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UN THÉORÈME DE FONCTIONS IMPLICITES.

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(1)

Ann. Inst. Fourier, Grenoble 23, 2 (1973), 151-157.

UN THÉORÈME DE FONCTIONS IMPLICITES.

APPLICATIONS

par Francis SERGERAERT

0. Introduction»

On définit dans le § 1 la catégorie ^ ; au § 2 on donne des exemples d'objets et de morphismes de JSf$ au § 3 figure l'énoncé du théorème de fonctions implicites qui améliore le théorème de Nash-Moser (voir par exemple [5]). Au § 4 on donne une application. Les démonstrations manquantes peu- vent être trouvées dans [7].

1. La catégorie S.

1.1. DÉFINITION. — Un objet de JSf est un quadruple!

( B , E , T Î , ^ ) où:

a) E est un espace de Fréchet^

b) T] == (|.|i)ieN es^ une su^ croissante de normes définis- sant la topologie de E,

c) y === (S(<))^^ est une famille à un paramètre d'opérateurs

« d^ approximation ».

S((): E ^ E , ( ( e ] 0 , + o o [ = = R : ) , telle que :

\S{t)x\^ ^ t^x}, ( ^ , / c e N , t e R ^ e E ) .

\x — S{t)x\, '< t-^x^ (i\ k e N, t e R^, x e E).

d.fc)

d) B est un ouvert de E où E est muni de la topologie définie par Vune des normes \ .jr

En résumé un J^-objet est un ouvert d'un espace de Fréchet possédant de bons opérateurs d'approximation.

il

(2)

1.2. DÉFINITION. — Un ^-espace de Fréchet est un triplet (E, 7), y] où (E, E, 73, y] est un ^'objet.

1.3. PROPOSITION. — Soit (E, n, Y) un ^'espace de Fré- chet. Si x e E, si p, ç, r e N p < ç < r, aZor5 :

r^ç în£

1 v\ < \/r\ r~p 1 ^rl r^p w y ^ \x\ P Wr

(P, <7, r)

Démonstration. — Pour tout ^ eR4" :

|^|, ^ |S(^|, + \x - S{t)x\, ^ t^^p + ^H,

(P,^r)

On calcule le minimum de cette fonction de t et on obtient le résultat.

1.4. DÉFINITION. -- Soient B un ^-objet, E le ^-espace de Fréchet correspondant ( ^ B ) , F i , . . . , F < y , G d'autres

^-espaces de Fréchet. Soit f: B X Fi X , • • - X Fy -> G une application, f est un q-^-morphisme de classe 0' (0 ^ r ^ oo) si les trois conditions suivantes sont vérifiées.

a) f est linéaire en chacune des q dernières variables.

b) pour tout k (0 ^ k < r + 1), on peut trouver un entier positif d^ ne dépendant pas de i, tel que pour tout i e N Inapplication :

f: (B X Fi X . . . X F,, |.|^-^ (G, 1.1,) soit de classe C^

c) si dkf désigne la dérivée k-ième de f par rapport à la première variable (les autres dérivées sont sans intérêt), alors

d^: B X Fi X • • • X F, X E^G vérifie :

W(^;!/i? -?2/î;^i,...,^)|i

, ^ ( 1 + M^| !/i|o ... 12/çlol^ilo ... l^lo

\i» ") q

+Sl2/ilo • • • l^-ilol y/kdj^+ilo • • • lyjol^ilo • • • l^lo

î

+ S lyilo • • • lyjol^ilo • • • 1^-ilol^lf+dJ^+ilo • • • l^lo

où x e B, ^ e F^l < l ^ g), ^ e E(l ^ l ^ k).

(3)

UN THEOREME DE FONCTIONS IMPLICITES 153

1.5. DÉFINITION. — Soient B, E, F^, . . . , Fg, G, /*, r comme en 1.4, sauf qu'en b) et c) on permet à l'entier d^ de dépendre de i; on V écrit alors ^ ;. On dit alors que f est un q-^-mor- phisme faible de classe C'. , ^

1.6. T H É O R È M E * — Soient B, G des ^-objets, E, F les JSf-espaces de Fréchet correspondants. Soient Gi, . . . , G p , Hi, .. ., Hy, K d'autres ^-espaces de Fréchet. On suppose B 0-borné. Soient f: B -> C un ^y-morphisme de classe C^O ^ r < oo), g,: B x G^...+,,_+i X *•• X G^+...+^.-> H, des oii-^'morphismes déclasse (^(1 < i < q\ a^, . . ., a^ étant des entiers de somme p), et h : C X Hi X • • • X îîq —> K un q- -Sf-morphisme de classe C1'.

Soit F: B X GI X • • • X Gp -> K l'application définie par:

F(^;2/i, -^yp)=h(fW',gi{^^yi, •••,!/a,), ...,gî(^; •••»!/?))•

Aîor$ F est un p-^-morphisme de classe C'.

(Autrement dit les morphismes se composent).

1.7. oS?-notions. — On définit de façon standard les notions de JSf- variétés de classe C", de ^-groupes de Lie de classe C'y de ^-actions de groupe de classe C'*.

2. Exemples.

Soit TC : E -> M un fibre vectoriel de dimension finie sur la variété différentiable compacte M. On sait munir F^Tr) (sections de 7r) de normes | . [ i (i 6 N) qui font de r^Tc) un espace de Fréchet [1]. D'autre part on peut construire [6]

une famille à un paramètre d'opérateurs d'approximation S(() : r00^) -> r^Tt) (t e R^) qui vérifie les inégalités exi- gées en 1.1.c. Ainsi, si B est un ouvert de F^TC), le qua- druplet (B, r°°(7r), ( | . | ) i e N 5 S) est un .y-objet.

2.1. THÉORÈME. — Soient K et L des domaines compacts à bord lisse de R"1 et R" respectivement. Suit B <= C°°(K, R") un ouvert tel que :

a) B est i'borné (pour les normes habituelles de C^K, R")), b) si /*eB, l'image de f est incluse dans L.

(4)

Soit <I>: B X C^L,^) définie par:

W g ) = 8 ° f '

Alors 0 est un 1- !£-morphisme de classe C06.

Démonstration. — A. titre d'exemple on montre que 0 est un 1-JSf-morphisme de classe C0. Ceci résulte du calcul suivant. D'après la formule de Faa-di-Bruno :

Wg o ni = i s ^....i^g

q=:lu+'"-^-iy=r

0 n.w • • -, d^f)

^gUf^^.y

< sigi^i^i/t^i/i^... [/•ir'i/'iïr 1

< 2|g|75|g|f"|/•|^^|/•|^|g|e+|g|^|/•|^|g|o+|g|^.

2.2. EXEMPLES. — Si M et N sont des variétés (M compacte) C°°, alors (^(M, N) est muni canoniquement d'une structure de Jêf-variété de classe C°°, Diffoc(M) d'une structure de ^-groupe de Lie de classe C°°, et, si N est aussi compacte l'action 0 :

(Difî^M) X Diff°°(N)) X C°°(M, N) -> C^M, N)

définie par ^(pi, 92? /*) == 92 ° f ° PF1 es^ une -^-action de groupe de classe C00.

3. Le théorème de fonctions implicites.

3.1. THÉORÈME. — Soient E et F deux ^-espaces de Fréchet, B <= E un ^-objet, f: B -> F un ^-morphisme de classe C^ ^ r ^ oo ). Soient XQ e B et y^ === jf(^o).

OM suppose qu'il existe un i-^-morphisme de classe C^O < p ^ r — 1) :

L : B x F ^ E tel que^ si x e B et y e F afor$

df{x,L(x,y}) =y.

(5)

UN THEOREME DE FONCTIONS IMPLICITES 155

Alors il existe un ^-objet C, voisinage de y^ dans F et un ^-morphisme faible s: C-> B de classe &*, tel que:

f o s = le.

On peut considérer Lç, section de ^/*(^) (pour x e B) comme section infinitésimale de /*. Ainsi le théorème 3.1 peut se résumer en disant que si f admet une section infini- tésimale L, alors / admet une vraie section s.

4« Applications»

Soient M une variété C00, compacte, sans bord, f: M -> R une fonction C00, et K un compact de R dont l'intérieur contient f(M). On considère l'application 0:

définie par :

Difr(M) X Diff^R^C^M)

^(pit ^2) = y» •f

0

<pi

Cette application est un .^-morphisme de classe C°°(2.2).

Sa différentielle en (id(M), id(ÎL)) e Diff^M) X Difff(R) est définie par (voir Dieudonné [2], VIII, 12, problème 9) :

d^{id(M), ^.(R), ^, ^= df^ + ^ o f

où Ç, e F^TM), ^ e Ff(TR), dfo Ç, + Ç, o ^6 r^fTR).

On écrit plus simplement D == d^{id(M), irf(R)), et :

D ( ^ , Ç , ) = = ^ . ^ + Ç , o / -

4<1. DÉFINITION. — La codimension de /, notée c(/*) est la codimension (réelle) de Vimage de D dans r^/^TR).

En utilisant le théorème 3.1, on démontre le :

4.2. THÉORÈME. — II existe un voisinage ^ de f dans C^M), et deux Sf-morphismes faibles de clause C00 :

s^ s^: ^ -> Di{T(M) X Difff(R) X R<0

tels que, si :

^i(g) == (Pu 92; ^i? - • - ? ^cc/)); ^(g) ^ (^n ^2; V-if • < • » {A^)),

(6)

alor^ :

<0 / ^/) / \

g= 92° y

0

<pi= s ^

=

^

0

(/'+ s vQ °+i

1=1 \ 1=1 /

Remarque. — G. Lassalle a démontré récemment, d'une autre façon plus simple et plus directe, sans faire appel au théorème de fonctions implicites 3.1, un résultat plus fort, en ce qu'il s'applique aussi à des fonction^ à but quelconque.

Voir ces comptes rendus [4].

c(/)

Interprétation. — Soit S = S R/; le sous-espace vectoriel

i=i

de dimension c(f} de C^M) engendré par les f,. L'exis- tence de ^ montre que, modulo S, tout g e C^M) voisin de f est dans l'orbite de f} l'existence de s^ exprime que g est dans l'orbite de f -\- v Où v est un élément convenable de S.

O r b ( f )

On lira dans ces mêmes comptes rendus du colloque de Strasbourg, une autre application du théorème 3.1, à l'étude du groupe Difî^T"); voir Herman [3]. <

BIBLIOGRAPHIE

[1] R. ABRAHAM and J. ROBBIN, Transversal mappings and flows, Benjamin, New York, 1067. , . : ,;

[2] J. DIEUDONNÉ, Fondements de Panalyse moderne; Gauthier-Villars, Paris, 1967.

[3] M. HERMAN, Diff^T"); ces comptes rendus.

[4] G. LASSALLE, Théorème de préparation C/; ces comptes rendus.

(7)

UN THÉORÈME DE FONCTIONS IMPLICITES 157

[5] J. MOSEB, A new technique for thé construction of solutions of nonlinear differential équations; Proc. Nat. Acad. Sci., U.S.A., 47, 1961, 1824- 1831.

[6] J. NASH, Thé imbedding prohiem for riemannian manifoids; Ann. of Math., 63, 1956, 20-63.

[7] F. SERGERAERT, Un théorème de fonctions implicites sur certains espaces de Fréchet et quelques applications; Publications mathématiques d'Orsay, nouvelle série, n° 4; à paraître aux Ann. Se. de VEc. Norm, Sup. de Paris.

Francis SERGERAERT, Département de Mathématiques,

Université de Poitiers, 40, av. du Recteur-Pineau,

86000-Poitiers.

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