SEMAINE 19
FONCTIONS de PLUSIEURS VARIABLES EXERCICE 1 :
1.Soitα∈IR+. R´esoudre, dans IR∗+, l’´equation diff´erentielle
(Eα) : r2u00(r) +r u0(r)−α2u(r) = 0 (on pourra chercher des solutions de la formeu(r) =rm, avecm∈IR).
Soitf : C→C de classeC2 (consid´er´ee comme fonction de deux variables r´eelles).
On dit quef estharmoniquelorsque sonlaplacien∆f est nul, soit ∂2f
∂x2 +∂2f
∂y2 = 0.
On rappelle l’expression du laplacien en coordonn´ees polaires : en posantg(r, θ) =f(reiθ), on a, pourr >0,
∆f(reiθ) = ∂2g
∂r2(r, θ) +1 r
∂g
∂r(r, θ) + 1 r2
∂2g
∂θ2(r, θ).
2. Soit f : C → C, de classe C2, harmonique. Montrer qu’il existe des coefficients (an)n∈IN et (bn)n∈IN∗, complexes, tels que
∀z∈C f(z) =
+∞
X
n=0
anzn+
+∞
X
n=1
bnzn.
3.Montrer que toute fonction harmonique born´ee sur C est constante.
4.En d´eduire le th´eor`eme de d’Alembert-Gauss.
Source : article d’ ´Eric VAN DER OORD, Fonctions harmoniques dans IR2, RMS (Revue de Math´ematiques Sp´eciales), janvier 1995
- - - -
1.On sait que l’ensemble des solutions de (Eα) sur IR∗+est un plan vectoriel. La fonctionr7→rm est solution de (Eα) si et seulement sim2−α2= 0, d’o`u la discussion :
• siα >0, on a trouv´e deux solutions lin´eairement ind´ependantes, donc (Eα) ⇐⇒ u(r) =A rα+B r−α, (A, B)∈C2.
• siα= 0, (E0) ⇐⇒ r u00(r) +u0(r) = 0 ⇐⇒ u0(r) = A
r ⇐⇒ u(r) =A lnr+B.
(Eα) est une ´equation d’Euler ; on peut aussi la r´esoudre surIR∗+ en utilisant le changement de variable r=et.
2. Pour n ∈ Zet r ∈ IR+, posons cn(r) = 1 2π
Z 2π 0
f(reiθ)e−inθ dθ. Le nombre cn(r) est le n-i`eme coefficient de Fourier de la fonction gr:θ7→g(r, θ) =f(r eiθ).
Comme f est harmonique, on a (le caract`ere C2 de la fonction g sur IR×[0,2π] permet de d´eriver sous le signe int´egrale), pourr >0 :
r2c00n(r) +r c0n(r) = r2 2π
Z 2π 0
∂2g
∂r2(r, θ) +1 r
∂g
∂r(r, θ)
e−inθdθ
= − 1 2π
Z 2π 0
∂2g
∂θ2(r, θ)e−inθdθ
= − 1 2π
Z 2π 0
gr00(θ)e−inθdθ=n2cn(r) (en int´egrant deux fois par parties).
Pour toutn∈Z, la fonctioncn, de classeC2 sur IR+, v´erifie l’´equation diff´erentielle (En) sur IR∗+. Comme elle est born´ee au voisinage de z´ero, on a
c0(r) = a0 (constante) cn(r) = anrn pourn∈IN∗ c−n(r) = bnrn pourn∈IN∗
.
Pour tout r ∈ IR+, la fonction gr, 2π-p´eriodique et de classe C2, est somme de sa s´erie de Fourier, donc
f(r eiθ) =g(r, θ) =a0+
+∞
X
n=1
anrneinθ+
+∞
X
n=1
bnrne−inθ,
soit
f(z) =
+∞
X
n=0
anzn+
+∞
X
n=1
bnzn .
3.Si|f(z)| ≤M sur C, alors, de la d´efinition descn(r), on d´eduit |cn(r)| ≤M pour toutr∈IR+ et toutn∈Z. Pour toutn∈IN∗, on a ainsi
∀r∈IR∗+ |an| ≤ M
rn et |bn| ≤ M rn . Comme lim
r→+∞
M
rn = 0, on d´eduit an=bn = 0 pour toutn∈IN∗, doncf est constante.
4. SoitP ∈C[X] un polynˆome. Alors la fonction polynomialeP : C →C est harmonique. En effet,
∂
∂x(zn) = ∂
∂x (x+iy)n
=n(x+iy)n−1=n zn−1 et ∂
∂y(zn) =in zn−1, donc
∆(zn) = ∂2
∂x2(zn) + ∂2
∂y2(zn) =n(n−1)zn−2−n(n−1)zn−2= 0, donc ∆P = 0.
Supposons queP n’admette pas de racine dans C. Alors la fonction 1
P est harmonique sur C.
En effet,
∂
∂x 1
P
=− 1 P2
∂P
∂x , puis ∂2
∂x2 1
P
= 2 P3
∂P
∂x 2
− 1 P2
∂2P
∂x2 et
∆ 1
P
= 2 P3
"∂P
∂x 2
+ ∂P
∂y 2#
− 1 P2 ∆P . Or, ∆P = 0 et le calcul fait ci-dessus montre que ∂P
∂x = P0(z) et ∂P
∂y =iP0(z), donc ∂P
∂x 2
+ ∂P
∂y 2
= 0.
Si P n’a pas de z´ero, la fonction 1
P est harmonique et born´ee sur C (car lim
|z|→+∞
1
|P(z)| = 0), donc est constante, etP est un polynˆome constant.
EXERCICE 2 : Solution (int´egrale de Poisson) du probl`eme de Dirichlet
On identifiera C `a IR2.U est le cercle unit´e,D le disque unit´e ouvert,D le disque unit´e ferm´e.
Si Ω est un ouvert de IR2, une fonctionf : Ω→IR est diteharmoniquesi elle est de classeC2 sur Ω et de laplacien nul, c’est-`a-dire
∆f =∂2f
∂x2 +∂2f
∂y2 = 0. Pour toutt∈IR etr∈[0,1[, on pose
Pr(t) =
+∞
X
n=−∞
r|n|eint.
Soitf :U →IR une application continue.
Montrer qu’il existe une unique application F :D →IR, continue surD, harmonique surD et co¨ıncidant avecf surU. On v´erifiera, pour r <1 etθ∈IR, la relation
F(r eiθ) = 1 2π
Z π
−π
Pr(θ−t)f(eit) dt . (*)
- - - -
• Pourr∈[0,1[ ett∈IR, calculons Pr(t) =
+∞
X
n=−∞
r|n|eint= 1
1−r eit + r e−it
1−r e−it = 1−r2 1−2r cost+r2 . La famille de fonctions 1
2πPr
, appel´eenoyau de Poisson, est une approximation de l’unit´e 2π-p´eriodique lorsquer→1− (cf. semaine 13, exercice 4), c’est-`a-dire que
. les fonctionsPr sont `a valeurs positives ou nulles ; . pour toutr ∈ [0,1[,
Z π
−π
Pr(t) dt =
+∞
X
n=−∞
r|n|
Z π
−π
eintdt = 2π car la s´erie de fonctions converge normalement sur [−π, π] ;
.pour toutα∈]0, π[, la famille de fonctions (Pr) converge uniform´ement vers la fonction nulle sur [−π,−α]∪[α, π] lorsquer→1−. Sur ces intervalles, on a effectivement
0≤Pr(t)≤ 1−r2
1−2r cosα+r2 , et lim
r→1−
1−r2
1−2r cosα+r2 = 0.
• Consid´erons la fonction F0 : D → IR d´efinie par F0 = f sur U et, si z = reiθ ∈ D, alors F0(z) = 1
2π Z π
−π
Pr(θ−t)f(eit) dt.
•La fonctionF0est continue en tout point deU : en effet, soitz0=eiθ0∈ U. Sir <1 etθ∈IR, posons
δ=F0(r eiθ)−F0(z0) =F0(r eiθ)−f(z0) = 1 2π
Z π
−π
Pr(θ−t)
f(eit)−f(eiθ0) dt . Soitε >0, commef est continue surU, il existeη >0 tel que
|θ0−t| ≤η=⇒ |f(eit)−f(eiθ0)| ≤ ε 2 .
Alors, le nombreδci-dessus ´etant d´efini par une int´egrale sur [−π, π] ou sur [θ0−π, θ0+π],
|δ| ≤ ε 4π
Z
|θ0−t|≤η
Pr(θ−t) dt+2kfk∞ 2π
Z
|θ0−t|≥η
Pr(θ−t) dt
≤ ε
2 +kfk∞ π
Z
|θ0−t|≥η
Pr(θ−t) dt .
Or, si|θ−θ0| ≤ η
2, on a |θ0−t| ≥η=⇒ |θ−t| ≥ |θ0−t|−|θ−θ0| ≥η
2, donc Pr(θ−t)
converge uniform´ement vers 0 lorsquer→1− pour |θ0−t| ≥η, et lim
r→1−
Z
|θ0−t|≥η
Pr(θ−t) dt= 0.
On peut donc trouver r0<1 tel que r0≤r <1 =⇒
Z
|θ0−t|≥η
Pr(θ−t) dt≤ π kfk∞
ε 2 ,
et on a ainsi |δ| ≤ ε d`es que
|θ−θ0| ≤ η 2 r0≤ r < 1
. Cela prouve que, pour tout z0 ∈ U, on a lim
z→z0,|z|<1F0(z) =f(z0) =F0(z0). La continuit´e de f sur U ach`eve de prouver que F0 est continue surU.
• La fonctionF0est harmonique sur D: siz=r eiθ ∈D, on a F0(z) = 1
2π Z π
−π +∞
X
n=−∞
r|n|ein(θ−t)f(eit)
! dt
= 1
2π
+∞
X
n=−∞
Z π
−π
e−intf(eit) dt
r|n|einθ
= 1
2π
+∞
X
n=−∞
cnr|n|einθ= 1 2π
+∞
X
n=0
cnzn+
+∞
X
n=1
c−nzn
! ,
lescn´etant les coefficients de Fourier de la fonction 2π-p´eriodiquet7→f(eit) (l’interversion s´erie-int´egrale est justifi´ee par la convergence normale de la s´erie de fonctions sur [−π, π]).
La fonction F0 est donc somme de deux s´eries enti`eres (en z et en z respectivement) de rayon de convergence au moins ´egal `a 1 car|cn| ≤2πkfk∞, ce qui permet de d´eriver terme `a terme dansDpar rapport `a chacune des deux variablesxety(pour employer des arguments plus conformes au programme, on peut v´erifier que
∂k+l
∂xk∂yl(zn) =
il n!
(n−k−l)!zn−k−l si k+l≤n 0 si k+l > n et un calcul semblable pour ∂k+l
∂xk∂yl (zn), ce qui entraˆıne la convergence normale sur tout compact de D de toutes les s´eries d´eriv´ees, donc F0 est de classe C∞ sur D et on peut d´eriver terme `a terme). En particulier,
∂2
∂x2(zn) = ∂2
∂x2 (x+iy)n
=n(n−1)(x+iy)n−2=n(n−1)zn−2=−∂2
∂y2(zn) et ∂2
∂x2(zn) =n(n−1)zn−2=−∂2
∂y2(zn), donc ∆F0= 0 :F0est harmonique surD.
• La fonction F0 est l’unique solution du probl`eme pos´e (appel´eprobl`eme de Dirichlet) : il suffit pour cela de montrer que, si une fonctiong:D→IR est continue surD, harmonique surD et nulle surU, alorsg= 0.
Soit donc g : D → IR v´erifiant ces hypoth`eses, et soit ε > 0. Pour tout z ∈ D, posons gε(z) =g(z) +εx2 =g(z) +ε Re(z)2. On a alors ∆gε = 2ε > 0 sur D, la fonction gε ne peut alors admettre de maximum local en aucun point de D (en un tel point, les d´eriv´ees secondes partielles degε seraient n´ecessairement n´egatives ou nulles, donc ∆gε≤0, ce qui est contradictoire). Commegεatteint un maximum sur le compactD, celui est atteint en un point de U, d’o`u∀z∈D gε(z)≤εet, a fortiori,∀z ∈D g(z)≤ε. Ceci ´etant vrai pour tout ε >0, on ag(z)≤0 surD. Le mˆeme raisonnement appliqu´e `a −g donne finalement g= 0 surD.
EXERCICE 3 :
SoitE un espace euclidien. SoitF un ferm´e non vide deE. Pour toutx∈E, on pose f(x) =d(x, F).
1.Montrer que
∀x∈E ∃y∈F f(x) =kx−yk.
2.Soitxun point deE\F. On suppose quef est diff´erentiable au point x.
Montrer que le pointyde la question1.est unique (on essaiera d’exprimer le vecteurgradf(x)
`
a l’aide dexet y).
- - - - 1.Soitx∈E. L’application g:
(F → IR+
y 7→ ky−xk est 1-lipschitzienne, donc continue surF. Soit d=d(x, F). Alors d= inf
F g= inf
K g, o`uK est le compactF∩B(x, d+ 1), donc cette borne est atteinte.
2. L’applicationf est 1-lipschitzienne : en effet, soientx1 etx2 deux points deE\F, soienty1
et y2 dansF tels que f(x1) =kx1−y1k etf(x2) =kx2−y2k. On a alors f(x1)−f(x2) =kx1−y1k − kx2−y2k ≤ kx1−y2k − kx2−y2k ≤ kx1−x2k et la mˆeme majoration pourf(x2)−f(x1).
Il en r´esulte que, en tout pointxo`uf est diff´erentiable, on akgradf(x)k ≤1. En effet, posons u= gradf(x). On a, pour tout h∈E,
df(x)(h) = (u|h) = lim
t→0+
f(x+th)−f(x)
t ,
mais |f(x+th)−f(x)| ≤ t khk, donc |(u|h)| ≤ khk pour tout h et, en particulier,
|(u|u)|=kuk2≤ kuk, d’o`ukuk ≤1.
Soitx∈E\F, soity∈F tel quef(x) =d(x, F) =kx−yk. Alors, pour tout pointzdu segment [x, y], on a f(z) = d(z, F) =kz−yk : en effet, posons z = x+t(y−x) = (1−t)x+ty avec t ∈ [0,1] ; alors ky −xk = ky−zk+kz−xk, donc f(z) = d(z, F) ≤ kz−yk = f(x)−kz−xk, soitf(x)−f(z)≥ kz−xkmais,f´etant 1-lipschitzienne, c’est une ´egalit´e, donc f(z) =kz−yk=f(x)− kz−xk.
Soit x ∈ E \ F un point o`u f est suppos´ee diff´erentiable, soit y un point de F tel que d(x, F) =ky−xk, soitu= gradf(x). Avech=−→
xy=y−x, on a
∀t∈[0,1] f(x+th)−f(x) =−kt hk=−tky−xk
car le point x+th appartient au segment [x, y]. Donc, en faisant tendre h vers 0+, on obtient df(x)(h) = (u|h) = (u|y−x) =−ky−xk, ou encore (u|x−y) =kx−yk ce qui, avec kuk ≤ 1 et x−y 6= 0, entraˆıne que kuk = 1, puis que les vecteurs u et x−y sont positivement li´es (´egalit´e dans Cauchy-Schwarz), donc
u= gradf(x) = x−y
kx−yk =x−y f(x) .
En particulier, cela d´etermine enti`erement le pointy, d’o`u l’unicit´e de ce dernier.
EXERCICE 4 :
L’espace E = Mn(IR) est muni d’une norme d’alg`ebre, c’est-`a-dire une norme telle que kABk ≤ kAk kBk pour toutes matrices A et B (consid´erer par exemple la norme subordonn´ee `a une quelconque norme surIRn).
1. SoitA ∈ E telle que kAk < 1. Montrer que la matrice I−A est inversible, et donner une expression de (I−A)−1.
2.En d´eduire queU = GLn(IR) est un ouvert deE.
3. On notef l’applicationM 7→ M−1 de U dans U. Montrer que f est diff´erentiable sur U et exprimer df(M) pourM ∈U.
Source : Fran¸cois ROUVI `ERE, Petit guide de calcul diff´erentiel, ´Editions Cassini, ISBN 2-84225- 008-7
- - - -
1. De kAkk ≤ kAkk, on d´eduit que la s´erie de terme g´en´eral Ak est absolument convergente (X
k
kAkk converge), donc convergente puisque E, de dimension finie, est complet. Pour tout n∈IN, on a l’identit´e
(I−A)·
n
X
k=0
Ak =I−An+1.
En passant `a la limite (continuit´e de l’application bilin´eaire(A, B)7→AB), on obtient (I−A)·
+∞
X
k=0
Ak=I ,
doncI−Aest inversible et (I−A)−1=
+∞
X
k=0
Ak.
2. On vient de prouver que U = GLn(IR) contient la boule ouverte de centreI et de rayon 1.
Plus g´en´eralement, soit A une matrice inversible ; alors A+H = A I−(−A−1H) est inversible d`es que kA−1Hk < 1 et cette condition est r´ealis´ee d`es que kHk < 1
kA−1k. Si A∈U, alorsU contient la boule ouverte de centreAet de rayon 1
kA−1k. L’ensembleU est donc un ouvert deE.
3.Etudions d’abord le cas´ M =I. SiH est une matrice telle quekHk<1, alors f(I+H) = (I+H)−1=I−H+
+∞
X
k=2
(−1)kHk .
Or,
+∞
X
k=2
(−1)kHk
≤
+∞
X
k=2
kHkk = kHk2
1− kHk =O(kHk2) lorsque kHk tend vers z´ero. On a doncf(I+H) = I−H+o(kHk), ce qui signifie que la fonctionf est diff´erentiable au pointI avec df(I)(H) =−H, c’est-`a-dire df(I) =−idE.
SoitM ∈U quelconque. On a, pour toutH tel que kHk< 1 kM−1k, f(M+H) = (M+H)−1= M(I+M−1H)−1
= (I+M−1H)−1M−1
= I−M−1H+o(kHk)
M−1=f(M)−M−1HM−1+o(kHk), doncf est diff´erentiable au point M avec
∀H ∈E df(M)(H) =−M−1HM−1.
EXERCICE 5 :
SoitU un ouvert convexe de IRn. Une applicationf :U →IR est diteconvexesi
∀(x, y)∈U2 ∀t∈[0,1] f (1−t)x+ty
≤(1−t)f(x) +t f(y). 1.On suppose f diff´erentiable surU. Montrer quef est convexe si et seulement si
∀(x, y)∈U2 f(y)−f(x)≥df(x)(y−x). (*) 2. On suppose f de classe C2 sur U. Montrer que f est convexe si et seulement si, pour tout
pointxdeU, la matricehessienneH(x) = ∂2f
∂xi∂xj
(x)
est positive.
Source : Fran¸cois ROUVI `ERE, Petit guide de calcul diff´erentiel, ´Editions Cassini, ISBN 2-84225- 008-7
- - - - 1.Supposonsf convexe. Soientx∈U,y∈U. Pour toutt∈[0,1], posons
ψ(t) = (1−t)f(x) +t f(y)−f (1−t)x+ty .
Par hypoth`ese, on aψ(t)≥0 pour toutt∈[0,1]. Commeψ(0) = 0 et que la fonctionψest d´erivable sur [0,1], on en d´eduit queψ0(0)≥0. En tout point t∈[0,1], on a
ψ0(t) =f(y)−f(x)−df (1−t)x+ty
(y−x), doncψ0(0) =f(y)−f(x)−df(x)(y−x)≥0, ce qu’il fallait d´emontrer.
R´eciproquement, supposons (*) v´erifi´ee. Fixons (x, y) ∈ U2 et consid´erons l’application ϕ: [0,1]→IR d´efinie par
∀t∈[0,1] ϕ(t) =f (1−t)x+ty
=f x+t(y−x) . Il suffit de montrer queϕest convexe car
∀t∈[0,1] f (1−t)x+ty
≤(1−t)f(x) +t f(y) ⇐⇒ ϕ(t)≤(1−t)ϕ(0) +t ϕ(1). Nous allons montrer pour cela queϕ0 est croissante. L’applicationϕest d´erivable sur [0,1]
avec ϕ0(t) = df x+t(y −x)
(y−x). Si 0 ≤ t1 < t2 ≤ 1, l’in´egalit´e (*) appliqu´ee `a z1=x+t1(y−x) et z2=x+t2(y−x) donne
f x+t2(y−x)
−f x+t1(y−x)
≥df x+t1(y−x)
(t2−t1)(y−x)
; f x+t1(y−x)
−f x+t2(y−x)
≥df x+t2(y−x)
(t1−t2)(y−x) . En ajoutant membre `a membre, on obtient
(t2−t1)h
df x+t2(y−x)
(y−x)−df x+t1(y−x)
(y−x)i
≥0,
soitϕ0(t2)≥ϕ0(t1). Ainsi,ϕest d´erivable etϕ0 est croissante sur [0,1], doncϕest convexe, ce qu’il fallait d´emontrer.
2. Sif est de classe C2 alors, pour tout (x, y)∈U2fix´e, l’applicationϕutilis´ee ci-dessus est de classeC2et
ϕ0(t) = df x+t(y−x)
(y−x) =
n
X
i=1
(yi−xi) ∂f
∂xi x+t(y−x)
;
ϕ00(t) =
n
X
i=1 n
X
j=1
(yi−xi)(yj−xj) ∂2f
∂xj∂xi
x+t(y−x)
= t(Y −X)·H x+t(y−x)
·(Y −X).
Si la matrice hessienneH (qui est sym´etrique d’apr`es le th´eor`eme de Schwarz) est positive en tout point, alors ϕ00(t)≥0, doncϕest convexe, doncf est convexe (cf. question1.).
Si f est convexe surU alors, pour tout couple (x, y)∈U2donn´e, l’applicationϕest convexe, donc notamment ϕ00(0) ≥ 0, donc t(Y −X)·H(x)·(Y −X) ≥0. Ceci ´etant vrai pour toutY (ouy) de U, la matrice sym´etriqueH(x) est positive (l’ensemble U ´etant ouvert, le vecteur −→
xy=Y −X peut prendre toutes les directions dans l’espace).