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(1)

Ensembles, relations, fonctions

Table des mati` eres

1 Ensembles 1

1.1 Vocabulaire et notations . . . 1

1.2 Op´erations ensemblistes . . . 1

1.3 Ensemble des parties d’un ensembleE . . . 2

1.4 Ensembles finis, ensembles infinis . . . 2

2 Relations 3 2.1 D´efinitions . . . 3

2.2 Propri´et´es des relations . . . 3

2.3 Relations d’ordre . . . 3

3 Fonctions 3 3.1 D´efinitions et notations . . . 3

3.2 Restrictions et prolongements . . . 4

3.3 Composition des fonctions . . . 4

3.4 It´er´es d’une fonction . . . 4

3.5 Injections, surjections, bijections . . . 4

3.6 Notion de famille . . . 5

◮Ce support de cours donne l’essentiel des d´efinitions, notations et propri´et´es `a connaˆıtre, concernant les ensembles, les relations et les fonctions. S’agissant de la premi`ere version de ce support, il est vraisemblable que quelques coquilles s’y trouvent encore.

◮Dans ce support, nous faisons r´ef´erence `a plusieurs reprises `a la notion de loi de composition, ou aux propri´et´es qu’une telle loi peut poss´eder. Les d´efinitions correspondantes sont dans le support de cours intitul´eLois de composition, et disponible ici :

http://bruno.maitresdumonde.com/pcsi2/maths/cours/Lois-de-composition.pdf

1 Ensembles

1.1 Vocabulaire et notations

Les notions d’ensemble et d’´el´ement ne sont pas d´efinies ; elles sont consid´er´ees comme intuitives.

Un objetxpeut appartenir `a l’ensembleE, ce qui s’´ecritx∈E et se litxappartient `aE, ou encorexest un´el´ement deE. Nous ´ecrironsx /∈Elorsque xn’appartient pas `aE.

D´efinition: un ensembleA est unepartie (on dit aussisous-ensemble) deE si tous les ´el´ements deAappar- tiennent `aE; ceci s’´ecrit A⊂E et se litAest contenu dansE.

Il existe un ensemble ne contenant aucun ´el´ement, c’est l’ensemble vide, not´e∅.

1.2 Op´ erations ensemblistes

D´efinition: soientAetB deux parties d’un mˆeme ensembleE; l’union(our´eunion) deAetBest l’ensemble, not´eA∪B, des objets qui appartiennent `aA, ou `a B, voire aux deux simultan´ement.

D´efinition: l’intersection deA et B est not´ee A∩B; c’est l’ensemble des objets qui appartiennent simul- tan´ement `aA et `aB.

D´efinition: nous dirons que les ensemblesAet B sontdisjoints si leur intersection est vide ; autrement dit : s’ils n’ont aucun ´el´ement en commun.

Les op´erations∪et ∩ poss`edent de nombreuses propri´et´es simples ; plus pr´ecis´ement, siA, B et C sont trois ensembles, alors :

(2)

1. A∪B=B∪A; 2. A∩B=B∩A;

3. (A∪B)∪C=A∪(B∪C) ; 4. (A∩B)∩C=A∩(B∩C) ; 5. A∩(B∪C) = (A∩B)∪(A∩C) ; 6. A∪(B∩C) = (A∪B)∩(A∪C) ; 7. A∪ ∅=AetA∩ ∅=∅;

8. siA⊂B, alorsA∪B =B et A∩B=A.

Remarque: dans ce qui suit, nous faisons appel `a la notion defamille, qui est d´efinie plus loin, `a la section 3.6.

Plus g´en´eralement, nous pouvons d´efinir la r´eunion et l’intersection d’une famille (Ei)iI d’ensembles, index´ee par un ensembleI non vide :

• la r´eunion de cette famille est l’ensemble des objets qui appartienent `aau moins un membre de la famille ; elle est not´ee [

i∈I

Ei; cette r´eunion est vide ssitous les membres de la famille sont vides.

• l’intersection de cette famille est l’ensemble des objets qui appartienent tous membre de la famille ; elle est not´ee \

i∈I

Ei; cette intersection est non vide ssiau moins undes membres de la famille n’est pas vide.

En pratique, nous utiliserons surtout des familles finies ; une telle famille sera donc index´ee par les ´el´ements de l’intervalle discret [[1, n]].

D´efinition: soientAetBdeux ensembles ; siAest contenu dansB, nous noteronsB−A(ouB\A) l’ensemble des ´el´ements de B qui n’appartiennent pas `aA. Nous dirons ausi queB−A est lecompl´ementaire deA dans B.

1.3 Ensemble des parties d’un ensemble E

D´efinition: soitE un ensemble ; l’ensemble des parties deE est not´eP(E).

Exemple —L’ensemble des parties deE={a,b,c}est©

∅,a,b,c,a, b,b, c,a, c,Eª . Proposition: siE est fini, de taillen, alorsP(E) est fini, de taille 2n.

1.4 Ensembles finis, ensembles infinis

D´efinition: un ensembleE estfini si l’on peut num´eroter ses ´el´ements de 1 `an; nous dirons alors quenest lataille de cet ensemble (on dit aussi lecardinal) ; nous noterons|E|la taille deE. L’ensemble vide est fini, sa taille est nulle.

Remarque: certains utilisent la notation Card(E) ; les anglo-saxons utilisent la notation #E.

Proposition: siAetB sont deux ensembles finis, et siA⊂B, alors|A|6|B|avec ´egalit´e ssiA=B.

Proposition: siAetB sont deux ensembles finis, alorsA∪B est fini, et|A∪B|6|A|+|B|, avec ´egalit´e ssi Aet B sont disjoints.

D´efinition: un ensembleE est infini s’il n’est pas fini. Par exemple Nest infini, de mˆeme queQetR.

2 Relations

2.1 D´ efinitions

D´efinition: uncouple est compos´e de deux objetsaetb, il est not´e (a, b) ; notez bien que, sia6=b, alors les couples (a, b) et (b, a) sont distincts. Les couples (a, b) et (c, d) sont ´egaux ssia=c etb=d.

D´efinition: leproduit cart´esien de deux ensemblesE etF est l’ensemble des couples (a, b) o`uad´ecritE etb

× × 2

(3)

Exemple — Un ´echiquier peut ˆetre vu comme le produit cart´esien des ensembles E = {a,b,c,d,e,f ,g,h} et F ={1,2,3,4,5,6,7,8}.

Plus g´en´eralement, nous d´efinissons le produit cart´esien d’unefamilledenensembles (Ek)16k6n: c’es l’ensemble des n-uplets (xk)16k6n v´erifiant xk ∈ Ek quel que soit k ∈ [[1, n]]. Nous noterons En le produit cart´esien E× · · · ×E

| {z } nfoisE

.

D´efinition: une relation sur un ensemble E est une partieRde E×E. Soient xet y deux ´el´ements de E; nous noteronsxRy lorsque le couple (x, y) appartient `aE×E.

2.2 Propri´ et´ es des relations

D´efinition: une relationRsur un ensembleE est diter´eflexive lorsqu’elle v´erifie la propri´et´e suivante : xRx pour toutx∈E.

Exemples — Les relations = et6= sont r´eflexives.

D´efinition: une relationRsur un ensembleE est ditesym´etrique lorsqu’elle v´erifie la propri´et´e suivante : si xRy, alorsyRx.

Exemples — Les relations = et6= sont sym´etriques.

D´efinition: une relationRsur un ensembleEest diteantisym´etriquelorsqu’elle v´erifie la propri´et´e suivante : sixRy et yRx, alorsx=y.

Exemples — Les relations 6et >sont antisym´etriques, sur R. La relation divise est antisym´etrique sur N, mais pas surZ.

D´efinition: une relationRsur un ensemble E est dite transitive lorsqu’elle v´erifie la propri´et´e suivante : si xRy etyRz, alorsxRz.

Exemples — Les relations6, <,>,>sont transitives, surR.

2.3 Relations d’ordre

D´efinition: une relationRsur un ensembleEest une relation d’ordre (ou, plus simplement, unordre) si elle est r´eflexive, antisym´etrique et transitive.

D´efinition: deux ´el´ements deE sontcomparables pour la relationRsixRy et yRx.

D´efinition: une relation d’ordreRsur un ensembleE est ditetotale si les ´el´ements sont deux `a deux compa- rables. Sinon,Rest une relation d’ordreRpartiel.

Exemples — Les relations 6, <, >, > sont des ordres totaux sur les ensembles N, Z, Q, R. La relation

diviseest un ordre partiel sur N.

3 Fonctions

3.1 D´ efinitions et notations

D´efinition: soientEetF deux ensembles non vides. Une relationgdeEversF est unefonction si elle v´erifie la propri´et´e suivante : pour tout x ∈E, il existe au plus un y ∈ F tel que le couple (x, y) appartienne `a g.

Nous dirons quey est l’image dexparg, et nous noterons ceci y=g(x). Nous dirons ´egalement quexestun ant´ec´edent dey parg.

D´efinition: E est l’ensemble de d´epart deg,F est sonensemble d’arriv´ee.

Remarque: dans la pratique, une fonctiong est souvent d´efinie par une expression qui, pourx∈E, indique comment calculer la valeur deg(x). Il se peut que, pour certaines valeurs dex∈E, cette expression n’ait aucun sens ; observons par exemple la fonctionlogarithme n´ep´erien, usuellement not´ee ln : son ensemble de d´epart estR; l’expression correspondante est ln(x), mais n’a de sens que sixest strictement positif. Ceci nous m`ene

`a la d´efinition suivante.

D´efinition: l’ensemble de d´efinition de g, not´eDg, est l’ensemble desx∈E qui poss`edent une image parg.

SiDg=E, nous dirons quegest d´efinie surE.

Remarque: dans toute la suite, nous supposons que chacune des fonctions consid´er´ees est d´efinie sur son ensemble de d´epart. Nous noteronsg:E7→F pour dire queg est d´efinie surE (tout entier) et `a valeurs dans F.

(4)

Nous noteronsF(E, F) l’ensemble des fonctions d´efinies surE et `a valeurs dansF.

D´efinition: l’image pargd’une partieAdeE est l’ensemble desg(x), o`uxd´ecritA. Nous la noterons g(A).

D´efinition: en particulier, l’image deg est l’ensemble des images parg des ´el´ements deE; nous la notons g(E).

D´efinition: l’image r´eciproque parg d’une partie B de F est l’ensemble desx∈E tels queg(x)∈B. Nous la noteronsg−1(B).

D´efinition: lafonction identit´ede l’ensembleE est la fonctionx∈E7→x; nous la notons idE.

3.2 Restrictions et prolongements

D´efinition: soientEetF deux ensembles, Aune partie deEet gune fonction d´efinie surE et `a valeurs dans F. Larestriction deg `a Aest la fonctionx∈A7→g(x). Nous la notonsg|A.

D´efinition: soient g et hdeux fonctions `a valeurs dans F; g est d´efinie sur E et hsur une partie Ade E.

Nous dirons quegest un prolongement dehsihestla restriction deg `aA.

3.3 Composition des fonctions

D´efinition: soientE, F, Gtrois ensembles ; pune fonction deE dansF etq une fonction deF dansG. La compos´ee de q et p (dans cet ordre) est la fonction x∈E 7→q¡

p(x)¢

. Cette fonction sera not´ee q◦p; nous d´efinissons ainsi une op´eration appel´eecomposition des fonctions.

Remarque: la fonction identit´e deEest le neutre de la loi◦, pour la composition des fonctions deEdansE.

Proposition: la composition des fonctions est associative.

Preuve: soientE,F,G,H quatre ensembles ; pune fonction deEdansF,qune fonction deF dansGetrune fonction deGdansH. Alors¡

r◦(q◦p)¢

(x) =r¡

(q◦p)(x)¢

=r¡

q(p(x))¢

; d’autre part (r◦q)¡ p(x)¢

=r¡

q(p(x))¢ . Et ceci vaut quel que soitx∈E.

3.4 It´ er´ es d’une fonction

D´efinition: soient E un ensemble et g une fonction de E dans E. Nous pouvons donc composer g avec elle-mˆeme, autant de fois que l’on veut.

Nous d´efinissons par r´ecurrence len-i`eme it´er´e def, qui sera not´eg(n): g0est l’identit´e deE; etg(n+1)=gn◦g.

Proposition: gn+1=g◦gn,gp◦gq=gp+q,¡ gp¢q

=gpq.

3.5 Injections, surjections, bijections

D´efinition: soient E, F deux ensembles et g : E 7→ F. Nous dirons que g est injective (ou encore : g est uneinjection) lorsqu’elle v´erifie la propri´et´e suivante : sig(a) =g(b), alorsa=b. Ceci revient `a dire que tout

´el´ement deF poss`edeau plus un ant´ec´edent parg.

D´efinition: soient E, F deux ensembles et g : E 7→ F. Nous dirons que g est surjective (ou encore : g est unesurjection) lorsqueg(E) =F. Ceci revient `a dire que tout ´el´ementydeF poss`edeau moins un ant´ec´edent parg.

Proposition: la compos´ee de deux injections (resp. deux surjections) est une injection (resp. une surjection).

D´efinition: g:E7→F estbijective (ou encore : g est unebijection) si elle est `a la fois injective et surjective.

Ceci revient `a dire que tout ´el´ement deF poss`ede un et un seul ant´ec´edent par g.

Proposition: la compos´ee de deux bijections est une bijection.

Proposition: soientE,F,Gtrois ensembles ; g:E 7→F et h:F 7→G deux bijections. Alorsg◦f est une bijection.

D´efinition: soitg:E7→F bijective. Labijection r´eciproque deg est la fonction qui, `ay∈F, associe l’unique ant´ec´edent dey parg. Nous la notonsg−1.

Remarque: f−1◦f = idE et f◦f−1= idF.

Proposition: la bijection r´eciproque deg◦f estf−1◦g−1.

(5)

3.6 Notion de famille

Nous avons d´ej`a rencontr´e la notion de famille (sans la d´efinir), dans la section 1.2.

D´efinition: soient E et I deux ensembles non vides. Une famille d’´el´ements de E, index´ee par I, est une fonctionϕ de I dans E. Nous noterons (ϕi)iI une telle famille.I est lesupport de la famille. La famille est finie si son support l’est.

Exemples — Un triplet (a, b, c) est une famille index´ee par{1,2,3}; unesuiteest une famille index´ee parN.

Remarque: nous retrouverons la notion de famille index´ee par un ensemble fini, lors de l’´etude des op´erateurs PetQ

.

FIN

[Ensembles] Version du 7 mars 2009

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