Thesis
Reference
Contribution à l'étude de l'action des sels de potassium sur le coeur et la pression sanguine
ROSENBERG, Raissa
ROSENBERG, Raissa. Contribution à l'étude de l'action des sels de potassium sur le coeur et la pression sanguine. Thèse de doctorat : Univ. Genève, 1898
DOI : 10.13097/archive-ouverte/unige:27296
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http://archive-ouverte.unige.ch/unige:27296
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LABORATOIRE DE THÉRAPEUTIQUE EXPÉRIMEN'rALE DE L'UNIVERSITÉ DE GENÈVE
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE
DE
L'ACTION DES SELS DE POTASSIUI
SUR
LE CŒUR ET LA PRESSION SANGUINE
PAR
Mne Raïssa ROSE-NBERG
de Russie.
THÈSE INAUGURALE
PRÉSENTÉE
A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE GENÈVE POUR OBTENIR LE GRADE DE DOCTEUR EN MÉDECINE
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GENÈVE
IMPRIMERIE REY & MALAVALLON 18, rue de la Pélisserie
1898
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A NOTf\E MAITRE VÉNÉR,É
MoNsiEuR LE PROFESSEUR MAYOR
Professeur à l'Université de Genève
Hommage respectueux
La Faculté de Médecine autorise l'impression de la présente- . thèse, sans prétendre par là émettre d'opinion sur les propo- sitions qui y sont énoncées.
Genève; I4 juin 18g8.
LE DOYEN,
A.-H. V AU CHER.
Le présent travail a été entrepris sur le conseil de Monsieur le Professeur Docteur A. Mayor et exécuté au laboratoire de théra- peutique sous sa direction. Qu'il nous soit permis de lui adresser ici nos sentiments de vive gratitude pour les utiles directions et l'intérêt bienveillant qu'il n'a pas cessé de nous P,rodiguer pendant tout le cours de nos recherches.
INTRODUCTION
<< Les sels de potassiurr1 (nitrate, oxalate, etc.) trop
délaissés augmentent la diurèse en activant la circulation rénale, en agissant sur le cœur qu'ils peuvent tonifier à dose modérée.)) [ Huchard. Médicaments cardiaques, in Traité de thérapeutique appliquée. Fasc. X, p. 163.
J
« Depuis que les sels de potassium ont passé pour des
p~isons musculaires, on a, il est vrai, substitué l'iodure de sodium à l'iodure de potassium)) [J. Renaut et S.
Mollard, Traité de l'hypertrophie du cœur. Même traité, fasc. X, p. 37·l
Voilà deux phrases caractéristiques qui dénotent la tendance actuelle des praticiens à éviter les sels de potas- sium en raison de la puissance toxique qu'on leur attri- bue à l'égard du muscle strié et particulièrement du
muscle cardiaque et qui montrent, également, que nom- bre d'excellents esprits déplorent cette tendancé, issue d'une interprétation fautive donnée à certaines expé- riences. Les craintes dont il s'agit dérivent d'une part de ce que la toxicité générale des sels de potasse a été n1ise en lumière par des travaux ayant trait à l'urémie (Feltz et Ritter, Ch. Bouchard, obs. de D'Espine, etc.), d'autre part de ce que cette action toxique, par le fait de la n1a- ·
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nière dont ont été conduites les expériences a paru por- ter d'une façon spéciale sur le muscle cardiaque.
Elles se heurtent, cependant, non seulement à l'opi-
·nion, mais surtout aux expériences. de Traube et d'autres auteurs qui, eux, sont arrivés à attribuer aux sels de potasse une action tonique sur le cœur.
En face de cette difFérence d'opinions tenant proba- blenlent à une différence dans la méthode d' expérimen- tation, il nous paraît intéressant d'étudier, en nous pla- çant dans des conditions expérÏinentales telles, que l'er:..
reur d'interprétation dont nous parlions plus haut ne soit plus possible, l'action réelle des· sels de potasse sur le cœur et sur la pression sang·uine.
Nous chercherons ainsi à démontrer le bien fondé de la pratique séculaire qui consistait à e1nployer le sel nitre dans les hydropisies cardiaques, le bien fondé aussi de l'opinion de Traube, ainsi que l'exactitude des résul- tats qu'il annonçait, la justesse enfin de cette remarque de Huchard que les sels de potasse sont trop délaissés. · en matière de thérapeutique cardiaque.
V oyons d'abord quels sont les résultats qu'ont donnés les expériences pratiquées par les auteurs qui ont pré-
c~dé Traube et par ceux qui l'ont suivi jusqu'à ces der- nières années.
HISTORIQUE.
Les .sels de potasse ont eté étudiés depuis fort long-·
temps, et cependant leur action sur le cœur' malgre son importance, ne fut analysee que depuis 20 à 3o annees.
Les premières observations un peu detaillees qui avaient trait à ce sujet furent publiees par Grandeau, sous l'instigation de Claude Bernard, en 1863.
Avant ce travail on confondait les sels de potasse avec ceux de soude, et on leur attribuait les mêmes proprietes therapeutiques et toxiques, avec une difference, toute- fois, dans le degré d'intensite.
Ce travail de Grandeau 1 a· servi de base pour les recherches ultérieures à ce sujet. Grandeau, le premier, a demontre que la toxicité de ces sels se manifeste sur- tout sur le cœur d'où la denomination de « pois.ons car- diaques)) qu'il leur a donne~;
Cependant, avant la publication de ce mémoire, on trouve, dans la litterature concernant cette question, quelques indications interessantes.
Un auteur irlandais, O'Shaugnessy, était arrive, par ses expériences, à conclure que le chlorate de potasse, en oxydant le sang (hypothèse pure et qui ne s'est
1 Grandeau. Expériences physiologiques des sels de potassium etc.) injectés dans les veines, i863.
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pas vérifiée) ag·issait en même temps sur le cœur en aug- mentant la tention sanguine et la fréquence du pouls.
Le chlorate aurait pour lui une action tonifiante et révi- vifiante sur l' organis1ne.
Le fait de l'augmentation de tension et de la fréquence clu pouls fut aussi énoncé dans un numéro du The Lancet (année 1731-1732 t. I p. 36g).
Ces conclusions sur la fréquence du pouls et l'~ction
r·évivifiante du, chlorate sur l' org·anis1ne furent battues en brèche par les observateurs ultérieurs, et nota1nment par E. Isambert 1 qui démontra qu'elles étaient en contra- diction formelle avec la réalité des faits. A l'aide d'in- . jections veineuses il observa l'arrêt immédiat du cœur
et constata qu'il se produisait constamment malgré toutes les précautions prises. Cet arrêt du cœur a été constaté par tous les auteurs qui ont pratiqué des injec- tions veineuses.
Ce n'est que plus tard, lorque la méthode d' expé.rimen- tation fut perfectionnée, qu'ont apparu des observations plus détaillées sur l'action intime de ces sels sur le cœur, en parti?ulier sur le pouls et la pression.
Ainsi en 1846, Bouehardat et St-Cooper 2 en expéri- nlentant sur des gr:enouilles, des poissons et des lapins à l'aide des 3 méthodes, sous-cutanee, digestive et vei- neuse, ont constaté que l'injection veineuse arrêtait tou- jours le cœur en diastole.
Les auteurs disent avoir trouvé le sang· du cœur et des
1 E. Isambert. Note sur l'action physiologique du chlorate de potasse.
Gazette médicale de Paris 18D0. Id. Comptes rendus de la Société de · Biologie mème année. Société de Biologie 187 4.
2 Bouchardat et St-Cooper. Sur l'action physiologique de la potasse.
Archives générales de médecine· 1846, supplément.
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vaisseaux afférents coagulé et c'est à cette coagulation que serait dû l'arrêt du cœur.
Ce dernier fait qu'lsarnbert avait cru pouvoir consi- dérer comme établi, serait inexact d'après tous les autres auteurs .
• En 1864 apparût la note de Traube sur l'action du nitrate de potasse sur l'activité cardiaque 1• L'auteur a employé la méthode· d'injections veineuses pratiquées méthodiquement, avec beaucoup dè précision a près tra- chostomie et respiration artificielle préalables.
Il a trouvé que l'action des sels de potasse est corn- . plexe et s'exerce à la fois sur le pouls, la pression et la
température. Il admet une ressemblance singulière entre l'action de la digitale et celle du nitrate de potasse.
Avec ce dernier comme avec la digitale les principaux phénomènes que l'on observe sont : le ralentissement des battements et l'élévation de la pression.
Le premier de ces effets augme!lterait avec la dose jusqu'à une certaine limite; une dose fixe, et toujours la même pour le même animal, à partir d'un certain moment amène l'arrêt du cœur.
Le ralentissement du cœur cesse de se prononcer si les injeCtions se suivent rapidement, tandis que la pres- sion continue à s'élever. Ce ralentissement du pouls fut aussi constaté par Guttmann 2, Podcopaiew 3, Aubert et
1 Traube, Ueber ,die Wirkung des Kali nitricum auf die Herzthatigkeit _
·Gesammte Beitr. zur Physiol. und Pathol .. 1871. 363-66.
2 Guttmann. Experini. Untersuch. ueber die Kali und Natronsalze.
Berl. klin. Woch. 1865.
3 Podcopaïew. Etude comparée de l'action des sels de potasse sur l'or- ganisme animal. St-Pétersbourg 1865 (en russe).
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Dehn 1 puis, plus tard, par Buchheim 2, Kohler 3, Hen- nicke 4, etc.
Kemmerich 5, par contre, dit avoir observé, pour des doses moyennes et petites, une accélération notable des battements, phénomène que Hering 6 et Laborde 7 ont observé tout au début de l'action de l'injection, aprè~
quoi se fait remarquer un ralentissement durable.
Cette accélération constitue pour eux une première periode d) e::ccitation, provoquée par l'émotion selon Hering, par le sel même selon Laborde. Hennicke, qui a observé cette période initiale d'accélération, l'attribue · plutôt à la façon d'injecter le sel qu'au sel lui-même.
Le phénomène très important est donc le ralentissement du cœur. Comment les auteurs expliquent-ils ce ralen- tissement du pouis?
Traube a émis l'opinion, que le nitrate de potasse agit , de la mê1ne façon que la dig·itale avec laquelle il présente tant d'analogies frappantes, c'est-à-dire qu'il agirait sur les 2 centres modérateur et automoteur du cœur, 1nais, avant tout sur le pneumogastrique qui, excité par le ni- trate de potasse, amène un ralentissement des battements.
Pour vérifier cette action sur le pneumogastrique, Traube l'a sectionné des deux côtés, et dit avoir constaté une acceleration notable du pouls qu'on devait supposer
1 Archiv für die ges. Phys. Bonn 1874,.
2 Buchheim. Ueber die Wirkung der Kalisalze 1875.
s Kohler. Zur Wirkung der Kalisalze auf Warmblüter. Areh. de Virchow 1.875.
4 G. Hennicke. Dis sert. inàrig. Greifswald 1877.
5 Kemmerich. Arch. de Wirchow 1868.
6 Hering. Wirkung d. Kalisalze. u. d. Kali-nitr. im spec. auf der thi·eri- schen Organimus. Dissert. inaug. Spandau 1.875.
7 Laborde. Bulletin thérapeut. 1.87 4.
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à priori d'a près son hypothèse. Ce fait n'a pas été con- firmé par les recherches ultérieures de Guttmann et de Podcopaïew1 qui disent n'avoir observé aucun change- ment après la section des pneumogastriques.
Ayant administré une nouvelle dose de nitrate de potasse, Traube a observé que, même après la- section des pneumogastriques, un certain ralentissement sur-·
venait, ce qui démontre, selon lui, aussi une actio_n sur les centres automoteurs.
Ranke 2, Guttmann, Podcopaïew et autres admettent comme action principale, l'action sur la muscu- lature, soit .spécialement sur celle du cœur, soit sur tous les 1nuscle~ en général.
Ainsi Ranke, en admettant l' actio11 des sels de potasse sur le vague, considère, cependant, que cette action s'exerce sur tous les muscles striés en général. Si le cœur est affecté d'une façon plus intense, c'est que toute la substance lui arrive en premier lieu apportée par les veines dans lesquelles on l'injecte. Les sels de potassium seraient pour lui des poisons musculaires c< Muskel-
gi.fte >>. Pour Podcopaïew il s'agirait d'une action spéci- fique sur le muscle cardiaque.
Cet auteur a employé la méthode d'injections arté- rielles dans le but de diffuser la substance par tout l'or- ganisme et d'éviter l'effet foudroyant qu'on obtient après des injections veineuses. Il injectait, en une solution au
· 1 orne, dans le bout périphérique de l'artère crurale d'un chien, jusqu'à r gr. 76 de chlorate.
1 Loc. cit.
2 Ranke. Untersuchungen . ueher die chemischen Bedingungen der Ermüdung des Muskels, 1864.
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Immédiatement après la mort de l'animal, le cœur et les muscles de la cuisse qui ont reçu l'injection n'ont que faiblement répondu aux exc~tations électriques pen- dant dix minutes, pendant que les autres muscles du corps ont conser':"é leur contractilité électrique parfaite- ment intacte.
Il a constaté ce fait chaque fois que le sel a été versé directement dans le sang. Les expériences de Podcopaïew furent répétées par Isambert 1 en 1874-1875 qui a con- firmé les résultats obtenus par le premier et qui attribue l'arrêt du cœur à la paralysie de sa musculature.
De même Guttmann admet l'action spéci~que sur le muscle cardiaque vu que tous les muscles du corps répondent bien aux excitations électriques. Il est d'avis que le ralentissement du pouls n'est pas dû à l'excitation du vague; car il se produirait même après destruction de la moelle allongée', après section des vagues ou ·après de fortes dos~s de curare [on sait qu'à haute dose certains curares agissent sur le vague à la façon d~l'atropine
J.
L'action sur le cœur ne serait pas dû suivantcetauteur·
à la paralysie du muscle, mais à celle des centres ner- veux vu que les muscles répondent très bien aux exci- ta ti ons directes et nerveuses.
Pour Aubert et Dehn 2 non seulement les muscles ne seraient pas paralysés, mais au contraire, ils se trouve- raient excités vu les contractions convulsives que les au-- teurs ont observées sur le cœur; ils attribuent l'action sur le cœur à la paralysie d'un centre de coordination des mouvements cardiaques. ·
1 E. fsambert. Soc. de Biol. 1.874-1875.·
2 Loc. cit.
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He ring, ayant constaté uri ralentissement notable après l'accélération initiale, trouve que les expériences de Traube, comme celles de Guttmann et de Podcopaïew, ne suffisent pas pour pouvoir se faire une opinion bien fixe sur le facteur principal dans l'action sur le cœur.
Il se pourrait que les nerfs et les muscles fussent atteints en même temps.
Hennicke, en 1877, sous la direction du professeur Lan dois, examina, à l'aide du sphygn1ographe, le pouls des chiens qui avaient reçu des injections de sels de potasse et constata le même ralentissement du· pouls, mais il ne se prononce pas entre les diverses théories émises jusqu'à lui.
D'une façon générale, pour expliquer le ralentissement du pouls que produisent les sels de potasse, nous. nous trouvons en face de deux théories : la théorie nerveuse et la théorie musculaire.
Traube se prononce nettement pour la première : le ralentissement du pouls est dû d'abord à une action exci- tante sur le vague, ensuite à une action paralysante s'exerçant sur les g·anglions automoteurs.
Aubert et Dehn, eux, se rattachent à l'idée d'une action paralysante sur les centres de coordination des mouve:rpents cardiaques, et ils auraient observé sur les animaux en expérience une sorte d'état convulsif du cœur que l'on pourrait rapprocher du tétanisme que François Franck décrit comme résultant de l'action ulti- Ine de la dig·itale. Il ne faudrait cependant pas donner trop d'ilnportance à cette analogie apparente, car il faut se rappeler que, sur les grenouilles tandis, que le cœur s'arrête en systole sous l'influence de la digitale, il s'ar-
2
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rête en diastole dans l'intoxication par les sels de potasse.
L'opinion la plus généralement soutenue est celle qui attribue tous les phénomènes objectifs à un affaiblisse- ment de l'action rnusculaire, à une sorte de paralysie myoGardique résultant de ce que la potasse est un poison du muscle strié. Mais tand.is que les uns, avec Ranke, admettent que cette action toxique s'exerce sur le cœur au même titre que sur le reste de_la musculature striée, les autres, après Podcopaïew, croient à une action spé-
cifique, ou, tout au moins, prédominante sur le muscle cardiaque.
Passons maintenant à l'étude de ce qui concerne le second phén~mène, l'élévation de la pression sanguine.
Cette élévation de la pression constatée par Traube en même temps que le ralentissement du pouls, fut confi.r- mée par la plupart des autres expérimentat€urs (Guttmann Podcopaïew etc.).
Elle se manifeste immédiatement après chaque injec- tion pour diminuer graduellement jusqu'à la normale ; une nouvelle injection l'élève de nouveau et ainsi de suite. Aubert et Dehn l'ont constatée pour des doses fai- bles tandis que de fortes doses amèneraient d'abord un fort abaissement de la pression, suivi plus tard d'une élévation notable.
Elle serait due, selon la plupart des auteurs, à l' exci- tation du centre vasomoteur, ·de même que l'abaisse- ment final,, agonique, est dû à la paralysie de ce centre.
L'élévation de la pression va, en général, de pair avec le ralentissement du pouls; mais à un certain moment le ralentissement reste stationnaire, tandis que la pression continue à s'élever.
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En résumé, le ralentissement du pouls et l'élévation de la pression produits par les sels de potasse sont admis par la plupart des auteurs. Certains àute~rs notent cependant l'abaissement de la tension et la tendance du cœur à la paralysie 1•
C'est ce côté de la question qui préqccupe surtout l'opinion médicale à la suite des études sur la toxicité des sels de potasse (Feltz et Ritter 2, Grandeau, etc.).
-Procede experimental.
Le mode d'expérimentation [injection intraveineuse pour la. plupart des auteurs] s'éloigne trop complètement des conditions que réalise la clinique pour permettre des déductions que l'on puisse légitimement appliquer à la thérapeutique.
L'arrivée brusque jusqu'au cœur d'une quantité nota- ble de sel de potasse aura toute chance de donner lieu à des phénomènes spéciaux, très différents peut-être de ceux qui résulteraient de l'action de ces mêmes sels de potasse ·pénétrant, dans les vaisseaux du myocarde, en quantité infiniment moindre mais d'une .. façon continue .
. Les expériences de Traube le prouvaient déjà.
En adoptant :un dispositif expérimental différent, on peut arriver à mettre en lumière, d'une façon plus nette encore, ce fait que la paralysie cardiaque qu'amènent les sels de potasse n'est qu'un phénomène ultime et que, avant qu'elle n'apparaisse, toute une période . s'écoule pendant laquelle, loin d'affaiblir le cœur, le sel de potasse
1 Isambert considère le chlorate comme dépresseur de la tension.
2 Urémie1 expérimentale, 1.881..
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le tonifie; ce que démontre la coïncidence, avec le ralen- tissernent des battements, de leur plus grande énergie et de l'élévation de la tension.
Monsieur le professeur Mayor nous a proposé, pour réaliser ces conditions, d'adopter une méthode qu'il avait déjà eu l'occasion d'appliquer pour faire pénétrer dans la circulation de fortes doses de chlorate de potasse sans rnettre en danger la vie de l'animal. Cette méthode est celle que l'on emploie parfois pour étudier expérimen- talement les phénomènes de l'embolie dans les territoires irrigués par les branches de l'aorte abdominale.
Elle consiste à faire l'injection du corps avec lequel on expérimente dans le bout central de l'artère crurale sectionnée dans le triangle de Scarpa.
Après avoir poussé à l'encontre du courant sanguin une masse de liquide que l'on estÏlne insuffisante pour remonter jusqu'à l'aorte thoracique, on arrête l'injection, et le cœur se charge de faire circuler la Rolution saline à travers le domaine des artères viscérales- et pelviennes.
ainsi que dans les vaisseaux cruraux du côté sain.
Cetteméthod~, qui évite les inconvénients de la méthode veineuse, qui présente cette supériorité sur les méthodes sous-cutan~e et intrapéritonéale que l'expérimentateur n'est pas à la merci des variations dans la rapidité de l'absorptio!l, offre, en outre, comparative1nent au procédé d'injection artérielle périphérique employée par Podco- païew, l_e double avantage suivant : r o ·elle évite les em- bolies et les ruptures fréquentes avec ce procédé? et 21}
elle permet une diffusion beaucoup plus lente; Je liquide étant repoussé par le cœur, et traversant uri champ capil- laire plus étendu, exerce son action d'une faç.on lente et graduelle.
21
Après avoir mis le kymographion en communication avec la carotide, nous introduisons donc la solution dans le bout central de l'artère crurale. Les injections se font de la manière la plus lente, avec toutes les précautions nécessaires.
La solution des sels est exactement titrée· et "filtrée.
Les doses employées ont été toujours graduelles, nous commençions le plus souvent par la dose de 1/2 à 1 C3 en augmentant progTessivement suivant les effets obtenus et accusés par le tracé.
Nous n'avons pas fait attention à la température de la solution, toutefois elle n'était jamais au-dessous de celle de la chambre à opération (1 7 à 18).
Les animaux en expérience étaient anesthésiés, et souvent sou1nis à la respiration artificielle après trachéo- tomie préalable.
Ce procédé d'injection artérielle permet de conserver l'animal très longtemps en vie, et de constater le J.noin- dre changement survenu, soit sous l'influence du sel, soit sous celle de divers incidents expérimentaux.
Mais il expose cependant à une erreur qui se présente aussi avec les. autres méthodes d'expérimentation, c' es.t l'élévation immédiate de la tension sous l'influence de la douleur.
Il faut tenir compte de cela dans la lecture du tracé et ne pas attribuer au médicament l'élévation, d'ailleurs peu durable qui suit immédiatement l'injection intra- artérielle. Nous aurons soins de la noter chaque fois qu'elle se présentera, ainsi que tous les changements survenus sous une influence autre que celle du sel injecté [anesthésique, saignée, etc.
J
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Nous exposons tout d'abord le résumé de nos expé- riences, pour discuter ensuite les conclusions que l'on en peut tirer en les comparant à celles des observateurs qui nous ont précédé.
Nou.s les avons conduites, dans les conditions énoncées plus haut, sur des animaux bien portants, et qui n'ont
· subi aucune opération antérieure (sauf un chien qui
10 jours avant l'expérience avait reçu
4
grammes de sulfonal, lesquels n'avaient amené qu'une tendance au sommeil très passagère).Nous avons.expérimenté sur des chiens et des lapins, avec le chlorate et le nitrate d~ potasse dont la concen- . tration sera indiquée à propos de chaque expérience.
23
Jre SÉRIE
PREMIÈRE EXPÉRIENCE. - Chlorate de potasse.
Chienne de 6 kilogrammes, ayant subi un mois auparavant l' ovariotomie et l'hystérotomie dont elle · était parfaitement guérie.
Anesthésiée par le chloroforme, elle a reçu dans le courant d'environ deux heures, I32 divisions d'une solution de chlorate de potasse à la température de I 8° clans le bout central de l'artère crurale droite ( I o divisions de la seringue employée dans cette expérience, donnaient 6 cent. cubes, ce qui fait 79,26 cent. cubes à I8°, ou bien 5,54 grammes de sel).
Le tracé recueilli avant l'injection indiquait une tension de I48 mm; et une rapidité elu pouls de 84 battements par minute.
Après l'injection de deux premières divisions, le tracé indique une accélération elu pouls qui. devient plus petit, en même temps que la tension s'élève sous l'influence de la douleur dont nous parlions plus haut; mais bientôt le pouls redevient presque nor- mal. Le ralentissement elu pouls commence après la JVme injec- tion et s'accentue de plus en plus avec chaque injection consécu- tive. Ainsi au lieu de 84 battements qu'il présentait avant l'injection, il n'a que 72 battements par minute après la JVme injection; il passe à 48 après _la 5me~ et se ralentit ainsi graduelle.:.
ment.
Voici les chiffres :
Avant l'injection 84 battements par minute
Après la IVe 72 )) ))
)) ve 48 )) ))
)) VJe 44 )) ))
Yi vne 36. )) ))
)) VIlle 32 )) ))
24
Il reste stationnaire à 32, ou peu s'en faut, depuis la VIlle jus- qu'à la XIIe injection.
En m~me temps que ce ralentissement il faut noter une plus grande amplitude du pouls qui devient aussi de plus en plus
régulier. r
Après la 1 2e injection, le pouls, stationnaire un certain temps, reprend une rapidité un peu plus grande, en même temp:::; qu'il devient irrégulier; il atteint de nouveau 4o, 48 battements par minute.
Ç!uant à la pression, nous voyons que de I48 mm. avant l'in- jection elle présente une hauteur de 168 dès la première injection.
Elle ne se maintient pas longtemps à cette hauteur, en partie parce que le sel se trouve partiellement éliminé, et surtout par le fait de 1:administration elu chloroforme, qui, _dans le Gas donné, l'a abaissée jusqu'à 116 mm.
Avant de continuer à recueillir le tracé, on laisse à la tension, abaissée par le chloroforme, le temps de se rétablir.
Elle remonte de nouveau après la VIe injection et arrive à 156 mm., et ; de là, elle s'élève d'une manière assez régulière et pro- gressive.
Voici quelques chiffres :
Après la VIe lll.Jection
>> VIlle >>
)) )) ))
xe
XIIe XVIIIe
)) )) ))
!56 millimètres 162 )) .qo ))
q6 ))
196 ))
Après la 18e injection elle commence à baisser de plus en plus, jusqu'à l'arrêt définitif du cœur en diastole.
Nous pouvons noter dès à présent le fait mentionné déjà par Traube, et qui est ici bien évident, c'est que le ralentissement du pouls et l'élévation de la pression vont de pair seulement jusqu'à une certaine limite, et qu'il arrive un moment où le ralentissement du pouls reste stationnaire pendant que l'elevation de la pression se continue.
Dans le cas donné le pouis se ralentit jusqu'à-la 1 2e injec- tion, tandis que la pression continu,e à s'élever jusqu'à la 18e injection.
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DEuxiÈME EXPÉRIENCE. - Chlorate de potasse.
Chien de 8 kilogr., endormi au chloroforme, a reçu dans le bout central de l'artère crurale droite, dans le courant de plus d'une heure, 57 cent. cubes d'une solution de chlorate à saturation à I8o, ce qui fait 3,gg gr. de sel.
Le tracé dans cette expérience, présente les mêmes particula- rités, à peu de chose près, que dans celle qui précède.
Le ralentissement du pouls est tel que, de II 2 battements par minute après la Jre injection, le pouls tombe à 56 battements;
après la Ige injection, il reste stat~onnaire jusqu'à l'arrêt du cœur en diastole, avant lequel il présente tous les caractères de la période agonique. La hauteur de la courbe est aussi plus grande, de même que le pouls devient plus ample.
Quant à la pression, elle semble, au premier abord, subir des oscillations considérables, mais qui trouvent leur explication -ra- tionnelle dans des causes étrangères, comme chloroforme, effet
mécanique de l'injection, douleur, etc.
En moyenne elle atteint, dans cette expérience, I52 mm. de hauteur, au lieu de I44 mm. du début.
Nous verrons plus loin que dans presque tous les cas où le chloroforme n'a pas été employé, ces oscillations considérables de la pression font défaut.
TRoisiÈME :exPÉRIENCE. - Chlorate de potasse.
Chien de 5 kilog. 5oo gr. endormi au chloroforme, a reçu dans le bout central de l'artère crurale droite, dans le courant d'une heure 35 1/2 c3, [dont 20 cent. cubes ont été injectés de suite, quoi- que lentement, à la fin de l'expérience pour tuer l'animal].
Les mêmes caractères que précédemment se laissent constater
ICI.
Voici du reste les chiffres tirés du tracé en ce qui concerne la pression et le pouls.
26
Pouls
Avant l'inject. I 6o batt. par min.
Après la Jll inject. I44 ).) ))
)) ne )) . I44 )) ))
)) Ille )) g6 )) ))
)) IVe )) 88 )) ))
)) ve )) 8o )) ))
)) VJe )) 8o )) ))
)) VIJe )) 72 )) ))
Voici quelques chiffres concernant la pression : Avant l'inject. I oo millimètres Après la Je inject. I 22 >>
)) Ue )) I38 ))
>> Ille >> I4o >>
>> IVe >> I 3 6 >>
)) ve )) ))
>> VJe >> ))
)) vue ))
))Pulsations plus régulières et plus amples.
Après la ge injection sont survenus les accidents toxiques avec abaissement de la pression et irrégularité du pouls.
QuATRIÈME EXPÉRIENCE. -Nitrate de potasse.
Petjt chien a reçu, dans le courant d'une heure 44 minutes, I5 1/ 4 cent. cubes d'une solution de nitrate de potasse à 3o p. I 3o dans la crurale droite.
Immédiatement avant l'injection le tracé indique une pression de 8 I II).illimètres et le pouls une rapidité de 64 battements par minute.
Après la Je injection la pression s'élève à .1 27, le pouls se ralentit jusqu'à 6o battements par minute.
Après administration du chloroforme, la pression tombe jusqu'à ne pouvoir soulever qu'une colonne de mercure égale à 86 milli- -mètres.
Avant de continuer à recueillir le tracé o? laisse à la pression le temps de se rétablir.·
27
Voici quelques chiffres concernant la pression et le pouls.
Avant l'inject. 84 batt. par min.
A pr.ès la III e in j ect. 72 )) ))
)) IVe )) 72 )) ))
)) Ve )) 72 )) )).
)) vne )) 6o )) ))
)) VIIIe )) 6o )) ))
)) IXe )) 6o )) ))
~ XIe )) 52 )) ))
)) XIIe )) 44 )) ))
)) XIIIe )) 44 )) ))
)) XIVe )) 44 )) ))
"'
)) xve )) 38 )) ))
· Pour la pression :
Avant l'inject. Sr millimètres.
Après la Ille l'inject. g5 ))
)) IVe )) !09 ))
)) Ve )) I23 ))
)) vne )) III ))
)) VIlle )) II3 ))
)) IXe )) I47 ))
)) XIIIe )) r3g ))
)) XIVe )) I55 ))
Ici commence la baisse de pression suivie bientôt de l'arrêt du cœur en diastole. Nous voyons que dans cette expérience avec le nitrate de potasse les mêmes phénomènes se laissent constater
qu'avec le chlorate. .
L'abaissement considérable de la pression coïncide avec l'admi~
nistration du chloroforme ; le pouls se ralentit d'une manière notable, de 72 battements après la Ille injection à 38 battements par minute après la r5e injectio:Q.. Mais ce ralentissement n'aug- mente, qu'avec plusieurs injections consécutives. Les résultats de cette expérience concordent clone avec ceux des expériences précé- dentes y compris l'augmentation de l'amplitude du pouls.
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CINQUIÈME E~PÉRIENCE. -Nitrate de potasse.
Vieux chien de 18 kilogr. a reçu 27 cent. cube d'une solution de nitrate à 3o
+
I oo gr. d'eau dans la crurale droite, ce qui fait 6,2. gr. de sel. Avant l'injection la pression est de I44 mm., elle est de 199 mm. après la 2e injection.Après la Je inject. I44 millimètres.
)) ne. )) 199 ))
)) IIIe >> 2o5 ))
>> IVe )) 255 >>
· L'animal s'agite, on lui: administre du chloroforme qui fait baisser la pression ju~qu'à 197 mm. Mais bientôt par une nouvelle injection de nitrate elle remonte de nouveau à 243 mm. et plus.
Ici on pratjque une saignée de 1 20 gr. qui a pour but d' abais- ser la tension et de faire ressortir d'une façon plus évidente l'élé- vation de pression par le fait d'injection du sel.
Et de fait la pression abaissée jusqu'à 215 mm. remonte par la 6e injection jusqu'à 256 mm. Après la 6e injection on pratique une seconde saignée de 200 gr. qui abaisse légèrement la tension.
La 7e injection (4 cc. de la solution sus-indiquée) pratiquée un instant après, relève cette pression sans· la ramener d'une façon durable à la hauteur qu'elle avait avant la saignée. Enfin une se injection et une ge injection rétablissent une tension égale à ce qu'elle était avant la saignée.
Ici on tue l'animal en le saignant à blanc.
Quant au pouls, le ralentissement est assez régulier sauf que la saignée l'a accéléré.
Voici quelques chiffres :
Après la ne inject. I 52 batt. par min.
)) Ille )) 88 )) ))
)) IVe )) lOO )) ))
)) . Ve )) g6 )) ))
)) VIe )) 64 )) ))
))
v ne
)) 6o )) )))) VIne )) 52 )) ))
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Après la dernière saignée systoles incomplètes, arrêt du cœur en diastole.
sixiÈME EXPÉRIENCE. - Nitrate de potasse.
Chien de grandeur moyenne a reçu g cent. cube .d'une solution de nitrate à 3o
+
Ioo gr. d'eau, ce qui fait 2,7 gr. de sel.Avant l'injection la pression était de I 22 millim., elle est de I40 mm. après la Jre injection, de I52 mm. après la Ile injection, I46,· aprèS la IVe. Il se produit ici un abaissement dû à Unjection intraveineuse d'une certaine dose de chloral; la chloralisation ces- sée, la pression ne tarde pas à se relever.
Pour le ralentissement elu pouls, voici les chiffres : Après la Je injection 208 battements par minute
)) ne )) 200 )) ))
>> Ille >> q6 >> >>
)) IVe )) I52 )) ))
)) ve )) I52 )) ))
)) VIe )) I44 )) ))
)) vne )) I44 )) ))
)) VIlle )) I28 )) ))
Les expériences sus-indiquées; d'·après le résumé qui précède, concourent toutes à démontrer la constance de deux phénomènes principaux, ralentissement du pouls et élévation de la . pression sous l'influence des sels de potasse, phénomènes démontrés déjà par Traube et autres.
Mais les expériences, sur lesquelles ils se sont basés, Inanquent un peu de précision, et, pour la plupart, ils n'ont pas donné de ces phénomènes une explication rationnelle. ·
Là où les résultats obtenus dans nos expériences sem- blent contradictoires, on peut démontrer de la· façon la plus évidente, l'influence d'autres causes que) celle du
30.
sel luï-même (ainsi : chloroformisation, saig·née, etc., etc.)
Ainsi donc étant donné les conditions essentiellement
·cliniques, où nous nous sommes placé, étant donné le contrôle minutieux et absolu de tous les phénomènes observés; nos expériences permettent des déductions plus légitim,es.
Traube, dont les résultats ,énçmcés concordent sous beaucoup de rapports avec les nôtres, n'a pu dé1nontrer l'action des sels de potasse que pour de très faibles doses.
A cause de la méthode d'injections veineuses qu'il em- ployait, une dose de 1. 2. cent. cube suffisait pour ame- ner la mort chez un chien de moyenne grandeur.
( So,lution employée : 1/2 once de nitrate de potasse pour 2 onces et plus tard pour 6 onces d'eau). La rapi- dité de l'apparition des phénomènes toxiques démontre déjà que les résultats étaient passibles de plus· d'une ob- jection. Nous sommes arrivé à .administrer
4,
6, 8 gr.de sel, et plus, en solution plus ou moins diluée, avant que les phénomènes toxiques apparaissent. Malgré l' opi- pinion générale des auteurs, qui s'accordent à admettre que le ralentissement du cœur, produit par les sels de potasse est de nature purement toxique, (ces derniers étant des poisons des centres nerveux cardiaques suivant les uns, des poisons musculaires suivant les autres), nos expériences, nous semble-t-il, nous permettent d'affir- mer, d'accord avec l'opinion déjà annoncée par.Traube, l'action tonique de ces sels sur le cœur.
Le pouls se ralentissant d'une 1nanière régulière et progressive, gagne en amplitude et devient de plus en plus fort, en même temps qu'il se rég·ularise d'une ma- nière trè~ évidente.
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L' élevation de la pression se manifeste immédiate- ment aprèsl'injection faite mênw de la manière. la plus lente possible, (pour éviter l'action purement mécanique sur la pression). Elle augmente, de n1ême que le pouls se ralentit, à chaque injection consécutive, mais, à partir d'une certaine limite, on remarque le fai~, déjà observé par Tràube, que, le pouls restant stationnaire, la pres- sion continue encore à s'élever jusqu'à ce que se mani- feste la période d'affaiblissement du cœur.
Ce qui parle en faveur de l'action tonique de ces sels, c'est le fait que, lorsqu'on emploie l'injection artérielle, ce n'est qu'au moment où se montrent les phénomènes to- xiques que le tracé obtenu concorde entièrement avec ceux des auteurs qui ont pratiqué des injections veineuses avec de fortes doses. C'est alors aussi que le ralentissement du pouls et l'élévation de la pression cèdent la place aux phénomènes de la période prérnortelle : abaissement progressif de la pression, irrégularité extrême des batte-·
ments. L'amplitude du pouls diminue de même, et il devient petit, faible et irrégulier. Mais, pendant toute une longue première "période, les·phénornènes sont nota- blement différents et consistent en un ralentissement accompagné chez le chien de régularisation des batte- ments du cœur, ralentissement qui coïncide avec une élévation notable de la pression.
Nous voyons ainsi que, si nous sommes amené à inter- préter autrement que la plupart des auteurs qui nous ont précédé le mode d'action des sels de potasse, cela vient de la différence entre les méthodes expérimentales adop- tées par eux et par nous. Lorsque, à la fin de nos expé- riences, nous nous trouvons dans des conditions analo-
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gues à celles où ils se trouvaient, ell:x, pendant tout le cours des leurs, c'est-à-dire, lorsque le cœur de l'animal reçoit un sang mélangé trop abondarrlment de sels po- tassiques, nos tracés deviennent absolument semblables aux leurs.
Reste à démontrer de quelle façon les sels de potasse exercent leur action tonique.
L'hypothèse érnise par Traube, qui attribue le ralen- tissement du pouls à une action sur le vague, demande des démonstrations, vu que l'accélération du pouls après section des vagues, n'a pas été vérifiée par d'autr'es expérimentateurs comme Guttmann, Podcopaïew, et autres.
Nous avons entrepris une série d'expériences (Il) dorit voici le résumé :
Ume SÉRIE
PREMIÈRE EXPÉRIENCE. - JVitrafe de potasse.
Gros chien de 20 kilogrammes 200 gr. a reçu clans le courant de 2 heures 1 g minutes 1 oo cent. cubes -d'une solution de nitrate à
10 °/0 clans la crurale droite (ce qui fait 10 grammes de nitrate de pot.)
Voici les résultats concernant le ralentissement elu pouls : Après la · Je injection 126 battements par minute
)) II e )) I 2 o l) ))
)) IIIe )) 120 )) ))
)) ))
IVe
ve
)) ))
114
108 )) ))
)) ))
Après la Ve injection les vagues furent sectionnés et voici les résultats :
Après la section des vagues, 1 14 battements par minute.
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Après la vue injection 92 battements par minute
)) VIJJe )) 96 )) ))
)) JXe )) 64 )) ))
)) xe )) 56 )) ))
)) . XIe )) 68 )) ))
)) xne )) 48 )) ))
L'animal fut tué par des doses successives de 5 cent. cubes injec- tés de suite.
Nous voyons qu'avant la section des vagues le ralentissement du pouls est aussi régulier que dans les expériences de la pre- mière série.
Immédiatement après la section, nous voyons se manifester une accélération (de Io8 battements à I I4), qui, après une nouvelle dose de nitrate, fait place à un ralentissement qui augmente avec chaque injection, mais d'une façon un peu irrégulière.
DEUXIÈME EXPÉRIENCE. -Nitrate de potasse.
Lapin de deux kilogr. I4o gr., . a reçu dans le courant de I heure 27 min., I8,8 cent. cubes d'une solution de nitrate à IO 0/0 ce qui fait I gramme, 88 centigrammes de sel. Anesthésié par l'éther.
Voici les résultats :
Avant l'injection 280 battements par minute.
Après 'la Je injection 264 battements par minute
>> II e >> 2 I 6 » »
>> IJJe » 208 » »
)) ))
JVe Ve
)) ))
208 208
)) ))
)) ))
Immédiatement avant la section des vagues I 84 battements par minute.
Après la section 200 battements par minute )) VIe injection I 92 >> >>
)) VIJe )) I84 )) »
>> VIJJe >> I 76 >> »
)) ))
xe XJe
)) ))
I28 )) I20 )) Puis irrégularité et arrêt du cœur en diastole.
)) ))
3
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TROISIÈME EXPÉRIENCE. -Nitrate de potasse.
Chien de grandeur . moyenne, endormi au chloroforme, a reçu en moins d'une heure environ, 3 grammes de nitrate en solution à JO Ofo·
Avant l'injection le tracé indique une pression de I54 millim.;
elle. est de 170 après la Jre injection, de 180 après la Ille injection.
Une forte dose de chloroforme l'abaisse considérablement. Elle se relève de nouveau après la vue inj~ction (182 mm.) et atteint
194 millim. après la IXe.
Après lq. section du pneumogastrique, la. pression s'est encore un p~u élevée ( 1 g6 mm.).
Poux-le pouls nous constatons avant la section des vagues un ralentissement régulier : .
I44 - I36 -- 128 -- g6
Immédiatement après la section le pouls atteint 144 battements par minute; une nouvelle dose de nitrate le ralentit jusqu'à I 36.
QUATRIÈME EXPÉRIENCE. -Nitrate de potasse.
Chien de 5 kilogr. 8oo gr., endormi au chlüroforme, a reçu dans le courant de 1 h. 20 min., 28 1/ 2 cent. cubes d'~ne solution de nitrate à 45 pour 115 (dont 2 cc. ont été injectés à 3o pour
1 3o ), ce qui fait environ 4 grammes de nitrate.
Après la Je injection de 1 cent. cube, l'animal a présenté des accidents toxiques : irrégularité du pouls, abaissement de la pression, etc.
Après la Ille injection la pression se relève et atteint 166 mm., une saignée l'abaisse jusqu'à 144 mm.
Le pouls, qui se ralentissait assez régulièrement, se trouve subi- tement accéléré, de 128 à 144, ce qui tient probablement à ce que l'animal fut curarisé (dans le but de supprimer les mouve- ments de l'animal et leur influence sur le tracé), or, avec certains curares au moins, il survient très souvent la paralysie du pneu- mogastrique comme avec l'atropine.
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On n'a pas pu suivre les changements ultérieurs du pouls, à cause des accidênts toxiques qui se sont prés~ntés et· ont amené l'arrêt du.•cœur·en di·astole.
CINQUIÈME EXPÉRIENCE. - Nit~ate de p,otasse.
Gros lapin d'environ 2 kilogs a reçu des injections de nitrate en solution à·IO ·0 j 0• Le· nombre des battements par minute' avant l'injection était de 246.
Voici quels sont les changements par les injections consécutives:
Après la ne injection 234 battements par minute
)) ))
IVe Ve
)) ))
2I6 2IO.
Immédiatement avant la section 2 I 6.
}) ))
)) ))
La section des vagues a été suivie d'une accélération notable de 2I6à234.
Une nouveHe injection ramène de nouveau un ralentissement du pouls qui s'accentue avec chaque injection.
Voici quelques chiffres :
Après la vue injection 2 I 6 battements par minute
)) IXe )) 198 )) ))
)) Xe }) !58 }) ))
)} XIe )) I38 )) ))
)) XIIe )) I38 )) ))
)} XIIIe )) I32 }) ))
)) XIVe )) 126' )) ))
)) xve }) 120 )) ))
)) XVIe )) II4' )) ))
))
xv
ne )) 108 · )) ))SIXIÈME EXPÉRIENCE. - Chlorate de potasse.
Chien de 4 kilogs 8oo gr., endormi d'abord à l'éther, plus tard au chloroforme, a reçu 28 1/2 cent. cubes d'une solution de chlorate de potasse à 7, 2 ce qui fait 2 grammes de sel.
Le pouls, avant l'injection, semble couplé à certains endroits, et irrégulier. n présente :
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Après la ·Je injection 162 battements par minute
· >> II e >> 1 56 >> >>
1 o minutes après la section du vague le pouls est de 246 batte- ments par minute.
Après les injections consécutives il présente un ralentissement peu stable et irrégulier :
'Après la JUe injection 228 battements par minute
)) JVe )) 234 )) ))
)) Ve )) 216 )) ))
)) V Je )) 216 )) ))
)) vue )) 216 )) ))
)) VU Je )) 216 )) ))
)) JXe )) 222 )) ))
Depuis ce moment il ne se ralentit plus malgré les injections, il se trouve même accéléré. L'expérience a dû être interrompue, l'ani- mal par un mouvement brusque a fait sauter l'appareil en ~ommu
nication avec la carotide.
sEPTIÈME E::\.""PÉRIENCE. - Nitrate de potasse.
Lapin de 2 kilogs 435 gr. fut curarisé par l'artère fémorale, a reçu des injections de nitrate à 1 o 0 Jo.
Voici les résultats :
Avant l'injection 162 battements par minute.
Après la Je injection 15o battements par minute.
Immédiatement avant la section du vague I5o battements à la minute.
Après la section du vague I5g battements à la minute.
Après la UJe injection 168 battements par minute
>> IVe >> 1 68 >> >>
)) ve )) 204 )) ))
)) VIe )) 204 )) ))
)) vne )) 198 )) ))
)) VIlle )) )) ))
)) JXe )) 186 )) ))
Comme résultats, analogue à l'expérience précédente.