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Etude par diffraction neutronique de Cr2NiS4

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(1)

HAL Id: jpa-00206452

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Submitted on 1 Jan 1966

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Etude par diffraction neutronique de Cr2NiS4

Bernadette Andron, Erwin Félix Bertaut

To cite this version:

Bernadette Andron, Erwin Félix Bertaut. Etude par diffraction neutronique de Cr2NiS4. Journal de

Physique, 1966, 27 (9-10), pp.619-626. �10.1051/jphys:01966002709-10061900�. �jpa-00206452�

(2)

ÉTUDE PAR DIFFRACTION

NEUTRONIQUE

DE

Cr2NiS4

Par Mlle BERNADETTE ANDRON et ERWIN FÉLIX

BERTAUT,

C. N. R. S. et C. E.

N.-G.,

Chemin des

Martyrs,

Grenoble.

Résumé. 2014

Cr2NiS4 (a

=

5,94 Å,

b =

3,42 Å, c

=

11,14 Å ;03B2

=

91°3’) composé

mono-

clinique pseudo-hexagonal (groupe I/2m) isomorphe

de

Cr3S4

dérive du type NiAs et

pré-

sente un ordre de lacunes.

NiII est dans les

plans

lacunaires.

La

configuration antiferromagnétique

observée à T =

4,2

°K

possède

un vecteur de pro-

pagation k0 = [1/2 0 1/2].

On constate une réduction de 30

%

des moments

magnétiques

théo-

riques

due à des effets de covalence. La direction moyenne des

spins

03C3 est définie par 03B8 # 45°

~ # 58° 03B8 est

l’angle

de 03C3 avec

[101] et 03C0/2 -

~

l’angle

avec b de la

projection

de 03C3 sur

(101).

Des critères sont

développés

pour la

positivité

ou

négativité

des liaisons

magnétiques

à

angle

droit faisant intervenir des coefficients de transport

f03C0

et

f03C3.

La structure observée est

en accord satisfaisant avec ces critères.

Abstract. 2014 The

pseudo hexagonal compound Cr2NiS4 (a

= 5.94

Å,

b = 3.42

Å,

c = 11.14

Å ; 03B2

=

91°3’) isomorphous

with

Cr3S4 (space

group

I/2m) belongs

to a deformed

NiAs type structure

presenting

ordered vacancies.

NiII is situated in the

planes

in which the vacancies order.

The

antiferromagnetic configuration

observed at T = 4.20 °K has a

propagation

vector

k0 = [1/2 0 1/2]. Covalency

effects reduce the

magnetic

moments

by

30

%

with respect to the theoritical

(spin only)

ones. The direction of

spin

03C3 is defined

by

03B8 #

45°, ~ #

58° where 03B8

is the

angle

of 03C3 with

[101], 03C0/2 -

~ is the

angle

with b of the

projection

of 03C3 on

(101).

Criteria are

given

for the

positivity

or

negativity

of

magnetic

interactions at

right angles

in terms of transport coefficients

f03C0

and

f03C3.

The observed structure agrees

satisfactorily

with these criteria.

PHYSIQUE 27, 1966,

Introduction. -

Cr2NiS4 appartient

à la famille

des

composés

dits non

stoechiométriques,

dérivant

du type de structure NiAs

(B

-

8)

et

possédant

un

ordre des lacunes. La formule

Cr2NiDS4

rend mieux

compte de ce

fait,

D

représentant

une lacune. L’iso-

topie

avec

Cr3S4

a été

signalée

par Jellinek

qui indique

les

paramètres

a =

5,94 À,

b =

3,42 À,

c =

11,14 À, p =

91°3’. Le groupe

d’espace

est

I

2~m -

Dans ce mémoire nous étudions

Cr2N’S4

par

diffraction neutronique.

Dans la pre- mière

partie

nous

précisons

la structure

nucléaire,

dans la deuxième la structure

magnétique.

1. Structure nucléaire. - PRÉPARATION. - Le

produit

est

préparé

à

partir

des éléments sous

vide,

dans des tubes scellés de quartz dont les

parois

sont

enduites d’une mince

pellicule

de

carbone,

selon les

techniques

de Chevreton

[2],

afin d’éviter dans une

large

mesure

l’attaque

du quartz.

Après

un

premier chauffage

à 1 000 °C

pendant

48

heures,

on trempe les

ampoules.

On

homogénéise

et on

procède

à un

recuit,

suivi d’un refroidissement lent

(1 jour).

ÉTUDE

AUX RAYONS X. - Dans un

premier

stade

nous avons redéterminé les

paramètres

de la maille

et en

particulier l’angle ~

en utilisant des dia- grammes de Guinier en rayonnement monochro-

matique.

Nous obtenons :

ÉTUDE

AUX NEUTRONS. - Dans

Cr3S4

les atomes

de Cr occupent des sites 2c et 4i. Le

premier

pro-

blème

qui

se pose est de savoir si Ni occupe des

positions

ordonnées ou désordonnées sur les sites

disponibles.

A cause de la très

grande

différence des

longueurs

de Fermi de Ni et de Cr

(b(Ni)

=

1,025 ; b(Cr)

-

0,35)

il est facile de résoudre ce

problème

par une

simple comparaison

d’intensités. Le rapport des intensités de raies

1(110, 200)/7(002, loi, 101)

est calculé

12,7

pour un désordre

complet

alors que l’on observe

2,8

en bon accord avec

l’hypothèse

d’un ordre

complet

de Ni sur les sites 2c associés

aux

plans

lacunaires

(cf. fig. 3).

Le tableau 1

précise

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01966002709-10061900

(3)

620

TABLEAU I

INDEXATION ET FACTEURS DE STRUCTURE NUCLÉAIRE

(TEMPÉRATURE AMBIANTE).

X =

1,158 Â.

TABLEAU II

les

angles

de

Bragg

du

diagramme

de diffraction neu-

tronique représenté

dans la

figure 1,

les sin2 0

observés et

calculés,

ainsi que les facteurs de struc- ture observés et calculés

après plusieurs cycles

d’affinement sur machine

électronique.

Le facteur

de confiance R = est de 8

%.

Le tableau II résume les coordonnées finales des

positions atomiques.

II. Structures

magnétiques.

- Le diffracto- gramme a été

enregistré

à la

température

de l’hélium

liquide

T =

4,2’OK.

L’échantillon se trouve dans un

tube de

vanadium, placé

dans un cryostat dont les

parois

en aluminium ont un diamètre assez

grand

pour que les réflexions de AI ne

parviennent

pas au

compteur.

Les

réflexions magnétiques

peuvent être

(4)

FIG.

1. -

Cr2NiS4. Diffractogramme neutronique

à la

température

ambiante. À =

1,158 Â.

FIG. 2.

-

Diffractogramme neutronique

à

4,2

OK.

Les indices des raies

magnétiques

sont

primés.

indexées dans une maille double selon a et c. Elles

sont

indiquées

par des indices

primés

sur la

figure

2.

La situation a

déjà

été discutée dans

[3].

On a le

choix entre quatre

configurations antiferromagné-

tiques possibles,

notées

A, B,

C et D le vecteur

Ici le

signe supérieur

est valable pour A et

C,

le

signe

inférieur pour B et D. On a

le

signe

- doit être

pris

pour k =

k1,

le

signe

+

pour k =

k2.

Dans les

configurations

A et B les réflexions per- mises sont telles que

tandis que dans C et D

(vecteur

k =

k2)

les réflexions

permises

sont du type

On peut donc

distinguer

entre

kt

et

k2

par des

mesures exactes de

positions

de raies. Le tableau III compare les différences

d’angles

de

Bragg

calculées

dans

l’hypothèse

k =

k1

et k =

k2

aux différences observées

lesquelles

sont nettement en faveur de k

=k2.

La structure doit donc

pouvoir

se décrire comme

une succession de

plans ferromagnétiques (101).

Nous

avons

déjà

fait remarquer

[3]

que ces

plans jouent

un rôle

privilégié

dans la structure. En

effet,

y ils contiennent

toujours

une seule sorte d’atomes. En

particulier

il y a un

plan (101) complètement vide,

c’est-à-dire

passant

par les lacunes en 2a. Un calcul facile d’intensités

impose

le modèle

C, représenté

sur la

figure

3. On doit

préciser

ensuite les gran- deurs et les orientations par rapport au

réseau,

des

spins

de Cr et de Ni. Comme dans la référence

[31,

nous avons noté par 0

l’angle

que fait le

spin

avec

la direction

1°il

et

par ~ -

9

l’angle

que fait la

TABLEAU III

VECTEURS DE PROPAGATION ET POSITION DE RAIES

(5)

622

FIG. 3. - Structure

magnétique

de

NiCr2S4.

On n’a

pas tracé les

positions

des anions. La déformation

monoclinique

est très

faible,

mais rend les distances r

et r’

inégales.

projection

du

spin

sur le

plan (fOl)

avec l’axe b

contenu dans ce

plan.

Les meilleures valeurs sont

déterminées par

approximations

successives en com-

parant des rapports observés et calculés d’intensités

antiferromagnétiques.

En effet de tels rapports sont relativement

indépendants

d’éventuelles réductions de

spins

par covalence. On a trouvé 0 = 45° et cp = 580.

Comparant

ensuite les intensités

magné- tiques

aux intensités

nucléaires,

on s’est vite aperçu que l’on était en

présence

d’une

importante

réduc-

tion de

spins

par des effets de

covalence,

les inten-

sités

magnétiques

observées étant

systématique-

ment trop faibles

(de

50

%)

par rapport aux inten- sités calculées avec les

spins théoriques S(Ni2 + ~ = 1

et

S(Cr3+)

=

3/2.

Nous sommes donc conduits à la conclusion d’une réduction de

spins

de 30

%.

Cette

réduction est raisonnable en remarquant que dans les

oxydes

de chrome

(LaCr03)

on mesure une

réduction

[4]

de

spins

de 20

%.

Dans le tableau IV

l’on compare les intensités observées et calculées

(deux

dernières

colonnes)

des raies

magnétiques repérées

par les indices h’k’l’ de la

première

colonne.

La deuxième colonne contient les

pF2

calculés

selon

(1)

à

(3)

et

normalisés.

Le facteur de

0,5 correspond

à la réduction des

spins

de 30

%

TABLEAU IV RAIES MAGNÉTIQUES

(TEMPÉRATURE

DE L’HÉLIUM

LIQUIDE)

-Y,

facteur de normalisation =

3,19.

(0,72

^_’

0,5).

La troisième colonne contient les fac-

teurs

d’anisotropie sin2oc,

oc est

l’angle

entre les

spins

et le vecteur h de diffusion. L’accord entrp intensités observées et calculées est

satisfaisant,

vu

les difficultés d’une estimation

précise

de faiblies

intensités et de la délimitation du fond continu.

Interactions

magnétiques.

- Nous allons exami.

ner si la structure C

(fig. 3)

dont les conditions de stabilité ont été dérivées dans la réf.

[3]

est compa- tible avec ce que l’on sait

qualitativement

des inter-

actions de

superéchange

et

d’échange

direct. Nous

considérons en

première approximation

le

voisinage

des cations comme étant de

symétrie cubique.

Rappelons

que le

champ

cristallin dédouble les niveau

d5

du cation en un

triplet

ou de et un

doublet eg

ou

dy

et que les orbitales

dy (dx2

-

y2, dz2)

sont orientées vers les

anions,

alors que les orbitales dE

(dxy, dyz, dzx)

sont orientées vers les

milieux des arêtes de l’octaèdre. Dans celui-ci le

triplet

est

plus

bas que le doublet. Dans Ni2+ dont la

configuration

est t6 e2 le

triplet

est saturé et les

orbitales eg

sont à moitié

remplies.

Dans Cr3+ le

sous-niveau est à moitié

rempli,

les orbi..

tales eg

étant vides.

Dans notre discussion nous allons

appliquer

les

règles

suivantes

r5i

à

[7J :

Règle

1. -

Lorsque

l’on peut transférer deux

spins électroniques

de deux cations vers une même

orbitale de l’anion

(et vice versa), il

y a une corré-

lation

négative (antiparallèle)

entre les deux

spins transférés,

en vertu du

principe

de Pauli.

Règle

2. - De même

lorsqu’on

peut transférer deux

spins

de deux cations vers deux orbitales de

l’anion,

il y a une corrélation

positive (parallèle)

entre les deux

spins transférés,

en vertu de la

règle

de Hund.

Lorsque

les deux mécanismes

coexistent,

le

premier l’emporte généralement

sur le second.

Nous utilisons les mêmes

règles

pour le transfert inverse d’électrons de l’anion vers les orbitales vides des cations. Ceci est illustré par les

figures

4 à 6.

(6)

FIG. 4. - Illustration

schématique

de transfert par

empiètement.

Le processus a est illustré par le dessin du haut dans le cas de Cr3+

(cf. éq. (5)

et

(6)).

Le

signe

""’~ marque les transferts dans la

paire

liante-

antiliante Le

processus ~ (dessin

du

milieu) correspond

au transfert de l’anion vers le

cation,

à l’orbitale liante non

apparié ~B~ ~, (cf.

encore

éq. (5)

et

(6)

dans

Cr3+).

Les processus oc

et ~

réduisent le

spin

de Cr3 +

(dans

les liaisons Cr-S-Cr à

angle droit).

Le dessin du bas illustre le cas d’un processus aug- mentant le

spin

sur le cation Cr3~ et ayant lieu dans des liaisons à 1800 du type

dy

- pa -

dy’ lesquelles

n’interviennent pas dans

Cr,NiS,.

FIG. 5. - Transfert par une orbitale p. Liaison dE - p7t - dz. La

figure

illustre la relation

(6)

da

texte.

FIG. 6. - Transfert par deux orbitales p. La

figure

illustre un processus

~3, dy

- p6,

pa’

-

dy’ (cf.

rela-

tion

(7)

du

texte).

La

possibilité

d’un

échange

direct

ce - dE est

indiquée

en trait fin.

La

possibilité

de transfert d’un électron est liée à la

non-orthogonalité

des orbitales sur le cation et sur l’anion. Un transfert d’électrons entre Ni2+

et S2--- ne peut se faire que par des liaisons du type

dy -

pa non

orthogonales.

Entre Cr3+ et S2- on

peut avoir transfert par des liaisons du type de - pr mais aussi du type

dy

- ps

grâce

aux orbitales

vides de Cr3+.

Dans

NiCr2S4

les liaisons de

superéchange Ni-S-Ni,

Ni-S-Cr et Cr-S-Cr sont

pratiquement

à

angle

droit.

LIAISONS MAGNÉTIQUES A ANGLE DROIT. - NOUS prenons l’anion comme

origine

et

plaçons

un

premier

cation noté a sur l’axe

des x,

un second cation noté b

sur l’axe

perpendiculaire

des y. Les seuls chemins

magnétiques possibles

entre a et b à travers une

orbitale p de l’anion et donnant lieu à deux trans-

ferts font intervenir les orbitales suivantes :

Notons

qu’une

même orbitale px de

l’anion,

par

exemple,

peut former une liaison du type 6 avec le cation a et du type 7C avec le cation b.

Les chemins

magnétiques qui

font intervenir deux transferts à travers deux orbitales de l’anion sont

plus

nombreux. Ils sont

(7)

624

Dans la théorie des orbitales moléculaires on

forme des combinaisons linéaires d’orbitales d du cation et p de l’anion

qui

sont en l’occurrence une

orbitale liante

(« bonding ») ~ Bt (13)

et une orbitale

antiliante

(13), orthogonale

à Ici A et B

sont des coefficients

petits

devant l’unité et reliés

par

(14)

où S est

l’intégrale

de

l’empiètement (« overlap »). NA

et

NB

sont des coefficients de normalisation

proches

de l’unité. Le transfert net de

spins

du cation vers l’anion à la

paire

liante-

De

plus

nous considérons un transfert de

spin

de

l’anion vers une orbitale vide de

cation,

fait dont

tient compte l’orbitale

liante,

non

appariée (15) (0f. [8]).

Les deux processus, transferts dans la

paire

liante-

antiliante y At, y Bt (noté

processus

oc)

et transfert

dans l’orbitale liante

c~B~~,,

non

appariée (noté

pro-

cessus

~3)

réduisent le

spin

localisé sur le cation.

Même

lorsque

les

paramètres

de covalence B et B’

sont nuls

(et

aussi

lorsque B

=

B’),

il y a

trans f ert

de

spin

du cation vers

l’anion,

mesuré par

f

= NA2 =

S2@

c’est-à-dire ne

dépendant

alors que de

l’empiètement,

Dans les coefficients de transfert

f

nous

indiquerons

par un indice 6 ou n la nature de la liaison. On notera les coefficients de transferts dans la

paire

liante-antiliante

§Bf (pro-

cessus

oc)

par

trr

et dans l’orbitale non appa-

(processus B)

par

f 6, f,27.

La contribution à

l’intégrale d’échange

des mécanismes

(4)

à

(12)

est

mesurée par des

produits

de tels coefficients de

transfert, figurant

à droite des mécanismes invo-

qués (4)

à

(12),

et affectés de coefficients de propor- tionnalité c et d tels que

(c)

>

1 dl.

IIIAISONS Ni-S-Cr. - Nous étudions d’abord les interactions ayant lieu dans le chaînon Cr-Ni-Cr selon l’axe C

(fig. 7).

Nous identifions le cations a

avec

Ni,

et b avec Cr.

Processus à uue orbitale p. - Selon

(4)

Ni2+ peut transférer du

spin

d’une

orbitale 80

et Cr8+ d’une orbitale t2~ vers une même orbitale p de l’anion S

(processus oc).

La corrélation entre

spins

transférés

est

négative

et favorise

l’antiparallélisme

observé

des

spins

dans le chaînon Cr-Ni-Cr. Cela reste encore

vrai pour le transfert de

spin

de l’anion vers le

cation

(processus f3).

La contribution à

l’intégrale d’échange

est +

/~’ , /~).

Les processus

(5)

et

(6)

ne

s’appliquent

pas, la couche

t20 de Ni

étant

saturée.

Processus à deux orbitales. - Les traiisferts

(8)

et

(9)

favorisent un

parallélisme

des

spins (pro-

FIG. 7. - Transfert par une orbitale p illustrant la relation

(4)

du texte. Liaison

cessus a et

6),

tandis que

(7) (processus ~)

favorise

l’antiparallélisme.

I,e bilan total est

LIAISONS Cr-S-Cr.

Processus à une orbitale. - Le mécanisme

(6)

permet un transfert de

spins

selon les processus oc

et ~

ce

qui produit

une orientation

antiparallèle

des

spins.

Par contre

(4)

et

(5)

permettent un transfert de

spins

de l’anion vers une orbitale vide e, d’un des cations et une orbitale t2g,

déjà

à moitié

pleine,

de l’autre

cation,

favorisant une orientation

paral-

lèle des

spins.

Processus à deux orbitales. -

(7), (10)

à

(12)

favorisent une orientation

parallèle

tandis que les mécanismes

(8)

et

(9)

fournissent un

couplage

négatif.

direct. - Pour une distance Cr-Cr très courte

(2,65

~l dans

Cr203)

on peut avoir

empiè-

tement des orbitales t2u ce

qui

selon

Goodenough [4]

donne lieu à une très forte interaction

négative

que

nous noterons -

q2.

Le bilan total fournit une contribution

négative :

Les liaisons 7t ainsi que

l’échange

direct sont

plus

sensibles à un écartement des cations que les liaisons 6, donc

f

ainsi

que g2

diminuent

plus rapi-

dement avec la distance que

ta.

Il est tout à fait

plausible que l’interaction soit

négative

aux faibles

distances pour passer à une valeur

positive

aux

distances suffisamment

grandes

des cations.

(8)

LiAisoNs Ni-S-Ni. - Le seul mécanisme

opératif

de

superéchange

est

(7) (processus

oc

et ~

à deux

orbitales)

favorisant le

parallélisme

des

spins

de Ni

selon l’axe

biliaire

b. Cette

interaction positive

de

spins

est mesurée par +

~) 2).

Ce

qui

a été dit

plus haut

sur l’effet de

l’échange

direct reste valahle

ici. Le bilan total est

probablement positif.

Citons

comme

exemple

d’interaction

positive

la liaison

Ni-0-Ni à

angle

droit dans

GeNi204 191.

Comparaison

avec les

paramètres d’échange.

-

Le tableau V résume les distances entre cations a, b

TABLEAU V

DISTANCES ET ANGLES DE LIAISON

Légende :

Le nombre entre un cation a ou b et l’anion S

représente

leur distance en

A.

cp est

l’angle

cation-anion-cation.

8 est la distance cation-cation.

et

anions,

les

angles

des liaisons

magnétiques

a-S-b

ainsi que les

paramètres d’échange

de la réf.

[3].

La structure

(fig. 3)

est stable si les conditions suivantes sont vérifiées

Ces conditions sont établies par la discussion de la matrice

1)(k) (cf.

réf.

[3], éq. (8))

selon la

procédure

décrite dans

[10].

Les trois conditions

(16)

se retrou-

vent aussi

facilement,

en cherchant le

signe qu’il

faut

donner aux

intégrales d’échange

pour propager la structure

magnétique

dans les trois dimensions.

La

négativité

de

JI.1I

dans le chaînon Cr-Ni-Cr

exige

que c > 2d c’est-à-dire que le mécanisme de la

première règle l’emporte largement

sur celui de la

deuxième

règle,

ce

qui

est

généralement

admis.

Ji,,

relatif à la

grande

distance r’

(Cr-Cr)

=

3,5 A,

doit être

positif

tandis que

Ju,

relatif à la distance

r =

3,3 A

doit être

négatif. 11"est

donc très

probable

que selon le mécanisme

indiqué plus

haut

l’intégrale d’échange change

de

signe

entre r et r’.

JIIb qui correspond

à la liaison Cr-S-Cr à

angle

droit du

couple

Cr-Cr selon b =

3,4 A

doit être

compris

entre

Ji,

et

.’11, JII JIIb Jij (sans

que l’on

puisse spécifier

le

signe qui

dans les limites de

l’inégalité (17),

peut être

négatif).

J1b qui correspond

à la liaison Ni-S-Ni est

proba-

blement

positif

selon notre discussion.

En

résumé,

l’examen

qualitatif

des interactions

d’échange,

selon les critères donnés

plus haut,

est en

accord satisfaisant avec la structure observée.

Réductions de

spins.

- Marshall et Hubbard

[11]

ont dérivé les formules suivantes pour la réduction des

spins

dans un

voisinage octaédrique

Nathans et Will

[1:J

ont trouvé dans les

oxydes f Q

+

f

=

0,06 pour

Ni2+ et +

f

=

0,046

pour

Cr3+. Les formules ci-dessus tiennent compte de transferts vers les orbitales

4s,

mais non pas des

processus R

de covalence. Pour une réduction de

spins

de

30 %

dans

NiCrIS4

nous pouvons donc estimer

ce

qui paraît

raisonnable pour un

composé

sulfure

certainement

plus

covalent et semiconducteur

(R

=

0,8 0./cm

à la

température ambiante).

Manuscrit reçu le 8 avril 1966.

RÉFÉRENCES

[1]

JELLINEK

(F.),

Acta

Cryst., 1957, 10, 620.

[2]

CHEVRETON

(M.),

Thèse

d’État,

Université de

Lyon,

Faculté des

Sciences,

1964, 325.

[3]

BERTAUT

(E. F.),

ROULT

(G.),

ALÉONARD

(R.),

PAUTHENET

(R.),

CHEVRETON

(M.)

et JANSEN

(R.),

J.

Physique, 1964, 25,

582. Le tableau IX

(intensités

observées et calculées de

Cr3S4)

est

erroné. Une correction

paraîtra prochainement.

(9)

626

[4]

NATHANS

(R.),

WILL

(G.)

et Cox

(D. E.),

Pro-

ceedings

of the

Magnetism Conference,

Nottin-

gham, 1965,

p. 327.

[5a]

GOODENOUGH

(J. B.), P s. Rev., 1955, 100, 564 ;

J.

Phys.

Chem. Solids

1958, 6,

287.

[5b]

KANAMORI

(J.),

J.

Phy

Chem.

Solids, 1959, 10, 87.

[6]

OWEN

(J.), Kjeller

Summer School

Reports

on

Magnetic Interactions, septembre

1963.

[7]

ANDERSON

(P. W.),

dans «

Magnetism

», vol.

I, chap. 2, 1963,

édité par Rado et

Suhl,

Acad.

Press.

[8]

WATSON

(R. E.)

et FREEMAN

(A. J.), Phys. Rev., 1964, 134 A, 1526.

[9]

BERTAUT

(E. F.),

VU VAN

QUI,

PAUTHENET

(R.)

et MURASIK

(A.),

J.

Physique, 1964, 25,

516.

[10]

BERTAUT

(E. F.),

J.

Phys.

Chem.

Solids, 1961, 21,

256

(cf.

p. 261 et

265).

[11]

MARSHALL

(W.)

et HUBBARD

(J.),

Non

publié,

cité par NATHANS

[4].

Note corrective sur la structure

magnétique

de

~4,

nous ont

permis

de

préciser

dans la structure

magnétique

par Mlle B.

ANDRON,

Centre

d’Études Nucléaire,

et de

Cr3 S4 :

E. F.

BERTAUT,

Centre d’Études nucléaires et 1° la direction des

spins ;

C. N. R.

S.,

Grenoble. la réduction du moment

théorique

de

spin,

due à la

covalence. On trouve . 0 étant

l’angle

du

spin

avec

Au

Colloque

International de Diffraction

Neutronique,

- cp

l’angle

avec b de la

projection

du

spin

Bertaut et al. avaient trouvé un accord tout au

plus

~ ~ 2 Q ~~~ ~ ~~~~ ~ ~ P~°J~~ ~°~ ~ ~P~~

qualitatif

entre les intensités

magnétiques

observées et sur le

plan (101)

0 -

29°,

fp ~ 106°.

calculées de la structure

antiferromagnétique

de

Cr3 S4

La réduction du moment

théorique

est d’environ

(cf.

tableau

IX,

réf.

(1~).

En

particulier

l’intensité 25

%.

Elle est du même ordre que celle trouvée pour observée de la

première

raie

magnétique (103) qui

était

Cr2 NiS~ [2].

de 50

%

inférieure à la valeur calculée était

inexpli-

Les valeurs des intensités observées et calculées avec

cable. ces

hypothèses figurent

dans le tableau 1

qui

doit rem-

De nouveaux

diagrammes

en diffraction

neutronique placer

le tableau IX de la référence

[1].

TABLEAU I

INTENSITÉS DES EAIES MAGNÉTIQUES

RÉFÉRENCES [1]

BERTAUT

(E. F.),

ROULT

(G.),

ALEONARD

(R.),

PAUTHENET

(R.),

CHEVRETON

(M.)

et JANSEN

(R.),

J.

Physique, 1964, 25,

582.

[2]

ANDRON

(B.)

et BERTAUT

(E. F.),

J.

Physique 1926,

27, 619.

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