ECS1 H. Boucher Corrig´e Devoir maison no5
Exercice 1
On d´efinit la fonctionf parf(x) = sinx x .
Rapide ´ etude de f
1. f est le quotient de deux fonctions d´efinies et d´erivables surRavec le d´enominateur qui s’annule si et seulement six= 0. Donc f est d´efinie et d´erivable sur R∗ et pour toutx∈R∗, f0(x) = xcosx−sinx
x2 .
2. Pour toutx∈R∗+,x2 <0 donc f0 est du mˆeme signe queh:x7→xcosx−sinx . 3. sin est d´erivable en 0 et sin0(0) = cos(0) = 1 donc (taux d’accroissement) f(x)−−−→
x→0 1 . Ainsi on peut prolonger f par continuit´e en 0 en posantf(0) = 0.
4. Pour toutx6= 0, f(x)−f(0) x−0 =
sinx x −1
x .
Pour tout x >0, on a x−x3
6 6sinx6x. Pour montrer chaque in´egalit´e, on ´etudie la diff´erence. On obtient successivement les in´egalit´es sinx6x, cosx>1−x2
2 et enfin sinx>x−x3 6 . Ainsi
f(x)−f(0) x−0
= |sinx−x|
x2 6 x3/6 x2 6 x
2. Donc f(x)−f(0)
x−0 −−−−→
x→0+ 0.
On a la mˆeme limite en 0− par parit´e de f. Finalement f est d´erivable en 0 etf0(0) = 0 .
Un th´ eor` eme d’analyse
Soit a < b des r´eels et une fonction g : [a,b]→ Rcontinue sur [a,b]. On supposeg(a)6g(b) et on pose y∈[g(a), g(b)]. Le but de cette partie est de montrer quey admet un ant´ec´edentc∈[a,b] parg.
5.
y
a c? b
Cg
6. Premi`ere m´ethode : on d´efinit A={x∈[a,b], g(x)6y}.
(a) • Aest non vide car il contienta: en effet g(a)6y.
1
• Aest major´e par bcar A⊂[a,b].
Donc Aadmet une borne sup´erieure . On notec= sup(A).
(b) Soit n∈N.
D’apr`es la propri´et´e de la borne sup´erieure, il existe xn dans A tel que c− 1
n+ 1 6xn 6c. La suite (xn)n∈N ainsi d´efinie est une suite d’´el´ements de Aet par encadrement, xn−−−−−→
n→+∞ c. (c) Pour toutn∈N,xn∈Adoncf(xn)6y. Par passage `a la limite et continuit´e de g, g(c)6y . (d) 1er cas : c=b. Dans ce cas, g(c) =g(b)>y par hypoth`ese.
2e cas : c < b. Dans ce cas, pour tout n ∈ N∗ tel que c+ 1
n ∈ [c,b], on a g
c+ 1 n
> y car c+ 1
n ∈/ A. En passant `a la limite et par continuit´e deg, on a g(c)>y . Ceci montre que g(c) =y et finit la d´emonstration du th´eor`eme.
7. Deuxi`eme m´ethode : on d´efinit les suites (an) et (bn) de la mani`ere suivante.
Tout d’aborda0=aetb0=b. Puis pourn∈N, si an etbn sont d´efinis, alors on calculecn= an+bn
2 .
Sig(cn)6y, on pose
(an+1 =cn
bn+1=bn . Sinon, on pose
(an+1=an bn+1 =cn (a) C’est le principe de ladichotomieque l’on d´ecrit ici.
y
a0 c0 b0
a1
a2 a3
b1 c1
b2 Cg
c2 b3
(b) Remarquons tout d’abord que pour toutn,an6cn6bn, ce qui peut se montrer tr`es facilement par r´ecurrence.
• (an) est croissante. En effet, soitan+1=an, soitan+1=cn>an.
• De mˆeme, (bn) est d´ecroissante.
• Pour toutn∈N, on a bn+1−an+1= bn−an
2 .
Ainsi (r´ecurrence facile)∀n∈N,bn−an= b−a
2n . Finalement,bn−an−−−−−→
n→+∞ 0.
Ceci montre que (an) et (bn) sont adjacentes.
Donc (an) et (bn) convergent vers une mˆeme limite . On notera ccette limite.
(c) Par construction des suites (an) et (bn), on a :∀n∈N, g(an)6y6g(bn). Par passage `a la limite et continuit´e deg, cela donne g(c)6y6g(c), donc g(c) =y .
8. Dans le cas o`u g(a)>g(b), on applique `a la fonction (−g) le r´esultat que nous venons de d´emontrer.
2
Une suite
9. Pour toutk∈N∗,f0(kπ) = (−1)kkπ, qui est
(positif si kest pair
n´egatif sikest impair .
10. On applique `a la fonctionf0 le th´eor`eme de la partie pr´ec´edente : pour toutk∈N∗,f0 est bien continue sur [kπ,(k+ 1)π] et 0 est bien dans l’intervalle d’extr´emit´esf0(kπ) etf0((k+ 1)π) car ils sont de signes oppos´es. Ainsi il existe ak∈[kπ,(k+ 1)π] tel quef0(ak) = 0. De plusf0(kπ) et f0((k+ 1)π) sont non nuls donc ak∈]kπ,(k+ 1)π[ .
11. Pour tout k∈N∗,h est d´erivable sur ]kπ,(k+ 1)π[ et ∀x∈]kπ,(k+ 1)π[, h0(x) =xsinx, qui est non nul et de signe constant sur ]kπ,(k+ 1)π[ (son signe d´ependant de la parit´e dek.
Donc hest strictement monotone sur ]kπ,(k+ 1)π[ .
Le th´eor`eme de la bijection appliqu´e `a h sur cet intervalle nous assure que h s’annule en un unique point sur ]kπ,(k+ 1)π[, ce qui garantit l’unicit´e des r´eelsak.
12. Comportement (limite ´eventuelle et un ´equivalent) de la suite (ak)k∈N∗. (a) Pour toutk∈N∗, on a ak>kπ, donc ak −−−−→
k→+∞ +∞. (b) Pour tout k ∈ N∗, on a kπ 6 ak 6 kπ+π, i.e. 16 ak
kπ 61 + 1
k. Par th´eor`eme des gendarmes, ak
kπ −−−−→
k→+∞ 1 .
Remarque. On dit queak est ´equivalent `a kπ quand ktend vers +∞.
(c) Pour tout k ∈ N∗, on a h(ak) = 0, soit akcos(ak)−sin(ak) = 0, i.e. ak = tanak. Or tan est π-p´eriodique, donc ak= tan(ak−kπ) .
Comme ak −kπ ∈ h 0,π
2 i
, l’application de la fonction Arctan (r´eciproque de tan|]−π2,π2[), on obtient : ak−kπ = Arctan(ak).
Or ak−−−−→
k→+∞ +∞ et Arctan a pour limite π
2 en +∞. Donc ak−kπ −−−−→
k→+∞
π 2 .
Une autre suite
On s’int´eresse maintenant `a la suite (un) d´efinie par u0= 0 etun+1 =f(un).
13. ´Etude compl`ete de (un) (avec quelques d´etails techniques et quelques points de r´edaction classiques
´ecourt´es) :
• D’apr`es l’´etude de f, f r´ealise une bijection d´ecroissante de [0,π] dans [0,1], donc a fortiori, f([0,1])⊂[0,1]. Donc [0,1] est un intervalle stable par f.
• Pour tout x∈[0,1]u0(x) = xcos(x)−sin(x)−x2
x . On pose v(x) =xcos(x)−sin(x)−x2. Alors v0(x) =x(−sin(x)−2), n´egatif sur [0,1]. Doncvest d´ecroissante etv(0) = 0, doncu0 est n´egative.
Finalement,uest continue et strictement d´ecroissante, deu(0) = 1 `a u(1) = sin(1)−1<0. Donc u s’annule une seule fois sur [0,1] et f admet donc un unique point fixeα∈]0,1[.
• f◦f est croissante etαest encore un point fixe def◦f. On montre que [0,α] et [α,1] sont stables parf◦f.
Par ailleurs (u2n) et (u2n+1) sont monotones (par croissance def◦f) et de monotonies contraires 3
(par la d´ecroissance def). Commeu2=f(sin 1)>0 =u0, c’est (u2n) qui est croissante et (u2n+1) est d´ecroissante.
Elles sont aussi born´ees donc convergentes, et leur limite est l’unique point fixe def◦f sur [0,1],
`
a savoir α.
Enfin (u2n) et (u2n+1) convergent vers la mˆeme limite, donc (un) converge vers α.
4