Taylor g´ en´ eral
D´edou
Mars 2012
De Taylor 2 ` a Taylor n
Ce qu’on a fait
pour n= 1 : les accroissements finis, pour n= 2 : Taylor quadratique,
on va le faire maintenant pourn quelconque.
Rappel : l’approximation quadratique
L’approximation de Taylor d’ordre 2, ou polynˆome de Taylor d’ordre 2 d’une fonctionf deux fois d´erivable en un point a, c’est ce qu’on a appel´e l’approximation quadratique def ena :
Q :=Qf,a:=x 7→f(a) +f0(a)(x−a) +f00(a)(x−a)2
2 .
C’est l’unique trinˆome Q du second degr´e v´erifiant Q(a) =f(a), Q0(a) =f0(a), Q00(a) =f00(a).
L’approximation de Taylor
Etant donn´e une fonction f qui estn fois d´erivable en un point a, y’a un unique polynˆome T de degr´e n (au plus) avec les mˆemes d´eriv´ees que f ena jusqu’`a la n-i`eme :
T(a) =f(a),T0(a) =f0(a),· · · ,T(n)(a) =f(n)(a).
On l’appellepolynˆome de Taylor d’ordre n def ena ou encored´eveloppement limit´e d’ordren def ena ou encoreDL d’ordren def ena et c’est
x 7→f(a) +f0(a)(x−a) +· · ·+f(n)(a)(x−a)n n! ,
autrement dit
x7→
n
X
i=0
f(i)(a)(x−a)i i! .
Conventions
Pour pouvoir formaliser
f(a) +f0(a)(x−a) +· · ·+f(n)(a)(x−a)n n!
en
n
X
i=0
f(i)(a)(x−a)i i!
il faut activer trois conventions :
pour tout nombre r´eel y(icix−a), on a pos´ey0:= 1 ; on a pos´e 0! := 1 ;
pour toute fonction f, on pose f(0) :=f. Cette convention concr´etise l’id´ee que, quand on d´erive z´ero fois une fonctionf, on retrouve f.
Exemple
Exo corrig´e
Calculer le DL `a l’ordre 3 de x 7→x4 en 1.
Exercice
Exo 1
Calculer le DL `a l’ordre 3 de x 7→√ x en 1.
La variante en h
Pour concr´etiser le fait qu’on s’int´eresse plutˆot aux valeurs de x qui sont proches dea (mˆeme si ¸ca ne veut rien dire), on pose h:=x−ace qui conduit aux variantes
T(a+h) =f(a) +f0(a)h+· · ·+f(n)(a)hn n!, T(a+h) =
n
X
i=0
f(i)(a)hi i!.
Taylor g´ en´ eral
On a une fonctionf qui estn fois d´erivable sur un intervalleI, aveca∈I. On suppose que, sur l’intervalle I, on a un encadrement
m≤f(n)≤M.
Alors, pour toutx dansI,f(x) est encadr´e par les deux expressions suivantes, obtenues en rempla¸cant respectivement, dans le DL de degr´e n de f ena,f(n)(a) par m puis parM :
f(a) +f0(a)(x−a) +· · ·+f(n−1)(a)(x−a)n−1
(n−1)! +m(x−a)n n!
et
f(a) +f0(a)(x−a) +· · ·+f(n−1)(a)(x−a)n−1
(n−1)! +M(x−a)n n! .
Quel est le plus grand ?
Entre nos deux encadrants,
f(a) +f0(a)(x−a) +· · ·+f(n−1)(a)(x−a)n−1
(n−1)! +m(x−a)n n!
et
f(a) +f0(a)(x−a) +· · ·+f(n−1)(a)(x−a)n−1
(n−1)! +M(x−a)n n! , lequel est le plus grand ?
Pourx ≥a, la seconde expression est plus grande que la premi`ere, mais pourx≤a, ¸ca d´epend de la parit´e de n : on a bien vu que pourn= 1 on a deux droites qui se croisent, et pour n = 2, on a deux paraboles qui se touchent sans se croiser.
Exemple
Prenons pourf la fonction exponentielle, avecI := [0,1] et a:= 0.
Comme on sait, toutes les d´eriv´ees de f sont ´egales `af, et on a donc, pour toutn et toutx dansI, l’encadrement
1≤fn)(x)≤e.
On obtient, pourx ∈I,
1 +· · ·+ xn−1
(n−1)!+xn
n! ≤ex ≤1 +· · ·+ xn−1
(n−1)!+exn n!.
Exo 2
Ecrivez la mˆeme formule avecn := 4, et sans les points de suspension.
Le calcul de e
Pourx = 1, on obtient par exemple 1 +· · ·+ 1
(n−1)!+ 1
n! ≤e ≤1 +· · ·+ 1
(n−1)!+ 3 n!. On encadre ainsie entre deux nombres rationnels dont la diff´erence n!2 tend vers 0 (”tr`es vite”) avecn.
Exo : le calcul de
1eExo 3
On prend pourf la fonctionx 7→e−x avec I := [0,1] eta:= 0.
a) Dessinezf.
b) Calculez puis encadrezf(2n) sur I. Faites de mˆeme pourf(2n+1). c) Donnez l’encadrement de Taylor def(x) `a l’ordre 4 pourx∈I. d) Donnez l’encadrement correspondant de 1e.