HAL Id: jpa-00206819
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Submitted on 1 Jan 1969
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Étude par rayons X. Diffraction neutronique et effet Mössbauer du monoferrite de baryum Fe2O3.BaO
C. Do-Dinh, E.F. Bertaut, J. Chappert
To cite this version:
C. Do-Dinh, E.F. Bertaut, J. Chappert. Étude par rayons X. Diffraction neutronique et effet Mössbauer du monoferrite de baryum Fe2O3.BaO. Journal de Physique, 1969, 30 (7), pp.566-578.
�10.1051/jphys:01969003007056600�. �jpa-00206819�
ÉTUDE
PAR RAYONS XDIFFRACTION NEUTRONIQUE
ET EFFETMÖSSBAUER
DU
MONOFERRITE
DE BARYUMFe2O3.BaO (1)
Par C.
DO-DINH,
E. F. BERTAUT etJ.
CHAPPERTLaboratoire
d’Électrostatique
et de Physique du Métal, C.N.R.S., Cedex n° I66, Laboratoire de Diffraction Neutronique, C.E.N.-G., Cedex n° 85, 38-Grenoble-Gare, France.(Reçu
le 9septembre
1968, révisé le 3 mars1969.)
Résumé. 2014 L’étude aux rayons X confirme que le monoferrite de
baryum Fe2O3.BaO possède
une structureorthorhombique (a
= 19,074Å ;
b = 5,372Å ;
c = 8,450Å),
surstructure ducomposé hexagonal Al2O3.BaO :
les groupementstétraédriques FeO4
s’enchaînent exactementcomme les groupements
SiO4,
dans latridymite ~Si2O4 ;
presque toutes les liaisons Fe-O-Fe sont enligne
droite.La diffraction
neutronique
montre que dans la structure tridimensionnelletétraédrique
formée par les atomes de fer,
chaque spin
d’un sous-réseauA ~
est entouré dequatre proches
voisins
antiparallèles
du sous-réseauB~
et vice versa. La valeur observée duspin
àl’ambiante
est
Sobs (Fe)
= 2,29 ± 0,10, réduite par effet de covalence, parrapport
à la valeurthéorique (extrapolée
à T = 300°K) Sth (Fe)
= 2,41. L’axe del’antiferromagnétisme
est c.L’effet Mössbauer montre que
Fe2O3.BaO
s’ordonneantiferromagnétiquement
selonl’axe c, au-dessous de TN = 880 °K et
qu’au voisinage
immédiat de cettetempérature (0,80
TN T 0,98TN),
lechamp magnétique
interne suitapproximativement
la loiH(T)H(0)
= D(1-T/TN)03B2 (avec 03B2 = 1/3) en
meilleur accord avec le modèle de « clusters» qu’avec
la théorie du
champ
moléculaire.Abstract. 2014 X-ray diffraction
study
confirms that barium monoferriteFe2O3.BaO crystallizes
with an orthorhombic structure(a
= 19.074Å ;
b = 5.372Å ;
c = 8.450Å), superstructure
ofAl2O3.BaO, hexagonal :
tetrahedralFeO4
groups are connectedexactly
like
SiO4
groups intridymite ~Si2O4 ; practically
all Fe-O-Felinkages
arealigned.
Neutron diffraction indicates that in the tetrahedral three-dimensional network of Fe atoms, each iron
spin
of sub-latticeA~
has four nearantiparallel neighbours
ofsub-lattice B~
andvice versa. The observed
spin-value
atroom-temperature
isSobs (Fe) =
2.29 ± 0.10, reducedby covalency
effects withrespect
to the theoretical value(extrapolated
to T = 300°K) Sth (Fe)
= 2.41. Theantiferromagnetism
isalong
the c axis.Mössbauer studies reveal a
hyperfine
structure which agrees with anantiferromagnetic
order
along
the c axis below TN = 880 °K. It is also established that in the immediatevicinity
of this
temperature,
the internalmagnetic
field variesapproximately
asH(T)/H(0)
= D(1-T/TN)03B2
(where 03B2 = 1/3),
in betteragreement
with a cluster model than with molecular fieldtheory.
Introduction. - Dans ce
m6moire,
nous 6tudionsle monoferrite de
baryum Fe203 . BaO, qui appartient
a la famille des
composes
dutype nB203. AO,
avec :A = m6taux alcalino-terreux B = m6taux trivalents.
(1)
Ce m6moire, ainsi que ceux cites en references de C. Do-Dinh et al.[16,
18, 19,20]
recouvrent engrande partie
la these de Doctorat es SciencesPhysiques qui,
inscrite aux archives
originales
du Centre National de la RechercheScientifique,
15,quai
Anatole-France,Paris
(7e),
sous le no A.O. 2667, sera soutenue devant la Faculte des Sciences de Grenoble, en 1969, par Do- Dinh Chieu.Si ces corps ont fait
l’objet
de nombreuses etudes par les6quipes sp6cialis6es
en diffractionneutronique et en magnetisme (en particulier, pour n
=1, A
=Ca,
B = Fe
[1
a7; 35],
V[8, 9],
Mn[10],
Cr[6],
Ti
[11]), c’est
parcequ’on
a pu les obtenir facilementsous forme de monocristaux et
qu’ils
sonttechnique-
ment et industriellement int6ressants
(l’hexaferrite 6Fe203.Ba0;
les ferritesX, Y, W, Z).
Le monoferrite debaryum, lui,
faitexception
en ce sens que sa structurecristallographique
n’est pascompletement elucidee,
acause de la
difficulty
pas encoresurmontée,
d’obtention de cristaux non macl6s.Jusqu’a
cepresent travail,
on neposs6dait
que tres peu de donn6es[12]
sur cecompose,
a part la commu-Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01969003007056600
567
nication de Okazaki et al.
[13]
etquelques
raresarticles
[14, 15]. N6anmoins,
enplus
des rayonsX,
d’autres
techniques
telles que la diffractionneutronique (pour
les structuresmagn6tiques),
1’6tude de 1’effet Mossbauer et des considerations desym6trie
des pro-pri6t6s physiques (pi6zo-,
pyro-,magnetoelectricite),
nous ont aides a
pr6ciser
lespropri6t6s
structurales etphysiques
ducompose.
Des etudes ult6rieures sur mono-cristaux seront
susceptibles d’apporter
deplus amples compléments
d’information.Cette 6tude s’insere dans le cadre
plus général
des «
Recherches,
au moyen des rayonsX,
des neu-trons et de 1’effet
Mossbauer,
sur le comportement structural etmagn6tique
dequelques
m6tauxbi-,
trivalents ou alcalino-terreux dans les
composes
detypes
tridymite (BaA’204
ou A 0B204)
et quartz(BaZno2
ouA2B204) »
avec :Préparation
et considérationschimiques.
- Lesferrites usuels de formules
A2+Fe+04
ont la structurespinelle,
a1’exception
de ceuxqui
contiennent de gros ions bivalents tels que les m6tauxalcalino-terreux;
c’est
pr6cis6ment
le cas du monoferrite debaryum Fe203 .
BaO.Nos 6chantillons de
BaFe204
ont eteprepares
pardecomposition
a 5000 desnitrates,
eux-memes obtenuspar dissolution simultan6e de Fe ou
Fe2o3
et deC03Ba
dans 1’acidenitrique, C03Ba
6tant en excèspour
empecher
la formation desimpuret6s
enFe2o3
ouFe304
dans leproduit
définitif. Lecompose
solideform6 a ete ensuite chauffe
progressivement
a1 3500, temperature
que l’on maintenaitpendant
2 ou 3jours.
Le
produit
ainsi obtenu a ete r6duit enpoudre
tresfine en vue de diverses
experiences.
Signalons qu’une
6tude(2)
aumicroscope
de chauffea mis en evidence un
point
de fusion voisin de 1 390 OC.Nous avons mis a
profit
ce r6sultat dans 1’elaboration de nos 6chantillons.I.
2tude
aux rayons X. - Nous avons pu indexer le clich6pris
aux rayons X(radiation COKOCIOCJ
avecune chambre a focalisation dans le
systeme
orthorhom-bique propose
par Okazaki et al.[13].
Les
parametres cristallographiques a
=19,074
± 0,03 A; b
=5,372 :t 0,006 A;
c =8,450 ± 0,008 A
sont obtenus par un affinement de la maille execute selon un programme, sur la machine CAE 510.
Le
d6pouillement
dudiagramme
de rayons X estpresente
dans le tableau I.(2)
Nousexprimons
ici nosplus
vifs remerciements auD6partement
de RecherchesPhysico-Chimiques
de laC.S.F.
qui
a assure cette 6tude.D’apr6s
Okazaki et al.[13],
le « cristal »BaFe2o4
contient des blocs monocristallins orient6s dans trois directions
differentes;
ces blocs sontempil6s
avec unerotation de 1200 autour de 1’axe commun pour former
une structure macl6e.
La structure de
BaFe2o4
est une surstructure de celle deBaA1204 ( fig.1
et2).
La maille(a, b, c)
orthorhom-bique
de la surstructure est li6e a lapseudo-maille
616mentaire
(A, B, C)
par :Cette maille a un
plan
p m en1 z. 2
Deplus,
p dans lemod6le
d’Okazaki,
laposition
des atomesOII
estmodifi6e de sorte que dans la
pseudo-maille
on6gale
le
parametre X(OII)
a1/2 (au
lieu de1/3).
De cefait,
lesgroupements t6tra6driques Feo4
s’enchainentexactement comme les groupements
Si04
dans latridymite EIS’204,
laposition
de Bacorrespondant
a1’emp
acement des lacunes D.Dans ce
mod6le,
presque toutes les liaisons Fe-O-Fesont en
ligne droite,
cequi
confere a la substance unetemperature
de Neel tres 6lev6e(cf.
PartieIII).
En outre, dans une 6tude ant6rieure
[18],
nousavons montre que les solutions solides
BaFexAl2_x04
conservaient encore la structure de
BaA1204
pour xallant jusqu’a 1,7 (soit
85%
deBaFe204).
Par
ailleurs,
dansBaFe2o4,
les tres fortes raiesprésentes correspondent
a la structure fondamentale deBaA1204
et les nombreuses extinctionsremarquees
sur le
diagramme
nous font penser a une deformationorthorhombique
de l’aluminate.Nous avons calcul6 les intensites nucl6aires
d’apr6s
le modele
d’Okazaki,
avec les coordonn6esconsignees
dans le tableau II. La
comparaison
avec les intensites observ6es fournit un facteur de veraciteacceptable
enpremiere approximation.
Okazaki avait
propose
trois groupesprobables Bmmm, Bm2m,
B222. Un examen(3)
surpoudre
montre que lecompose
estpiézoélectrique.
Cela 61iminedeja
legroupe Bmmm
[21, 22];
onpourrait
trancher entreB222 et Bm2m par 1’effet
pyroélectrique.
II. Diffraction
neutronique.
- 1. DEPOUILLEMENTDU DIAGRAMME. - Les
diagrammes neutroniques
ontete
enregistr6s
a l’ambiante et a 1’azote.L’exp6rience
a 1’azote a eu pour but de d6celer 1’existence 6ventuelle d’une
phase magn6tique
differente a bassestemp6ra-
(3)
Nous remercions tres vivement M. C0153uré,ingénieur
au Laboratoire
d’Electronique
et deTechnologie
de l’In-formation
(L.E.T.I.)
du C.E.N.-G. pour son aide dans cet examen.TABLEAU I
DEPOUILLEMENT D’UN DIAGRAMME DE DIFFRACTION AUX RAYONS X DE
BaFe2o4
HEL = raies
correspondantes
deBaA’204.
Les indices hkl et HKL sont lies entre eux par une matrice de transformation
(cf.
PartieI).
Les sin2
Sobs
sont obtenus à I’aide d’une chambre de Guinier(2R
= 360mm),
avec lalongueur
d’onde Koc du cobalt.Les intensites observ6es
Jobs repr6sentant
les aires desraies obtenues sur un dif f ractometre
Philips
avec la memelongueur
d’onde ; fsignifie
« très faible(,f,,b,
ned6passant
pas 1 ou 2
unites).
W G. 1. - Pseudo-maille 616mentaire de
BaFe2o4-
FIG. 2. - Maille
ortho-hexagonale
deBaFe2o4, projet6e
selon l’axe c. Iaes chiffres arabes numerotent les atomes de fer et les chiffres romains ceux
d’oxygene.
Lelosange
delimite en double trait discontinu
correspond
a lapseudo-maille (d6taill6e
sur lafigure 1).
H H
P4 M
E--4
tures. L’identit6 de ces deux
diagrammes indique
que latemperature
d’ordre est biensup6rieure
a latemp6-
rature ambiante. C’est
pr6cis6ment
cequi
a eteprouve
par 1’effet Mossbauer : la
temperature
de Neel estegale
a 880 oK(cf.
PartieIII).
11 ne nous a pas ete
techniquement possible
d’effec-TABLEAU III
DISTANCES INTERATOMIQUES ET VOISINAGES DANS
BaFe204 (cf. fig. 1, 2, 6)
(*)
Les distances entreproches
voisins sontsoulign6es.
(**)
Distances moyennes des voisinsproches.
(***) L’angle 5--11-8’
estegal
a 151° 40’ environ.571
tuer une
experience
au-dessus de cettetemperature.
Nous nous sommes content6s
d’exploiter
lediagramme
a 1’ambiante
( fig. 4)
ou toutes les raiesmagn6tiques
isol6es ou
superpos6es
avec les raies nucl6airespeuvent
s’indexer(4)
dans la maille de la structurechimique
mais avec h + I = 2n + 1.
Nous en d6duisons que :
- la structure
magn6tique
vectorielle et la structurecristallographique possedent
la memeperiodicite,
- la translation t ==
( 7.3 0, -
2 2 dugroupe B
p devientmagn6tiquement
une antitranslationB’,
et quel’arrangement
estantiferromagnétique.
2. CONFIGURATION
MAGNETIQUE.
- Elle est facilea
imaginer
du fait que les liaisons Fe-O-Fe sont voi- sines de 180°. En vertu desr6gles
de Kanamori[23]
et de
Goodenough [24],
de telles liaisons du typeds-pa
sont fortement
negatives,
comme parexemple
dansMn2+-O-Mn2+,
Mn2+ 6tantisoélectrique.
Unexemple
concret de telles liaisons Fe3+-0-Fe3+ a ete trouve dans
FeGa03 [25]. Donc, partant
d’unspin
de Fe3+arbitraire
A fi,
sesquatre
voisinsproches
sur les sommetsd’un tétraèdre
( fig.
5b)
sont porteurs de momentsantiparall6les
sur un r6seauBi.
On trouve ainsi deproche
enproche
la structureantiferromagnétique : chaque spin
d’un sous-r6seauA fi
est entour6 despins antiparall6les
du sous-r6seauBi
et vice versa.Des
lors,
abstraction faite des ions Ba et0,
les atomesde Fe constituent une structure
tridimensionnelle,
tétra-6drique approchee qu’on
peutsch6matiser,
comme enChimie
Organique,
par un r6seau carr6 dans unplan
contenant 1’axe c par
exemple ( fig.
5a).
Laconfigura-
tion
plane
de lafigure
5 a esttopologiquement 6qui-
valente a la structure r6elle tridimensionnelle : en
effet, chaque
noeud est encore entour6 dequatre
voisinsantiparallèles.
Nous avons dans la structure r6elle et dans le schema de la
figure
5 a, selon c et laperpendiculaire
a c, des chaines despins
alternativementpositifs
etn6gatifs.
Notons que, selon la notion de Wollan-Koehler- Bertaut
[26],
la structuremagn6tique adopte
ainsi lemode
G,,
pour les atomes1, 2, 3, 4,
soit unesequence
+ - + - et, par
antitranslation,
-Gz (pour
lesatomes
1’, 2’, 3’, 4’)
du r6seauFej.
De la memefaçon, Gllz et - GIIz
sont attribuésrespectivement
auxatomes numerotes
(5, 6, 7, 8)
et(5’, 6’, 7’, 8’)
du r6-seau
Fell.
Lecouplage
entre ces r6seauxFe,
etFell
sefait aussi selon les modes ±
G, (.fig. 6).
Un examen par la theorie des groupes, a l’aide des
op6rateurs
desymetrie cristallographique
etmagn6- tique,
nous apr6cis6ment permis
de confirmer cesresultats et de
pr6voir
1’existencepossible
de lamagn6to-
electricite dans
Fe203. BaO :
cecipeut
aussi trancher(4)
L’indexation s’effectue parcomparaison
du dia-gramme a 1’ambiante avec celui a 800 OK
(fig. 3),
ainsiqu’avec
le clich6 de rayons X.FIG. 3. -
Comparaison
desdiagrammes
de diffractionneutronique
a 300 OK et 800 °K(permettant
d’indexerles raies
magnetiques) ;
a 800 °K, une faible contribu- tionmagn6tique
subsiste encore. Les traits verticauxs6parent
lespaquets
de raies dont les indices sont inscrits sur lafigure
4.entre les groupes
d’espace
Bm2m et B2mm(5).
L’6tudeexperimentale
est en cours, en collaboration avec1’6quipe
demagnétoélectricité
de M. Mercier dont1’appareillage
est decrit dans[27].
3. VALEUR DU SPIN. - A 1’aide de la machine CAE
510,
nous avons calcul6 d’une part les intensites nucl6aires selon le modèle d’Okazaki avec les para- m6tres du tableau II pour toutes les raies autorisées par la translationB(h
-p l =2n),
et d’autre part les intensitesmagn6tiques
enprenant S
=2,4
pour toutes les raies autorisées par 1’antitranslation :B’(h + I = 2n + 1).
(5)
Bnznznz n’est pasmagnetoelectrique.
Enpresence
de monocristaux, une distinction des groupesd’espace
estaussi
possible
par ladispersion
anomale [28].573
Sur le
diagramme
sontrepr6sent6es
toutes les raiesdont l’intensit6 calcul6e n’est pas nulle. Elles sont au
nombre de 66
(40 «
nucleaires » + 26 «magn6tiques »),
mais le nombre d’informations est
beaucoup plus
r6duit
(14
« paquets »seulement).
En cequi
concernePlG.5.
a) Representation plane
de la structuremagne- tique
trimensionnelletetraedrique
formée par lesspins
de fer.
b)
Orientations desspins
appartenant a un tétraèdremagnetique
elementaire,indique
en trait discontinusur 5 a ; les
oxyg6nes
de liaison sontegalement
re-produits.
les raies
301,
311 parexemple,
leurs intensites sont assez faibles pourqu’elles
ne soient pas observablessur le
diagramme.
L’accord entre les intensites obser- v6es et calcul6es(tableau IV)
est assezbon,
vu lechevauchement et le «
paquetage »
des raies d’une part, les difficultés de la delimitation du fond continuet d’une estimation
precise
des faibles intensites d’autre part.La valeur du moment
magn6tique
calculee apartir
de l’intensit6 des reflexions
(211, 401, 102),
normalis6epar rapport aux intensites des reflexions nucl6aires
(402, 212) (610, 020),
est S =2,29 :i: 0,10 (au
lieude
2,41 théoriquement,
valeurextrapolee
pour laFIG. 6. -
Configuration magnetique
deBaFe2o4 (apr6s
la translation t
= 1c
4 cerclespleins
= fer ; cercles enpointiII6
=oxyg6ne.
a)
Dans leplan
y = 0(site
de fer8/1)
Les atomes numerotes
(1,
2, 3,4)
sontcouples
sui-vant le mode + GI,
(+ -
+-)
et, par antitransla- tion,(1’,
2’, 3’,4’)
suivant - Glz.b)
Dans leplan y - -
2(site
de fer8/11)
Les atomes
(5,
6, 7,8) appartiennent
au mode GIIz et(5’,
6’, 7’,8’)
au mode - Gz. On remarquera que les atomes des sites FeI et Fell sontcouples
aussientre eux par les modes Gz pour
(5,
6, 4’,3’)
et(1,
2, 8’,7’),
- Gz pour(5’,
6’, 4,3)
et(1’,
2’, 8,7).
sultat est tres satisfaisant si on admet une reduction de
spin
par effet de covalence etd’empietement, laquelle
se chiffre a 6%
dans notre cas; des valeurscomparables
sont trouv6es dansLaFe03 [30] (10 %), Fe,,Ga2-xo3 [31] (4 %,
mesure du moment a satu-ration par neutrons
polarisés), UF eO 4 [32] (14 %), Cr2FeO4 [33] (14 % )
et enfinFe203 .
CaO[3] (11 % ) .
III. Effet Mossbauer. - 1. PARTIE EXPERIMENTALE.
-
Malgr6
lesplus grands
soinsapport6s
dans 1’elabo-ration
chimique
de nos6chantillons,
nous d6celionstoujours
des tracesd’impuretes
de 1’hexaferrite ferri-magn6tique
dont lapresence
nous aempeches
d’effec-tuer des mesures
magn6tiques
habituelles. Nous avonsalors
prefere
recourir a 1’effet Mossbauerqui
est moinsTABLEAU IV
INTENSITES NUCLEAIRES ET
MAGNETIQUES
OBSERVEES(,fob,",)
ET CALCULEES(,fea’ ,,)
575
sensible aux
impuretes. L’experience
a eteentreprise
sur des
poudres synth6tis6es
apartir
deCo3Ba
etFe2o3
enrichi de 5’Fe. Nous avons utilise deux types despectrometres
Mossbauer de type electrome-canique [34, 35] :
- Le
premier,
a acceleration constante[36],
avecenregistrement
duspectre
sur unanalyseur
multi-canaux ;
- Le
second,
a vitesse constante[37],
avecenregis-
trement
s6par6
sur deux 6chelles decomptage
suivant lesigne
de la vitesse. Dans les deux cas, leg6n6rateur
du mouvement est un
haut-parleur
a double bobine.Des cryostats
[38]
atemperatures
variables pour lesexperiences
a bassestemperatures,
des fours[39]
pour des mesures au-dessus de1’ambiante,
permettent d’ex-plorer
une gamme detemperatures
s’6tendant de4,2
oK a 1 000 oK.2. RESULTATS. - Structure
hyperfine.
- Notre 6tudemontre
qu’au-dessous
deTN
= 880oK, apparait
unspectre hyperfin ( fig. 7)
dont la faiblelargeur
de raie(0,35 mm/s) indique
que les ions de fer sont situ6s surdes sites
equivalents,
en accord avec la coordinationidentique
des deux sitescristallographiques
de Fe dansla structure
propos6e
par Okazaki et al. Lechamp
interne
extrapol6
a 0 oK est492::f::
5 kOe. 11 est dumeme ordre de
grandeur
que celui mesure dans le casdu Fe sur les sites
t6tra6driques (485
kOe dans lesgrenats de
gadolinium Fe,Gd3ol2
et 495 kOe dansMgFe2o4) (il
estplus
élevé sur les sitesocta6driques
550 kOe et 520 kOe
respectivement
dans des memescomposes [40]).
Variation
thermique
duchamp
interne. - Pour uncompose ferrique,
lechamp magn6tique
interne vupar le noyau est
approximativement proportionnel
àl’aimantation
puisque
sa causemajeure
est lapolari-
sation des 6lectrons s par la couche exterieure 3 d
[41].
Nous pouvons assimiler la variation
thermique
duchamp
interne a celle de 1’aimantation. Cette caract6-ristique
estprecieuse
dans le cas d’uncompose
antifer-romagn6tique
parexemple,
pourlequel
les mesuresmagn6tiques
dans leschamps
usuels ne donnent pasFIG. 7. -
Spectres d’absorption
Mossbauer mettant enevidence la transition
magn6tique :
N = nombre decoups ; S =
deplacement
isom6re.NOTATIONS SE RAPPORTANT AU TABLEAU IV
d’information. Nous avons étudié la variation ther-
mique
duchamp
interne deBaFe204 repr6sent6e
surla
figure
8 etcompar6e
a la courbe de Brillouin pourun
spin electronique 5/2.
On observe un 6cartimpor-
FIG. 8. - Variation
thermique
duchamp
interne.tant a la loi de Brillouin dans une zone de
temperature proche
deTN.
Afind’expliquer
cet6cart,
on doit avoirrecours a des theories autres que le
champ
mol6culaire deWeiss, qui
n’estplus
valable auvoisinage
deTN.
Nous
rappelons
que1’hypoth6se
de Weiss revient a un« amas
(cluster)
a un seul moment » subissant 1’actiond’un
champ
mol6culaire.Des theories r6centes
(développements
en momentset cumulants de la fonction de
partition
et theorie desgraphes)
aboutissent a une loi de la forme :ou p
est assezproche
de la valeur0,33 [42
a46],
alors que dans la theorie du
champ
mol6culaire onNous avons
port6
sur une double echellelogarith-
mique
£ ( T)
en fonction de
1 - T et observ6
queq
ff(O)
en ionction e
TN
et observe qles
points qui
s’6cartaient de la courbe de Brillouin seplacent
sur une droite depente P
=0,38
avecD == 1,22 ( fig. 9).
Cette valeurde P
est effectivement assezproche
de la valeur
0,33,
en meilleur accord avec le modele de « cluster »qu’avec
la theorie duchamp
moleculaireau
voisinage
deTN.
Couplage quadrupolaire.
- On peut admettre que lastructure
approchee
deBaFe204
conserve unesym6trie pseudo-hexagonale;
legradient
dechamp 6lectrique
FIG. 9. - Droite
experimentale
auvoisinage
de TNrepre-
sentant la loi de variation du
champ
interne en fonc-tion de la
temperature (double
echellelogarithmique).
est alors sensiblement a
sym6trie axiale,
1’axe dugradient
6tant c(6).
Deslors,
dans 1’etat antiferroma-gnétique, chaque
sous-niveau nucl6aire estdeplace
aupremier
ordre de[47] :
ou
Q repr6sente
le momentquadrupolaire
du noyau de57Fe, q
la composanteprincipale
dugradient
dechamp
ete l’angle
entre 1’axe dugradient
et la direction desspins.
Nous mesurons s =0,25 mm/s.
Au-dessusde
TN,
un doublet d’interactionquadrupolaire (7) indique :
EXpérimentalement,
nous avons observe que e étaitindependant
de latemperature ( fig. 10).
Ilapparait
que dans le cas d’un site
t6tra6drique
2c est nul. Lesvaleurs de 2s
correspondant
aBaFe204’
meme tresfaibles, impliquent
pour cecompose
unelegere
distor-sion du tetraedre.
D’autre part, si l’on compare les interactions qua-
drupolaires
de part et d’autre deTN,
on trouve que les valeurseXpérimentales
sontcompatibles
avec 6 = 0(6) Toujours
dansl’hypothese
d’une structure appro- ch6e, et en tenantcompte
de la contribution de tous les ions environnantscompris
a l’interieur d’unesphere
de 30 A centr6e sur l’ion de Fe, nous avons calcule des
composantes
dugradient
dechamp, lesquelles
vérifient effectivement, aquelques % pres,
la relation :caracteristique
d’ungradient
axial selon c.e)
Ce doubletn’apparait
pas sur lafigure
7. Il a 6t6mis en evidence avec un
appareil
a vitesse constantequi
permet une meilleure resolution.577
FIG. 10. - Interaction
quadrupolaire
2e en fonction de T.en
supposant
que q ne subit pas dechangement
aupassage de
TN.
Ainsi les mesures par 1’effet Mossbauer nous per-
mettent de proposer comme structure
magn6tique
deFe203 .
BaO un arrangementantiferromagnétique
coli-n6aire, dirig6
selon c ou s’en écartant peu. C’est effec- tivement ce que nous avons trouve par diffractionneutronique.
Remarque.
- Alors quel’antiferromagnétique BaFe2o4 adopte
le modeGz,
la diffraction neutro-nique [19]
montre que dans les solutions solidesBaFeXA12- -04
le mode dominantest Az (soit
+ - - -t- pour les atomes1, 2, 3,
4 et aussi5, 6, 7, 8),
selon lanotation dans
[26].
L’étude par effet Mossbauer[20]
suggere
que pour tout xx,
=0,42 (concentration critique)
lescomposes BaFexA’2-XO4
sontparamagn6- tiques.
L’existencede x, s’explique
par la theorie desamas accidentels de de Gennes
[48].
L’étude de cessolutions solides fera
l’ objet
d’un autre m6moire.Remerciements. - Nous remercions vivement le Docteur Chisato Okazaki et ses collaborateurs de nous
avoir
communique
leurspremiers
resultats sur lastructure
cristallographique
deFe203 . BaO.
L’un de nous
(C. D.-D.),
tres sensible a 1’aideamicale de M.
J. Sivardi6re,
le remercie chaleureuse-ment pour de nombreuses discussions. 11 remercie
6galement
M. G. Buisson pour sespr6cieux
conseilsdans 1’elaboration des 6chantillons.
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le 28juin
1968, révisé le 24 février1969.)
Résumé. 2014 Nous
présentons
ci-dessous uneapproche thermodynamique
d’une théoriedes couches minces
magnétiques.
Celle-ci estéquivalente
à la méthode decouplage
constantpour les matériaux massifs. Dans le cas d’une constante de
couplage égale
à zéro, les résultatsobtenus se réduisent à ceux connus par
l’approche
duchamp
moléculaire. La théoriedéveloppée apporte
une contributionimportante
à la connaissance despropriétés
auvoisinage
de latempé-
rature de Curie. Nous avons discuté de la variation de l’aimantation dans la direction de
l’épais-
seur de la couche en fonction de
l’épaisseur.
Nous avons calculé les valeurs dupoint
de Curie etdu saut de la chaleur
spécifique magnétique.
Les résultats obtenuspeuvent
êtreappliqués
auxproblèmes
liés aux fluctuations du momentmagnétique.
Abstract. 2014 A
theory
ofmagnetic
thin films isgiven.
It isequivalent
to the constantcoupling
method for bulk materials. In the case of thecoupling
constantequal
zero the resultsobtained reduce to those known from the molecular field
approach.
Thetheory
discussedrepresents
animportant
contribution at temperatures near the Curiepoint.
The variationof the
magnetization
across a thin film as a function of the film thickness is discussed. The Curietemperature
and thejump
of themagnetic, specific
heat is calculated. The results obtained can beapplied
toproblems
connected withmagnetic
moment fluctuations.LE JOURNAL DE PHYSIQUE TOME 30, JUILLET 1969,