COMPL´ EMENTAIRES
DUMITRU BOTNARU
We examine the complete lattice of the bicategory structure in the category of locally convex Hausdorff vector spaces (of locally convex groups). We construct the complementary elements for some elements of this lattice.
AMS 2010 Subject Classification: 18B30, 46M15.
Key words: bicategory structure, reflective subcategory, classes of hereditary and cohereditary morphisms, space with weak topology, complete space, Schwartz space, nuclear space, strict nuclear space.
1. INTRODUCTION
1.1. Dans une cat´egorie localement et colocalement-petite `a limites pro- jectives ou inductives, la latice des structures bicat´egorielleBest compl`ete avec l’´el´ement initial (Ef,Mono) = (la classe de tous les ´epis stricts, la classe de tous les monos) et l’´el´ement final (Epi,Mf) = (la classe de tous les ´epis, la classe de tous les monos stricts). (On consid`ere (P1,I1)≤(P2,I2) si (P1 ⊂ P2)). Toute structure bicat´egorielle (P,I) est d´etermin´ee uniquement par chacune de ses classes: par la classe des projectionsP, et aussi par la classe des injections I.
Ainsi, dans une telle cat´egorie, pour deux ´el´ements (P1,I1) et (P2,I2) de la latice B, notons par P1∧ P2 la classe des projections du minimum de ces deux
´
el´ements, et par P1∨ P2 la classe des projections du maximum.
Il est clair que P1∧ P2 = P1∩ P2, et la structure bicat´egorielle corre- spondante est
(P1∩ P2,(P1∩ P2)x).
D’autre part, `a la classe P1∨ P2 correspond la structure bicat´egorielle ((I1∩ I2)q,I1∩ I2).
Dans ces deux structures bicat´egorielles, l’une des classes repr´esente l’in- tersection des classes correspondantes: P1∩ P2 etI1∩ I2. Mais l’autre classe, en g´en´eral, ne peut pas ˆetre construite d’une mani`ere si simple. On introduit dans cet ouvrage la notion de classe h´er´editaire par rapport `a une classe de morphismes, et aussi par rapport `a une structure bicat´egorielle (D´efinitions 2.1
REV. ROUMAINE MATH. PURES APPL.,55(2010),2, 97–119
et 2.14). Ces notions permettent de d´ecrire aussi la classe (I1∩ I2)q comme composition des classes P1 etP2 (Th´eor`eme 3.2).
Dans la cat´egorieC2Vdes espaces localement convexes (topologiques vec- toriels), de mˆeme dans la cat´egorieC2Abdes groupes localement convexes [15]
sont connues les sous-cat´egories refl´ectives form´ees par rapport `a chaque sous- espace dont le foncteur refl´ecteur est exact `a gauche. Une telle sous-cat´egorie R d´etermine uniquement une sous-cat´egorie coreflective K de mani`ere que εR=µK, o`u
εR={f ∈ C2V |r(f)∈ Iso}, µK={f ∈ C2V |k(f)∈ Iso}.
Une telle classe de morphismes sert de classe de projections d’une struc- ture bicat´egorielle de droite (εR,(εR)⊥) et comme classe d’injections d’une structure bicat´egorielle de gauche ((εR)>, εR). Ces classes sont nomm´ees bicompl`etes (D´efinition 4.1) et elles permettent de construire les structures bicat´egorielles compl´ementaires (Th´eor`eme 5.4).
1.2. Cat´egories
C une cat´egorie abstraite;
C2V la cat´egorie des espaces localement convexes (topologiques vectoriels) Hausdorff [15];
C2Abla cat´egorie des groupes localement convexes Hausdorff [16];
Dune des cat´egories C2V ouC2Ab;
Th la cat´egorie des espaces Tikhonov.
1.3. Sous-cat´egories dans la cat´egorie D
Π la sous-cat´egorie des espaces complets `a topologie faible [16], [12];
Γ0 la sous-cat´egorie des espaces complets;
S la sous-cat´egorie des espaces `a topologie faible;
N la sous-cat´egorie des espaces nucl´eaires;
sN la sous-cat´egorie des espaces strictement nucl´eaires [11];
Scla sous-cat´egorie des espaces Schwartz (voir [11]);
Msous-cat´egorie des espaces `a topologie Mackey [16].
1.4. Morphismes orthogonaux. Le morphisme f est nomm´e ortho- gonal de haut au morphisme g, etg est nomm´e orthogonal de bas `af, ce qui est not´e par f ⊥g, si pour tout carr´e commutatif
gu=vf,
il existe un seul morphisme (diagonal) h de sorte que v=gh, u=hf.
Fig. 1.1.
Mentionnons que l’unicit´e du morphismeh avec les propri´et´es indiqu´ees a lieu si f est un ´epi ou g est un mono. Pour deux classes de morphismes K etL de la cat´egorieC, nous ´ecrironsK ⊥ L, si tout morphisme de la classe K est orthogonal de haut `a tout morphisme de la classeL. Notons
K⊥={f ∈ C | K ⊥f}, Kx=K⊥∩ MonoC, K>={f ∈ C |f ⊥ K}, Kq =K⊥∩ EpiC.
1.5. Latices
R la latice de toutes les sous-cat´egories reflectives non-nulles dans la cat´egorie D;
Ri la latice de toutes les sous-cat´egories reflectives dans la cat´egorie D qui contient la sous-cat´egorie Γ0;
Rb la latice de toutes les sous-cat´egories reflectives dans la cat´egorie D qui contient la sous-cat´egorieS;
Rc la latice de toutes les sous-cat´egories c-reflectives;
Bicla latice des classes de morphismes bicomplets dans la cat´egorie D.
1.6. Structures bicat´egorielle dans la cat´egorieD
(Epi,Mf) = (la classe de tous les ´epis, la classe de tous les monos stricts)
= (op´erateurs continus `a image dense, inclusions topologiques `a image ferm´ee);
(Ef,Mono) = (la classe de tous les ´epis stricts, la classe de tous les monos) = (la classe des applications factorielles, des applications injectives);
(Eu,Mp) = (la classe de tous les ´epis universels; la classe de tous les monos pr´ecis) = (la classe des applications surjectives, la classe des inclusions topologiques);
(Ep,Mu) = (la classe de tous les ´epis pr´ecis, la classe de tous le monos universels);
(Ep0,M0u) = ((M0u)q, la classe de tous les monos universels `a image ferm´ee).
D´ecrivons plus en d´etails les deux derni`eres structures bicat´egorielles (voir [7], [9]), ´etant donn´e qu’elles jouent un rˆole important dans cet article.
1.7Th´eor`eme [8]. Soit f : (E, u)→(F, v) un mono de la cat´egorie D.
Les affirmations suivantes sont ´equivalentes:
1. f ∈ Mu.
2. Toute fonctionelle continue d´efinie sur l’espace (E, u) s’´etend parf.
3. Les topologiesu et v0 (celle indue de l’espace(F, v) sur l’espace vecto- rial E) sont compatibles dans une mˆeme dualit´e.
1.8Th´eor`eme [8], [10]. Soit f : (E, u)→ (F, v)∈ D, τ(v) la topologie Mackey compatible avec la topologie v. Alors les affirmations suivantes sont
´
equivalentes.
1. f ∈ Ep0 (respectivementf ∈ Ep).
2. f est un ´epi(respectivement f ∈ Eu) et v= min{u;τ(v)}.
2. CLASSES DE MORPHISMES EXTR ´EMAUX
2.1D´efinition [1]. SoientAetEdeux classes de morphismes de la cat´ego- rie C. La classe Ase nomme E-h´er´editaire, si du fait que f g∈ A etf ∈ E, il r´esulte que g∈ A.
Notion duale. La classe A se nomme E-coh´er´editaire, si du fait que f g∈ Aetg∈ E, il r´esulte que f ∈ A.
Examinons des situations quand la classe des injections d’une structure bicat´egorielle est h´er´editaire, et la classe de projections est coh´er´editaire par rapport `a certaines classes de morphismes.
2.2 D´efinition. Une classe A se nomme stable `a droite si du fait que a0b=b0aest un carr´e cocart´esien eta∈ A, il r´esulte que a0 ∈ A.
Notion duale. La classe stable `a gauche.
2.3 Exemples. 1. Soit (P,I) une structure bicat´egorielle de droite (de gauche), A ⊂ P,B ⊂ I. Alors la classe I estA-coh´er´editaire (la classe P est B-h´er´editaire).
2. Toute classe stable `a droite estEpi-coh´er´editaire. Dans toute cat´egorie C, la classeMuestEpi-coh´er´editaire. Dans la cat´egorieD, la classeMpcomme classe stable `a droite est aussi Epi-coh´ereditaire.
3. Dans la cat´egorie C2V est bien connue l’affirmation suivante ([16], cap. VI, prop. 5):
Soit (E, t) un espace complet. Alors l’espace E reste complet dans toute topologie compatible `a la topologie tet plus forte qu’elle.
Cette affirmation peut ˆetre g´en´eralis´ee de la mani`ere suivante:
SoitR une sous-cat´egorie reflective dans la cat´egorieC2V et Γ0⊂ R. Si f :X→Y ∈ Eu∩ Mu et Y ∈ |R|, alors et X∈ |R|.
La derni`ere proposition est une simple cons´equence de l’affirmation sui- vante: la classe Eu∩ Mu est Epi-coh´er´editaire.
Mentionnons que cette classe est aussiMono-h´er´editaire.
2.4 Lemme. Soit (P,I) une structure bicat´egorielle de droite. Alors la classe P estEpi-coh´er´editaire.
D´emonstration. Soit
(1) p=f e
avec p∈ P ete∈ Epi. Consid´erons la (P,I) - factorisation de morphisme f
(2) f =i1p1.
Commep⊥i1, il existe un morphismeh ainsi que p1e=hp,
(3)
i1h= 1.
(4)
De l’hypoth`ese et de l’´egalit´e (3), il r´esulte queh∈ Epi. Alors de l’´egalit´e (1), il r´esulte que i1 ∈ Iso.
Fig. 2.1.
2.5Remarque. La classe de projection P d’une structure bicat´egorielle de droite (P,I)de la cat´egorieCn’est pas toujoursC-coh´er´editaire. Par exem- ple, dans la cat´egorieC2V, la classe εR pourR 6= 0.
2.6 Lemme. Soit C une cat´egorie `a carr´es cocart´esiens. Alors la classe Epiest Mu-h´er´editaire.
D´emonstration. Soient uv∈ Epi,u∈ Mu et
(1) f v=gv.
Fig. 2.2.
Construisons les carr´es cocart´esiens
(2) u01f =f0u
sur les morphismes u etf;
(3) u02g=g0u
sur les morphismes u etg;
(4) u001u02=u002u01 sur les morphismes u01 etu02.
Alors les morphismes u01, u02, u001, u002, de mˆeme que u001u02 (= u002u01) sont monos. Nous avons
u001g0uv= (de(3)) =u001u02gv = (de(1)) =u001u02f v=
= (de(4)) =u002u01f v(de(2)) =u002f0uv et comme uv est un ´epi, d´eduisons que
(5) u001g0 =u002f0. Ensuite
u001u02f = (de(4)) =u002u01f = (de(2)) =u002f0u=
= (de(5)) =u001g0u= (de(3)) =u001u02g c’est-`a-dire
u001u02f =u001u02g et comme u001u002 est mono, d´edusions quef =g.
2.7. Dans la cat´egorie Th des espaces Tikhonov il existe la structure bicat´egorielle (Eu,Mp) = (applications surjectives, inclusions topologiques).
Lemme. Soit Mp ⊂ I ⊂ Mono. Alors la classe I n’est pas Epi-coh´er´e- ditaire.
D´emonstration. Pour l’espaceX= (0; 2π) il existent plusieurs extensions compactes: Xpeut ˆetre r´ealis´e comme un sous-espace dense du cercle unitaire ainsi que du segment [0; 2π]. SoitY un espace qui poss`ede plusieurs extensions compactes, et b:Y →Z l’une d’entre elles. Dans ce cas
b=f βY
pour un certain morphisme f, o`u βY est la compactification de Stone- ˇCech.
Fig. 2.3.
Dans cette ´egalit´e b, βY ∈ Mp∩ Epi. Si f est un mono, alors il est un iso.
2.8Lemme. Dans la cat´egorie Th la classe Epi n’est pas (Eu∩ Mono)- h´er´editaire.
D´emonstration. SoitX un espace Tikhonov etY un sous-espace dense `a application canonique i:Y → X. SoitdY etdX les mˆemes ensembles dot´es de la topologie discr`ete, et dY : dY → Y et dX : dX → X les applications identiques qui sont continues. Alors l’applicationd(i) :dY →dX, g´en´er´ee par l’application i, est aussi continue.
Fig. 2.4.
Dans l’´egalit´e idY =dXd(i), l’applicationidY est ´epi, l’applicationdX ∈ (Eu∩ Mono) et d(i) n’est pas ´epi si Y 6=X.
2.9Lemme. Dans la cat´egorieC2V, la classe Mono n’est pas(Mu∩ Epi)- coh´er´editaire.
D´emonstration. Soient sur l’espace vectorial E deux topologies locale- ment convexes u etv comparablesu > v, et qui ne sont pas compatibles avec l’une et la mˆeme dualit´e:
(E, v)0 6= (E, u)0.
Soient, p1 : (E, u) → p(E, u) et p2 : (E, v) → p(E, v) Π-r´epliques des objets correspondants, o`u Π est la sous-cat´egorie des espaces localement convexes complets aussi avec la topologie faible.
Pour l’application canonique f : (E, u) → p(E, v), nous avons le dia- gramme commutatif.
Fig. 2.5.
On a
(1) p(f)p1 =p2f
o`u p2f est mono, et p1 ∈ (Mu∩ Epi). Supposons que p(f) est mono. Dans ce cas p(f) est une inclusion topologique ([12], prop. 11, p. 151). Mais de l’´egalit´e (1), il r´esulte que p(f) est ´epi. Donc p(f) est iso. Ce qui signifie que (E, u)0 = (E, v)0 la contradiction obtenue montre quep(f) n’est pas mono.
2.10Lemme. Dans la cat´egorieC2V la classeEpin’est pas(Eu∩ Mono)- h´ereditaire.
D´emonstration. Soit (E, u) un espace localement convexe, et (F, u0) un sous-espace dense propre. Examinons sur les espaces vectorielsE etF les plus fines topologies localement convexesσ0etσ. Nous avons le suivant diagramme commutatif et les applications canoniques.
Fig. 2.6.
De l’´egalit´e
iσF =σEσ(i)
comme iσF est ´epi etσE ∈(Eu∩ Mono), il ne r´esulte pas queσ(i) est un ´epi.
Ainsi σ(i), et avec luii, et un iso ([12], Prop. 10, pp. 150–151).
2.11. SoitKune sous-cat´egorie coreflective de la cat´egorieC avec le fonc- teur correspondant k:C → K. Notons
µK={m∈ MonoC |k(m)∈ IsoC}.
Dual. SoitRest une sous-cat´egorie reflective avec le foncteurr :C → R.
Notons
εR={e∈ EpiC |r(e)∈ IsoC}.
Dans une cat´egorie local-petite `a limites projectives ((µK)>, µK) est une structure bicat´egorielle de gauche.
Dual. (εR,(εR)⊥) est une structure bicat´egorielle de droite. Les mor- phismes de la classe (εR)⊥ sont nomm´es R-parfaits, et les morphismes de la classe εRsont nomm´esR-extensions [17].
Lemme [1].La classeεRestEpi-coh´er´editaire, et la classeµKestMono- h´er´editaire.
2.12. Soit C une cat´egorie `a carr´es cart´esiens et cocart´esiens, la classe Mu stable `a gauche, etR - une sous-cat´egorie monoreflective.
Pour le morphisme arbitrairef :X→Y ∈ C soitrX etrY laR-r´eplique des objets correspondants. Alors nous avons l’´egalit´e
(1) r(f)rX =rYf.
Sur le morphisme r(f) etrY construisons le carr´e cart´esien
(2) r(f)v=rYu.
Alors
rX =vt, (3)
f =ut (4)
pour un certain morphisme t.
CommeR ⊂(εR)⊥ il r´esulte que r(f)∈(εR)⊥. Ainsi,u∈(εR)⊥, donc rY est mono universel. Conform´ement `a l’hypoth´ese concernant la classeMu, nous d´eduisons que v ∈ Mu l’est aussi. Alors de l’´egalit´e (3), conform´ement au Lemme 2.6∗, t est un ´epi. On v´erifie facilement que v est R-r´eplique de l’objet P. Alorst∈εR.
Fig. 2.7.
Ainsi, nous avons d´emontr´e
Th´eor`eme. Soit C une cat´egorie `a carr´es cart´esiens et cocart´esiens, la classe Mu stable `a gauche et R une sous-cat´egorie monoreflective. Alors
1. (εR,(εR)⊥) est une structure bicat´egorielle de droite.
2. Pour tout morphisme f ∈ C l’´egalit´e f = ut est sa (εR,(εR)⊥)- factorisation.
3. f ∈(εR⊥), si et seulement si le carr´er(f)rX =rYf est cart´esien.
2.13. Nous examinerons encore une construction qui permet d’obtenir des exemples de classes h´er´editaires (voir [10]). Soit (P,I) une structure bicat´egorielle dans la cat´egorieC, etA- une classe de morphismes. Notons
I0(A) ={m∈ MonoC | ∃a∈ Aainsi que ∃ma etma∈ I}, P0(A) = (I0(A))q.
Th´eor`eme. SoitCune cat´egorie local-petite `a limites projectives,(P,I) - une structure bicat´egorielle.
1. Si (A>,A) est une structure bicat´egorielle de gauche, alors (P0(A), I0(A)) est une structure bicat´egorielle dans la cat´egorie C.
2. De plus, si A ⊂ EpiC, alors a)I0(A) est coh´er`editaire.
b)I0(A)est la plus petite classeA-coh´er´editaire qui contient la classeI.
2.14D´efinition. SoitAune classe de morphismes, et (E,M) - une struc- ture bicat´egorielle de droite dans la cat´egorie C. La classe A est nomm´ee
(E,M)-coh´er´editaire si du fait que a=meest (E,M) - factorisation du mor- phisme a∈ A, il r´esulte que m∈ A.
Notion duale. La classe A-h´er´editaire par rapport `a la structure bi- cat´egorielle de gauche (E,M).
2.15 Lemme. Soit (P,I) et (E,M) deux structures bicat´egorielles de droite et I ⊂ M. La classe A est (E,M)-coh´er´editaire si et seulement si la classe A ∩ P est (E,M)-coh´er´editaire.
3. COMPOSITION DES CLASSES DE MORPHISMES 3.1D´efinition. SoientAetBdeux classes de morphismes de la cat´egorie C. La composition des classes A et B se nomme la classe A ◦ B de tous les morphismes de la cat´egorie C de forme ab `a ´el´ements a ∈ A et b ∈ B pour laquelle il existe la composition correspondante ab.
3.2 Th´eor`eme. Soient (P,I) et (E,M) deux structures bicat´egorielles de droite dans la cat´egorie C. Examinons les affirmations suivantes:
1. La classeI est E-coh´er´editaire.
2. La classeI est (E,M)-coh´er´editaire.
3. P ◦ E ⊂ E ◦ P.
4. (E ◦ P,M ∩ I) est une structure bicat´egorielle de droite dans la cat´e- gorie C.
Alors1⇒2⇔3⇔4.
D´emonstration. 1⇒2. Conform´ement aux d´efinitions correspondantes.
2⇒3. Soientp∈ P,e∈ E tels qu’il existe la compositionpe. Examinons la (P,I) - factorisation du morphismepe
(1) pe=i1p1.
Soit
(2) i1 =m2e2
la (E,M) - factorisation du morphismei1. Il r´esulte des ´egalit´es ci-dessus que
(3) pe=m2(e2p1)
et comme e⊥m2, il existe un morphisme ttel que e2p1=te,
(4)
m2t=p.
(5)
De l’hypoth`ese et de l’´egalit´e (5) il r´esulte que m2 ∈ I. De l’´egalit´e (4) il r´esulte quet∈ Epi. Du Lemme 2.4 et de l’´egalit´e (5), il r´esulte quem2∈ P.
Ainsi m2 ∈ P ∩ I =Isoet le morphismepe peut ˆetre ´ecrit
(6) pe= (m2e2)p1
avec m2e2 ∈ E etp1 ∈ P.
Fig. 3.1.
3 ⇒ 4. Les deux classes E ◦ P et M ∩ I sont ferm´ees par rapport `a la composition et (E ◦ P) ⊥ (M ∩ I). Ainsi, il reste `a d´emontrer que tout morphisme poss`ede (E ◦ P,M ∩ I) - factorisation. Soitf ∈ C et
(7) f =ip
sa (P,I) - factorisation,
(8) i=me
est la (E,M) - factorisation du morphismei, et
(9) m=i1p1
est la (P,I) - factorisation du morphismem. Conform´ement `a l’hypoth`ese le morphisme p1epeut ˆetre ´ecrit
(10) p1e=e2p2
avec e2 ∈ E etp2 ∈ P. Nous avons
i= (de(8)) =me= (de(9)) =i1p1e= (de(10)) =i1e2p2
(11) i=i1e2p2
d’o`u il r´esulte que p2 ∈ I. Ainsi p2 ∈ I ∩ P=Iso. Alors e2p2 ∈ E, et de l’´egalit´e (10), d´eduisons que p1e ∈ E. Du Lemme 2.4 il r´esulte que p1 ∈ E. Comme m ∈ M de l’´egalit´e (9), il r´esulte que p1 ∈ M. Donc p1 ∈ E ∩ M=Iso, et le morphismef peut ˆetre factoris´e
(12) f = (i1p1)(ep)
avec i1p1 =m∈ M ∩ I, etep∈ E ◦ P.
Fig. 3.2.
4⇒2. Soit i∈ I et
(13) i=me
est la (E,M) - factorisation du morphismei. Soit
(14) i=t(e1p1)
la (E ◦ P,M ∩ I) - factorisation du mˆeme morphisme, o`ut∈ M ∩ I, ete1 ∈ E et p1 ∈ P. De l’´egalit´e (14), comme i∈ I, il r´esulte que p1 ∈ Iso. Donc, les
´
egalit´es (13) et (14) sont deux (E,M) - factorisations du morphisme i. Donc e=re1p1,
(15)
mr=t (16)
pour un certain isomorphisme r. De la derni`ere ´egalit´e, comme r ∈ Iso, et t∈ I, il r´esulte que m∈ I.
Fig. 3.3.
3.3 Corollaire. 1. Si (E ◦ P,M ∩ I) est une structure bicat´egorielle de droite,
f =ip
la (P,I) - factorisation du morphisme arbitraire f ∈ C, et i=me
la (E,M) - factorisation du morphisme i, alors f =m(ep)
est la (E ◦ P,M ∩ I) - factorisation du morphisme f.
Fig. 3.4.
2. Si (P,I) est une structure bicat´egorielle, alors M ∩ I ⊂ MonoC.
3.4 Exemples. 1. Soit R une sous-cat´egorie reflective non-nulle dans la cat´egorieD. Puisque la classeMu estEpi-coh´er´editaire (exemple 2.3), elle est aussi (εR)-coh´er´editaire. Ainsi les structures bicat´egorielles
(P,I) = (Ep,Mu) et (E,M) = (εR,(εR)⊥) v´erifient la condition 1 du Th´eor`eme 3.2. Donc
((εR)◦ Ep,(εR)⊥∩ Mu) est une structure bicat´egorielle dans la cat´egorieD.
2. De mˆeme,
((εR)◦ Eu,(εR)⊥∩ Mp) est une structure bicat´egorielle dans la cat´egorieD.
3. SoitS ⊂ R. Ainsi la classe MonoestεR-coh´er´editaire (Lemme 2.6), et
((εR)◦ Ef,(εR)⊥∩ Mono) est une structure bicat´egorielle dans la cat´egorieD.
4. ((εS)◦ Ep,(εR)⊥∩ Mu) = (Eu,Mp).
5. ((εΓ0)◦ Ep,(εΓ0)⊥∩ Mu) = (Ep0,M0u).
6. ((εΠ)◦ Ep,(εΠ)⊥∩ Mu) = (Epi,Mf).
3.5. Examinons, comme exemple au th´eor`eme pr´ec´edent, la construction suivante. Soit (P,I) une structure bicat´egorielle dans la cat´egorieDayant les propri´et´es suivantes:
1. La classeI estEpi-coh´er´editaire.
2. (I ∩ Epi,(I ∩ Epi)⊥) est une structure bicat´egorielle de droite dans la cat´egorie D.
La structure bicat´egorielle de droite (I ∩ Epi,(I ∩ Epi)⊥) d´etermine une sous-cat´egorieL de la cat´egorieD qui est (I ∩ Epi)-reflective
L= (I ∩ Epi)⊥(Π).
Pour tout objet X de la cat´egorieD soitπX sa Π-r´eplique, et
(1) πX =mXlX
la (I ∩ Epi,(I ∩ Epi)⊥) - factorisation de ce morphisme. Alors lX est la L- r´eplique de l’objet X. Notons par RI la latice de toutes les sous-cat´egories I-reflectives dans la cat´egorieD. Il est evident que
RI ={R ∈R| L ⊂ R}.
Notons par BI la latice de toutes les structures bicat´egorielles (E,M) pour lesquellesP ⊂ E et la classeE est (I∩ Epi)-h´er´editaire, ou, ce qui est la mˆeme chose, la classe E estI-h´er`editaire.
Th´eor`eme. Les latices RI et BI sont anti-isomorphes.
D´emonstration. Soit (E,M) un ´el´ement de la laticeBI. Pour tout objet X de la cat´egorie D consid´erons la L-r´eplique lX : X → lX et la (E,M) - factorisation du morphisme correspondant
(2) lX =sXrX.
La correspondance X 7→ rX d´efinit la sous-cat´egorie R =M(L) qui est une sous-cat´egorieE-reflective. De plus, commelX ∈ I, il r´esulte aussi querX ∈ I. Donc R ∈RI. Ainsi nous avons ´etabli la correspondance
ϕ:BI →RI, pour laquelle nous construirons celle inverse
ψ:RI →BI.
SoitR ∈RI. Comme εR ⊂ Epi, conform´ement `a la premi`ere hypoth`ese concernant la classe I, elle est (εR)-coh´er´editaire. Conform´ement au Th´eo- r`eme 3.2, le couple ((εR ◦ P,I ∩(εR)⊥) est une structure bicat´egorielle dans la cat´egorieD. Pour montrer qu’elle appartient `a la laticeBI, il reste `a d´emontrer que la classe (εR)◦ P est (I ∩ Epi)-h´er´editaire. Soit
(3) ep=if,
o`u ep∈((εR)◦ P), c’est-`a-dire e∈εR, p∈ P, et i∈ I ∩ Epi. Comme p⊥ i du (3), il r´esulte l’existence d’un morphismet avec les propri´et´es
e=it, (4)
f =tp.
(5)
La classeI ∩ Epiest stable `a droite (hypoth`ese 2). DoncI ∩ Epi⊂ Mu. Ainsi, dans l’´egalit´e (4) t ∈ Epi (Lemme 2.6). Donc e ∈ εR et t ∈ Epi. Alors de l’´egalit´e (4), il r´esulte quet∈εR, et de l’´egalit´e (5) - quef ∈(εR)◦P. De cette mani`ere, nous avons montr´e que la classe (εR ◦ P) est (I ∩ Epi)-h´er´editaire.
Donc ((εR)◦ P,I ∩(εR)⊥) est un ´el´ement de la laticeBI.
Fig. 3.5.
ϕψ= 1. Pour tout objetXde la cat´egorieD, laL-repliquelX appartient
`
a la classe I. Ainsi la (εR ◦ P,I∩(εR)⊥) - factorisation du morphisme lX co¨ıncide avec (εR,(εR)⊥) - factorisation (Corollaire 3.3). Donc ϕψ est l’ap- plication identique.
ψϕ = 1. Soit maintenant (E,M) ∈ BI,R = M(L) et nous allons d´e- montrer que E= (εR)◦ P.
(εR)◦ P ⊂ E. Comme P ⊂ E, il reste de d´emontrer que εR ⊂ E. Soit f :X→Y ∈εR. Alors
(6) gf =rX
pour un certain morphisme g, o`u rX est la R-r´eplique de l’objet X. Comme f ∈ Epi, nous d´eduisons queg ∈εR ⊂εL ⊂ I. Ainsi,rX ∈ E (lX =sXrX est la (E,M) - factorisation du morphisme lX), g∈(I ∩ Epi) et comme la classe E est (I ∩ Epi)-h´er´editaire, il r´esulte que f ∈ E.
Fig. 3.6.
E ⊂(εR)◦ P. Soit f :X→Y ∈ E, et
(7) f =ip
est la (P,I) - factorisation du morphisme correspondant, o`u i:Z → Y. D´e- montrons que i∈εR. Commei∈(I ∩Epi) ⊂ Mu∩ Epi=εΠ, il en r´esulte que
(8) πZ=gi,
pour un certain morphismeg. L’´egalit´e (8) peut ˆetre ´ecrite aussi de la mani`ere suivante (voir l’´egalit´e (1)):
(9) gi=mZlZ,
o`ui∈(I ∩ Epi), et mZ ∈(I ∩ Epi)⊥. Donc lZ =ti, (10)
g=mZt, (11)
pour un certain morphisme t. L’´egalit´e (10), conform´ement `a l’´egalit´e (2), peut ˆetre ´ecrite
(12) ti=sZrZ,
o`ui∈ E, etsZ∈ M. Donc
rZ =hi, (13)
t=sZh, (14)
Fig. 3.7.
pour un certain morphismeh. L’´egalit´e (13) montre quei∈εR. Le th´eor`eme est d´emontr´e.
3.6. Examinons `a pr´esent certaines structures bicat´egorielles qui v´erifient les deux hypoth`eses du p. 3.5.
1. (P,I) = (Ep,Mu). Alors
RI =R, L= Π.
2. (P,I) = (Ep0,M0u), o`u M0u est la classe des monomorphismes uni- versels `a l’image ferm´ee (voir [8], [9]). Il est ´evident que
M0u∩ Epi=Mu∩ Eu,
et il est clair que cette structure bicat´egorielle v´erifie les hypoth`eses p. 3.5.
Nous avons
RI =Rb, L=S. 3. (P,I) = (Eu,Mp). Alors
RI =Ri, L= Γ0.
Fig. 3.8.
3.7 Remarque. En ce qui concerne la latice R et ses sous-latices men- tionn´ees dans le diagramme pr´ec´edent, voir [5] et [9].
4. CLASSES DE MORPHISMES BICOMPL `ETES
4.1D´efinition. La classe de morphismesBde la cat´egorieCsera nomm´ee bicompl`ete si (B,B⊥) est une structure bicat´egorielle de droite, et (B>,B) est une structure bicat´egorielle de gauche.
4.2 Remarque. Soit B une classe bicompl`ete de morphismes de la cat´e- gorie C, conform´ement `a la d´efinition, B ⊂ Eu ∩ Mu. Ainsi, dans plusieurs cat´egories (par exemple, dans les cat´egories ab´eliennes)Isoest l’unique classe bicompl`ete.
4.3. Dans la cat´egorie C2V de mˆeme que dans la cat´egorie C2Ab [15]
il existe une classe propre de sous-cat´egories r´eflectives qui contient la sous- cat´egorie S des espaces `a topologie faible dont le foncteur reflecteur est exact
`
a gauche (voir [2–4], [10], [11], [14]).
Une telle sous-cat´egorie R d´etermine de mani`ere unique une sous-cat´e- gorie coreflective K avec les propri´et´es suivantes
εR=µK.
Ainsi εR ⊂ Eu ∩ Mu et εR est la classe de projections de la structure bi- cat´egorielle de droite (εR,(εR)⊥) et la classe d’injections de la structure bi- cat´egorielle de gauche ((µK)>, µK) = ((εR)>, εR).
4.4 Th´eor`eme ([3], voir [7], Th´eor`eme 2.7). Soit R une sous-cat´egorie reflective dans la cat´egorie D avec le foncteur r´eflectif r :D→ R. Les affir- mations suivantes sont ´equivalentes:
1. Rest une sous-cat´egorie Eu-reflective etr(Mf)⊂ Mf. 2. Rest une sous-cat´egorie Eu-reflective etr(Mp)⊂ Mp.
3. εR est une classe bicompl`ete.
4. Il existe une sous-cat´egorie cor´eflective K dans la cat´egorie D avec le foncteur coreflectif k:D→ K, telle que
a)rk∼r;
b) kr∼k.
5. Il existe une sous-cat´egorie coreflectiveKdans la cat´egorieDtelle que εR=µK.
4.5 D´efinition [3]. Une sous-cat´egorie reflective de la cat´egorie D qui v´erifie les conditions ´equivalentes du th´eor`eme pr´ec´edent est nomm´eec-reflec- tive, et le couple de sous-cat´egories (K,R) est nomm´e couple conjugu´e de sous-cat´egories.
4.6 Exemples. (M,S) est un couple conjugu´e de sous-cat´egories. Les sous-cat´egories sN, Sh sont c-reflectives. La sous-cat´egorie N n’est pas c- reflective. La sous-cat´egorie Eu-reflective g´en´er´ee d’un espace non-nul Mp- injectif est c-reflective (voir [11], [14], [4]).
4.7Th´eor`eme [4]. 1. La correspondance R 7→εR
´
etablit un isomorphisme entre la latice compl`eteRcdes sous-cat´egoriesc-reflec- tives et la latice Bicdes classes bicompl`etes de la cat´egorie D.
2. Les ´el´ements de ces latices Rc et Bic forment des classe propres (ils ne sont pas d’ensembles).
4.8Th´eor`eme. SoitC une cat´egorie `a carr´es cart´esiens et cocart´esiens, dans laquelle (Ef,Mono) et (Epi,Mf) sont des structures bicat´egorielles.
1. Pour toute classe bicompl`ete B,les couples(B ◦ Ef,Bx)et(Bq,Mf◦ B) sont des structures bicat´egorielles dans la cat´egorieC.
2. Soit B1 et B2 deux classes bicompl`etes distinctes dans la cat´egorie C.
Alors les structures bicat´egorielles
(B1◦ Ef,Bx1) et (B2◦ Ef,Bx2) et les structures bicat´egorielles
(B1q,Mf ◦ B1) et (B2q,Mf◦ B2) sont distinctes.
D´emonstration. 1. Conform´ement au Lemme 2.6∗, la classe Mono est Eu-coh´er´editaire. Comme B ⊂ Eu, il r´esulte que la classe Mono est aussi B- coh´er´editaire. Conform´ement au Th´eor`eme 3.2, nous d´eduisons que (Ef◦B,Bq) est une structure bicat´egorielle. Pour le couple (Bx,B ◦ Mf) la d´emonstration est duale.
2. Soitf ∈ B1 etf /∈ B2. Alorsf ∈ B1◦ Ef. Supposons que f ∈ B2◦ Ef. Alors ce morphisme se pr´esente
f =b2·e
avec b2 ∈ B2 et e∈ Ef. Comme f ∈ Mono, il r´esulte que e ∈ Mono. Alors e∈ Ef ∩ Mono=Iso, etf ∈ B2.
4.9. Mentionnons encore d’autres paires de structures bicat´egorielles qui v´erifient la condition 2 du Th´eor`eme 3.2.
Lemme([10], Lemme 3.2). Soit Rune sous-cat´egorieEu-reflective de la cat´egorie D. Alors:
1. r(Mu)⊂ Mu. 2. r(Mono)⊂ Mono.
4.10 Th´eor`eme ([10], Th´eor`eme 3.2). Soit (K,R) une paire conjugu´ee de sous-cat´egorie de la cat´egorie D, et (P,I) - une structure bicat´egorielle.
Alors les affirmations suivantes sont ´equivalentes:
a)r(I)⊂ I;
b) k(P)⊂ P.
4.11 Exemples. Soit (K,R) une paire conjugu´ee de sous-cat´egorie de la cat´egorie D.
1. Conform´ement au Th´eor`eme 4.4, nous avons r(Mf)⊂ Mf et k(Ef)⊂ Ef Ainsi, conform´ement au Th´eor`eme 4.10, il r´esulte que
r(Mono) =Mono et k(Epi)⊂ Epi, i.e., r est un monofoncteur, etkest un ´epifoncteur.
Le premi`ere affirmation r´esulte du Lemme 4.9 et la deuxi`eme est une propri´et´e topologique (voir [16]).
2. Par le Th´eor`eme 4.4 pour la paire (K,R), nous avons r(Mp)⊂ Mp. Donc r(Eu)⊂ Eu, ce qui est ´evident.
3. Conform´ement au Lemme 4.9, nous avonsr(Mu)⊂ Mu. Donck(Ep)⊂ Ep. Cela r´esulte directement de la description de la classeEp (voir [8], [10]).
4.12Th´eor`eme. SoitCune cat´egorie `a carr´es cort´esiens et cocart´esiens, dans laquelle la classe Mu est stable `a gauche, Rune sous-cat´egorie monor´e- flective, et (P,I) - une structure bicat´egorielle `a droite dans la cat´egorie C ainsi que r(I)⊂ I. Alors
1. La classeI est (εR,(εR)⊥)-coh´er´editaire.
2. ((εR)◦ P,I ∩(εR)⊥) est une structure bicat´egorielle `a droite dans la cat´egorie C.
D´emonstration. 1. Soit f ∈ I et examinons le diagramme du p. 2.12.
Conform´ement `a l’hypoth´eser(f)∈ I, et le carr´e r(f)v=rYu est cart´esien. Doncu∈ I. Comme
f =ut
est la (εR,(εR)⊥) - factorisation du morphismef (Th´eor`eme 2.12), il r´esulte que la classe I a la propri´et´e respective.
2. Cette affirmation r´esult´e des d´emonstrations pr´ec´edentes et du Th´eo- r`eme 3.2.
5. STRUCTURES BICAT ´EGORIELLES COMPL ´EMENTAIRES 5.1. Dans une cat´egorieC local et colocal-petite `a limites projectives ou inductives, la classe B des structures bicat´egorielles est une latice compl`ete avec un ´el´ement minimal et un ´el´ement maximal.
Soit (P1,I1),(P2I2)∈B. Consid´erons
(P1,I1)≤(P2I2)⇔ P1 ⊂ P2.
Comme une structure bicat´egorielle de droite est uniquement d´etermin´ee par sa classe de projections, la relation
(P1,I1)≤(P2,I2) sera not´ee plus simplement
P1≤ P2.
AinsiEf est l’´el´ement minimal, et Epiest l’´el´ement maximal de la latice B. Mentionnons les r`egles simples
1. P1∧ P2=P1∩ P2. 2. P1∪ P2⊂ P1∨ P2. 3. (P1∨ P2)x=I1∩ I2. 4. (P1∧ P2)x=I1∨ I2. 5. P1∨ P2= (I1∩ I2)q.
5.2. En appelant `a la terminologie de la th´eorie des latices, introduisons la notion suivante (voir [13], cap. I, §6):
D´efinition. Les ´el´ements (P1,I1),(P2,I2) de la latice B se nomment r´eciproquement compl´ementaires si
P1∧ P2 =Ef et P1∨ P2 =Epi.
Mentionnons que, dans toute cat´egorie, les structures bicat´egorielles (Epi,Mf) et (Ef,Mono) sont r´eciproquement compl´ementaires.
Conform´ement aux relations 5.1.1 et 5.1.5, nous pouvons dire que les
´
el´ements (P1,I1) et (P2,I2) de la latice B sont r´eciproquement compl´emen- taires si
P1∩ P2=Ef et I1∩ I2=Mf.
5.3. SoitBune classe bicompl`ete dans la cat´egorieC,(P1,I1) - une struc- ture bicat´egorielle avec la classe d’injectionsI1(B,B⊥)-coh´er´editaire; (P2,I2) - une structure bicat´egorielle avec la classe de projectionsP2(B>,B)-h´er´editaire.
Alors, conform´ement au Th´eor`eme 3.2 (P10,I10) = (B ◦ P1,B⊥∩ I1) est une structure bicat´egorielle; et conform´ement au Th´eor`eme dual 3.2∗, le couple (P20,I20) = (P2∩ B>,I2◦ B) est aussi une structure bicat´egorielle.
Th´eor`eme. 1. La classeI20 est P2 - coh´er´editaire.
2. La classeP10 est I1 - h´er´editaire.
3. P10 ∩ P20 ⊂ P1∩ P2. 4. P1∪ P2⊂ P10 ∨ P20.
En particulier, si les structures bicat´egorielles (P1,I1) et (P2,I2) sont r´eciproquement compl´ementaires, alors les structures bicat´egorielles (P10,I10) et (P20,I20) le sont aussi.
D´emonstration. 1. Soit i2b∈ I20 avec i2∈ I2 etb∈ B. Soit
(1) i2b=f p2
avec p2∈ P2. Comme p2 ⊥i2 il y a un morphisme g de telle mani`ere que b=gp2,
(2)
f =i2g.
(3)
Dans l’´egalit´e (2), p2 est un ´epi, donc le carr´e
(4) g·p2 = 1·b
est cocart´esien. Donc g∈ B, et dans l’´egalit´e (3)i2 ∈ I2 etg∈ B. Ainsi nous avons d´emontr´e quef ∈ I20.
Fig. 5.1.
2. Dual.
3. Nous avons
P10 ∩ P20 = (B ◦ P1)∩(P2∩ B>).
Soit que f ∈ P10 ∩ P20. Alors f =bp1 avec b ∈ B et p1 ∈ P1. De mˆeme bp1 ∈ P2 et bp1 ∈ B>. De la relation bp1 ∈ B>, il r´esulte que b ∈ B>. Donc b∈ B ∩ B>=Iso. Alorsbp1∈ P2 etbp1 ∈ P1, i.e., bp1∈ P1∩ P2.
4. CommeP1⊂ P10, il reste `a montrer queP2 ⊂ P10∨ P20. Soitp2 ∈ P2, et
(5) p2 =i1p1
la (P1,I1) - factorisation du morphismep2,
(6) i1 =bb0
la (B>,B) - factorisation du morphisme i1. De l’´egalit´e (5), il r´esulte que i1 ∈ P2, et de l’´egalit´e (6), il r´esulte que b0 ∈ P2, comme la classe P2 est (B>,B)-h´er´editaire. Ainsi dans l’´egalit´e
p2=bb0p1
nous avons p1 ∈ P1, b ∈ B, et b0 ∈ P2 ∩ B>. Ainsi b, b0, p1 ∈ P10 ∪ P20 et bb0p1 ∈ P10 ∨ P20
Fig. 5.2.
5.4Th´eor`eme. SoitC une cat´egorie `a carr´es cart´esiens et cocart´esiens, et B - une classe bicompl`ete de morphismes. Supposons que (Ef,Mono) et (Epi,Mf) sont des structures bicat´egorielles dans la cat´egorie C. Alors
1. Les structures bicat´egorielles
(B ◦ Ef,Bx), (Bq,Mf ◦ B) sont r´eciproquement compl´ementaires.
2. La classeMf ◦ B estEpi-coh´er`editaire.
3. La classeB ◦ Ef estMono-h´er´editaire.
D´emonstration. 1. Les couples correspondants forment des structures bicat´egorielles conform´ement au Th´eor`eme 4.8. Ils sont compl´ementaires con- form´ement au th´eor`eme pr´ec´edent.
2 et 3 r´esultent du Th´eor`eme 5.3.
5.5 Corollaire. Dans la cat´egorie D, il existe une classe propre de structures bicat´egorielles qui poss`ede des compl´ements.
D´emonstration. Conform´ement aux Th´eor`emes 5.4 et 4.7.
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