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Ce numero de Douleur et Analg6sie presente ici une pattie des textes des conferences prononcees le 4 octobre dernier Iors d'un symposium qui s'est tenu & la Clinique de Genolier (Suisse) sur le theme ,,Douleur, Cancer et Soins Palliatifs,,. Les autres interventions seront pubtiees dans les numeros suivants.
De nombreux themes ont surgi, il n'y a pas la place ici pour les reprendre tous, il me paraft cependant utile de reprendre le theme de I'usage de la morphine.
Dans un article de 1981, je discutais des avantages de cette substance et des resistances I'entourant dans des termes qui restent parfois encore d'actualit& Les sumeriens qui vivaient 4000 ans avant J6sus-Christ connaissaient dej& certaines vertus de I'opium. II s'agit probablement du medicament le plus ancien de la
pharmacopee, pourtant il souleve encore bien des interrogations voire des passions, sans compter les mythes qu'il suscite. Un de ceux-ci concerne la mort qu'il serait cense provoquer Iors de son utilisation prolongee. En fait, c o m m e I'a rappele le Professeur R Dayer Iors de la table ronde, tousles specialistes s'accordent & dire que la morphine est un medicament extr~mement bien tolere et que si & certains
moments elle permet de lutter efficacement contre la douleur, & d'autres elle donne la possibilite au patient de terminer sa vie dans la tranquillit& En 1981, un jeu de mot un peu facile m'avait fait ecrire qu'elle permet la mort fine.
Depuis quelques annees, il existe une forme retard de cette substance, vendue sous des noms differents selon les pays. Indeniablement, il s'agit d'un progres dans le confort du patient, it suffit de deux prises I& oQ cinq ou six, voire plus, etaient necessaires. Curieusement, il se degage I'impression que les memes reticences que I'on rencontrait & propos de I'ancienne morphine se retrouvent dans le cas de la forme retard. S'il est evident que le traitement dolt commencer avec une forme & action rapide, une fois que I'antalgie est assuree avec une dose journaliere relativement constante, le passage & la forme retard devrait etre de mise. Les
arguments pour ne pas le faire sont multiples. Ainsi, on pretend que la forme retard ne I'est pas vraiment, que de route fagon le medicament dolt etre administre au
moins trois par jour. Pourtant, des travaux recents ont montre que cela est faux et que seulement 10 & 15% des douloureux necessitent plus de deux prises journalieres, mais jamais plus de trois Iorsque I'indication & la morphine est bonne.
Une autre interrogation & laquelle il n'y a jamais eu de r6ponse claire est celle du reveil nocturne: dolt-on reveiller le patient pour lui donner sa dose de morphine, compte tenu du fait que I'on cherche a prevenir la douleur? Derriere les passions que cela souleve, personne n'a fait la remarque qu'aucune etude serieuse n'a ete faite & ce sujet. II est vrai que les criteres objectifs pour analyser ce qui concerne essentiellement le confort manquent et que ce qui prevaut I&, c'est peut-r plus souvent la subjectivite projective du soignant que la realite objective du patient.
Avoir besoin de reveiller un patient, c'est aussi verifier qu'il est encore vivant, mais est- ce vraiment ce que lui desire?
R Rosatti
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