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Autour des matrices de rang 1

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Correction du TD8.

MNO, L3, Dauphine, 2020-2021 D. Gontier, [email protected]

On rappelle que pour x∈Rd, note|xi:=xethx|:=xT.

Autour des matrices de rang 1

Exercice 1.

a/ SoitA∈ Md(R). Montrer que Aest de rang au plus1ssi il existeu,v∈Rd tel queA=|uihv|.

b/ Soit A∈ Sd(R)(symétrique). Montrer que Aest de rang1 ssi il existeu∈Rd\ {0}tel queA=±|uihu|.

c/ En déduire que latable de multiplication est une matrice de rang1. Qui estudans ce cas ? d/ Montrer que pour tout u∈Rd\ {0},

Au:=

u kuk

u kuk

est la projection orthogonale surVect{u} (c’est à direAu∈ Sn(R)et A2u=Au).

e/ Montrer que siA=|uihu|, alorsTr (A) =kuk2.

a/ Pour commencer, la matrice|uihv|vérifie que pour toutx∈Rd, on a|ui(hv,xi)∈Vect{u}, donc est de rang 1. Réciproquement, si A est de rang0, alors A=0, et on peut prendreu=0. SiA est de rang 1, alors par définition, il existe u∈Rd tel queImA= Vect{u}.

Pour trouver v, on peut procéder de plusieurs manières. On notevi ∈Rle réel tel queAei=viu, et on pose v:= (v1,· · ·, vn). On a alors pour toutx∈Rd,

Ax=A(X

i

xiei) =X

i

xi(Aei) =X

i

xiviu=uhv,xi= (|uihv|)x.

Ceci étant vrai pour toutx∈Rd, on aA=|uihv|.

b/ D’après la question précédente, siAest de rang1, on peut écrireA=|uihv|=uvT, oùImA= Vect{u}

(uest un vecteur dans l’image deA). CommeA=AT =vuT =|vihu|,v est aussi dans l’image deA, donc il existeλ∈Rtel quev=λu. On pose alors

eu:=p

|λ|u.

On aA=|uihv|=|uihλu|=±|p

|λ|uihp

|λ|u|=±|uihe u|, CQFD. La réciproque est immédiate.e

c/ La table de multiplication est la matrice|uihu|oùu= (1,2,3,· · ·,10).

d/ Notonsv:=u/kuk. Alorsv est colinéaire àu, etkvk= 1. On a évidemmentAu∈ Sd(R). De plus, on a A2u=|vihv|vihv|=|vi kvk2

| {z }

=1

hv|=|vihv|=Au,

doncAuest la projection orthogonale surVect{u}.

e/ On utilise la cyclicité de la trace. On aTr (A) = Tr (|uihu|) = Tr (hu|ui) = Tr (kuk2) =kuk2.

Exercice 2. Formule de Sherman–Morrison, perturbation de rang 1 SoitA∈ Sd(R),u∈Rd et B:=A+|uihu|.

a/ Montrer que siB est inversible, alors son inverse est

B−1=A−1−|A−1uihA−1u|

1 +hu, A−1ui.

b/ Montrer queA+|uihu|est inversible si et seulement si hu, A−1ui 6=−1(on pourra considérerv=A−1u).

a/ On a, en développant, (A+ uihu|)

A−1−|A−1uihuA−1| 1 +hu, Aui

=Id+|uihA−1u| − 1

1 +hu, A−1ui |uihA−1u|+|uihA−1u,uihA−1u|

.

(2)

En utilisant le fait quehu, A−1uiest un nombre, la parenthèse se simplifie, et le résultat suit.

b/ Sihu, A−1ui 6=−1, les calculs deAsont valides, etBest inversible. Sinon, on remarque que pourv=A−1u, on a

Bv=AA−1u+uihu, A−1ui=u−u=0.

Ainsi,Ker(B)6={0}, etB n’est pas inversible.

Exercice 3. (Formule Symmetric rank 1 : SR1)

SoitA∈Sd++(R),s∈Rd ety∈Rd. On suppose que As6=y. On chercheB∈ Sd(R)tel que Bs=y et B−Asoit de rang1.

a/ Montrer qu’on chercheu∈Rd tel que(A± |uihu|)s=y.

b/ Montrer queuest colinéaire à y−As, puis que

B=A+|y−Asihy−As|

hy−As,si (formule SR1).

c/ Dans le casA=I2,s= (1,0)T ety= (−1,0)T, montrer queB /∈ Sd++(R).

a/P est de rang1, doncImP =Rupour un certainu∈Rd. De plus, en notantP(e1) =v1u, ...p(ed) =vdu, et v:= (v1, . . . , vd)T, on aP =uvT. CommeP est symétrique, on doit avoir vuT =uvT, et en particulier,v est colinéaire àu, doncv=αu. Quitte à renommerp

|α|uenu, on obtientP = sng(α)uuT.

b/ On écrit B=A±uuT, et l’équationBs=y devient±u(uTs) =y−As. En particulier,uest colinéaire à y−As, et il existeλ∈Rtel que u=λ(y−As). En injectant dans l’équation, on obtient

±λ2(y−As) (y−As)Ts

| {z }

R

=y−As,

et donc±λ2= ((y−As)Ts)−1. Au final, on obtient bien la formule SR1.

c/ Dans le cas donné par l’énoncé, on obtienty−As= (−2,0)−1, et donc B=

1 0 0 1

+ 1

−2 4 0

0 0

=

−1 0 0 1

.

Exercice 4. (Méthodes itératives et EDO)

SoitF :Rd→Rune fonction de classeC2, et soitx0∈Rd. a/ On considère l’équation de Cauchy

(x0(t) =−∇F(x(t)) x(t= 0) =x0. Montrer que la fonctiont7→F(x(t))est décroissante.

b/ On considère maintenant l’équation de Cauchy

(x0(t) =−[HF(x(t))]−1∇F(x(t)) x(t= 0) =x0.

On suppose queHF est définie positive surS:=

x∈Rd, F(x)≤F(x0) , et queS est un compact convexe.

1. Montrer que∇F(x(t)) = e−t∇F(x0).

2. Montrer queF(x(t))est décroissante.

3. Montrer quex7→ ∇F(x)est injective surS.

4. Montrer que six∈Sest un point critique deF dansS, alors c’est un minimum, etx(t)converge versx. 5. SoitK :=

x∈Rd, |x| ∈(1,2) . On suppose de plus queF(x) =kxk2 pour toutx∈/ K et quex0 ∈/ K.

Montrer qu’il existeT >0tel que, pour toutt > T,x(t) = e−tx0. (Autrement dit, peu importe les valeurs de F surK, on connaît le comportement dex(t)en sortant de cette région.)

c/ Comment s’écrivent la discrétisation (explicite) en temps des équations ci-dessus ? a/ On a

(F(x(t)))0=h∇F(x(t)),x0(t)i=h∇F(x(t)),−∇F(x(t))i=−k∇F(x(t))k2<0,

2

(3)

donc la fonctiont7→F(x(t))est décroissante.

b/ 1. Cette fois-ci, on a

(∇F(x(t)))0=HF(x(t))x0(t) =HF(x(t))

−[HF(x)]−1∇F(x(t))

=−∇F(x(t)).

En regardant composante par composante, les fonctions fj(t) := ∂xjF(x(t))vérifientfj0 =−fj, ce qui donne fj(t) = e−tfj(0), et enfin∇F(x(t)) = e−t∇F(x0).

2. On a aussi

(F(x(t)))0=h∇F(x(t)),x0(t)i=h∇F(x(t)),−[HF(x)]−1∇F(x(t))i ≤0,

car la matrice[HF]−1est (définie) positive. Donct7→F(x(t))est décroissante.

3. Soit x1,x2∈S tel que ∇F(x1) =∇F(x2). CommeS est convexe, on a

0=∇F(x1)− ∇F(x2) = Z 1

0

HF(x1+t(x2−x1))dt

·(x1−x2).

La matrice entre parenthèse est l’intégrale de matrices symétriques définies positives, donc est aussi symétrique définie positive, et en particulier inversible. on obtient doncx1=x2, et∇F est injective surS.

4. Si x ∈ S est un point critique, comme la hessienne est définie positive, c’est un minimum. De plus, d’après la question précédente, c’est l’unique minimum deF surS.

La fonctionx(t)est à valeurs dansS, qui est compacte, donc il existe une sous-suite convergente vers un certain x0. A la limite, on doit avoir ∇F(x0) = 0, et par unicité du point critique, x0 =x. x étant la seule valeur d’adhérence dex(t), la suitex(t)converge versx.

5. On sait que ∇F(x(t)) = e−t∇F(x0) = 2e−tx0. Au temps t tel que e−t = 1/kx0k, on a ∇F(x(t)) = 2x0/kx0k, qui est le gradient de F au pointx0 :=x0/kx0k ∈/ K. Par injectivité de ∇F sur S, on doit avoir x(t) =x0 à ce temps. Alorsx(t)"a quitté la zoneK", etx(t)évolue selonkxk2. Autrement dit, après ce temps, tout se passe comme si la fonction étaitx7→x2 tout le temps.

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