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ENS PC 1998

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

ENS PC 1998

L’usage de calculatrices ´ electroniques de poche ` a alimentation autonome, non imprimantes et sans document d’accompagnement est autoris´ e. Cependant, une seule calculatrice ` a la fois est admise sur la table ou le poste de travail, et aucun ´ echange n’est autoris´ e entre les candidats

Le probl`eme aborde quelques aspects de la th´eorie des polynˆomes orthogonaux.

• La premi`ere partie introduit une famille de polynˆomes comme ´etant des “vecteurs propres”,

• la deuxi`eme partie adapte `a cette famille un produit scalaire afin d’en faire des “po- lynˆomes orthogonaux” ;

• la troisi`eme partie donne d’autres moyens (formule de Rodrigues et fonctions g´en´e- ratrices) d’obtenir ces polynˆomes ;

• la derni`ere partie, largement ind´ependante de la troisi`eme, aborde, dans le cas particulier des polynˆomes de Laguerre, la question de la convergence en moyenne quadratique.

Premi` ere partie : ´ etude alg´ ebrique

Dans cette partie on introduit les polynˆomes Π

n

comme ´etant des “vecteurs propres” d’un endomorphisme.

R [X] d´esigne l’ensemble des polynˆomes `a coefficients r´eels, R

n

[X] est le sous-espace des polynˆomes de degr´e au plus n. A et B ´etant les deux polynˆomes de R [X] suivants :

A = α

2

X

2

+ α

1

X + α

0

et B = β

1

X + β

0

. On note pour tout P ∈ R [X] :

L(P ) = AP

′′

+ BP

(ces notations sont valables dans tout le probl`eme).

I.1. Montrer que L d´efinit un endomorphisme de l’espace vectoriel R [X] et qu’il induit par restriction, pour tout entier n, un endomorphisme de R

n

[X].

I.2. Dans cette question, L sera consid´er´e comme un endomorphisme de R

2

[X].

a. Ecrire la matrice de ´ L restreint `a R

2

[X], dans la base canonique {1, X, X

2

} de R

2

[X].

b. V´erifier que, si

∀k ∈ {0, 1, 2}, kα

2

+ β

1

6= 0 alors L restreint `a R

2

[X] est diagonalisable.

I.3. On examine, toujours dans R

2

[X], quelques cas particuliers, obtenus en sp´ecifiant A et B .

a. (Polynˆomes de type Hermite ). Ici A = α

0

et B = β

1

X + β

0

. On suppose que β

1

6= 0.

D´eterminer explicitement une base de R

2

[X] qui diagonalise L restreint `a R

2

[X].

b. (Polynˆomes de type Jacobi). Ici A = α

2

(X

2

− 1) et B = β

1

X + β

0

. On suppose que β

1

6= 0 et que 2α

2

+ β

1

= 0.

Donner, dans ce cas, une condition n´ecessaire et suffisante pour que L restreint `a R

2

[X] soit diagonalisable.

I.4. On revient ici au cas g´en´eral. A = α

2

X

2

+ α

1

X + α

0

et B = β

1

X + β

0

, et on suppose que :

(i) ∀k ∈ N , kα

2

+ β

1

6= 0.

On suppose jusqu’` a la fin du probl` eme que la condition (i) est satisfaite.

1

(2)

2 ENS PC 1998

a. Montrer que, pour tout entier n, L, consid´er´e comme un endomorphisme de R

n

[X], est diagonalisable.

b. En d´eduire que, pour tout entier n, il existe λ

n

∈ R et au moins un Π

n

∈ R [X], de degr´e n tel que : L(Π

n

) = λ

n

Π

n

.

Pr´eciser λ

n

et montrer que Ker(L − λ

n

Id

R[X]

) est de dimension 1.

c. La famille (Π

n

)

n∈N

constitue-t-elle une base de R [X] ?

A tout triplet ` (A, B, n) est donc associ´ e un polynˆ ome Π

n

, d´ efini ` a une constante multiplicative non nulle pr` es. Cette notation est utilis´ ee jusqu’` a la fin du probl` eme.

Deuxi` eme partie : orthogonalit´ e des polynˆ omes Π

n

On se propose, dans trois cas particuliers, de mettre en place un produit scalaire qui fera de la famille (Π

n

)

n∈N

une famille orthogonale.

II.1. Si J est un intervalle ouvert non vide de R et si ω est une fonction de classe C

1

de J dans R

+

, on note

H

ω

= {f ∈ F (J, R ) | f continue sur J et ωf

2

int´egrable sur J}

(on notera parfois J =]a, b[, cet intervalle n’est pas n´ecessairement born´e, on peut avoir a = −∞ ou bien b = +∞).

a. Montrer rapidement que H

ω

est un espace vectoriel.

b. V´erifier que l’on d´efinit un produit scalaire sur H

ω

en posant :

∀(f, g) ∈ H

ω2

, (f|g) = Z

J

f (t)g(t)ω(t) dt.

Dans la question suivante, on suppose que les polynˆomes, en tant que fonctions de J =]a, b[ dans R , sont des ´el´ements de H

ω

, A et B sont les deux polynˆomes d´efinis dans la premi`ere partie.

II.2. Si l’on suppose que :

(ii) ∀x ∈ J,

d dx ω(x)

A(x) + ω(x) d

dx A(x)

= ω(x)B(x)

(iii) ∀n ∈ N , lim

xa x>a

ω(x)x

n

A(x) = lim

xb x<b

ω(x)x

n

A(x) = 0.

Montrer que :

∀(n, m) ∈ N

2

, (n 6= m) ⇒ Z

b

a

Π

n

(t)Π

m

(t)ω(t) dt = 0

II.3. On examine ici trois cas particuliers.

a. (“Hermite”) on a donc A = α

0

et B = β

1

X + β

0

. On suppose de plus que α

0

β

1

< 0.

On pose :

J = R et ω(x) = exp

B(x)

2

0

β

1

.

V´erifier que les polynˆomes sont des ´el´ements de H

ω

et que les conditions (ii) et (iii) sont v´erifi´ees.

b. (“Jacobi”) ici l’expression de B est pr´esent´ee sous une forme “plus agr´eable” : B = (p + q + 2)X + (p − q)

avec p et q r´eels v´erifiant p + 1 > 0 et q + 1 > 0, celle de A simplifi´ee : A = X

2

− 1.

D´eterminer ω, une application de classe C

1

de ] − 1, 1[ dans R

+

, telle que le couple

(3)

ENS PC 1998 3

(] − 1, 1[, ω) v´erifie les conditions (ii) et (iii).

Pour ce couple, les polynˆomes sont-ils dans H

ω

?

c. (“ Laguerre” ) on suppose ici que A = α

1

(X −ρ) o` u ρ est un r´eel et que B = β

1

X +β

0

. On suppose de plus que α

1

β

1

< 0.

D´eterminer une application ω de classe C

1

de ]ρ, +∞[ dans R

+

telle que (ii) soit r´ealis´ee. Trouver une condition portant sur le signe de B(ρ)

α

1

pour que le couple (]ρ, +∞[, ω) v´erifie (iii).

Montrer que dans ce cas les polynˆomes sont des ´el´ements de H

ω

.

Troisi` eme partie : Rodrigues et les fonctions g´ en´ eratrices

On se place ici dans le cas g´en´eral, c’est `a dire que A et B v´erifient (i) (cf. I.4 ), on suppose que ω est une application de J dans R

+

de classe C

1

et que le couple (J, ω) v´erifie (ii) et (iii) (cf. II.2). On suppose aussi que les polynˆomes sont ´el´ements de H

ω

.

III.1. a. Montrer que, pour tout couple (n, p) ∈ N

2

v´erifiant p

6

n, la fonction ωA

n

est p fois d´erivable sur J et qu’il existe un polynˆome Q

n,p

, dont on pr´ecisera le degr´e, tel que :

∀x ∈ J, d

p

dx

p

(ω(x)A(x)

n

) = ω(x)A(x)

n−p

Q

n,p

(x).

b. Montrer que si m 6= n alors :

(Q

n,n

m

) = 0.

c. En d´eduire qu’il existe un lien entre le polynˆome Π

n

de la fin de la premi`ere partie et Q

n,n

.

Ce lien constitue la formule de Rodrigues

III.2. (“Legendre” un cas de Hermite simplifi´e). Ici A = −1 et B = 2X. On prendra pour couple (J, ω) celui qui est donn´e en II.3.a. On pose H

n

= Q

n,n

.

a. V´erifier que :

H

n+1

(x) = 2xH

n

(x) − d

dx H

n

(x).

b. Etablir l’´egalit´e suivante : ´

∀(x, t) ∈ R

2

, ∂

n

∂t

n

e

(x−t)2

= e

(x−t)2

H

n

(x − t).

c. En d´eduire la formule :

∀(x, t) ∈ R

2

, e

2xt−t2

=

+

X

n=0

H

n

(x)t

n

n! . d. Calculer H

5

.

III.3. (“ Laguerre ” simplifi´e).

On se place dans une situation du type II.3.c avec ici A = X et B = −X + 1. Pour tout n ∈ N on note L

n

le polynˆome en x d´efini par :

L

n

(x) = e

x

d

n

dx

n

e

−x

x

n

.

a. Dans ce cas, quel lien existe-t-il entre L

n

et Π

n

?

(On peut poursuivre cette question III.3 mˆeme sans avoir r´epondu `a III.3.a.)

(4)

4 ENS PC 1998

b. Etablir la formule : ´

∀x ∈ J, ∀n ∈ N , L

n+2

(x) + xL

n+1

(x) = (2n + 3)L

n+1

(x) − (n + 1)

2

L

n

(x).

Pour tout x ∈]0, 1[ on consid`ere la fonction F

x

d´efinie par : F

x

(t) =

+

X

n=0

L

n

(x)t

n

n! .

c. Montrer que le rayon de convergence, que l’on notera R

x

, de la s´erie enti`ere qui d´efinit F

x

est non nul.

d. Trouver une ´equation diff´erentielle lin´eaire du premier ordre dont F

x

est solution sur ] − R

x

, R

x

[.

e. D´eterminer F

x

(t) et pr´eciser la valeur de R

x

.

Quatri` eme partie : convergence quadratique Dans cette partie on ne s’int´eresse qu’au cas de Laguerre du III.3 .

Ici J =]0, +∞[ et ω(x) = e

−x

. On note d´esormais N

ω

la norme associ´ee au produit scalaire (.|.) d´efini au II.1.b.

On suppose que les polynˆomes Π

n

sont choisis norm´es (N

ω

n

) = 1) et que le coefficient de leur terme dominant est un r´eel positif, ainsi ils sont parfaitement d´etermin´es.

IV.1. Calculer N

ω

(L

n

) et exprimer Π

n

`a l’aide de L

n

. IV.2. Soit m ∈ N , on pose ϕ

m

(x) = e

−mx

.

a. Calculer (Π

n

m

)

ω

ainsi que N

ω

m

).

b. En d´eduire que :

n

lim

+

N

ω

ϕ

m

n

X

k=0

k

m

k

!

= 0.

c. Pour N ∈ N et (µ

m

)

m[0,N]

, une famille de r´eels, on consid`ere : ψ =

N

X

m=0

µ

m

ϕ

m

. V´erifier que :

n

lim

+

N

ω

ψ −

n

X

k=0

k

|ψ)Π

k

!

= 0.

IV.3. Soit g une fonction d´efinie et continue sur [0, +∞[ telle que lim

x→+∞

g(x) = 0.

a. Montrer que la fonction h d´efinie sur [0, 1] par :

h(0) = 0 et pour u 6= 0, h(u) = g(− ln u) est continue sur [0, 1].

b. En d´eduire que ∀ε > 0, ∃P ∈ R [X] tel que Z

+∞

0

e

−t

(g (t) − P (e

−t

))

2

dt

6

ε

2

. IV.4. Montrer que

∀f ∈ H

ω

, ∀ε > 0, ∃g

f

continue sur [0, +∞[ v´erifiant lim

x→+∞

g

f

(x) = 0 telle que N

ω

(f − g

f

)

6

ε IV.5. Montrer que ∀f ∈ H

ω

la s´erie

X (Π

n

|f)Π

n

converge vers f pour la norme N

ω

.

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