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Deux expériences nouvelles sur les rayons magnétiques

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00242500

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242500

Submitted on 1 Jan 1911

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Deux expériences nouvelles sur les rayons magnétiques

A. Righi

To cite this version:

A. Righi. Deux expériences nouvelles sur les rayons magnétiques. Radium (Paris), 1911, 8 (10),

pp.373-375. �10.1051/radium:01911008010037301�. �jpa-00242500�

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On voit par cet exemple que la théorie de Bitx pré-

sente une grande souplessc : on comprend qu’il est en

somme facile de rendre compte, en choisissant con-

venablement les mouvements atomiques, de la variété des aspects du phénomène de leeman.

Il faut ajouter en outre qu’il n’est pas nécessaire,

dans certains cas compliqués, de s’imposer a priori de

trouver d’un seul coup, tout l’ensemble des com-

posantes données par l’oliservation, en considérant

un seul électron e. Ritz a fait remarquer lui-même

qu’on peut supposer par exemple que les différents

(iloniest tournent avec la vitesse angulaire w’, mais qu’il y ait pour les angles 0, plusieurs valeurs pos- sibles. On peut de même admettre, dans un 1nême atolne, plusieurs droites Ho, avec la même valeur du champ atomique, les mêmes périodes vibratoires en

dehors du champ, mais occupant, lorsque le champ

est créé, des positions distinctes. Dans les deux hypo-

thèses l’effet Zeeman observé serait l’ensemble des

changements qui correspondent à ces divers cas simul-

tanément réalisés.

Dans le choix des mouvements invoqués pour

expliquer un cas donné du phénomène de Zeeman il

y a sans doute un certain arbitraire. Il ne serait pas

exact de dire qu’on peut les choisir au gré de sa fan- taisie, simplement de façon à expliquer complètement

le cas particulier envisagé : Il y a en efl’et parfois

entre les changements magnétiques de diverses raies d’un mème corps, des relations simples. Je rappelle

par exemple qu’il y a, à ce point de vue, des rapports

étroits entre les raies des diverses séries secondaires

(les trois raies bleues du zinc, par exemple, repré-

sentées par les fige 4, 5, 6) comme il y en a entre les deux raies D du sodium. Il faut donc évidemment,

1. C’est à dcssein que j’emploie systématiquement le mot

atomes alors que Ritz dit souvent molécules.

dans tous ces cas, faire en sorte qu’il y ait aussi des relations simples entre les mouvements atomiques auxquels on fait appel.

Les autres explications théoriques qui ont été pro-

posées des cas complexes du phénomène de Zeeman comportent, elles aussi, un certain arbitraire. Si on

imagine par exemple, comme on l’a fait, des électrons associés, c’est par une configura Lion particulière,

choisie spécialement, que l’on explique tel ou tel changement déterminé. Mais un avantage sérieux de

la théorie de Hitz apparaît lorsqu’on considère l’en- semble des raies d’un même corps appaT’tenant à

tcne même série. On comprend aussitôt que le change-

ment observé pour l’une d’entre elles se retrouve iden-

tique, qualitativement et quantitativement, pour toutes les autres : rien n’empêche d’admettre en effet, que toute la partie de l’atome émettant l’ensemble de ces

raies, ce que Ritz appelle le « porteur d’une série

spectrale » soit animée du même mouvement d’en- semble, avec les mêmes relations’reliant au temps

les angles § et 6. Cette règle, d’importance fondamen-

tale, rattachant le phénomène de Zeeman aux séries spectrales, est ainsi expliquée d’une façon extrême-

ment simple : cela seul aurait dû suffire à attirer l’attention sur la théorie qui conduisait à ce résultat.

Je montrerai dans la dernière partie de ce travail

que certains cas on l’observation longitudinale a

montré un effet Zeeman positif, de sens inverse à

celui habituellement observé, rentrent également dans

cette théorie ; je montrerai aussi qu’on peut illustrer,

par des expériences, la façon dont on peut se repré-

senter l’origine de ce mouvement tourbillonnaire

atomique qui joue un rôle essentiel dans la théorie de Ritz.

[Manuscrit reçu le 12 août 1911.]

Deux expériences nouvelles sur les rayons magnétiques

Par A. RIGHI

[Université de Bologne.

2014

Laboratoire de Physique.]

1. L’expérience bien connue, due à J.-J. Thomson,

de l’anneau lumineux, qui se forme dans un ballon contenant de l’air raréfié, lorsque des décharges élec- triques traversent un fil qui l’entoure formant une bobine plate de quelques tours bien isolés, présente

des particularités intéressantes, lorsqu’on l’exécute

en champ magnétique.

Laissant a côté les déformations curieuses, présen-

tées par la luminosité du ballon lorsque le charnp

n’est pas dirigé perpendiculairement au plan de l’an-

neau, j’ai observé les phénomènes suivants lorsque

cette condition est remplie.

Suivant le degré de raréfaction de l’air, l’intensité des décharges et celle du champ, l’anneau s’élargit quelque peu suivant la direction perpendiculaire a

son plan, ou hien il se dédouble. En outre il s’ap- proche quelque peu ou il s’éloigne de la bobine qui produit le champ. Ce déplacement change de sens soit

par inversion de la direction du champ, soit par inversion de signe des charges dans le condensateur

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:01911008010037301

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ilui fournit les décharges. Mais ai observe toujours

que le déplacement de l’anneau cst plus itiarqué,

dans le cas ou il s’approche de la bobine que dans le

cas contraire. Ensuite j’ai vérifie que 1 attraction

apparente de l’anneau par la bobine a lieu, lorsque la décharge dans le fil, qui entoure le ballon, a une di-

rection telle, que ce fil serait repoussé par la bobine

l11agnétisante, ce que l’on pouvait prévoir. J’ajoute enfin, que lorsque l’intensité du champ croît assez,

l’anneau pâlit et finit par disparaitre.

Mais le phénomène, que principalement je tiens à

décrire, consiste dans l’apparition, souvent soudaine,

d’une nouvelle luminosité moins intense que celle de

l’anneau, et présentant les caractères de celle qui

constitue les rayons inagnétiqucs (ou magnétocato- diques).

Elle s’observe mieux lorsque les spires parcourues par les décharges forment une bobine plate AB (fig. 1), dont l’ouverture intérieure a un diamètre

Fig. 1.

moindre que celui du ballon P. Celui-ci est alors

placé entre les spires AB et la bobine R, qui pro- duit le champ magnétique.

Il est commode de produire les décharges dans la

bobine inductrice AB en faisant communiquer ses

extrémités avec les armatures extérieures de deux condensateurs en cascade (par exemple ceux qui géné-

ralement se trouvent dans une machine a influence),

et laissant éclater des étincelles de longueur conve-

nable entre des boules, qui communiqnent avec les

.

armatures intérieures.

Sans champ magnétique on avec un champ faible

il se forme dans le ballon l’anneau lumineux ab;

mais en augmentant graduellement l’intensité du courant magnétisant dans la grande bobine Pi, on voit apparaitre une luminosité abc d, formant une espèce

de tronc de cône creux, qui part de l’anneau et s’étend de plus en plus vers le pôle dé la bobine n.

Sur ce cunc la lumière n’est, généralement pas distri- buée uniformément et elle ne s’étend pas également

suivant les génératrices, de manière que en cd elle est

frangée et non pas limitée circulairement. Toutefois,

vl la rigueur, le tube lumineux n’a pas exactement la forme conique, mais il est légèrement évasé en ab, présentant ainsi un peu la forme du pavillon d’une

trompette. La luminosité nouvelle semble donc forlner un tube de force du champ magnétique créé

par la bobine R. Mais il faut noter, qu’avec un champ très intense l’ouverture cd se rétrécit, et alors la forme de pavillon s’accusc mieux.

yraisemblablement la formation de cette lumino-

silé, que je n’hésite pas à considérer comnle un

faisceau de rayons magnétiques, est due aux électrons

mis en liberté par ionisation dans la région occupée

par la décharge annulaire ab. On a donc un cas sem-

hlahle à celui des rayons magnétiques, qu’autrefois je parvins à tirer des rayons canaux. Je vais avoir l’oc- casion de rappeler cette dernière cxpéricnce.

2. La deuxième expérience, que j’entends décrire

dans cette note, a été exécutée avec le tube à

décharges représenté dans la figure 2. Avant d’aborder la description de cette expérience, je crois utile pour la clarté de rappeler, en profitant de la figure 2,

les résultats que j’obtins autrefois en faisant agir le champ magnétique sur les rayons canaux 1.

Le tube de la figure 2 comprend une partie large

MN et une partie étroite NP, cylindriques et coaxiales.

Le diamètre extérieur de NP est tel, qu’on peut l’in- troduire dans le trou pratiqué dans le noyau de la bobine destinée à produire le champ magnétique. Il

contient l’anode A de forme quelconque et la cathode plane et inclinée C, dans laquelle on a pratiqué une

ouverture étroite dirigée perpendiculairement à ses

faces. Pour que cette catllode s’adapte bien aux parois

du tube, on l’a construite en faisant deux coupes

obliques et parallèles dans un cylindre d’alaminium, dont le diamètre est égal au diamètre intérieur du tube NP.

En excitant le tube soit avec une batterie de 2600 petits accumulateurs, avec insertion d’une forte résistance liquide pour éviter des courants trop forts,

soit avec une machine à influence, on voit se former,

si la raréfaction de l’air est convenable, le faisceau de rayons canaux a, ayant pour origine la petite ouver-

ture de la cathode.

Si alors on envoie un courant dans la bobine qiii

contient le tube NP, on voit se former un deuxième faisceau b, qui se courbe sensiblement suivant les

lignes de force magnétique, lorsqu’on approche laté-

ralement un nouveau pôle magnétique. Ce faisceau b de rayons magnétiques est tiré ainsi des rayons

canaux.

1. Le Radium, 7 (1910) 89).

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Si la cathode C est perpendiculaire a l’axe du tube,

le faisceau de rayons canaux, qui est alors dirigé

suivant l’axe, ne paraît pas être modifié par le champ

Fig.2.

magnétique. Mais si on le reçoit dans une chambre de Faraday, on reconnait que la charge positive qu’il transporte diminue de plus en plus lorsqu’on fait

croître l’intensité du champ 1.

Si l’on adopte l’hypothèse, proposée par moi, suivant laquellc les rayons magnétocathodiques ou magnétiques ne sont pas simplement des rayons catho-

diques déformés par le champ, mais contiennent des

systèmes neutres analogues à des étoiles doubles,

rendus moins instables par le champ, et constitués

par des électrons négatifs accouplés avec des ions positifs, j’ai prévu et expliqué ces faits. Ainsi, par exemple, le dernier que j’ai rappelé s’explique par la circonstance que, lorsqu’il y a champ magnétique, un

certain nombre d’ions positifs, constituants prin- cipaux des rayons canaux, ayant contribué à la for-

mation desdites étoiles doubles, transporte à la chambre de Faraday, ou du moins dirige vers elle,

des électrons négatifs, qui sans cela ne pourraient

pas y arriver.

L’expérience, que je vais décrire, est destinée à

confirmer cette interprétation. Elle réclame l’emploi

de deux disques métalliques E, F, auxquels les fais-

ceaux a et b cèdent les charges qu’ils transportent.

Mon hypothèse fait prévoir que le disque F, sur lequel arrivent en prévalence des couples neutres, ou séparément les électrons et les ions (mi les ont cons- titués, ne doit recevoir aucune charge, et que le

disque E doit recevoir une charge positive d’autant plus faiblc, que le champ magnétique a plus d’inten- sité, parce que ces couples se forment avec des

ions positifs soustraits au faisceau a.

Pour réaliser cette expérience on met à’une ma-

nière permanente la cathode C en communication directe avec la terre, et on établit une communication

avec la terre au moyen du fil d’un galvanomètre (dont une boite de résistances placée en dérivation

permet de régler la sensibilité suivant le besoin) soit

pour le disque E, soit pour le disque F. Le courant

entre les électrodes A et C peut être fourni par une 1. Loc. cil., p. 85.

machine à inluence, car il doit avoir une petite

intensité. Si par l’emploi des accumulateurs on uti- lise un courant plus intense, le résultat de l’expé-

rience est moins net à cause

du fait, qu’alors le faisceau de rayons canaux devient dinus,

et, non seulement le disq:ue E, mais le disque F aussi se charge positivement.

Voici les résultats obtenus.

Lorsque le galvanomètre est

inséré entre F et la terre,

on n’a pas de déviation ni avec

ni sans champ magnétique,

ou, s’il y a une petite dévia- Lion, elle ne change pas quand on établit le clamp.

Si au contraire le galvanomètre est réuni à E, on

a une déviation, qui indique un afflux d’électricité

positive au disque à l’intérieur du tube. Cette dé- viation diminue de plus en plus lorsqu’on crée le champ magnétique, et qu’on fait croître son inten-

sité.

Je rapporte ici deux séries de mesures, pour les-

quelles le courant dans le tube avait l’intensité de

1/3 de milliampère; le champ magnétique est me-

suré, commc d’habitude, à 15 mm. de la face polaire

de la bobine, face qui se trouve au voisinage

de N.

s

On voit ainsi que les prévisions sont confirmées

par ces expériences.

On pourrait supposer que la diminution de la

charge positive transportée par le faisceau a soit due

à une modification produite par le champ, dans le réginie de décharge entre les électrodes A et C. Mais

ce doute apparaît peu légitime si l’on considère : 10 que le champ magnétique dans la place occupée

par le tube NP est certainement très faible, même négligeable lorsqu’il a une valeur faible (par exemple

dans les cas où il vaut 192 ou 240 gauss) cn dehors

de la bobine ; 20 qu’un galvanomètre inséré entre

l’anode A et la source du courant n’indique pas la moindre variation d’intensité du courant, lorsqu’on

excite la bobine.

[Manuscrit reçu lp 1er août 1911.]

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