Universit´e Paris-Dauphine Analyse 3
J. F´ejoz D´ecembre 2019
Second Contrˆ ole continu
Dur´ee : 1h30 — Sans document ni appareil ´electronique.
Les r´eponses doivent ˆetre justifi´ees mais concises.
Mentionner les erreurs d’´enonc´e ´eventuelles.
Chaque question est environ sur 3 points.
1. Soientpunqetpvnqdeux suites ´equivalentes, `a termes positifs. Montrer queř un converge si et seulement si ř
vn converge.
Solution. Commeun„vn, il existe un rang N `a partir duquel vn
2 ďunď2vn.
En sommant, si l’on note Un “ u0` ¨ ¨ ¨ `un et Vn “ v0` ¨ ¨ ¨ `vN, pour tout něN on a donc
(1) 1
2pVn´VNq ďUn´UN ď2pVn´VNq, doncpUnq etpVnqconvergent ou divergent simultan´ement.
2. Montrer que si une suite de fonctions continues sur un intervalleI deRconverge uniform´ement, sa limite est continue.
Solution. Soit pfnq une suite de fonctions continues de I dans R qui converge uniform´ement vers une fonction f :I ÑRsur I. FixonsxPI et montrons quef est continue enx. Soitεą0. Comme la suitepfnqconverge uniform´ement versf, il existe n1ě0 tel que, pour toutněn1,
@y PI, |fnpyq ´fpyq| ď ε 4 .
De plus, la fonction fn1 ´etant continue en x, il existe ηą0 tel que
@yPI, y P rx´η, x`ηs ñ |fn1pyq ´fn1pxq| ď ε 2 . Par cons´equent, pour touty PI, avec yP rx´η, x`ηs, on a
|fpyq´fpxq| ď |fpyq´fn1pyq|`|fn1pyq´fn1pxq|`|fn1pxq´fpxq| ď ε 4`ε
2`ε 4 “ε , ce qui montre f continue enx, et ce, pour tout xPI.
3. ´Enoncer des hypoth`eses g´en´erales sur une suitepfnqde fonctions r´eelles de classe C1 sur un intervalleI deR pour que
(2) plimfnq1“limfn1.
Donner un exemple de suitepfnq de fonctions r´eelles de classe C1 sur Rtelle que pfn1q converge uniform´ement, mais telle que l’´egalit´e (2) n’est pas v´erifi´ee.
2
Solution. Th´eor`eme : On suppose que fn :I Ñ R est une suite de fonctions de classe C1 sur I. Si (1) il existe un point a P I tel que la suite r´eelle pfnpaqq converge vers un r´eel b, et (2) la suite de d´eriv´ees pfn1q converge uniform´ement vers une fonction g:I ÑRsurI,pfnq converge simplement surI vers la fonction f d´efinie par
(3) fpxq “b`
żx
a
gpsqds @xPI;
en particulier, f1“g, i.e.plimfnq1 “limfn1.
Contre-exemple : fn “ p´1qn. La premi`ere hypoth`ese du th´eor`eme est viol´ee, et la conclusion n’est pas v´erifi´ee puisque pfnq n’a pas de limite.
4. Montrer que, si pfnq est une suite de fonctions convergeant uniform´ement vers une fonctionf surR, la suitepsinfnq converge elle aussi uniform´ement surR. Solution. D’apr`es le th´eor`eme des accroissements finis,
|sinpfnpxqq ´sinpfpxqq| ď |fnpxq ´fpxq| ď }fn´f} Ñ0.
5. Les int´egrales suivantes sont-elles convergentes : ż`8
0
cosx dx, ż`8
1
lnx px´1qα dx,
ż`8
2
at2´t ln ˆ
cos1 t
˙ ˆ sin 1
lnt
˙2
dt? (pour la deuxi`eme int´egrale, on raisonnera en fonction de αPR).
Solution.
(1) La fonction cos est continue sur R, donc la question de la convergence de son int´egrale ne se pose qu’en l’infini. La fonction f : X ÞÑ şX
0 cosx dx est 2π-p´eriodique (parce que şpk`1q2π
k2π cosx dx“0 pour tout kPZ) et non constante. Doncf n’a pas de limite en`8, et la premi`ere int´egrale diverge.
(2) Il s’agit de d´eterminer l’int´egrabilit´e en 1 et en`8.
En 1 : on voit que, siX est assez petit, ż1`X
1
lnx
px´1qα dx“ żX
0
lnp1`yq yα dy, o`u
lnp1`yq yα „yÑ0
1 yα´1,
donc l’int´egrale demand´ee converge en 1 si et seulement siαă2.
En `8 : par le mˆeme changement de variable, on se ram`ene `a tester l’int´egrabilit´e de
lnp1`yq
yα „ lny yα en`8. Or,
żX
2
lny yα dy“
# 1
´α`1
“plnyq´α`1‰X
2 si α‰1 rln lnysX2 si α“1,
donc l’int´egrale demand´ee converge en `8si et seulement siαą1.
Finalement, l’int´egrale converge (des deux cˆot´es) si et seulement si 1 ă αă2.
3
(3) La fonction `a int´egrer ´etant continue surr2,`8r, la question de la conver- gence ne se pose qu’en`8. Quand ttend vers`8,
a
t2´t lnpcosp1{tqq ˆ
sin 1 lnt
˙2
„ ´1 2t
1 plntq2,
donc, d’apr`es le calcul fait dans l’item pr´ec´edent, la troisi`eme int´egrale converge.
6. La suite des fonctions
fn:xÞÑn sin
´x n
¯
converge-t-elle simplement surR?, uniform´ement surR?, uniform´ement surr0,1s? Solution.
(1) Pour tout xPR, quandnÑ 8, fnpxq “nsin
´x n
¯
“x`o ˆ1
n
˙ Ñx.
DoncfnÑid simplement surR. (2) Pour tout ně1, la fonction dex
|fnpxq ´x| ě |x| ´ |fnpxq| ě |x| ´n
tend vers l’infini `a l’infini, doncpfnqne converge pas uniform´ement surR. (3) La fonction xÞÑnsin`x
n
˘´x d´ecroˆıt sur r0,1s, donc, pour tout xP r0,1s, max
xPr0,1s|fnpxq ´x| “ |fnp1q ´1| “nsin1 n ´1.
Le calcul restant `a faire est le cas particulier en x “ 1 du d´eveloppement limit´e fait pour montrer la convergence simple, et l’on voit donc que
max
xPr0,1s|fnpxq ´x| “ 1
n´1Ñ0.
Doncpfnqconverge uniform´ement sur r0,1s(de mˆeme que sur toute partie born´ee de R).
7. Notonsfnpxq “ ne´xn`x`x2. Calculer la limite si elle existe de un“
ż1
0
fnpxqdx;
on pourra commencer par ´etudier la convergence de la suite de fonctions pfnq.
Solution. pfnq converge simplement vers f : x ÞÑ e´x. De plus, si x P r0,1s et ně1,
|fnpxq ´fpxq| “e´x ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ
1`x2nex 1` xn ´1
ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ
“ 1 n ˇ ˇ ˇ ˇ
x2ex´x 1`xn
ˇ ˇ ˇ
ˇď e`1 n Ñ0, doncpfnq converge vers f uniform´ement surr0,1s.
Comme les fonctionsfnsont continues surr0,1s, les int´egralesunsont bien d´efinies.
Comme de pluspfnqconverge uniform´ement, on peut permuter limite et int´egrale : limun“
ż1
0
e´xdx“1´1 e.
4
8. (Bonus) Soitpunqune suite de fonctions r´eelles surN,un:NÑR,mÞÑunpmq.
On suppose que (a) pour tout nla suite r´eelle punpmqqm converge et (b) il existe une suite r´eelle pαnq telle que |unpmq| ď αn (pour tous m, n) et ř
nαn ă 8.
Montrer que
limm
ÿ
ně0
unpmq “ ÿ
ně0
limm unpmq.
Solution. La seconde hypoth`ese implique que, pour tout m, ř
nunpmq converge absolument ; soitUpmq sa somme.
Notons un “ limmunpmq, qui existe d’apr`es la premi`ere hypoth`ese. La seconde hypoth`ese implique, en passant `a la limite m Ñ `8, que |un| ď αn, donc que řun converge absolument ; notons U sa somme.
On veut montrer que Upmq a pour limite U. Quel que soitN,
|Upmq ´U| ď
N
ÿ
1
|unpmq ´un| `2
8
ÿ
N`1
αn.
On peut choisirN pour que le second terme du membre de droite soitď{2,ą0
´
etant donn´e aussi petit que voulu. Alors il existe M tel que si měM on ait
|un´unpmq| ă 2N pour tout 1ďnďN, de sorte que
|Upmq ´U| ď.