for/nique. -

Je dois ce

platine

à

l’obligeance

de M.

Debray.

Chauffé au rouge sombre vers 550°

à

Goo°,

dans le

vide,

il n’a fourni aucun gaz.

65gr, 255

sont

placés

dans un

ballon,

sur

lequel

on fait le

vide;

on le

plonge

dans le

calorimètre, puis

on y fait arriver de

l’hydrogène.

L’accroissement de

poids

est de ogl’,

0407;

en retranchant

ogi’,0065

pour le gaz oc-

cupant

le volume

vide,

il reste

0gr,0342

fixés sur le

platine.

La

chaleur

dégagée

a été trouvée +

14Cal,2

pour 1 gL’

d’hydrogène

fixé

sous

pression

constante.

Mais le

composé

formé semble un

mélange

de deux

hydrures

distincts : l’un dissociable et

oxydable

à froid par

l’oxygène;

l’autre

plus

stable. En

effet,

en faisan t le

vide,

à

froid,

on a retiré

95cc d’hydrogène;

au lieu de

72cC qui répondaient

à la

capacité

du

ballon

( diminuée

du volume du

platine).

On

repèse

le

ballon,

on

y fait arriver de

l’oxygène;

ce

qui

donne lieu à un

dégagement

de

chaleurs,

avec

production

d’eau. L’accroissement de

poids (déduc-

tion faite du gaz

occupant l’espace vide)

était de ogl’,

0765.

La

chaleur

dégage, rapportée

à 8gr

d’oxygène : + 25Cal,8.

Cette

chaleur

peut

être attribuée entièrement à la formation de

l’eau,

la

dose de

l’oxygène

condensable comme tel sur cette variété de

pla-

tine étant très

petite.

On en déduit pour la chaleur de formation de

l’hydrure

réduit

par

l’oxygène

froid :

+ 8Cal,7,

chiffre fort voisin de

gCal, 5 (mousse).

Mais cet

hydrure comprend

seulement

0gr,0096 d’hydrogène,

sur les

0gr, 0342 primitivement fixés; 23cc,

ou 0gr,0020, ont été

(’ ) La rentrée du gaz dans le ballon vide dégage une petite quantité de chaleur,

soit 0Cal,0015 pour la capacité employée. Cette quantité a été retranchée. Voir BRIOT, Théorie maécanique de la chaleur, p. 136; 1869.

(4)

343

dégagés

en nature par l’action du

vide,

à froid. Il reste donc ogr, 0226

d’hydrogène fixé,

soit

les 3

très

sensiblement,

cons tituant

un

hydrure

que

l’oxygène

n’a pas détruit de suite à froid.

Cepen-

dant cet

hydrure

n’est pas tout à fait insensible à l’action de

l’oxy- gène ; car j’ai

vérifié que ce gaz continue à s’absorber lentement.

Cet

hydrure plus

stable est

susceptible

d’être détruit par l’ac- tion de la chaleur.

Ayant placé 29gr,5

du corps

précédent

dams un

tube de verre

dur,

sur

lequel j’ai

fait le

vide,

et que

j’ai

chauffé

graduellement jusque

la

température

du ramollissement du verre, la matière a

dégagé graduellement 127cC d’hydrogène

à la

tempé-

rature de

l’essai,

soit

0gr, 0108 d’après

le calcul. Les chiffres ci- dessus

indiquent 0gr,0103.

Il reste du

platine

en mousse. La cha-

leur de formation du deuxième

hydrure peut

ètre calculée

d’après

les données

précédentes;

elle serait pour H =

inégale

à -f--

17 Cal 0,

c’est-à-dire sensiblement double de celle de

l’hydrure

le moins

stable

(+ 8Cal, 7) :

observons que ces

hydrures

sont

rapportés,

par

notre

procédé

de

calcul,

à un même état du

platine.

L’hydrogène totale rapporté

au

poids

du

platine ,

fournirai t la relation

équivalen te

i : 20;

rapporté

à

l’hydrure

le

plus

stable i

30,

c’est-à- dire 80 fois le volume du

platine

pour cet

hydrure ;

120 fois

pour le tout. Ces relations sont données sous

réserve,

une

partie

du

platine

pouvant demeurer libre.

Toutefois,

de tels

hydrures

n’auraient rien de

plus

extraordinaire que

l’amalgame

cristallisé de

potassium, Hg24 K,

et divers

alliages.

3° Noir de

platine. -

Cette

maulère,

obtenue par la réduction du

platine

dans un milieu

alcalin,

est

réputée

absorber des doses

beaucoup plus

fortes

d’hydrogène.

Mais on a confondu sous un

même nom des corps fort

divers; je

ne veux pas discuter s’il existe réellement un noir de

platine

non chauffé

qui

soit constitué par le métal pur, c’est-à-dire

exempt

de toute trace

d’oxygène

ou

d’hy- drogène.

Tous les échantillons que

j’ai

pu me procurer renfer- maient de fortes doses

d’oxygène, qu’ils dégageaient

en nature

sous l’influence de la

température

rouge : c’étaient des sous-

oxydes.

A ce

titre,

ils absorbent de

grandes quantités d’hydrogène.

mais cet

hydrogène

est

employé

à deux usages, une

portion

rédui-

sant l’oxvde

(1),

une autre

partie

formant l’hydrure. Les résultats (1) Tel parait être le cas du noir de platine employé par Favre dans ses expc-

(5)

compliquent changements

du

platiné,

il va être di t.

Absorption

de

l’oxygène

par le

platine.

- Le

platine, quel qu’en

soit

1«’état, placé

dans le

vide, puis

mis en

présence

de

l’oxy- gène,

s’échauffe d’une manière sensible. Mais la

quantité

totale de

. chaleur,

estimée dans le

calorimètre,

a

toujours

été fort

petite.

Par

exem ple :

Ces nombres doivent être diminuées de o, ooCal15 pour les rame-

ner à la

pression

constante. Ils

répondent

à de très

petits

volumes

d’oxygène,

volumes si

petits

que

je

n’ai pu les évaluer exactement

par le

procédé

de calcul ordinaire. Ce

procédé

consiste à mesurer

l’accroissement de

poids

du ballon et à en retrancher le

poids

de

l’oxygène qui

occupe

l’espace,

calculé

d’après

la

capacité

du ballon

et la densité du

plaulne.

La différence serait le

poids

de

l’oxygène

fixé. Mais ce calcul donne des nombres très

petits

et très diver-

gents,

parfois

même nuls ou

négatifs;

ce

qui signifie

que la densité du

platine

pur diffère notablement de celles du noir et des diverses variétés

signalées.

Je ne connais aucun

procédé

exact pour évaluer ces densi tés. Il est

permis

d’affirmer

pourtant

que la chaleur

dégagée

serait considérable pour un

équivalent d’oxygène

fixé

On a

signalé

une variété de

platine qui

absorberait 250 fois son

volume

d’oxygène;

mais

je

n’ai pu me la procurer.

Changeinents

d’état du noir de

platine.

- Le noir de

pla- tine,

séché à une

température

modérée

(sous-oxyde), puis

traité

par

l’oxygène

dans le

vide,

a fourni des résultats

singuliers,

que

je

vais citer maintenant. Les

poids d’oxygène

fixés sont

toujours

trop

petits

pour être évalués avec

certitude ;

nIais la chaleur

dégagée

riences, il a mesuré le volume d’hydrogène absorbé sans s’assurer s’il se for- Inait de l’eau. De là la variation de -,3cl à i3Ca! dans la chaleur dégagée (Annales

de Chimie et de Physique) Se série, t. 1, p. 255). Ses chiffres ne se rapportent donc pas à une réaction unique et définie : formation d’hydrure ou réduction d’oxyde mais à l’ensef1,lble des deux.

(6)

345 dans

chaque

essai varie avec le nombre des échauffements et trai- tements

préalables :

Les

premières quantités

de

chaleur, rapportées

au

poids d’oxy- gène fixé,

tel que

je

l’ai

trouvé,

donneraient des chiffres colos- saux, soit

92Cal

par gramme ; mais ils

répondent,

en

réalité,

à une

transformation

progressive

du

noir,

sans

changement appréciable

de

composition chimique.

La chaleur totale

dégagée

par ce chan- gement ne peut pas d’ailleurs être évaluée

ainsi,

parce

qu’une

très

faible fraction

répond

aux

phénomènes produits

dans le calori-

mètre. Mais ce

phénomène

mérite au

plus

haut

degré l’attention;

en

effet,

il prouve que l’état des corps poreux

change

continuelle- ment,

pendant qu’ils

absorbent des gaz : leur volume ne saurait être calculé avec certitude

d’après

leur densité mesurée

d’avance,

et la chaleur

dégagée

ne saurait

davantage

être évaluée en regar- dant l’état final du corps poreux comme

identique

avec son état

initial.

Si nous nous reportons main tenant aux réactions

chimiques

exercées par le

platine,

il est difficile de ne pas y faire

jouer

un

rôle à ces

hydrures,

formés avec un

dégagement

de chaleur

qui

peut

atteindre

17Cal,

et à ces

composés

résultant de la condensa- tion de

l’oxygène,

véritables

oxydes dissociables,

dont la chaleur

de formation est

également considérable, quoiqu’elle

n’ait pu ètre mes urée .

Cet ordre de

composés

et leur état de dissociation

jouent

un

rôle

important

dans les actions di tes

cIe présence

exercées par le

platine,

réactions

qui

résultent sans doute de la formation de com-

posés instables,

incessamment détruits et

régénérés.

J’en dirai autant de la

polarisation.

La force électromotrice né- cessaire pour

décomposer

l’eau en

présence

du

platine

est, en réa-

lité,

la différence entre celle

qui répondrait

à la

séparation

pure

et

simple

de

l’hydrogène

et de

l’oxygène (+ 34c-1, 5),

et la somme

de celles

qui répondent

à la formation de

l’hydrogène (--- 1 4Cal, 2

et même +

17Cal,0)

et du

composé oxydé.

Cette dernière étant

(7)

inconnue, considérable, s’explique

par là

comment on observe des indices

d’électrolyse

avec des courants

même très

faibles;

mais le

phénomène

s’arrête

aussitôt,

en raison

des

changements

survenus dans la constitution

chimique

et dans

la conductibilité des

électrodes,

pour recommencer à mesure que les gaz unis au

platine

auront été écartés par la

dissociation,

la

diffusion dans les

liqueurs,

l’action

oxydante

de l’air

dissous,

en

un mot par les diverses influences secondaires

qui

tendent à réta-

blir l’état initial du

système.

A cet

égard,

l’électrode

négative, qui

absorbe une dose notable

d’hydrogène,

devra se

comporter

autre-

inent que l’électrode

positive, qui

n’absorbe que des doses presque insensibles

d’oxygène.

Les

expériences

suivantes de AI.

Bouty

sont

conformes à cette induction.

Soit encore

l’inflammation

d’un

rnélang’e d’hydrogène

et

cl’oxyg’è12e

par le

platine.

Câ’est la formation de

l’hydrure

le moins

stable et son

oxydation

à froid par

l’oxygène qui expliquent

le

phénomène.

En

effet, l’hydrogène

arrivant au contact du

platine s’y combine,

en

dégageant

une certaine

quantité

de chaleur.

L’hy-

drure ainsi formé étant

inattaquable

à froid par

l’oxygène,

avec

production d’eau, dégage

une nouvelle

quantité

de

chaleur;

ce

qui

élève la

température

du

système,.

Une nouvelle dose

d’hydrogène,

arrivant

incessamment, reproduit l’hydrore, puis l’eau,

et la tem-

pérature

monte

continuellement, jusqu’à

atteindre le

degré

le

platine rougit

et le

mélange

gazeux

d’oxygène

et

d’hydrogène

s’enflamme de lui-même. Cette

explication

est conforme de

point

en

point

aux

phénomènes

que tous les chimistes ont observés dans la réaction du

platine

sur le

mélange

tonnant.

SUR LA POLARISATION DES ÉLECTRODES ET SUR LA CONDUCTIBILITÉ

DES LIQUIDES;

PAR M. E. BOUTY.

1. En

1876,

M.

Lippmann (1)

a décrit une méthode électron1é-

(1) LIPPMANN, Con2ptes rendus des séances de:ZJAcad. des Sciences, t. LXXXIII,

p. 192: iS76. Voir aussi FCCHS, Pogg. Ann., t. CLVI, p. 161; 18,5.

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