II s'agit d'un effet contextuel, bien sOr, mais parler de traumatisme ne peut aller sans evoquer, en cette annee qui leur est consacree, les maltraitances infligees 8 enfant: leur terrible mediatisation met a jour ce qui est d'ordinaire cele. II faut certainement dire {{ terrible >~ car, comme pour la torture, les crimes et mefaits ne semblent prendre d'existence qu'~ condition qu'on en parle.
Mais qu'en parlent les victimes ? Et, question essentielle, comment, sans parole, les traumas subis evoluent-ils comme traumatismes ?
C'est sans doute bien dans I'impossibilite du trauma ~ 6tre dit et elabore que s'origine son passage au traumatisme.
La question d'une non-elaboration se repose Iorsque I'on interroge les relations entre douteur et traumatisme: la chronicite de la douleur, envisagee comme repetition traumatique au niveau corporel, ne pourrait-elle alors temoigner de I'impossibilite a mettre en mots, ~ se representer ce qui a fait choc ?
On sait que la persistance des images traumatiques, cauchemars, revivis- cences, rememorations steriles, sont des tentatives de representation. Peut-r la douleur corporelle est-elle parfois une voie, a un niveau plus regressif, de cet effort pour temoigner du traumatique et de sa repetition.
Les attentats, les grandes catastrophes sont maintenant immediatement accompagnes d'une aide psychologique aux victimes. Certains proches de douloureux chroniques posent parfois la question de I'inter~t d'un accompagnement precoce d'evenements pathologiques (accident vasculaire cerebral par exemple), vecus par les patients comme de veritables traumatismes.
Jusqu'a penser qu'une aide psychologique serait necessaire partout... Ce type d'extremisme deviendrait terroriste ou absurde. En revanche, reste entiere la question d'une lacune, d'un manque possible d'ecoute du malade, de parole.
Question qui interpelle inevitablement tout praticien de la douleur.
M.C. Defontaine-Catteau
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