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Somme direct de sous-espaces vectoriels

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Somme direct de sous-espaces vectoriels

Compl´ement 3

D´efinition.

Soit (Fi)1≤i≤kune famille de sous-espaces vectoriels d’un espace vectorielE. On d´efinit la somme F1+F2+· · ·+Fk des sous-espaces F1, . . . , Fk par :

F1+F2+· · ·+Fk={x1+x2+· · ·+xk|xi∈Fi,∀1≤i≤k}.

Ainsi on a :

x∈F1+· · ·+Fk ⇔ ∃(x1, . . . , xk)∈F1× · · · ×Fk, x=x1+· · ·+xk.

F1+F2+· · ·+Fk est un sous-espace vectoriel deE.

Propri´et´e 1

Preuve. Mˆeme preuve que dans le cas k= 2.

Remarques.

ˆ Soient F, G, H des sous-espaces vectoriels de E. Par associativit´e de +, on a (F +G) +H = F+ (G+H) =F +G+H.

ˆ Pour tout 1≤i≤k,Fi est un sous-espace vectoriel deF1+F2+· · ·+Fk.

ˆ On peut montrer que F1+F2+· · ·+Fk=V ect(∪1≤i≤kFi).

D´efinition.

Soit (Fi)1≤i≤k une famille de sous-espaces vectoriels d’un espace vectorielE. On dit que la somme F1+F2+· · ·+Fk est directe, et on note F1⊕F2⊕ · · · ⊕Fk, si :

∀x∈F1+· · ·+Fk, ∃!(x1, . . . , xk)∈F1× · · · ×Fk, x=x1+· · ·+xk.

La somme F1+F2+· · ·+Fk est directe si et seulement si on a :

∀(x1, . . . , xk)∈F1× · · · ×Fk, x1+· · ·+xn= 0E ⇒ x1 =x2 =· · ·=xk= 0E. Propri´et´e 2

Preuve. Mˆeme preuve que dans le cas k= 2.

(2)

PCSI5 Lyc´ee Saint Louis, Paris

Si la somme X

1≤i≤k

Fi est directe, et si J ⊂ [|1, k|], alors X

i∈J

Fi est ´egalement directe. En particulier, pour tous 1≤i < j ≤k,Fi∩Fj ={0E}.

Propri´et´e 3

Preuve. C’est imm´ediat en utilisant la caract´erisation pr´ec´edente.

Remarque. La r´eciproque est fausse : ce n’est pas parce que pour tous 1≤i < j ≤k,Fi∩Fj ={0E} que la somme X

1≤i≤k

Fi est directe. Par exemple trois droites vectorielles coplanaires ne sont jamais en somme directe, alors que deux quelconques d’entre elles le sont d`es qu’elles sont distinctes.

La somme F1+F2+· · ·+Fk est directe si et seulement si pour tout 2≤i≤k, Fi∩(F1+· · ·+Fi−1) ={0E}.

Propri´et´e 4

Preuve.

⇒ Soit 2≤i≤ket prenonsx∈Fi∩(F1+· · ·+Fi−1). Il existe alors (x1, . . . , xi−1)∈F1×· · ·×Fi−1 tels que :

x=x1+· · ·+xi−1 soit encore x1+· · ·+xi−1+ (−x) = 0E On en d´eduit alors (puisque x∈ Fi et que X

1≤j≤i

Fi est directe) que x1 =· · ·=xi−1 = x= 0E. Ainsi on a bienFi∩(F1+· · ·+Fi−1) ={0E}.

⇐ Soient (x1, . . . , xk)∈F1× · · · ×Fk tels que x1+· · ·+xk= 0E. Alors xk =−x1− · · · −xk−1 ∈ Fk ∩(F1+· · ·+Fk−1) = {0E}. Ainsi xk = 0E. En it´erant ce raisonnement, on obtient que x1 =· · ·=xk = 0E. La somme X

1≤i≤k

Fi est donc directe.

Supposons que E est de dimension finie, et notonsBi une base de Fi pour tout 1≤i≤k.

La somme F1+F2+· · ·+Fk est directe si et seulement si la famille B=B1∪ · · · ∪ Bk est une base deF1+F2+· · ·+Fk.

Propri´et´e 5

Preuve. Proc´edons par r´ecurrence surk.

ˆ Pour k= 2, on a d´ej`a d´emontr´e cette propri´et´e.

ˆ Soit k≥2 et supposons la propri´et´e au rangk vraie.

Consid´erons une famille (Fi)1≤i≤k+1 dek+ 1 sev, et Bi une base deFi pour tout 1≤i≤k+ 1.

On a :

F1+· · ·+Fk+1 directe⇔F1+· · ·+Fk directe etFk+1∩(F1+· · ·+Fk) ={0E}

⇔ B1∪ · · · ∪ Bk est une base de F1+F2+· · ·+Fk

etFk+1∩(F1+· · ·+Fk) ={0E}

⇔(B1∪ · · · ∪ Bk)∪ Bk+1 est une base de (F1+· · ·+Fk) +Fk+1

2

(3)

PCSI5 Lyc´ee Saint Louis, Paris

La derni`ere ´equivalence a ´et´e d´emontr´ee dans le cours pour la somme de deux sous-espaces. D’o`u la propri´et´e au rang k+ 1. On conclut par principe de r´ecurrence.

Supposons queE est de dimension finie.

F1+F2+· · ·+Fk est directe ⇔ dim(F1) +· · ·+ dim(Fk) = dim(F1+F2+· · ·+Fk).

Propri´et´e 6

Remarque. On a toujours dim(F1+F2+· · ·+Fk)≤dim(F1) +· · ·+ dim(Fk). En effet on avait vu que dim(F +G)≤dim(F) + dim(G). On g´en´eralise sans difficult´e cette relation par r´ecurrence.

Preuve.

⇒ Cela d´ecoule directement de la proposition pr´ec´edente.

⇐ Par r´ecurrence surk≥2.

– Sik= 2, cela a ´et´e d´emontr´e dans le cours.

– soit k ≥ 2 et supposons la propri´et´e au rang k. Consid´erons une famille (Fi)1≤i≤k+1 de k+ 1 sev tels que :

dim(F1) +· · ·+ dim(Fk+1) = dim(F1+F2+· · ·+Fk+1).

On a dim(F1+F2+· · ·+Fk)≤dim(F1) +· · ·+ dim(Fk) et par la formule de Grassman : dim(F1+F2+· · ·+Fk+1) = dim(F1+F2+· · ·+Fk)+dim(Fk+1)−dim(Fk+1∩(F1+· · ·+Fk)) (∗) On obtient dim(Fk+1∩(F1+· · ·+Fk)) = 0 (∗∗) : en effet, on aurait sinon :

dim(F1+F2+· · ·+Fk+1)<dim(F1+F2+· · ·+Fk)+dim(Fk+1)≤dim(F1)+· · ·+dim(Fk)+dim(Fk+1).

En reprenant l’´egalit´e (∗), on en d´eduit que :

dim(F1+F2+· · ·+Fk+1) = dim(F1+F2+· · ·+Fk) + dim(Fk+1)

= dim(F1) +· · ·+ dim(Fk+1)

Ainsi, dim(F1) +· · ·+ dim(Fk) = dim(F1+F2+· · ·+Fk). En appliquant l’hypoth`ese de r´ecurrence, on a que X

1≤i≤k

Fi est directe, et avec (∗∗) que X

1≤i≤k+1

Fi est directe. D’o`u la propri´et´e au rang k+ 1.

On conclut par principe de r´ecurrence.

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