MASTER Math´ematiques 2`eme ann´ee, 2009-2010, Marseille.
Sp´ecialit´e EDP et Calcul Scientifique.
Notes de cours autoris´ees - Dur´ee : 4h
A NALYSE N UM ERIQUE DES ´ EDP
Approximation num ´erique compl `ete d’un probl `eme parabolique
Soit T > 0, Ω un ouvert born´e, polygonal, convexe de R 2 .
On se donne une fonction k ∈ C ∞ (Ω) (en particulier born´ee !) et telle que inf Ω k > 0, une fonction f ∈ C ∞ ([0, T ] × Ω) et une fonction u 0 ∈ C ∞ (Ω). On notera k min = inf Ω k et k max = sup Ω k.
On admet qu’il existe une unique solution u ∈ C ∞ ([0, T ] × Ω) au probl`eme suivant
∂ t u − div (k(x)∇u) = f (t, x), pour tout (t, x) ∈ [0, T ] × Ω, u(t, x) = 0, pour tout (t, x) ∈ [0, T ] × ∂Ω, u(0, x) = u 0 (x), pour tout x ∈ Ω.
(1)
Le but de ce probl`eme est l’´etude compl`ete d’une m´ethode num´erique de type Euler implicite en temps / ´el´ements finis en espace pour r´esoudre ce probl`eme.
Notations :
• On rappelle que H 0 1 (Ω) est l’ensemble des ´el´ements de H 1 (Ω) dont la trace est nulle au bord. Dans ce probl`eme, on notera C P > 0 la constante dans l’in´egalit´e de Poincar´e suivante
∀v ∈ H 0 1 (Ω), kvk L
2≤ C P k∇vk L
2.
• Dans tout le probl`eme si (t, x) 7→ v(t, x) est une fonction qui d´epend de t et de x, alors pour tout t ∈ [0, T ], v(t) d´esignera la fonction v(t, ·) qui ne d´epend donc plus que de la variable x.
• Pour toute fonction (t, x) ∈ [0, T ] × Ω 7→ v(t, x) ∈ R de classe C k , on note kvk C
k= max
(α0,α1,α2)∈N3 α0+α1+α2≤k
µ
k∂ t α
0∂ x α
11∂ x α
22vk L
∞(]0,T[×Ω)
¶ .
Partie I- Semi-discr´etisation en temps :
On commence par discr´etiser le probl`eme par rapport `a la variable de temps. Pour cela, on se donne un pas de temps
∆t = M T o`u M est un entier positif. On note t n = n∆t pour 0 ≤ n ≤ M les diff´erents instants de la discr´etisation.
On fixe u 0 = u 0 et on consid`ere alors le syst`eme d’´equations suivantes
u n+1 − u n
∆t − div (k(x)∇u n+1 ) = f (t n+1 ) = f (t n+1 , ·), dans Ω, u n+1 = 0. sur ∂Ω.
(2)
On propose la formulation variationnelle suivante de ce probl`eme
Trouver u n+1 ∈ H 0 1 (Ω) tel que c(u n+1 , v) + ∆t a(u n+1 , v) = c(u n + ∆tf(t n+1 ), v), ∀v ∈ H 0 1 (Ω), (3)
o`u on a pos´e
∀u, v ∈ H 0 1 (Ω), a(u, v)
def= Z
Ω
k(x)∇u · ∇v dx,
∀u, v ∈ L 2 (Ω), c(u, v)
def= Z
Ω
uv dx.
1. Montrer que si u n ∈ H 0 1 (Ω) est connu, alors le probl`eme (3) admet une unique solution u n+1 . En d´eduire que l’on d´efinit ainsi de fac¸on unique une suite (u n ) 0≤n≤M d’´el´ements de H 0 1 (Ω).
2. Montrer que la fonction u n+1 ainsi construite v´erifie le probl`eme elliptique (2) au sens des distributions, ainsi que la condition aux limites en un sens que l’on pr´ecisera.
3. Pour tout 0 ≤ n ≤ M − 1, on d´efinit l’erreur de consistance R n+1 (x) = u(t n+1 , x) − u(t n , x)
∆t − ∂ t u(t n+1 , x) qui est donc une fonction de classe C ∞ qui ne d´epend que de la variable x. D´emontrer que
kR n+1 k L
∞(Ω) ≤ ∆tkuk C
2, kR n+1 k L
2(Ω) ≤ ∆t p
|Ω| kuk C
2, k∇R n+1 k L
2(Ω)
def